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L'exode rural laisse les campagnes d'Amazonie en proie aux flammes

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2 670 lectures / 1 commentaire14 mars 2013, 14 h 42

controle_ecobuage_PerouDes paysans péruviens tentent de contenir un écobuage qui s'étend aux cultures voisines
© Kevin Krajick / Earth Institute, Université de Columbia

Au cours des dernières décennies, le bassin amazonien a vu sa forêt se morceler, colonisée par de nouvelles populations qui ont créé un patchwork de fermes, de pâturages et de forêts secondaires. Aujourd'hui la situation s'est inversée du fait de l'attrait des villes dynamiques d'Amazonie. Une étude récente montre que les zones rurales se dépeuplent, que les réseaux routiers s'étendent et que la sécheresse sévit, favorisant des incendies de plus en plus fréquents et importants, qui ravagent des zones entières. L'étude, qui porte plus spécialement sur l'Amazonie péruvienne, confirme qu'entre autres facteurs, les nouvelles formes d'occupation du territoire ainsi, peut-être que le réchauffement climatique, se traduisent par des incendies de plus en plus destructeurs un peu partout dans le monde.

La plupart des départs de feu en Amazonie péruvienne sont dus à des écobuages[1] de pâturages ou de terres arables à des fins de fertilisation. Ce sont des méthodes millénaires, pratiquées dans le monde entier. Mais la culture sur brûlis a mauvaise presse depuis quelques décennies avec l'explosion des populations rurales et agricoles dans les zones tropicales. Elles sont responsables d'une déforestation massive par le feu, entraînant un phénomène d'érosion et d'émissions de CO2 préoccupants. Avec l'abandon progressif de ces territoires qui ne sont plus cultivés ou seulement partiellement au profit d'un travail dans les villes, certains scientifiques ont pu penser qu'on observerait une diminution du nombre de sinistres. Mais cette étude montre le contraire. En effet, l'exode rural entraîne la diminution des populations susceptibles de combattre les feux. De plus, la prolifération d'arbustes et d'herbes hautement inflammables envahissent rapidement les terres en jachère et favorisent les départs de feux qui parcourent ensuite des zones immenses sans que rien ne les arrête, détruisant forêts, fermes, vergers, habitations et villages entiers.

"On accuse souvent les paysans de détruire la forêt et l'environnement, mais ils ont des techniques d'écobuage et de maîtrise du feu," explique le principal auteur de l'étude, María Uriarte, écologiste forestier du Département d'écologie, d'évolution et de biologie environmentale à l'Université de Columbia. "Mais, avec la multiplication des jachères et moins de monde pour combattre les départs de feu, on assiste à des sinistres beaucoup plus graves."

Des paysans péruviens tentent de contenir un écobuage qui s'étend aux cultures voisines
© Kevin Krajick / Earth Institute, Université de Columbia

Durant la période 1993-2007 (année du dernier recensement), la population péruvienne d'Amazonie a augmenté de plus de 20 % pour atteindre 7,5 millions. Mais dans le même temps, les zones urbaines se sont développées beaucoup plus rapidement ; l'émigration vers les villes s'est généralisée et certaines provinces ont perdu jusqu'à 60 % de leur population. Cela est vrai dans la région frontalière de Pucallpa, plaque tournante du commerce pour l'Amazonie occidentale et quatrième ville du Pérou. Une grande partie de l'Amazonie brésilienne connaît un processus similaire. Les populations rurales du bassin amazonien qui s'étend sur neuf pays dont le Venezuela, la Colombie et la Bolivie, sont presque partout sur le déclin, bien que leurs villes s'agrandissent.

Les réseaux routiers se densifient autour de ces villes, rendant accessibles pour l'exploitation forestière, la culture et d'autres activités, des zones autrefois hors d'atteinte. De plus, l'Amazonie a connu des épisodes de sécheresse très sévères en 2005 et 2010, des sinistres que l'on pensait ne voir survenir qu'une fois tous les  100 ans ! Sur des terrains déjà rendus plus inflammables par l'exploitation de la forêt primaire humide, au moins 800 000 hectares de forêt sont partis en fumée en 2005, rien que dans l'Etat brésilien d'Acre et autour de la ville de Pucallpa. Une étude en date de 2011 menée par des chercheurs de l'Université de Columbia montre que, malgré la distance, les sécheresses sont liées aux fluctuations de température sur l'Océan Atlantique ; c'est pourquoi certains modèles prévoient une aggravation de ce phénomène lié au réchauffement climatique.

Pour évaluer la fréquence et les causes des incendies incontrôlés, les chercheurs ont combiné des données climatiques portant sur l'ensemble de la région, des images aériennes et satellitaires de l'occupation des sols, des incendies ainsi que des enquêtes de terrain auprès d'agriculteurs autour de Pucallpa (le plus souvent pendant des incendies).
Comme ils s'y attendaient, ils ont trouvé une corrélation entre la fréquence des incendies, la sécheresse et la proximité de routes. Mais plus significativement, la fréquence et l'ampleur des incendies sont proportionnelles au déclin des populations rurales, ce qui montre qu'un certain niveau de présence humaine, avec une surveillance entre voisins, permet de contenir les feux et qu'inversement, les régions modifiées par l'homme sont en proie aux incendies lorsqu'elles sont désertées par les populations.

"L'exode rural prévisible à-travers l'Amazonie et l'extension des infrastructures routières associés à la fréquence accrue des sécheresses prédite par certains modèles climatiques sont autant de facteurs de risque d'incendies majeurs pour l'avenir," notent les auteurs.

Leurs travaux montrent néanmoins quelques évolutions encourageantes : les grandes sécheresses peuvent être anticipées par l'observation des températures à la surface de l'océan.
En outre, la culture controversée des palmiers à huile prend de l'ampleur en Amazonie, et cette végétation n'est pas très inflammable. Malheureusement, une autre étude menée l'année dernière par des membres de l'équipe montre que ces plantations se font le plus souvent aux dépends de la forêt primaire encore intacte. L'équipe souligne néanmoins que des mesures prises par l'administration pour encourager la reconversion des petites exploitations abandonnées pour y cultiver le palmier à huile pourraient améliorer la situation.

Source

As Amazon Urbanizes, Rural Fires Burn Unchecked - Columbia University
Traduction pour notre-planete.info : Michelle Vuillerot

Référence

Depopulation of rural landscapes exacerbates fire activity in the western Amazon - PNAS 2012 109 (52) 21175-21176; doi:10.1073/iti5212109

Notes

  1. Débroussaillement par le feu.

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés

1 commentaire

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avatar noblejoué - 17/03/2013, 20:54

Voilà qui va contre les idées reçues, le genre d'informations pour lesquelles ce site est précieux.
Et encore un exemple que l'écologie ne se fera pas contre mais avec les habitants des régions que l'on tente de conserver.alerte

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