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Bilan de la journée "en ville sans ma voiture"
14183 lectures23 septembre 2004, 18 h 01

© C. Magdelaine / notre-planete.info
La 7e édition de la "Journée internationale en ville sans ma voiture" s'est quelque peu essoufflée en France, avec seulement 59 villes participantes mercredi 22 septembre contre 72 en 2003 et 98 en 2002.
A Paris, seuls quelques quartiers étaient interdits aux voitures.
Parmi les 58 villes françaises qui ont participé cette année à l'opération figurent Paris, Orléans, Rennes, Narbonne, Poitiers, Lyon, Calais, Mantes-la-Jolie, Amiens, Avignon et Vannes.
Bilan mitigé dans le reste du monde
Au Portugal, 54 villes, sept de moins qu'en 2003, étaient officiellement concernées par la journée sans voiture. Dans la plupart des grandes villes scandinaves, autrichiennes, grecques, italiennes ou néerlandaises, les résultats ont aussi été très mitigés, par manque d'organisation ou encore de coopération des automobilistes. Moscou, Berlin, Budapest et Amsterdam n'ont même pas participé.
Pour autant, près de 1500 villes dans une quarantaine de pays se sont mobilisées dont 450 en Espagne.
"Faire évoluer" cet évènement
L'objectif est désormais "de faire évoluer cette manifestation annuelle, lancée en 1998, qui ne correspond plus à ce que le citoyen attend aujourd'hui", a expliqué une responsable du dossier au ministère de l'Ecologie. "Le ministre de l'Ecologie Serge Lepeltier va rencontrer en octobre les représentants des 58 villes concernées et ouvrir une réflexion sur leur perception de cette opération", a-t-elle précisé.
Le temps, a ajouté cette responsable, n'est plus à la "communication, aux opérations 'gadgets', mais à des projets écologiques pérennes pour une meilleure qualité de vie en ville". Elle a évoqué "le co-voiturage, le développement des transports publics ou des voitures moins polluantes".
Point de vue notre-planete.info
Interviewé par le journal quotidien 20 minutes, Christophe Magdelaine, responsable du portail
notre-planete.info répond aux questions de Magali Gruet, journaliste pour le journal 20 minutes.
L’opération En ville sans ma voiture peut-elle permettre une amélioration notable de la qualité de l’air aujourd’hui ?
Cela dépendra des conditions atmosphériques de la journée. De plus, paradoxalement, cette opération a souvent créé des bouchons, ce qui intensifie la pollution.
Quelles seraient les conditions météorologiques idéales pour améliorer la qualité de l’air ?
Les conditions les plus favorables seraient la pluie et le vent. Les particules sont dissoutes par les précipitations et le vent permet de disperser les polluants restants.
Les chiffres de baisse de pollution fournis par les autorités lors de cette journée sans voiture sont-ils fiables ?
La pollution est mesurée ponctuellement dans des avenues et à des carrefours prédéfinis. Il peut y avoir bien plus de pollution à certains endroits de la capitale que ne l’annonce Air Parif.
Quelles sont les zones d’Ile- de-France les plus touchées par la pollution automobile ?
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce sont souvent les zones reculées d’Ile-de-France qui sont les plus touchées par les pics d’ozone. Les polluants primaires (gaz d’échappement et particules) sont transportés par le vent et l’ozone se forme, par réaction avec le soleil, en périphérie de la ville. Les personnes qui courent en forêt sont également très exposées. Il y a souvent des routes à proximité de leur parcours et ces personnes se font plus de mal que de bien.
Connaît-on les conséquences médicales de la pollution automobile ?
Dans les grandes agglomérations comme Paris, la pollution automobile est la première cause de pollution atmosphérique, bien avant l’industrie. 60 % des Franciliens respirent un air chroniquement pollué. De plus, en France, 6 à 11 % des décès chez les moins de 30 ans sont dûs à des cancers du poumon causés par le rejet de particules par les voitures.
La journée En ville sans ma voiture a failli être annulée, faute de mobilisation nationale. Croyez-vous qu’elle est utile ?
Cette journée est une bonne initiative, mais elle est insuffisante. Cependant, il ne faut pas dénigrer ce qui se fait en matière de lutte contre la pollution automobile, même si c’est un peu ridicule. Il s’agit de voir comment les Parisiens pourraient se passer de leur voiture et de permettre ainsi aux piétons de réinvestir la place publique.
Vers quoi faudrait-il tendre ?
Même si c’est difficile à accepter, renoncer au tout- automobile est un mal nécessaire. La voiture, ce n’est pas qu’un problème de pollution. La sécurité et les nuisances sonores font aussi partie du débat.Liens
Auteur
Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés
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