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2004 au quatrième rang des années les plus chaudes

11584 lectures / 1 commentaire23/12/2004, 11:02
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© NASA
La température moyenne à la surface du globe en 2004 devrait dépasser de 0,44°C la normale calculée pour la période 1961-1990 (14°C), d'après les relevés des Membres de l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Par conséquent, 2004 se place au quatrième rang des années les plus chaudes depuis 1861, juste derrière 2003 (+0,49°C). Le record est toujours détenu par 1998, année où la température globale en surface était supérieure de 0,54°C à la moyenne relative à cette même période. A l'exception de 1996, les dix dernières années (1995-2004) font partie des décennies les plus chaudes jamais observées.

Calculées séparément, les températures moyennes en 2004 dans l'hémisphère Nord (+0,60°C) et dans l'hémisphère Sud (+0,27°C) devraient occuper respectivement le quatrième et le cinquième rangs des températures les plus élevées depuis le début des mesures instrumentales, en 1861.

A l'échelle du globe, le mois d'octobre 2004 a été marqué par une température moyenne de l'air à la surface des terres la plus élevée qui ait jamais été constatée pour un mois d'octobre. La zone Arctique (au nord de 70°N) a enregistré en juillet une anomalie positive record si l'on combine la température à la surface des terres et la température de surface de la mer (SST), tandis qu'en Afrique australe, c'est la température moyenne de l'air à la surface des terres qui a atteint un niveau record pour un mois de juillet. Si on considère l'ensemble de l'année, les anomalies positives très marquées de la température, enregistrées notamment à la surface des terres dans une grande partie de l'Asie centrale, de la Chine, de l'Alaska et de la moitié occidentale des Etats-Unis d'Amérique ainsi que sur de vastes étendues de l'Atlantique Nord ont contribué à la moyenne élevée de 2004.

La température moyenne à la surface du globe a augmenté de plus de 0,6°C durant le XXème siècle, et depuis 1976, elle progresse à un rythme environ trois fois plus élevé que celui qui a été calculé sur un siècle. Dans l'hémisphère Nord, les années 90, marquées par une anomalie positive moyenne de 0,38°C, représentent la décennie la plus chaude, et sur les cinq dernières années (2000-2004), la moyenne des températures relevées en surface a atteint un niveau beaucoup plus élevé encore (0,58°C).

Fortes disparités régionales
En juin et juillet, le sud de l'Espagne, le Portugal et la Roumanie ont connu une chaleur quasi-record, avec des maxima de 40°C. Au Japon, des températures très élevées, atteignant parfois des valeurs record, ont persisté durant l'été. Une vague de chaleur exceptionnelle s'est également abattue en février sur l'Australie orientale, où le mercure a atteint 45°C en maints endroits. La durée et l'étendue de cette vague de chaleur battent tous les records pour un mois de février. Enfin, le nord de l'Inde a connu pendant la dernière semaine de mars de fortes chaleurs qui ont fait plus de 100 victimes.

En juillet, les hauts plateaux andins du sud du Pérou ont connu des températures anormalement basses qui auraient causé la mort de 92 personnes, et en Asie méridionale, la vague de froid qui a débuté fin décembre 2003 a entraîné la mort d'au moins 600 personnes : en janvier 2004, les températures maximales et minimales étaient de 6 à 10°C inférieures à la normale dans le nord de l'Inde et au Bangladesh.

