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Nouveau réacteur nucléaire EPR : entre espoirs et folie ?

33272 lectures / 4 commentaires22/10/2004, 23:33 - mise à jour : 13/05/2005, 13:26
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crédit : Sandrine Espitalier - tous droits réservés
Le premier réacteur nucléaire de troisième génération, EPR (European pressurised water reactor) sera construit à Flamanville, dans la Manche.
L’EPR, qui est un réacteur européen à eau pressurisée, est le fruit d’une collaboration franco-allemande. En effet, l'EPR a été conçu par Framatome, une filiale d'Areva, en coopération avec l'entreprise allemande Siemens.

Un projet bienfaiteur pour l'économie
La construction du réacteur devrait débuter en 2007 et durer cinq ans pour un investissement total de 3,3 milliards d'euros. Le chantier emploiera 2 000 personnes, dont 800 dans le BTP, 1 000 dans l'électro-mécanique et 200 dans le tertiaire.
«L'accueil de l'EPR à Flamanville fait l'objet d'un fort consensus des élus et des acteurs économiques locaux, compte tenu notamment des retombées économiques localement attendues», a précisé EDF. L'exploitation de l'EPR, à partir de 2012, créera entre 350 et 400 emplois à la centrale de Flamanville. Dans une région plutôt affectée par le chômage, cette décision a été saluée par les élus politiques et acteurs locaux qui y voient forcèment une nouvelle source d'activité économique.

Un emplacement géographique privilégié
La décision, prise par EDF intervient à l'issue d'une large consultation des élus et des acteurs économiques des régions Basse-Normandie, Haute-Normandie et Rhônes-Alpes.
Ainsi, Flamanville a été retenu, devant Penly (Seine-Maritime) et le Tricastin (Drôme) de par sa capacité à répondre aux exigences techniques du projet :
- réserves foncières disponibles,
- capacités de transport d’électricité pour évacuer l’électricité produite,
- contraintes environnementales moindres,
- conditions d'accueil du chantier et de l'ouvrage.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" considère que le choix du site de Flamanville pour y construire le réacteur nucléaire EPR constitue un repli stratégique du lobby nucléaire dans une région qu’il a littéralement colonisée. En effet, la Manche comprend la tristement célèbre usine de retraitement de la Hague, le centre de stockage de la Manche (530 000 m3 de déchets radioactifs) et la centrale nucléaire de Flamanville.

Une technologie prometteuse ?
Cette technologie avancée offrirait de nouvelles évolutions, sur le plan de la sécurité, de l’environnement et des performances économiques d'après EDF :
- l'environnement : l'EPR produit 14% de déchets en moins que ses prédécesseurs et le système de réfrigération complémentaire limite le réchauffement des rivières lors des rejets d'eau (grave problème survenu lors de la canicule de 2003)
- l'économie : l'EPR est plus compétitif puisque sa puissance sera de 1.590 mégawatts au lieu de 1.500 actuellement pour une durée de vie de 60 ans contre 40 à 50 ans. De plus, selon Areva, l'électricité produite devrait être 10% moins chère que celle fournie par les réacteurs actuels.
Pour autant, nous noterons que la hausse actuelle du prix du baril de pétrole (plus de 55$ à New York) conduirait EDF à augmenter la facture au particulier de près de 10% pour s'ajuster avec les autres sources d'énergie. Ne croyons donc pas naïvement que notre facture va baisser...
- la sécurité : le rechargement de combustible, qui intervient tous les trois ans, ne durera que 16 jours au lieu de 30 à 45 jours aujourd'hui. De plus, EDF estime que son expérience et les incidents qui surviennent sur ses centrales actuelles lui permettent de sécuriser davantage ses nouveaux équipements.

Pour l'indépendance énergétique de l'Europe et la gloire
Pour Pierre GADONNEIX, Président d’EDF : « Le lancement de l’EPR contribue à garantir l’indépendance énergétique de l’Europe dans les prochaines décennies. A terme, il a vocation à permettre à EDF de renouveler son parc de production de façon compétitive. Il permet de conforter l’avance technologique d’EDF et constitue une vitrine technologique pour les marchés à l’exportation. Ce choix d’investissement traduit la volonté d’EDF de maintenir sa place de 1er producteur mondial d’électricité d’origine nucléaire ».
En effet, la production électrique de la France, déjà excédentaire de 15% trouve notamment des débouchés chez nos voisins européens.

Même si ce nouveau projet semble prometteur sur quelques points, il n'en demeure pas moins un risque incalculable pour les populations et l'environnement, alors que bien d'autres pistes de sources d'énergie mériteraient davantage de recherches et d'investissements.

