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Ouverture de la Conférence internationale sur la biodiversité

7164 lectures / 2 commentaires25 janvier 2005, 16 h 03

Ouverture de la Conférence internationale sur la biodiversitéRainette verte sur une tige
crédit : ©INRA Photographe : VIDAL Louis

"Nous sommes sans doute les dernières générations à avoir encore la capacité d’arrêter la destruction du vivant", a déclaré le 24/01/2005 le Président de la République française, Jacques Chirac, lors de l’ouverture de la Conférence internationale "Biodiversité : science et gouvernance" qui se tient au siège de l’UNESCO du 24 au 28 janvier, avec la participation du Président de la République de Madagascar, Marc Ravalomanana, du Premier ministre de la Malaisie, Abdullah Badawi, du Premier ministre de Guinée-Bissau, Carlos Gomes Junior, du prix Nobel de la Paix et Vice-ministre de l’Environnement et des Ressources naturelles du Kenya, Wangari Maathai, du Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, ainsi que d’autres personnalités.

L’un des principaux objectifs de la conférence, organisée sous le haut patronage de Jacques Chirac et Koïchiro Matsuura, consiste à évaluer les connaissances actuelles et à définir les besoins en termes de recherche et d’expertise scientifique. Selon l’Union mondiale pour la nature (UICN), plus de 7 000 espèces animales et quelque 60 000 espèces végétales sont menacées. Le rythme actuel des disparitions serait, d’après certains scientifiques, jusqu’à mille fois supérieur à celui que l’humanité a connu au cours de son développement.

« Par l’effet des progrès fulgurants de la science et de l’industrie depuis deux siècles, le temps court de nos sociétés entre en collision avec le temps long de la diversité biologique », a dit Jacques Chirac, soulignant que « certains scientifiques se demandent si les sociétés modernes ne seraient pas en train de provoquer la sixième grande vague d’extinction depuis l’apparition de la vie. » Le Président français a appelé la communauté internationale à créer « un groupe international sur l’évolution de la biodiversité » au sein de la Convention sur la diversité biologique de 1992, ratifiée par 170 pays. « Je souhaite que cette conférence marque une étape décisive dans cette direction », a-t-il ajouté avant de préciser que « cet effort international contribuera au nécessaire renforcement de la gouvernance mondiale de l’environnement ».

« Dans les pays du Sud, la préservation de l’environnement entre en concurrence avec les exigences de la survie, la pression démographique et les besoins du développement », a reconnu Jacques Chirac, suggérant que s’il est « intelligemment mobilisé », « le patrimoine biologique pourrait servir l’objectif du développement ».

Le Président Marc Ravalomanana a pour sa part évoqué la richesse naturelle de son pays – « 85% des 12 000 plantes de Madagascar sont uniques au monde » - ainsi que les menaces qui pèsent sur elle : surexploitation, pratiques destructives de pêche, développement côtier, sédimentation, pollution d’origine terrestre et marine, blanchiment des coraux. « Au rythme actuel, il est prévu que plus de la moitié des zones de récifs coralliens risque d’être perdue dans les 30 années à venir si rien n’est tenté pour les conserver », a-t-il précisé, avant de présenter le plan national « Madagascar, naturellement », fondé sur le principe que le développement de ce pays « doit passer par la valorisation de la nature, tout en la préservant ».

Evoquant les écarts qui « se creusent entre les pays du Nord et du Sud en matière de capacité scientifique », Marc Ravalomanana, a insisté sur la nécessité d’un « renforcement des capacités scientifiques du Sud » et sur « la création au Sud de plates-formes scientifiques internationales, associant recherches publiques et privées, les universités, les entreprises et les fondations », avant de conclure : « à problème global, solution globale ».

« Cette conférence se tient peu de temps après les événements douloureux qui se sont déroulés en Asie du Sud […] qui nous a rappelé brutalement à quel point nous sommes vulnérables, tributaires et dépendants de notre environnement naturel et de nos modes de vie, et ce à une échelle planétaire », a dit le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, soulignant « le rôle clé que jouent des écosystèmes en bonne santé pour diminuer l’ampleur de telles catastrophes ».

Rappelant que l’UNESCO a mis sur pied, dès sa création, « un certain nombre de programmes intergouvernementaux qui mobilisent des chercheurs et des institutions scientifiques dans le monde entier, sur des thèmes traitant de la diversité du vivant, des gènes jusqu’à la biosphère », Koïchiro Matsuura a déclaré : « L’accumulation des connaissances doit être couplée avec la mise en place de système d’observation et de prévention des dynamiques écologiques et sociales. C’est l’une des fonctions [..] du Réseau mondial du programme MAB [L’Homme et la biosphère] et […] du Programme international des géosciences sur la biodiversité à l’échelle géologique. C’est également le rôle du réseau de surveillance des récifs coralliens, et des systèmes d’alarme précoce dans l’océan mis en place par la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO (COI), ainsi que leurs travaux sur la biodiversité des Grands écosystèmes marins (GEM) ».

« Le préservation de la biodiversité n’est pas seulement l’affaire des gouvernements. C’est aussi celle des organisations internationales et non gouvernementales, du secteur privé et de tous les habitants de la planète, qui doivent s’attacher à modifier des habitudes enracinées et à mettre fin aux comportements destructeurs », a souligné Kofi Annan, dans son message adressé à la Conférence, invitant « tous les gouvernements qui ne l’ont pas encore fait à ratifier la Convention sur la diversité biologique et son Protocole sur la prévention des risques biotechnologiques », instruments qui, de l’avis du Secrétaire général des Nations Unies, « jouent un rôle essentiel pour la conservation et l’exploitation durable de la biodiversité, ainsi que pour le partage équitable des bienfaits découlant de l’utilisation des ressources génétiques ».

Auteur

UNESCO

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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2 commentaires

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avatar Pierre ludjer Haïti -

Nous sommes sans doute les dernières générations à avoir encore la capacité d’arrêter la destruction du vivant ,de belle parole pour faire dormir le gens.

avatar Oriza james Haïti -

Nous voyons que les hommes des gouvernements nationaux ou internationaux sont entrain de realiser l'apocalypse du denier chapitre dela Bible. C'est seulement dans la solidarite sans hypocrisie marginale que nous pourront sauver la planete.

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