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5 442 lectures / 6 commentaires21 décembre 2012, 12 h 11
Un récent rapport a mesuré l'impact sanitaire de la pollution dans le monde. Il couvre 49 pays et met en évidence des niveaux critiques et un impact comparable à celui de la Malaria et de la tuberculose. Dix industries sont montrées du doigt.
Le Rapport 2012 des points noirs de la pollution dans le monde a été publié par le Blacksmith Institute[1] et La Croix Verte suisse[2]. Cette étude, a calculé, pour la première fois, l'impact sanitaire de la pollution dans 49 pays, donnant ainsi un aperçu très complet du tribut payé par l'homme à cause de la pollution. Le rapport intitulé « The World's Worst Pollution Problems »[3] révèle que l'impact sanitaire est comparable ou pire à celui de plusieurs maladies graves ou mortelles affectant plusieurs millions de personnes dans le monde. L'ampleur du problème est comparable à l'impact de la malaria et de la tuberculose, qui sont bien mieux connues. Le rapport identifie en outre les dix secteurs industriels qui portent la plus lourde responsabilité à cet égard, et il présente des solutions réalistes.
Dans les 49 pays passés au crible par le rapport, 125 millions de personnes sont exposées à des pollutions qui affectent leur espérance de vie. C'est un tiers de plus que le rapport de l'année dernière (100 millions de personnes affectées). Ceci s'explique avant tout par une meilleure identification des sites polluants. A ce titre, les prochains rapports devraient encore porter ces statistiques à la hausse.
Situation des sites pollués identifiés par le rapport 2012
© Blacksmith Institute
D'après les recherches du Blacksmith Institute et de ses partenaires, l'impact de ces sites industriels sur la santé des populations est très significative. Par exemple, 98% des adultes et 99% des enfants affectés par une exposition au plomb vivent dans des pays à faible et moyen revenus.
Le rapport publié cette année identifie les polluants les plus courants rencontrés dans les traitements industriels, et dont l'impact sanitaire est quantifiable. Il retrace leurs usages industriels et risques sanitaires associés. Il dresse ensuite la liste des dix sources/industries les plus polluantes et propose des solutions et opportunités de mise en œuvre de mesures de nettoyage et de prévention qui permettront d'épargner des vies.
Une contribution majeure de ce nouveau rapport est l'effort de quantification de la véritable portée du risque de pollution par la mesure des impacts sanitaires dans le monde des sites contaminés situés dans 49 pays aux revenus faibles ou modestes. C'est la première fois que ce calcul a été fait pour mesurer le nombre de décès dus à la pollution à une telle échelle. Le précédent rapport avait préparé le terrain en évaluant l'impact pathogène de sites contaminés pris séparément.
"Le rapport insiste sur le fait que nous sommes arrivés à un tournant où il est indispensable de reconnaître pleinement l'impact sanitaire des pollutions toxiques. Le danger mortel lié à la pollution risque de s'aggraver dans le monde alors que les industries sont pressées de répondre à des besoins sans cesse croissants. Les plus sévèrement touchés seront les pays pauvres et modestes dans lesquelles la réglementation en matière de prévention des pollutions industrielles ne suit pas," explique Richard Fuller, Président du Blacksmith Institute.
"Alors même que près de 125 millions de personnes sont menacées par la pollution, celle-ci reste l'un des problèmes les moins bien reconnus dans le monde. On consacre comme il se doit des sommes et des efforts colossaux pour des maladies telles que la tuberculose et la malaria. Et l'on est frappé du déficit d'intérêt que suscitent les sites toxiques comparé à l'ampleur de l'action internationale et des gouvernements au niveau local pour éradiquer et soigner ces maladies. Pourtant, le rapport montre que ces sites sont largement responsables des pathologies dans le monde," ajoute le Dr. Stephan Robinson, Responsable du service Déchets et dépôts toxiques (Waste and Legacy) de la Croix Verte Suisse.
L'impact de la pollution est mesuré en Disability Adjusted Life Years, ou DALY (espérance de vie corrigée d'un facteur d'invalidité) qui calcule le nombre d'années de vie imputables à une mort précoce et la perte de qualité de vie due aux maladies.
Le calcul du DALY autorise la comparaison entre différents types de risques de santé publics, en tenant compte tant de la sévérité que de la durée d'une maladie donnée. Les céphalées chroniques, par exemple sont assorties d'un facteur plus faible dans l'échelle DALY que les conséquences comme la cécité ou le cancer.
Le rapport conclut que l'impact pour la santé publique mondiale des polluants industriels, mesuré en DALY, est égal ou supérieur à celui de quelques-unes des maladies les plus graves. Le rapport montre que l'exposition aux contaminants sur les décharges de produits dangereux analysées dans 49 pays se traduit par plus de 17 millions de DALY. En comparaison, la malaria c'est 14 millions de DALY, la tuberculose 25 millions de DALY et le SIDA près de 29 millions dans les pays couverts par l'étude. Bien qu'ils ne soient pas définitifs, ces chiffres donnent une bonne idée de l'échelle du problème.
Le rapport de 2012 découle d'une analyse des données collectées sur le terrain par le Toxic Sites Identification Program (programme d'identification des sites toxiques) du Blacksmith Institute sur une période de trois ans. Des milliers de sites toxiques ont ainsi été évalués dans des pays situés dans l'échelle moyenne à basse des revenus. Les estimations d'impact s'appuient sur le corpus de recherches produit par les études sur le terrain. Cette source, complétée des informations toxicologiques émanant de L'Organisation Mondiale de la Santé, de la U.S. Environmental Protection Agency et autres autorités en matière de santé publique, ont permis au Blacksmith Institute de quantifier les problèmes de pollution les plus fréquents et préoccupants.