L'intolérable problème des déchets
Les déchets radioactifs dont la durée de vie atteint pour certains des dizaines de milliers d'année est une preuve indiscutable que le nucléaire ne peut être synonyme de développement durable en léguant aux générations futures des déchets dont la toxicité est telle qu'ils seront condamnés à les gérer et les surveiller ad vitam eternam.
Les déchets actuels, qui représentent 1200 tonnes par an en France, continuent depuis 40 ans de poser problème : les moins radioactifs sont entreposés en surface pour des siècles (!) (La Hague et Soulaines), et les plus actifs dans des formations géologiques qui devraient satisfaire aux exigences de sécurité (invérifiable sur des milliers d'années...)
Or, les déchets de ce nouveau réacteur proviendront d'un combustible qui ne sera plus de l'uranium mais un fort pourcentage de MOX : un mélange d'uranium et de plutonium dont la manipulation est dangereuse (c'est dans l'industrie du MOX que l'on trouve le plus de contamination chez les ouvriers). Les déchets générés ont une durée de vie, une toxicité et un dégagement de chaleur bien plus importants.
D'ailleurs, le sort des déchets ne sera évoqué par les parlementaires qu'en 2006 conformément à la loi Bataille de 1991.

Les risques d'explosion
La technologie de ce réacteur étant quasi identique à celle de ses prédécesseurs, il n'y a rien à gagner en terme de risques d'explosion et de rejets radioactifs (gazeux et liquides).
D'après le réseau "sortir du nucléaire", contrairement à ce qui est annoncé ici ou là, même l'Autorité de sûreté française a pointé les risques d'explosion induits par le système de récupération du coeur en cas de fusion.
Rappelons que la catastrophe de Tchernobyl a fait entre 40 000 et 560 000 morts selon les différentes estimations.
Enfin, la multiplication des déchets et des transports de matières radioactives augmente considérablement les risques de détournement à des fins terroristes dont les conséquences, de plus en plus évoquées, seraient dramatiques.

Une défiance des populations
Alors qu'EDF précise que la Commission nationale du débat public sera saisie "dans les prochains jours, conformément aux obligations légales", l'opinion française se détache de plus en plus de la solution du tout nucléaire.
Aussi, selon le réseau "sortir du nucléaire", le lobby nucléaire a choisi d’implanter l’EPR dans une région qu’il contrôle de par le poids des taxes professionnelles et la concentration des emplois.

Appel au "blocage administratif" d'EDF
"Sortir du nucléaire" qui fédère près de 700 associations appelle à une campagne de «blocage administratif» pour protester contre cette décision inacceptable. Elle invite les clients d'EDF à annuler les prélèvements automatiques et à ne plus utiliser les titres interbancaires de paiement (TIP) pour régler leur facture d'électricité, mais à signer plusieurs chèques de montants différents (mais dont le total correspond exactement à celui de la facture).

L'avenir des sources d'énergie
La France compte 58 réacteurs nucléaires, qui produisent 85% de son électricité. D'ici 2020, une trentaine de ces réacteurs auront entre 40 et 50 ans et devront être remplacés.
Le dernier réacteur bâti en France est celui de Civaux, dans la Vienne, dont la construction s'était achevée en décembre 1999.

Incontestablement, l'avenir de nos civilisations se jouera dans notre capacité à tirer profit des énergies renouvelables signe de responsabilité, de développement durable et de respect pour les générations futures.

En savoir plus :
Le nucléaire du futur - EPR (EDF - infos Nucléaire)
Lire le dossier noir de l'EPR publié par le réseau "Sortir du nucléaire". (format RTF)
Le réacteur nucléaire EPR ne passera pas ! (campagne nationale 2004 du réseau "Sortir du nucléaire")

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23/02/2007 Le nouveau réacteur nucléaire EPR : le réacteur le plus dangereux au monde !

Auteur

Christophe Magdelaine - notre-planete.info (tous droits réservés)

4 commentaires sur cette actualité

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commentaire M. ELMAGHRI AHMED THERMICIEN. MAROC - 23/02/2006, 10:46
A ma connaissance, la France a la maitrise et la technologie de pointe et la sécurite d'exploitation; le Maroc n'est pas producteur de Pétrole doit prétendre à la production ELECTRICITE NUCLEAIRE.
commentaire Philippe - 17/02/2008, 12:49
Un lien vers une documentation sur les réacteurs électrogènes en France :

Les réacteurs nucléaires en France en 2007

Lorsque l'on sait que la France doit importer de l'électricité d'Allemagne aux heures de pointe et en hiver, on voit que trop de nucléaire nuit à la sécurité d'approvisionnement électrique.
commentaire Philippe - 17/02/2008, 12:51
Le lien est celui-ci :
http://futura24.site.voila.fr/nucle/react_france.htm - Les réacteurs nucléaires en France en 2007

C'est la même chose en 2008.
commentaire Armelle, Québec, Canada - 18/06/2008, 18:55
Il est difficile de se prononcer sur ces questions complexes.
J'aimerais simplement souligner que l'auteur de la théorie GAIA, James Lovelock, soutient dans son dernier livre "la revanche de Gaia" que seul le nucléaire permettra de sortir suffisament rapidement de l'hyperproduction de GES pour maintenair la planète dans un état stable. Selon lui, les énergies renouvelables n'y parviendraient pas seules...
Cela n'empêche que les déchets radiactifs ont de gros des impacts sur la Vie...

il est sage de considérer tous les aspects dans un lutte opposante.

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