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Chine : vers une agriculture sans pesticides

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4 113 lectures / 20 commentaires11 février 2013, 10 h 33

pommes_bio_ChineDang Jiuru sourit en montrant une pomme cueillie dans son verger. Une formation du PNUD l'a aidé à augmenter ses revenus de 12%. Chaque pomme vendue le rapproche de son but : payer pour l'éducation de son petit-fils.
© Luo Yi / PNUD Chine

Dang Jiuru, 70 ans, rêvait d'envoyer son petit-fils à l'université, mais jusqu'à récemment, cette ambition semblait irréalisable. Le verger de pommiers qu'il possède dans le comté de Luoshuan, dans la province du Shaanxi, ne lui rapportait tout simplement pas assez. Mais deux ans à peine après s'être résigné à ne plus utiliser de pesticides toxiques à base de DDT, les fonds qu'il met de côté pour les études de son petit-fils grossissent presque aussi vite que ses pommes.

Avec une altitude moyenne de 1 100 mètres et un sol riche en minéraux, cette partie du plateau de Lœss réunit toutes les conditions pour faire pousser des fruits de qualité. Malgré cela, comme la plupart des fermiers de sa connaissance, Dang croyait devoir recourir aux produits chimiques pour protéger ses fruits des acariens qui prolifèrent dans le climat de mousson semi-aride de la région.

« Si vous m'aviez demandé de renoncer aux pesticides il y a quelques années, je me serais contenté de sourire et j'aurais continué à en asperger mes arbres, explique-t-il. Je croyais que je ne pouvais pas me permettre d'arrêter et que je n'avais pas d'autre moyen de préserver mon revenu, alors qu'en réalité, c'était tout le contraire. »

Capables de détruire des colonies entières d'acariens, les pesticides au DDT constituaient pour les fermiers une solution rapide, efficace et bon marché. Ce que Dang ne savait pas, c'est que ces produits censés protéger les moyens de subsistance 
familiaux l'empêchaient en réalité de vendre ses pommes plus de 2 yuan le kilo (0,30 dollars).

Du fait de traités internationaux comme la Convention de Stockholm, qui visent à restreindre l'utilisation du DDT, et en raison de normes sanitaires et de sécurité plus strictes dans d'autres pays, les marchés étrangers, bien plus profitables, restaient interdits à Dang tant qu'il continuait à utiliser ce pesticide.

Avec la mise sur pied de trois projets pilotes et de cours donnés 
par des experts nationaux et internationaux, Dang fait partie 
des 100 000 agriculteurs, provenant de trois provinces différentes, qui reçoivent chaque année une formation pour adapter leurs techniques agricoles aux conventions internationales et aux normes commerciales. Ce projet conjoint, qui s'étale sur quatre ans, a été lancé par le PNUD et le ministère de la Protection de l'environnement chinois. Avec un financement de six millions de 
dollars fourni par le Fonds pour l'environnement mondial (FEM), le projet aide également les agriculteurs à ne plus dépendre de ce qu'on appelle les « polluants organiques persistants », dont fait partie le DDT et qui entraînent de sérieuses complications médicales en cas de contact avec la peau.

Les nouvelles techniques de contrôle des organismes nuisibles sont très simples pour la plupart : on peut faire pousser de l'herbe à la base des arbres pour fournir un habitat aux prédateurs naturels des acariens, par exemple. Il y a aussi des technologies plus complexes, les experts du PNUD donnant des conseils scientifiques et biologiques sur l'introduction prudente de nouvelles espèces d'acariens prédateurs dans les écosystèmes locaux. Malgré le considérable investissement que cela suppose en termes de temps et de gestion, ces techniques ont suscité un vif intérêt. Beaucoup d'agriculteurs ont déjà terminé leur apprentissage et sont devenus eux-mêmes formateurs dans le comté de Luoshuan, où se situe l'exploitation de Dang.

Les provinces du Hubei et du Shandong ont connu une réussite similaire. Des milliers de producteurs d'agrumes et de coton ont renoncé aux pesticides à base de DDT pour adopter des pratiques agricoles plus saines et plus durables.

Au fil du temps, les agriculteurs ont pris l'habitude de noter la productivité de leurs nouvelles méthodes de culture dans des carnets personnels, ce qui permet aux communautés de surveiller la qualité des produits et de prendre des mesures 
préventives. Ces efforts ont été appuyés par des centres de contrôle et de prévision, et une station a été installée pour mesurer les résidus des pesticides et donner des directives régulières conformes aux normes de production agricole internationales.