Sécheresse persistante dans certaines régions
L'est de l'Afrique du Sud, le Mozambique, le Lesotho et le Swaziland subissaient au début de l'année 2004 les effets d'une sécheresse persistante. La recrudescence des précipitations durant la seconde moitié de la saison des pluies a été toutefois bénéfique pour les récoltes en Afrique australe. Dans la corne de l'Afrique et les pays avoisinants, la petite saison des pluies, qui s'étend habituellement de mars à mai, a été plus courte et moins arrosée que d'ordinaire et n'a donc pas mis fin à la sécheresse persistante qui sévit dans cette région. Certains secteurs dans le sud de la zone et certaines régions de l'Ouganda n'avaient d'ailleurs pas connu une sécheresse aussi intense depuis 1961. Au Kenya, la fin précoce de la grande saison des pluies a aggravé en maints endroits la sécheresse qui résulte de plusieurs années de précipitations déficitaires. La production alimentaire dans ce pays devrait être d'ailleurs inférieure de quelque 40% à la normale. En Somalie, les précipitations abondantes de 2004 n'ont pas mis fin à la sécheresse qui sévit depuis plusieurs années et dont les répercussions sur l'agriculture menacent la sécurité alimentaire de la région. En Erythrée, pays mis à mal par près de quatre années de sécheresse, le déficit pluviométrique de la petite saison des pluies (mars-mai) a exacerbé les problèmes de pénurie d’eau potable que connaît ce pays.

En Inde, les précipitations liées à la mousson d'été, qui souffle du sud-ouest entre juin et septembre, ont été inférieures de 13% à la normale dans l'ensemble du pays, 18% du territoire connaissant une sécheresse modérée. Au Pakistan, l'insuffisance des pluies en juillet et août a aggravé la sécheresse qui frappe ce pays depuis le printemps. En Afghanistan, la sécheresse qui sévit depuis quatre ans s’est poursuivie en 2004 en raison de l'insuffisance des précipitations enregistrées durant les mois de mars et d'avril. Enfin, en Chine méridionale, la sécheresse qui a persisté d'août à octobre est la pire qu'ait connu cette région depuis 54 ans.

La sécheresse hydrologique s’est poursuivie dans une grande partie du sud et de l’est australiens à cause du déficit pluviométrique que connaît cette région depuis la grande sécheresse de 2002/03. Une sécheresse modérée à grave sévit pour la cinquième année consécutive dans certaines régions de l'ouest des Etats-Unis d'Amérique même si les pluies de septembre et d'octobre ont amélioré quelque peu la situation par endroits. Des incendies de forêt ont dévasté une surface record en Alaska, où la sécheresse était exacerbée par des températures estivales supérieures à la normale.

Pluies abondantes et inondations dans beaucoup d’autres régions
A l'échelle du globe, les précipitations ont été supérieures à la moyenne en 2004, année la plus arrosée depuis 2000. C'est dans le sud et l'est des Etats-Unis d'Amérique, en Europe orientale et dans certaines régions d'Asie occidentale ainsi qu'au Bangladesh, au Japon et sur la frange côtière du Brésil que cette tendance a été observée.

La mousson d'été, qui dure d'ordinaire de juin à septembre en Asie, a engendré de fortes pluies et causé des inondations dans le nord de l'Inde, au Népal et au Bangladesh, laissant des millions des personnes dans la détresse. Dans ces pays, les inondations provoquées par les fortes pluies de mousson auraient fait quelque 1800 victimes. Le nord-est de l'Inde (l'Assam et le Bihar en particulier) et le Bangladesh n'avaient pas connu pareilles inondations depuis plus de dix ans. Dans l'est et le sud de la Chine, les fortes pluies de juin et de juillet ont entraîné de graves inondations et des glissements de terrain qui ont touché plus de 100 millions de personnes et fait plus d’un millier de victimes. Des inondations se sont produites dans le nord-est et le centre de la Thaïlande, où plusieurs cours d'eau sont sortis de leur lit à cause des fortes pluies de mousson qui se sont abattues sur la région en juillet et en août. La République de Corée a enregistré le 5 mars 2004 des chutes de neige record liées à un profond système dépressionnaire, qui ont causé à l'agriculture des dégâts se chiffrant à plus de 500 millions de dollars des Etats-Unis. En octobre, deux typhons et des systèmes frontaux actifs ont déversé des quantités d’eau record sur le Japon : le cumul mensuel a été de 780 mm à Tokyo, valeur la plus élevée jamais enregistrée depuis 1876.

