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Le formidable avenir souvent trop méconnu de l'énergie éolienne

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4 861 lectures / 8 commentaires08 mars 2013, 10 h 18

eoliennes_vaches© C. Magdelaine / notre-planete.info

Selon le Conseil Mondial pour l'Energie Eolienne, l'éolien représente 282 GW de puissance installée (+ 19 % en 2012, soit 45 GW supplémentaires) au niveau mondial (dont 35 % en Europe et 2,5 % en France) et cette énergie renouvelable reste de loin la plus importante après l'énergie hydraulique (750 GW installés) mais loin devant le solaire qui vient seulement de passer la barre des 100 GW. A titre de comparaison, la puissance mondiale installée en nucléaire est de l'ordre de 370 GW.

En terme de production effective d'électricité, l'éolien représente à présent plus de 500 TWh par an dans le monde, soit l'équivalent de la consommation totale d'électricité de la France mais même si cette production a été multipliée par trois en 5 ans, elle représente toujours moins de 3 % de la production électrique mondiale qui est de l'ordre de 21 000 TWH par an.

La puissance éolienne installée dans le monde devrait être multipliée par trois pour atteindre 910 GW en 2025 et le marché mondial de l'éolien devrait, pour sa part, plus que doubler au cours de cette période, passant de 21 à 47 milliards d'euros.

Le Président Obama a d'ailleurs souligné, le 13 février « qu'en 2012, l'énergie éolienne a représenté près de la moitié des nouvelles capacités de production d'électricité aux Etats-Unis ».

Hors énergies fossiles, qui assurent encore les deux tiers de la production électrique mondiale, la première source d'énergie renouvelable reste de loin l'hydraulique, 16 % de l'électricité mondiale, suivie par le nucléaire, environ 14 %.

En supposant que nous parvenions à stabiliser à son niveau actuel la production mondiale d'électricité et que nous visions l'objectif de faire passer la part d'électricité éolienne à 33 % d'ici 20 ans (la part du nucléaire et de l'hydraulique restant au même niveau), il faudrait installer environ 230 000 machines marines d'une puissance de 8 à 10 MW (production moyenne annuelle en mer de 30 millions de kWh), soit un peu moins de 12 000 éoliennes marines par an, un rythme élevé mais nullement hors de portée de l'économie mondiale.

Selon le récent rapport du cabinet de conseil GlobalData, le marché mondial de l'éolien marin va d'ailleurs continuer sa croissance et pourrait être multiplié par dix d'ici la fin de la décennie, passant de 5 gigawatts de puissance installée à 55 GW.

En Europe, on estime généralement que le coût moyen de production du kWh éolien terrestre tourne autour de 7 centimes d'euros (13 centimes sur mer) mais aux Etats-Unis, le Laboratoire National Lawrence Berkeley estime que le coût du kWh éolien tourne autour de 5 à 6 centimes d'euro et que l'électricité éolienne devient compétitive face au nucléaire et au gaz. Il est vrai que le coût moyen de production de l'électricité éolienne a été divisé par cinq en 30 ans et la puissance moyenne d'une machine a été multipliée par dix depuis 1980.

Néanmoins, en dépit de sa progression impressionnante, tant au niveau mondial qu'européen et national, il existe toujours de fortes oppositions au développement massif de l'éolien.

Parmi les nombreux arguments avancés par ces opposants, on trouve en bonne place des affirmations de nature économique et une prédiction récurrente : le développement de l'éolien entraînera inévitablement une explosion de la facture d'électricité pour les consommateurs.

Or, une étude publiée il y a quelques jours ne va pas manquer d'alimenter le débat sur la transition énergétique et sur la place que peut avoir l'éolien dans notre futur bouquet énergétique national. Ce rapport, qui a été réalisé par le Cabinet E-CUBE Strategy Consultants et s'intitule "La valeur et les coûts de l'éolien sur le système électrique en France", est riche d'enseignements et démonte quelques idées reçues.

