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L'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) vient publier une étude sur les bénéfices éventuels des OGM alimentaires sur la santé à l'aide de 4 cas. Nous vous proposons de découvrir ici des extraits de la conclusion du rapport.
La question posée par l'étude de l'AFSSA "OGM et alimentation : peut-on identifier et évaluer des bénéfices pour la santé ?" conduit à mettre en parallèle, dans le cas des OGM, la problématique de l’évaluation des bénéfices avec celle du risque.
Voici les conclusions auxquelles sont parvenues les experts chargés de l'étude des quatre cas.
L’introduction de nouvelles variétés de plantes résistant aux attaques d’insectes aurait un double effet bénéfique sur la santé en diminuant l’exposition du consommateur tant aux insecticides qu’aux mycotoxines.
Tout en se gardant de généralisations hâtives, il semble bien que, sur ces deux points, une diminution de cette exposition soit effectivement observée. Ainsi, d’une part, par exemple, une réduction significative de l’emploi des produits phytosanitaires (dont les insecticides) a accompagné l’introduction des variétés de plantes résistantes à des insectes en Amérique du Nord et en Extrême Orient. D’autre part, du fait que la résistance aux insectes se trouve corrélée à une moindre sensibilité des végétaux aux moisissures, quelques résultats incontestables démontrent une moindre contamination de certains de ces végétaux (le maïs) par des mycotoxines telles que les fumonisines. Concernant ce deuxième point, l’intérêt de cette moindre contamination en mycotoxines est suggéré par l’observation d’une meilleure croissance chez le porc et le poulet nourris avec du maïs résistant à des insectes qu’avec du maïs conventionnel.
Il semble donc cohérent d'estimer que l'utilisation de ces variétés résistantes aux insectes puisse avoir un effet bénéfique pour la santé. Difficile de dire pour autant que ces bénéfices soient assurés et généraux. Si la toxicité des insecticides et des mycotoxines est bien documentée, il n'existe que peu d'études épidémiologiques permettant de mesurer leur impact réel sur la santé des consommateurs.
Pour les insecticides, l’intérêt pour l’agriculteur qui manipule ces produits ne fait guère de doute, mais cet intérêt ne peut être démontré aujourd'hui pour le consommateur. Dans le cas des mycotoxines, il importerait de comparer l’effet à long terme de traitements avec insecticides à la culture de variétés résistantes.
L’introduction de variétés tolérantes à un herbicide particulier serait susceptible de privilégier l’utilisation d’herbicides moins dangereux pour la santé que ne le sont ceux utilisés dans la culture de variétés conventionnelles.
Cette question a été abordée dans le cas de la betterave tolérante au glyphosate. Le désherbage des variétés conventionnelles fait appel à 7 herbicides principaux qui, aux concentrations utilisées, sont considérés comme ne présentant pas de risques pour la santé. Dans le cas particulier de la betterave, les procédés d’épuration et de cristallisation conduisent à une absence de résidus détectables d’herbicides dans le sucre blanc. On ne peut donc pas attendre que la réduction de l’utilisation de ces herbicides ait un bénéfice direct sur les consommateurs du sucre de betterave. Par contre, la question reste posée pour l’agriculteur et, de façon indirecte, pour l’environnement. Par rapport aux autres herbicides, le glyphosate, du fait de ses caractéristiques physico-chimiques (faible liposolubilité, faible volatilité) présente un risque plus limité pour l’agriculteur. En revanche, sa plus grande solubilité et stabilité en milieu aqueux en font un pesticide susceptible de présenter des inconvénients plus grands pour l’environnement. L’impact de cette pollution sur la santé des populations reste à déterminer.
Noter que dans ces comparaisons entre herbicides, il faut prendre en compte non seulement les propriétés de la molécule active elle-même, mais également celles des adjuvants présents dans les formulations.
Le cas du "riz doré" est emblématique bien qu'encore insuffisamment documenté. La création de cette variété de riz enrichie en précurseur de la vitamine A fait l’objet d’intenses controverses. Pour certains, elle démontre que les plantes transgéniques représentent une avancée technologique susceptible d’apporter des solutions aux graves problèmes que pose l’alimentation dans les pays en voie de développement. Pour d’autres, ce riz ne pourrait en aucun cas pallier les carences en vitamine A auxquelles on pourrait remédier par d’autres moyens si une politique volontariste était mise en oeuvre.
Le débat porte essentiellement sur la quantité de riz qu’il faudrait ingérer pour pallier la carence en vitamine. L’étude présentée ici fait apparaître les incertitudes qui pèsent sur l’évaluation de cette quantité et recherche les causes de cette incertitude. On constate que, selon les hypothèses retenues, la consommation journalière de riz nécessaire pour remédier de façon significative aux carences en vitamine A va de 90 à 4500 g. La consommation journalière moyenne de riz dans les pays considérés étant de 250 à 300 g, une telle fourchette permet évidemment à tous les protagonistes de produire des chiffres conformes à leur point de vue.
Une conclusion raisonnable serait qu’il est trop tôt pour dire si les variétés disponibles actuellement pourront apporter une solution aux problèmes de carence en vitamine A, mais que les travaux sur le "riz doré" montrent que la conception et l’élaboration de plantes transgéniques à des fins nutritionnelles, notamment au bénéfice des pays en voie de développement, n’est pas une utopie. En tout état de cause, cette approche reste exemplaire de par sa conception.
Alors que les trois premiers chapitres concernent des plantes transgéniques, le quatrième concerne une autre catégorie d’OGM,
les "Microorganismes Génétiquement Modifiés" ou MGM. Alors que de nombreux produits issus de MGM sont déjà autorisés dans l’industrie pharmaceutique et agroalimentaire, il s’agit là de microorganismes (bactéries, levures, moisissures) qui, à l’état vivant, pourraient faire partie de préparations pharmaceutiques, être ingérés dans un but nutritionnel avec l’aliment ou la boisson (produits laitiers, en particulier) ou être utilisés dans divers procédés de dépollution. Si de tels microorganismes ne sont pas encore disponibles sur le marché, ils pourraient faire l’objet prochainement de demandes d’autorisation.
L’analyse de ces quatre "cas d’école" fait apparaître qu’il existe effectivement des données suggérant que les OGM considérés puissent apporter des bénéfices pour la santé humaine, mais que la quantification de ces bénéfices est difficile à réaliser surtout pour les OGM de première génération, dont on n'a pas cherché à modifier la composition nutritionnelle. Dans la plupart des cas, cette évaluation quantitative paraît très difficile, pour ne pas dire hors de portée. Pourtant, si l’on y regarde bien, elle pourrait présenter moins de difficultés que celle, en théorie pratiquée de façon courante, de l’évaluation des risques.
En savoir plus :
Lire le rapport
"OGM et alimentation : peut-on identifier et évaluer des bénéfices pour la santé ?" (format PDF - 540 Ko)
Lire notre dossier de présentation sur
les OGMAuteur
Agence Française de Sécurité Sanitaire des AlimentsLes opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
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