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Les défis de l'urbanisation mondiale sur la biodiversité

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5 147 lectures / 6 commentaires20 novembre 2012, 17 h 53

residence_cour© C. Magdelaine / notre-planete.info

Si les tendances actuelles se maintiennent, l'urbanisation planétaire aura des répercussions importantes sur la biodiversité engendrant des conséquences sur la santé humaine et le développement, selon une nouvelle étude de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CDB).

L'analyse intitulée Les villes et les perspectives de la biodiversité est la première analyse mondiale sur la façon dont les schémas d'expansion des terres urbaines anticipés influenceront la biodiversité et les écosystèmes vitaux.

Cette évaluation, qui s'appuie sur les contributions de plus de 123 scientifiques du monde entier, indique que plus de 60 % des terres qui deviendront urbaines d'ici 2030 n'ont pas encore été construites. Cela représente une occasion majeure d'améliorer grandement la durabilité des villes par la promotion d'un développement urbain à faible émission de carbone et qui soit économe en ressources, pouvant ainsi réduire les effets négatifs sur la biodiversité et améliorer la qualité de la vie, déclare l'étude.

En 2008, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, plus de la moitié de la population humaine vivait en milieu urbain. Cette tendance devrait s'alourdir puisque l'aire urbaine mondiale totale devrait tripler entre 2000 et 2030, avec une population urbaine qui pourrait doubler et atteindre jusqu'à 4,9 milliards d'individus. D'ici 2030, les villes du monde en développement, grandes et petites, abriteront 81 % de la population urbaine de la planète, souligne un rapport des Nations Unies.

"Plus de la moitié de la population habite déjà dans les villes. Ce nombre devrait augmenter, avec 60 % de la population qui vivra dans des zones urbaines d'ici 2030" a déclaré Achim Steiner, Secrétaire général adjoint de l'ONU et Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'Environnement.

La pression des villes sur l'environnement

Cette expansion urbaine pèsera lourd sur les ressources en eau (qualité et quantité) et les autres ressources naturelles disponibles en plus de consommer des terres agricoles et des milieux "naturels".

"La façon dont nos villes sont conçues, la façon dont nous les habitons et y vivons ainsi que les décisions de politiques des autorités locales définiront en grande partie le futur développement durable mondial", a déclaré Braulio Ferreira de Souza Dias, Secrétaire exécutif de la CDB.

Le rapport affirme que l'expansion urbaine est plus rapide dans les régions qui se situent près des points chauds de biodiversité et près des zones côtières. Dans les régions à urbanisation rapide, comme en Afrique sub-saharienne, en Inde et en Chine, les ressources nécessaires à la mise en œuvre et à la planification urbaine durable font souvent défaut. La ville s'accroît alors anarchiquement, sans cohérence et sans adéquation avec les systèmes d'assainissement et de fourniture d'eau et d'énergie, ce qui contribue à détériorer durablement l'environnement.

Le rôle de la biodiversité en ville

Paradoxalement, les villes peuvent également maintenir des espèces de la faune et de la flore ainsi que différents écosystèmes. Par exemple, plus de 50 % des espèces florales de la Belgique peuvent être trouvées à Bruxelles ; 65 % des oiseaux de la Pologne se retrouvent à Varsovie.

Au cœur de la ville, les espaces verts urbains rendent de nombreux services comme la captation et la filtration des poussières ainsi que l'absorption du dioxyde de carbone de l'air, améliorant ainsi la qualité de l'air. Ainsi, des données du Royaume-Uni démontrent qu'une augmentation de 10% en couvert forestier dans les villes peut entraîner une diminution de 3-4 °C de la température ambiante, ce qui réduit l'énergie utilisée pour la climatisation l'été.

La biodiversité urbaine fournit également d'importants avantages pour la santé humaine. Des études ont démontré que la proximité des arbres peut réduire la prévalence de l'asthme et des allergies chez les enfants.