Ce rapport souligne tout d'abord que l'augmentation de la part d'électricité éolienne devrait, à long terme, entraîner une diminution du prix de l'électricité.

L'étude table sur une baisse pouvant aller jusqu'à 10 % à l'horizon 2030 car cette électricité d'origine éolienne, dont le coût de production ne cesse de baisser, va se substituer à d'autres sources d'énergie qui, au contraire, ont un coût de production de plus en plus élevé : nucléaire (à cause du surcoût lié au renforcement de la sécurité) et fossiles.

Concrètement, la valeur de substitution de l'énergie pourrait atteindre le niveau du tarif d'achat actuel vers 2025 (82 euros le MWh) et l'éolien réduirait dans ce cas la facture d'électricité pour le consommateur à partir de cette échéance, entraînant à l'horizon 2030, une économie de 10 centimes d'euro par kWh éolien pour le consommateur.

Cette étude montre également que la montée en puissance de l'éolien peut contribuer à absorber les pics de consommation électrique hivernaux, comme l'a montré la situation réelle observée en décembre 2012, mois pendant lequel la part de l'éolien dans la production totale d'électricité est montée au niveau historique de 10 %.

Si nous parvenons, même avec deux ou trois ans de retard, à tenir nos objectifs et à passer de 7 500 MW éoliens installés en 2013 à 19 000 dans dix ans, nous serons alors en mesure de produire environ 55 TWH par an (10 % de notre production électrique annuelle) et l'éolien pourra, dans cette hypothèse, non seulement faire face à la consommation de pointe d'environ un million de ménages, mais également éviter le recours à l'utilisation d'une dizaine de centrales thermiques de 500 MW, réduisant de plusieurs millions de tonnes les émissions de gaz à effet de serre.

Autre idée reçue battue en brèche par ce rapport : la montée en charge de l'électricité éolienne va entraîner des coûts faramineux d'adaptation de notre réseau électrique. Cette analyse conteste cette affirmation et montre que le surcoût réel, directement imputable à l'éolien, pour la modernisation de notre réseau, sera de l'ordre de 0,1 centime d'euro le kWh éolien en 2020, ce qui est tout à fait supportable pour ERDF.

Enfin, ce rapport souligne que, contrairement à ce qu'affirment les opposants irréductibles à l'éolien, la forte progression de cette source d'énergie depuis 10 ans n'a pas nécessité la mise en service de centrales supplémentaires « d'équilibre », utilisant les énergies fossiles.

Cette étude, ainsi que différents travaux réalisés aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, confirme donc qu'il est tout à fait envisageable, tant sur le plan économique qu'industriel et technologique, de viser pour 2030 l'objectif des 20 % de la production mondiale d'électricité à partir de l'éolien, soit environ 5000 TWH éoliens, ce qui représente 8 500 éoliennes marines géantes à mettre en service chaque année pendant 20 ans dans le monde (Sur la base d'une hypothèse d'une croissance modérée de 20 % de la consommation électrique mondiale d'ici 2030).

Mais bien entendu, l'éolien ne saurait en aucun cas constituer à lui seul une panacée au défi énergétique majeur que nous devons affronter. Son développement massif n'a de sens et d'intérêt qu'en synergie intelligente avec, d'une part l'énergie solaire et la biomasse, comme sources propres d'énergie et, d'autre part, en articulation avec les nouvelles technologies puissantes de stockage de l'énergie (batteries liquides, stockage sous forme de gaz, d'air ou d'hydrogène) et enfin avec la gestion intelligente, décentralisée et interactive, en grille, du réseau électrique.

Il faut également le rappeler inlassablement, dans l'équation énergétique et climatique, les énergies renouvelables, certes indispensables, ne représentent qu'un tiers de la solution ; les deux tiers restants sont à chercher dans la réduction à la source de nos besoins en énergie et dans une véritable rupture en terme d'efficacité énergétique dans tous les domaines d'activités.