Au Brésil, en janvier et au début du mois de février, 161 personnes sont mortes et des dizaines de milliers d’autres se sont retrouvées sans abri à cause des fortes pluies qui ont provoqué inondations et coulées de boue. En janvier, le Pérou et la Bolivie ont connu des tempêtes de grêle, des précipitations abondantes et des inondations, qui ont fait au moins 50 victimes.

En Haïti, les pluies torrentielles engendrées par l’ouragan Jeanne ont entraîné des inondations qui ont fait quelque 3 000 morts. Cette catastrophe fait suite aux inondations et aux glissements de terrain qui ont frappé Haïti et la République dominicaine à la fin du mois de mai, faisant plus de 2 000 victimes et touchant des milliers d’autres personnes.

Pendant la seconde quinzaine de novembre et au début du mois de décembre, trois tempêtes et une dépression tropicales ont déversé pendant plusieurs jours des trombes d’eau sur les régions centrales et méridionales des Philippines, qui ont déclenché des crues éclair et des glissements de terrain. Plus de 1 100 personnes auraient trouvé la mort dans ces catastrophes.

Les fortes pluies qui se sont abattues sur l’Angola entre la mi-janvier et le mois de mars ont entraîné des inondations le long du réseau hydrographique, qui alimente la Zambie, le Botswana et la Namibie. Le long du Zambèze, des inondations de grande ampleur, les pires qui se soient produites depuis 1958, ont dévasté les cultures et mis en péril plus de 20 000 personnes dans le nord est de la Namibie.

En Australie, des précipitations anormalement abondantes qui ont engendré inondations et dégâts matériels se sont abattues à la mi-janvier sur la Tasmanie, le Queensland et la Nouvelle-Galles du Sud, et certaines zones du Territoire du Nord ont connu la saison des pluies la plus arrosée de leur histoire. En Nouvelle-Zélande, une succession de fortes tempêtes a provoqué en février des pluies abondantes et des crues dévastatrices dans la partie méridionale de l’île du Nord.

Mise en place d’un épisode El Niño de faible ampleur
Au début de l’année 2004, la configuration des températures de surface de la mer et de la pression atmosphérique au niveau de la mer dans le Pacifique tropical correspondait à des conditions quasiment neutres si l’on se réfère au phénomène El Niño. Toutefois, le renforcement et l’extension vers l’est de la chaleur anormale observée entre juillet et novembre dans le centre et le centre-est du Pacifique équatorial traduisaient l’amorce d’un épisode chaud (El Niño). On relevait déjà, au début du mois de novembre, des anomalies positives des SST supérieures à 1°C dans le centre et l’est du Pacifique équatorial. Les SST ont également dépassé – légèrement – la normale dans l’extrême est du Pacifique tropical. Quant à l’Indice d’oscillation australe Tahiti-Darwin, s’il est négatif depuis juin 2003, il accuse toutefois d’importantes fluctuations. Enfin, les conditions atmosphériques au-dessus du Pacifique tropical ne confirment que faiblement la présence d’un épisode El Niño.

Ouragans et typhons meurtriers plus nombreux que la moyenne
En 2004, durant la saison des ouragans, 15 tempêtes tropicales ayant reçu un nom, soit un chiffre supérieur à la moyenne qui est proche de 10, se sont déchaînées dans le bassin de l’Atlantique. Pour le seul mois d’août, on a relevé huit tempêtes tropicales ayant reçu un nom, ce qui est un record pour ce mois. On constate en effet, depuis 1995, une augmentation sensible du nombre annuel de tempêtes tropicales dans le bassin de l’Atlantique. Neuf de ces systèmes dépressionnaires ont atteint la force d’un ouragan et trois d’entre eux d’un ouragan majeur (catégorie 3 ou supérieure sur l’échelle Saffir-Simpson). L’ouragan Charley est le plus puissant et le plus destructeur qu’aient connu les Etats-Unis d’Amérique depuis le passage d’Andrew en 1992. En tout, neuf tempêtes ayant reçu un nom ont frappé les Etats-Unis d’Amérique, faisant des dégâts considérables estimés à plus de 43 milliards de dollars.