Dans le respect des dispositions de la Convention de Stockholm, le projet a permis de réduire la quantité de DDT libérée dans une usine du Jiangtsu et de fermer les chaînes de production de deux autres usines à Hubei et à Shandong. Il a ainsi 
permis une réduction annuelle de 180 tonnes d'émissions de DDT et de 350 tonnes de déchets toxiques 
pendant la production.

Du fait de la moindre utilisation du DDT sur les 300 kilomètres 
carrés de vergers de Luoshuan et 
grâce aux nouvelles techniques acquises par les fermiers, la production annuelle de pommes a atteint 700 000 tonnes, soit l'équivalent de 3,5 tonnes par personne pour les 200 000 habitants du comté. Les pommes de meilleure qualité se vendent désormais à 
6 yuans le kilo (0,9 dollars).

Quant à Dang, devenu formateur à son tour, il s'apprête à rejoindre le nombre grandissant de producteurs qui vendent leurs pommes sur les marchés européens. Qui pourrait l'en blâmer, alors que sa récolte lui rapporte, à lui et à sa famille, douze pour cent de plus par hectare que l'année précédente? Ce dont il est certain, en tout cas, c'est que les produits chimiques, c'est bel et bien fini pour lui.

Rédacteur

Adam Pitt, assistant chargé de la communication pour le PNUD en Chine

Auteur

Programme des Nations Unies pour le Développement

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

20 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

Strange le 11/02/2013, 10:53
Bonne nouvelle mais je préfère acheter des pommes françaises !alerte
René Voujeaucourt le 11/02/2013, 14:16
-Bonne nouvelle mais je préfère acheter des pommes françaises !-

Ce qui est guère mieux...alerte
nightrow le 11/02/2013, 20:41
Si l'on fait les comptes :
il gagne 12% de plus avec des pommes vendues 3x plus cher. Il a donc un rendement 67% inférieur, ce qui est loin d'être négligeable.
Après, éliminer le ddt est vraiment louable, mais son utilisation est loin d'être anecdotique sur le rendement.alerte
Strange le 12/02/2013, 10:08
Pathétique René comme d'habitude quelle imagination!alerte
René Voujeaucourt le 12/02/2013, 10:28
Strange

Merci, mais votre commentaire était un peu hors sujet les pommes produites en Chine sont dans une large majorité destinées au marché Chinois ou asiatique. Quant aux pommes françaises produites de manière industrielle elles n'ont rien à envier aux chinoises, au niveau pesticides (sans oublier l'énergie dépensée dans les chambres de conservation).alerte
Strange le 12/02/2013, 11:53
Peut-être mais je n'achète pas de pommes industrielles et puis au lieu de critiquer sans cesse lisez donc : "Quant à Dang, devenu formateur à son tour, il s'apprête à rejoindre le nombre grandissant de producteurs qui vendent leurs pommes sur les marchés européens" ...alerte
René Voujeaucourt le 12/02/2013, 13:11
Stange,

La France est exportatrice de pommes (elle en envoie même en Chine).

-je n'achète pas de pommes industrielles-

Vous en êtes bien certaine ? les pommes actuellement sur le marché le sont quasiment toutes (perso je suis presqu'au bout de mon silo)alerte
Strange le 12/02/2013, 15:34
J'achète « mes » pommes bio à de petits récoltants sinon je n'en mange pas mais vous êtes tellement sûr de vous que savez sans doute ce que je mange Quant à savoir qui est hors sujet je laisse le soin aux lecteurs de se faire une opinion …alerte
Christophe Magdelaine le 12/02/2013, 16:07
Strange, j'abonde dans votre sens. René, merci de cesser de prendre régulièrement les autres intervenants pour des cons. Oui, c'est le terme à propos.alerte
Jean-luc Bocquet le 16/02/2013, 13:08
Conseil de conservation hivernale des pommes.
Je les mets dans des clayettes stockées sous un auvent en plein air dehors.
Les clayettes sont stockées au dessus de ma voiture.
Une pomme gelant très difficilement il n'y a pas de danger.
Si elle gèle malgré tout, (très grand froid) on la retrouvera, à la décongélation, "mollassonne".
Tl convient alors d'attendre.
Quelques jours plus tard, elle retrouvera sa dureté.
Bien entendu,toutes les variétés n'ont pas le même comportement. Il faut essayer.
La pomme sera un peu plus farineuse.
J'en stocke une grande quantité et celles qui pourrissent, je les donne aux merles...(Quand ils ne viennent pas se servir d'eux mêmes)...
Pour les greffes :
Il faut semer la même variété que celle que l'on greffera. (Compatibilité cellulaire).
Quand une greffe ne prend pas, l'année suivante, recommencer en changeant la variété. Le faire jusqu'au moment ou une "démarre".
Vous lutterez ainsi contre ces "p...." de pommes industrielles qui inondent le marché.
Christophe : Je ne fayotte pas, mais sur ce point René a raison et Strange est un peu crédule. Mais elle veut faire bien.
Qui ne se trompe jamais ? Hein René ?alerte
René Voujeaucourt le 16/02/2013, 14:12
Les pommes, je les mets en silo, ça marche bien.alerte
Rozé le 16/02/2013, 20:30
En gros, il s'agit ici de permaculture !
Il vaut mieux associer diverses espèces vivantes végétales ou animales pour créer un climat favorable à la culture d'une et plutôt de plusieurs plantes cibles.
Renseignez vous, la permaculture, ça existe et ça marche ! Le seul problème, c'est que la culture intensive ou sélective est opposée à la permaculture. Et cette variété complique un peu la récolte. Qu'importe, si on arrive à permacultiver sans produits chimiques, sans apports autre que la création et la préservation d'un bon humus ! Et ce qui est presque miraculeux, c'est que cet humus détruit par la culture intensive, parvient à se reconstituer en quelques années seulement ... si on adopte les principes de la permaculture !alerte
Jean-Charles le 16/02/2013, 22:50
-Strange, j'abonde dans votre sens. René, merci de cesser de prendre régulièrement les autres intervenants pour des cons. Oui, c'est le terme à propos.-

