le trou record dans la
couche d'ozone en automne 2003 crédit : NASA
A l'occasion de la Journée internationale pour la protection de la couche d’ozone (16 septembre), le Programme de l’ONU pour l’environnement (PNUE) a exhorté les pays du monde à redoubler leurs efforts en vue de quantifier l’utilisation d’un produit chimique nuisible à la couche d’ozone et qui sert à désinfester les cargaisons de riz, de maïs, de noix et d’autres grandes cultures d’exportation.
Klaus Toepfer, le Directeur exécutif du PNUE, a noté qu’il existe des « lacunes importantes de connaissance » concernant les niveaux réels d’utilisation du bromure de méthyle à travers le monde.
Il a remarqué que cela pourrait nuire aux efforts mondiaux visant à réparer la couche d’ozone d’une épaisseur de 32 kilomètres et qui filtre les rayonnements solaires ultraviolets nocifs.
Le bromure de méthyle, un des principaux produits chimiques appauvrissant la couche d’ozone encore en utilisation, est un pesticide agricole dont un accord international, le Protocole de Montréal, prévoit l’élimination progressive de certains usages clé. Le calendrier d’élimination couvre, entre autre, l’utilisation de la substance dans la fumigation des sols et dans la lutte contre les infestations d’insectes sur les fermes.
Cependant, d’autres usages de désinsectisation, liés à l’exportation de denrées agricoles, de fourrage, de fleurs et de peaux, et le traitement de palettes de fret, sont exemptés de la réglementation internationale.
Certains experts estiment que près d’un cinquième du bromure de méthyle utilisé à travers le monde pourrait être exempté de toute réglementation en vertu de dérogations octroyées pour utilisation en cas de quarantaines et de traitement avant expédition. Plus inquiétant encore, les quantités utilisées sont en augmentation dans certaines régions.
Klaus Toepfer, dont les remarques ont été faites à l’occasion de la Journée internationale pour la protection de la couche d’ozone, a ajouté : « Les efforts entrepris pour réparer la couche d’ozone représentent une des grandes réussites du mouvement écologique. Selon les scientifiques, d’ici le milieu du siècle et grâce à l’élimination de nombreux produits chimiques nuisibles à l’ozone, la couche d’ozone sera reconstituée. Mais cela est loin d’être garanti. »
Au titre du Protocole de Montréal, les pays développés sont contraints d’éliminer l’utilisation agricole du bromure de méthyle d’ici la fin de l’année.
Néanmoins, certains fermiers du monde développé, en Australie, en Europe et en Amérique du Nord notamment, ont émis des réserves sur les substances de substitution au bromure de méthyle. Ils craignent qu’elles soient, dans certains cas, moins efficaces et plus onéreuses.
Leurs gouvernements demandent à obtenir des « dérogations à des fins d’utilisation essentielle » qui leurs permettraient de continuer à utiliser le bromure de méthyle au-delà de la date limite de 2005. Ces demandent d’exemptions seront de nouveau étudiées lors d’une réunion des Parties qui se tiendra à Prague (République tchèque) au mois de Novembre.
Selon M. Toepfer, « Les quantités utilisées en agriculture sont très bien connues, et suite à une réunion extraordinaire des Parties au Protocole de Montréal en mars dernier, j’espère que nous sommes aujourd’hui sur la bonne voie vers une réduction de son utilisation réglementée. Par contre, nos connaissances restent faibles en ce qui concerne les niveaux exacts de bromure de méthyle employé pour le traitement en cas de quarantaine et avant expédition. Le produit est alors utilisé contre une variété d’insectes, y compris des coléoptères (le longicorne et le scolyte, par exemple), des guêpes et des mites, entre autres. »
Il exhorte les pays à appuyer une étude mondiale menée au nom du Secrétariat de l’Ozone du PNUE afin que les gouvernements soient mieux informés sur les quantités précises de bromure de méthyle utilisées de part le monde.
Cette année, le thème de la Journée internationale de la protection de la couche d’ozone, une journée commémorative décrétée par l’Assemblée Générale, porte sur « Sauvons notre ciel : une planète respectueuse de l'Ozone, tel est notre objectif ».
A travers le monde, des pays organisent des activités de sensibilisation qui mettront en avant les résultats obtenus par le Traité mais souligneront également les défis à relever afin de compléter la tâche avec succès.
Le PNUE assiste les pays dans les préparations aux festivités du 16 septembre en offrant conseils et matériels. A noter en particulier : un court métrage d’animation, Ozzy Ozone. Le personnage principal de cette nouvelle animation est une molécule d’ozone, qui explique aux jeunes téléspectateurs les causes de l’appauvrissement du bouclier céleste qu’est la couche d’ozone et comment se protéger des effets nuisibles des rayonnements ultraviolets qui en découlent.
Plus de 56 gouvernements diffuseront le dessin animé sur leurs chaînes de télévision nationales aujourd’hui, touchant des millions de téléspectateurs à travers le monde. Le PNUE a produit ce film en trois langues : anglais, français et espagnol. Les gouvernements eux-mêmes ont entrepris par la suite de le traduire en 15 langues nationales.
Cette production met en images des concepts et des messages essentiels identifiés dans la stratégie de communication élaborée par le PNUE (Communication Strategy for Global Compliance with the Montreal Protocol) qui veut lier la sensibilisation au respect des obligations nationales conformément au Protocole de Montréal.
Le PNUE a annoncé également à cette occasion que le siège des Nations Unies à Gigiri (Nairobi, Kenya), est respectueux de l’ozone. Le matériel et les équipements sur les lieux (tels que les réfrigérateurs) ne contiennent pas de produits chimiques nuisibles à l’ozone. Le PNUE espère voir l’initiative s’étendre à tous les locaux de l’ONU à travers le monde, à l’aide de consignes développées antérieurement par le Programme ActionOzone.
En savoir plus :
Site web d’ActionOzone où se trouve également le dessin animé « Ozzy ozone »
Site web du Secrétariat de l’ozone
Notre dossier sur
le trou dans la couche d'zone
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18/09/2005
Deux décennies de protection de la couche d’ozoneAuteur
Programme des Nations Unies pour l'Environnement