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Les 5èmes états généraux de l’Ethique - Compte-rendu
4857 lectures / 1 commentaire10 décembre 2001, 00 h 00
Les 5èmes états généraux de l’Ethique, Metz 07.12.01Colloque organisé par l’Institut Européen d’Ecologie – Metz
Grande journée-débat organisée à l’initiative de l’Institut Européen d’Ecologie, dont le président est Jean-Marie PELT, botaniste de renom, auteur d’une trentaine d’ouvrage sur l’écologie et l’environnement.
Thème du colloque: MEDIA et ENVIRONNEMENT
Introduction(extrait)
L’expert, le politique et le journaliste sont les trois poles autour desquels s’organise l’information avant d’etre livrée au public. En théorie, l’expert trie le bon grain de l’ivraie et propose une analyse. Le politique, lui, entire les conséquences et prend des décisions. Quant au journaliste, il enquete, recoupe et vérifie les faits avant de les livrer au public. La réalité semble toutefois un peu différente dès qu’on aborde des cas précis comme le naufrage de l’Erika, les retombées de Tchernobyl, la vache folle, les OGM ...».
Invités| Corinne LEPAGE | ancien Ministre de l’Environnement, avocat spécialisé dans le droit de l’Environnement, Présidente du CRII-GEN (Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Génie Génétique) |
| Michèle RIVASI | Député de la Drome, ex-présidente du CRII-RAD |
| Chantal JACQUET | Directrice Prévention-Sécurité-Santé-Environnement chez CARREFOUR |
| Gilles-Eric SERALINI | professeur de biologie moléculaire, Directeur scientifique du CRII-GEN |
| Paul LANNOYE | Député européen, Président du groupe des Verts |
| Jean-Marie PELT | Botaniste, professeur de biologie végétale et de pharmacologie Président de l’IEE |
| Jean-Yves CASGHA | Journaliste à RFI, Président de l’association Sciences Frontières |
| Gilles LUNEAU | Journaliste indépendant, travaillant principalement pour Le Monde Initiatives, Le NouvelObs., Géo, Challenges |
| Maurice PADIOU | Rédacteur en chef du Républicain Lorrain, quotidien régional |
| Patricia RICARD | Journaliste, Vice-présidente de l’Institut Océanographique Paul Ricard |
| Françoise SIMPERE | Journaliste au magazine Avantages |
Participants : environ 100 personnes
Résumé des grandes idées abordées :
La menace du scientismeLes progrès scientifiques et techniques sont systématiquement annoncés comme un progrès pour la société, et donc perçus comme tels par le public. Tel fut le cas pourle nucléaire dans les années 60. Il a été présenté comme étant une alternative intelligente aux énergies fossiles (ce qui permettait au passage de s’affranchir de la dépendance à l’égard des pays du Golfe). En définitive, l’héritage des déchets radioactifs pour les générations futures représente-t-il un progrès pour la société ? Exemple semblable pour les OGM : leurs défenseurs tentent de justifier leur utilité par leur capacité à combattre les maladies génétiques et la faim dans le monde. Sur le premier point, leur efficacité n’a pas encore été prouvée. Quant au second point, il est nécessaire de rappeler que la production agricole mondiale permet aujourd’hui largement de faire face aux besoins nutritifs de la planète. Les problèmes récurrents de malnutrition proviennent simplement d’une distribution non équilibrée des denrées.
La science occupe une place grandissante dans nos vies. Tout devient de plus en plus complexe, et le citoyen a de plus en plus de difficulté à se faire sa propre opinion sur les découvertes : génome, clonage de cellules humaines, … Les scientifiques sont en quelque sorte devenus les nouveaux gourous de l’humanité, car iln’existe plus de contre-force efficace, capable de tempérer le courant depensée qu’ils insufflent. Les résultats scientifiques font office de vérité absolue sur le moment, jusqu’à ce que de nouvelles recherches viennent contredire ce qui a été annoncé précédemment. Lenuage radioactif de Tchernobyl, dont il était dit qu’il n’avait pas atteint le territoire français (alors que la Sarre voisine avait enregistré des pics deradioactivité) en est l’illustration parfaite. Deux facteurs peuventetre avancés pour expliquer cette évolution.
La puissance des lobbies industrielsLa mondialisation croissante de l’économie a renforcé le pouvoir des lobbies industriels, au fur et à mesure que les multinationales se sont imposées sur tous les marchés. Dans le cas des OGM, il est acquis que la firme américaine Monsanto a joué un role majeur dans la promotion et l’expansion de cette nouvelle technologie. L’opportunité commerciale (acquérir une position prédominante sur ce marché) semble l’avoir emporté sur la bonne cause humanitaire. Les grands acteurs sur le marché des OGM déployent des investissements gigantesques pour le financement de la recherche, laissant planer un doute sur l’impartialité et l’objectivité des résultats obtenus. Il est à déplorer le désengagement du secteur public dans le domaine de la recherche, car il s’affirme comme le seul contrepoids permettant de garantir une pluralité de l’information. Dans le domaine des OGM, la seule force d’opposition de notoriété publique en France aux lobbies industriels de l’agro-alimentaire et de la pharmacie est représentée par JoséBové. Sans un appui scientifique indépendant (laboratoires et organes derecherche) pouvant confirmer ou contredire l’argumentation des multinationales, ce courant de protestation est-il suffisant pour fournir au citoyen l’information nécessaire lui permettant de se forger sa propre idée sur ce dossier ?
Le manque de mobilisation des citoyensLa nécessité d’undébat sur les thèmes majeurs concernant l’ensemble de la société est nécessaire, voire urgent sur des sujets tels que les OGM, le clonage de cellules humaines...
Le corps politique, comme les journalistes, sont demandeurs d’un dialogue avec le public. Des synergies doivent etre encouragées entre les associations et autres formes de regroupements oeuvrant dans un domaine commun. La question est de savoir comment ?
Divers :Nous sommes passés dans l’ère du « tout-génétique » (dixit Jean-Marie PELT). Des matières telles que la botannique, l’étude des écosystèmes, l’érosion des sols... ne sont pratiquement plus enseignés dans le cursus scolaire commun en France. Les programmes scolaires commencent à intégrer dès le collège l’enseignement de la génétique, au détriment de sujets fondamentaux tels que : la composition des sols, la formation des dunes... De manière caricaturale, l’individu connaitra bientôt mieux la séquence génétique de l’homme, que la biologie du sol qu’il foule tous les jours. En finalité, Mr. Jean-Marie PELT a regretté l’absence de l’AFP (Agence France Presse), cordialement invitée à cette conférence, signe évident que l’éthique environnementale reste encore un sujet peu médiatisé.
A noter la présence de medias locaux (TV, radio, presse écrite).
Xavier HEUDE ; date originale : 10 décembre 2001, 00 h 00
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
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