Les dix secteurs industriels classés par ordre de toxicité (en DALY (Disability Adjusted Life Year)
Le plomb est l'élément trace métallique le plus problématique, il a été identifié dans plus de 500 sites pollués et affecte environ 16 millions de personnes dans les 49 pays étudiés par le rapport.
Au-delà du regard apitoyé que nous pouvons porter sur le sort de ces populations vulnérables et défavorisées, notre responsabilité est engagée. En effet, ces filières industrielles nous sont profitables : elles contribuent à produire les biens de consommation que nous utilisons quotidiennement : batteries, équipements électroniques, vêtements, bijoux, produits manufacturés, plastiques...
Les pays développés et en premier lieu l'Europe se targuent d'émettre moins de polluants dans le milieu naturel, mais c'est aussi et surtout le fait des délocalisations des filières polluantes dans les pays à faible et moyen revenus où la législation et le coût du travail sont bien plus attractifs.
Ainsi, l'OCDE estime que la production totale de produits chimiques en 2020 sera 85 % plus importante qu'en 1995 et que près d'un tiers de celle-ci se fera dans les pays en voie de développement contre environ 1/5 en 1995.
Malheureusement les populations des pays en voie de développement sont plus vulnérables aux polluants chimiques qui proviennent des process industriels par manque de connaissance, de bonnes pratiques, de règles de sécurité. De surcroît, elles souffrent d'un déficit d'infrastructures de santé ou n'y ont pas suffisamment accès. Enfin, les populations les plus pauvres sont souvent carencées au niveau de l'alimentation et de l'hygiène de vie, ce qui augmente les risques sanitaires et la vulnérabilité aux polluants industriels, particulièrement chez les enfants.
D'où la nécessité, une nouvelle fois, de réduire notre consommation à l'essentiel et d'opter pour un autre modèle de développement où l'acte d'achat n'est plus le moteur d'un pseudo bonheur.
The World's Top Ten Toxic Pollution Problems 2012 - Blacksmith Institute
Traduction pour notre-planete.info : Michelle Vuillerot
Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés
Aurorin - 21/12/2012, 12:57
3 d'accord 1 pas d'accord
En gros nous envoyons nos poubelles les plus toxiques contaminer les populations dans des Pays qui servent de dépotoirs à hauts risques.
Nous devons bien en avoir quelques unes qui sont planquées pas trop loin de chez nous...
Nacera Belcacem - 22/12/2012, 16:50
2 d'accord 1 pas d'accord
dans ces pays l'esperance de vie est déja tres en deça de celle partout ailleurs
on meurt de beaucoup d'autres maux engendré par la société
la pauvreté,la sous alimentation le stress quotidien
ce qui compte pour les décideurs dans ces pays sous développés est ce qui rentre dans leur coffre fort et comment alimenter leur comptes en banques étrangeres pas la qualité de vie de leur concitoyens ni sa durée.
Stéphane LAGASSE - 22/12/2012, 23:31
0 d'accord 1 pas d'accord
Pourquoi le patron de Ryanair n'habite pas en bout de piste? Et caetera...
fullbert téli - 26/12/2012, 12:31
3 d'accord 1 pas d'accord
coopération, pas confrontation !
Voici ce que j'aimerais lire dans ces commentaires, au lieu d'y voir sans arrêt des doigts stupides et haineux pointés vers "l'autre qui ne fait pas bien les choses" :
- C'est décidé, j'arrête de consommer comme un porc.
- Ok, j'ai compris, je ne donnerai plus le pouvoir à ces malfrats de décideurs.
- je vais commencer à bien éduquer mon enfant. J' en ferais un second quand le monde se portera mieux.
- Et si je réorganisais ma vie, et par la reflexion, trouvais un mode moderne et simple qui arrangerait tout le monde ?
...La liste est longue, je vous laisse la continuer...
Yves Jacquot - 27/12/2012, 10:51
1 d'accord 1 pas d'accord
de tristes chiffres qui ne me surprennent pas,la surconsommation et la délocalisation sont sources de nombreux maux ,ces chiffres le prouve
Aurorin - 01/01/2013, 17:40
0 d'accord 2 pas d'accord
Bonjour à toutes et tous pour mon premier message 2013 et bonne année. Oui enfin quand on réagit à un tel sujet, c'est un peu compliqué, désolé si je casse l'ambiance !
Quand on parle de délocalisation, je crains que ce phénomène ne s'amplifie, au moins pour une raison qui n'est que rarement évoquée. Les industries concernées semblent tout simplement se rapprocher des zones de production de matières premières encore disponibles.
On va là où les coûts sont les moins élevés, c'est à dire chez les pays producteurs.
Comme l'Europe ne dispose pas ou peu de ressources disponibles comparé à sa superficie et à sa concentration démographique, les industriels s'en vont et seuls les produits finis nous reviennent.
En plus de favoriser le chômage à travers l'Europe, ce phénomène amplifie les déficits import/export. C'est un processus lent mais immuable et définitif. On ne peut exploiter que ce qui existe.
Si solution il y a, ce n'est certainement pas se repliant sur soi.
Page mise à jour le 21/12/2012
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