Il n'en demeure pas moins vrai, comme l'ont parfaitement compris l'Allemagne, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis mais également la Chine ou le Japon, que l'énergie éolienne, principalement en mer, sera pendant au moins quelques décennies la source d'énergie propre la plus efficace et la plus rentable sur le plan économique pour la substitution massive aux énergies fossiles en matière de production électrique.

Souhaitons que la France, qui dispose à la fois d'un vaste domaine maritime, et des compétences technologiques et industrielles nécessaires à cette compétition (qui va également se jouer sur le terrain de la recherche de pointe en physique, mathématique, électronique et informatique pour concevoir des machines plus grandes, performantes et rentables) jette toutes ses forces dans cette bataille et devienne demain une référence d'excellence mondiale dans ce secteur stratégique.

Auteur

René TREGOUËT, sénateur honoraire, fondateur du Groupe de Prospective du Sénat / RT Flash

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

8 commentaires

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Strange le 08/03/2013, 11:40
Effectivement nous pouvons l'espérer. Un soutien plus actif à cette filière de la part du Gouvernement serait également le bienvenu notamment dans le domaine de la recherche ...alerte
Kristall2002 le 08/03/2013, 12:00
Bonjour. excellnt article, le débat pour ou contre est ouvert. Je souligne quand même , à moins que j'ai mal compris les chiffres et symboles, qu'il y a quelques petites erreures dans l'introduction. exemple: A titre de comparaison, la puissance mondiale installée en nucléaire est de l'ordre de 370 GW.alerte
Jacques-marie Moranne le 11/03/2013, 13:57
A qui et combien revend-on le MWh lorsqu'il y a du vent, et que la production est excédentaire ?
A qui et combien rachète-t-on le MWh lorsqu'il n'y a pas de vent ?

Voir :
http://www.manicore.com/documentation/eolien.html
http://www.manicore.com/documentation/eolien_graph15.jpg

Question subsidiaire : est-ce qu'on regarde comment sont produits les MWh qu'on est obligé de racheter (ceux qu'on rachète parfois à l'Allemagne par exemple) ?alerte
Sirius le 13/03/2013, 23:44
A combien évalue-t-on la valeur d'un paysage ,le silence,
la solitude ,l'harmonie et la paix de la nature?
Toutes réalités qui semblent totalement absentes de l'esprit utilitariste éolien.alerte
Jean-luc Bocquet le 14/03/2013, 07:45
Où est le pendant inconvénient de l'avantage éolien ?
Car il y en a un, c'est certain.
Le loup est dans le pommier, soit, mais où se cachent ses yeux ?alerte
Robert c st mandé le 17/03/2013, 22:48
article interessant . malheureusement il n'est nulle part fait etat du cout de l'investissement des 8500 eoliennes à mettre en service chaque année pendant 20 ans !
je vais etudier de pres l'étude du cabinet E-CUBEalerte
Robert c st mandé le 23/03/2013, 10:04
passer en france de 7500Mw d'eolien à 19000Mw en 10 ans cela implique un investissement de 19000-7500=11500Mw; à un cout d'environ 3,3 millions d'e le Mw éolien offshore cela fait un cout total de 37950 millions d'e soit, si c'est réalisé en 10 ans , 3,795 milliards d'e par an pendant 10 ans .
par ailleurs produire 55Twh avec 19000Mw installés cela correspond à un rendement de 55/166= 33 % seulement.
détail du calcul:19000 Mw à pleine charge produiraient à pleine charge 1900Mw x 8760 h/an = 166440 Mwh/an soit 166,440 Twh . 55 /166,440 = 33% .
dans toute ces questions il ne faut pas se borner aux chiffres de puissance installée mais aussi prendre en compte les productions annuelles effectives !alerte
Abel le 20/09/2013, 17:45
Bientôt , il faudra pédaler pour avoir
de l'électricité .
( Personne est d'accord . )alerte

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