Dans l’Atlantique Sud, les conditions qui règnent à la surface de la mer et dans l’atmosphère sont peu favorables à la formation d’ouragans. Il n’empêche qu’en mars 2004, un ouragan a pris naissance dans cette région, ce qui constitue une première depuis le début des observations par satellite géostationnaire, qui remontent à 1966. Appelé Catarina, cet ouragan a atteint le 28 mars 2004 la côte méridionale du Brésil (dans l’Etat de Santa Catarina), faisant quelques victimes et d’importants dégâts matériels.

Dans le nord-est du Pacifique, en revanche, l’activité cyclonique a été un peu moins marquée que d’ordinaire, dans la mesure où 12 tempêtes seulement ayant reçu un nom ont été observées en 2004 dans cette région, la moyenne étant de 16,4. Six de ces systèmes dépressionnaires ont atteint la force d’un ouragan et trois d’entre eux d’un ouragan « majeur ». Dans le Pacifique Nord Ouest, on a relevé 27 tempêtes ayant reçu un nom – chiffre proche de la moyenne de 26,7 calculée sur la période 1971-2000 – dont dix-neuf ont atteint la force d’un typhon. Dix cyclones tropicaux ont frappé le Japon, pulvérisant le précédent record qui s’établissait à six et faisant 209 victimes et des dégâts considérables.

Trou d'ozone au-dessus de l'antarctique plus petit cette année
Cette année, le trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique a atteint son étendue maximale (19,6 millions de km2) à la fin du mois de septembre. Sauf en 2002, où le trou d’ozone s’est scindé en deux vers la fin septembre, celui de cette année est le plus petit qui ait été observé depuis plus de dix ans. Le trou s’est refermé à la mi-novembre, c’est-à-dire plus tôt que d’ordinaire.

Faible étendue des glaces de mer dans l'arctique
L’étendue des glaces de mer dans l’Arctique demeure bien inférieure à la moyenne calculée sur la période 1973-2003. En septembre 2004, le déficit était d’environ 13%. D’après les informations recueillies par satellite, les glaces de mer dans l’Arctique auraient accusé un recul général d’environ 8% au cours des 25 dernières années.

Sources d'informations
Les informations préliminaires dont on dispose pour 2004 reposent sur les observations effectuées jusqu’à fin novembre par des réseaux de stations météorologiques terrestres, de navires et de bouées. Les données sont recueillies et diffusées en permanence par les Services météorologiques et hydrologiques nationaux des pays Membres de l’OMM.

Il convient de noter que, conformément à la pratique établie, les analyses de la température à l’échelle du globe sont réalisées par l’OMM à partir de deux jeux de données distincts, l’un provenant du Centre Hadley du Service météorologique national du Royaume-Uni et de la Section de recherche sur le climat de l’Université d’East Anglia (Royaume-Uni) et l’autre de l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA), relevant du Ministère du Commerce des Etats-Unis d’Amérique. Les résultats fournis par ces deux jeux de données sont comparables, et il en ressort que 2004 devrait être la quatrième année la plus chaude en moyenne mondiale.

On trouvera des informations plus détaillées dans la Déclaration annuelle de l’OMM sur l’état du climat mondial, qui paraîtra début mars 2005 et qui sera relayée par notre-planete.info.

En savoir plus
Notre dossier sur les phénomènes climatiques
Notre dossier sur le changement climatique

Auteur

Organisation Météorologique Mondiale

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info


1 commentaire sur cette actualité

commentaire Vizet je suis au lycée agicole d'Yvetot - 06/12/2005, 17:30

Cela fait un peu plus de deux ans que durant l'année il se passe des choses un peu bisards. comme par exemple la canicule de 2003. la on pouvait dire que cet été était trés chaud. Un autre exemple comme les hivers trés froid.
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