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Autorisation d'abattre 4 loups en France
4641 lectures / 1 commentaire20 juillet 2004, 22 h 58

Cartouche de chasseur
crédit : notre-planete.info
Face à l'annonce du gouvernement d'abattre 4 loups en France, nous vous proposons de découvrir les points de vue de deux associations impliqués dans cette problématique : la Ligue ROC et l'Association pour la Protection des Animaux Sauvages.
La ligue ROC
L’historique
Depuis novembre, un groupe de réflexion regroupant administrations, associations – dont la Mission loup de FNE à laquelle la Ligue ROC participe- professionnels de l’élevage, élus concernés… a été mis en place conjointement par les Ministères de l’Ecologie et de l’Agriculture. Le Gouvernement envisageait de produire un plan d’action loup pour 4 ans. En avril 2004, une version n°1 du plan était portée à la connaissance dudit groupe de réflexion.
En voici l’essentiel.
Le positif
Reconnaissance par l’Etat que "le loup est un enrichissement du patrimoine naturel français".
Le financement de la prévention des dégâts causés aux troupeaux et l’indemnisation des éleveurs sont assurées par les moyens nécessaires.
L’indemnisation sera progressivement conditionnée à la mise en place des moyens de protection.
Le négatif
L’autorisation de tirer de 5 à 7 loups en 2004 ! Sans mention d’un quelconque protocole. C’était un raisonnement visant à réguler le loup pour réduire son expansion géographique. Inacceptable.
Le 19 juillet 2004 : annonce du Ministre Serge Lepeltier.
Ce n’est que le 19 juillet que le Ministre, après avoir largement consulté et s’être rendu sur le terrain, a rendu ses décisions publiques.
En voici l’essentiel :
- l'inquiétude et la détresse de certains professionnels sont prises en compte
- le retour naturel du loup en France est présenté comme un espoir pour la biodiversité et le signe que la qualité des milieux le permet.
- la volonté de limiter l'expansion du loup est abandonnée, le loup pouvant désormais avoir un avenir sur l’ensemble du territoire. Un débat public sur le sujet est proposé.
- la nécessité d’assurer la cohabitation loup/pastoralisme est affirmée
- le financement des mesures de prévention et d'indemnisation est assuré
- un tir de 4 loups est possible, pour répondre à des pressions fortes d’attaques récurrentes sur des troupeaux et seulement là où la prévention échoue (tirs circonscrits aux Alpes maritimes, aux Alpes de Haute Provence, et aux Hautes-Alpes).
L’analyse de la Ligue ROC
On le voit la philosophie est fort différente de ce que le ministre de l’agriculture, Monsieur Gaymard, ou certains élus locaux voulaient faire du "Plan d’action". Certes, 4 tirs restent possibles, mais sous conditions. Il faut surtout retenir la finalité qui est de créer les conditions de la cohabitation, en assurant la présence dynamique du loup et un élevage pastoral de qualité.
En savoir plus
Consulter
le site de la Ligue ROC
L'ASPAS
L'ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages) condamne sans réserve la décision du gouvernement qui autorise la destruction arbitraire de 4 loups, en violation de la loi. Elle va demander l'annulation de cette décision illégale et démagogique.
C'est du jamais vu depuis le 19ème siècle et les grandes campagnes d'extermination des loups. Alors que la France ne compte aujourd'hui qu'une trentaine de loups sauvages (et non pas 55 comme certains tentent de le faire croire), le gouvernement délivre un feu vert au Préfet pour tirer des loups.
Cette décision est totalement illégale.Elle contrevient à trois textes réglementaires qui disposent chacun de la protection stricte de l'espèce
Canis lupus (loup) :
À la législation française et notamment à l'arrêté du 17 avril 1981.
À l'article 6 de la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel d'Europe, du 19 septembre 1979.
À l'article 12 de la Directive Habitat du 21 mai 1992, concernant la conservation des habitats ainsi que la faune de la flore sauvage.
Cette décision est totalement inutile.
Pourquoi tuer 4 loups ? Ce chiffre arbitraire, injustifiable scientifiquement, ne fera que déstabiliser la vie sociale de cette espèce plébiscitée par les français. Cela ne règlera en rien les difficultés économiques de la filière ovine, et ne calmera pas non plus les quelques éleveurs excités qui entendent accaparer à leur manière les derniers espaces naturels. L'ASPAS rappelle que de nombreux bergers acceptent la présence des prédateurs naturels, mais que ceux-ci, muselés par une minorité d'extrémistes, ne peuvent entendre leur voix.
À l'heure où la nature est très gravement menacée par les activités humaines (3 espèces s'éteignent chaque heure dans le monde !), et alors que le ministre de l'écologie avait déclaré vouloir agir dans le respect du droit, il est particulièrement choquant de vouloir abattre des loups alors que cette espèce, récemment réapparue en France, est encore très fragile.
Afin d'empêcher l'exécution de cette décision illégale, l'ASPAS va saisir le Tribunal compétent et adresser une plainte à l'Europe pour dénoncer la violation des engagements pris par l'Etat français.
Les premières délibérations communales hors la loi
L'autorisation d'abattre des loups annoncée par le ministre de l'Ecologie a déjà fait deux victimes : les maires d¹Agnières-en-Dévoluy et Saint-Etienne-en-Dévoluy qui ont cru, à tort, qu'il s'agissait d¹un feu vert pour détruire l'animal.
L¹ASPAS rappelle qu¹en l'état actuel de la législation et du niveau de conservation des populations de cette espèce en France, toute destruction de loup constitue une infraction à la législation française et internationale.
En savoir plus
Consulter
le site de l'ASPASLes opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
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