Exact ! il est pervers narcissique, c-à-d qu'il rabaisse l'autre pour se valoriser, cette psychopathologie récurrente devient rapidement un désagrément pour l'entourage, voire un calvaire pour les proches.alerte
Strange le 19/02/2013, 10:48
Jean-Luc alors faut-il changer de variété ou pas? "Il faut semer la même variété que celle que l'on greffera. (Compatibilité cellulaire).
Quand une greffe ne prend pas, l'année suivante, recommencer en changeant la variété."...
Je suis crédule car j'achète mes pommes chez le fournisseur bio? Ou sur le marché au petit récoltant que je connais? Merci Jean-Luc vous savez mieux que moi ce que je mange ...alerte
Strange le 19/02/2013, 10:51
Merci Jean-Charles :-)alerte
René Voujeaucourt le 19/02/2013, 11:04
Je suis allé faire un tour sur les marchés de ma région Belfort Besançon, Montbéliard, je n'ai pas vu un seul petit producteur bio vendre des pommes pour la bonne et simple raison qu'il y a longtemps qu'elles sont vendues et que'il ne sont pas équipés pour la conservation longue durée (laquelle n'est pas très écologique en terme de consommation d'énergie) etc... Je suis allé chez le producteur bio qui habite à 2 km de chez moi. résultat, pas une pomme à vendre. les seules pommes bio en magasin bio que j'ai trouvé sont étrangères.alerte
Strange le 19/02/2013, 11:39
Franchement tout le monde sait qu'au mois de février ce n'est pas la saison des pommes! Quand je dis que j'achète mes pommes bio ce n'est pas en février ...alerte
Christophe Magdelaine le 19/02/2013, 11:51
Et pourtant, dans mon magasin bio à côté de chez moi il y a de nombreuses pommes françaises, cependant trop chères à mon goût.alerte
Jean-luc Bocquet le 22/02/2013, 19:54
Strange :
Pour ma part je ne peux pas te conseiller. (Malgré une certaine ironie transparaissant dans ton post.)
Mais il est certain que les pommes bio que l'on trouve sur les marchés en ce moment n'en ont plus que la dénomination...
Mais tu les achètes à la récolte.
Si je te donnais quelques clayettes de ma récolte, tu n'en voudrais certainement pas, tellement elles sont tâchées. (Mais bonnes quand même à condition d'éliminer pas mal de défauts.)
Mais pour les pâtisseries, (Robotes, tartes, chaussons, compotes, crumbles, charlottes,) elles sont excellentes.
Cette année je fais du semis de pommes.
Greffes l'an prochain ou l'année suivante.
Nous avons fait l'acquisition d'un pressoir. (Jus de pomme dans un premier temps.)alerte
La_graula le 10/04/2013, 14:44
Bonjour, je prends cette discussion en route et visiblement au milieu de connaisseurs. ça répond en partie à une de mes interrogations : comment se fait-il que je trouve des pommes bio à la superrette bio toute l'année ? j'ai bien compris qu'il y avait des techniques de conservation (silo ? réfrigérés ?). Comment savoir quelles variétés acheter 'en saison' ?alerte

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