La planification urbaine durable qui aborde les enjeux de biodiversité ainsi que d'autres priorités telles la réduction de la pauvreté, l'emploi, le logement, peut engendrer des effets positifs sur la santé et sur l'environnement. "Les villes doivent apprendre à mieux protéger et renforcer la biodiversité puisqu'il est possible de maintenir une biodiversité riche dans les villes et elle est extrêmement vitale à la santé et au bien-être humains", a déclaré le Professeur Thomas Elmqvist du Stockholm Resilience Centre et éditeur scientifique du rapport.

Les grandes tendances de l'urbanisation dans le monde

Le rapport met en relief un large éventail d'initiatives réussies prises par les villes, les autorités locales et les gouvernements autant dans les pays développés que dans les pays en développement.

On cite souvent la réussite des péages urbains dans certaines grandes villes européennes (Londres, Stockholm, Milan...) mais à Bogotá, en Colombie, des mesures similaires comme la fermeture des routes aux voitures les week-ends, ont permis l'amélioration du système de transport des autobus et la création de pistes cyclables. Résultat : les résidents ont accru leurs activités physiques tout en réduisant leurs émissions de gaz à effet de serre, ce qui permet de lutter contre le fléau de l'obésité tout en limitant le réchauffement climatique.

L'urbanisation en Asie

Ce continent concentrera presque la moitié de l'augmentation mondiale des terres urbaines pour les 20 prochaines années. Les changements les plus extensifs se produiront en Chine et en Inde.

La croissance des pôles urbains en Inde (tel le corridor industriel Mumbai-Delhi) est susceptible de transformer des régions entières, avec des impacts significatifs sur les habitats et la biodiversité.
La perte de terres agricoles découlant de l'urbanisation, combinée avec une planification des chaînes alimentaires insuffisante, devrait affecter lourdement la sécurité alimentaire de la future population croissante de l'Inde. Toutefois, l'urbanisation modifiera les modes de vie ce qui pourrait diminuer la pression sur les forêts vu un usage réduit de bois et de charbon comme source d'énergie.

En Chine, les aires urbaines s'étendent de plus en plus sur les aires protégées.

L'urbanisation en Afrique

L'Afrique s'urbanise plus rapidement que tout autre continent, et la majorité de la croissance démographique se produira dans les villes de moins de 1 million d'habitants. Malheureusement, ces villes ont souvent des structures de gouvernance faibles, des niveaux élevés de pauvreté et une faible capacité scientifique en ce qui a trait à la biodiversité.

De faibles niveaux d'emploi formels dans les villes ajoutent de la dépendance aux services fournis par les écosystèmes (par exemple : les ressources en eau et aliments) des zones situées à l'intérieur et près des limites des villes.

L'urbanisation en Amérique latine et dans les Caraïbes

Le nombre de villes dans la région a été multiplié par six dans les 50 dernières années.

L'étalement urbain causé par le logement de populations à faible revenu se produit souvent dans des zones d'intérêt pour la biodiversité et les services écosystémiques, tels que les zones humides ou inondables. Celles-ci sont considérées à tort comme étant de valeur marginale par les planificateurs.

L'urbanisation en Europe et en Amérique du Nord

En Europe, le taux d'urbanisation actuel est de 70-80 %, et la croissance urbaine des récentes décennies a majoritairement pris la forme d'un étalement urbain plutôt que d'une densification urbaine. Ainsi, plusieurs villes d'Europe et d'Amérique du Nord ont vu leurs populations centrales se réduire ou évoluer en même tant que l'étalement des constructions en banlieue et dans les zones ex-urbaines.

Les objectifs Aichi pour la biodiversité

Le rapport démontre comment les aires urbaines peuvent jouer un rôle central dans la réalisation des 20 objectifs clés de biodiversité, mieux connus sous le nom d'objectifs d'Aichi pour la biodiversité qui ont été convenus en 2010 par les Parties à la Convention sur la Diversité Biologique (CDB).

Par exemple, la restauration ou le verdissement d'anciens sites industriels ou friches industrielles par les autorités des villes peuvent appuyer les efforts pour l'atteinte de l'Objectif d'Aichi 15, où 15 % des écosystèmes doivent être restaurés d'ici 2020.

Les villes peuvent aussi aider à prévenir l'extinction des espèces connues (objectif d'Aichi 12) à travers la recherche et les investissements via les zoos, les aquariums et musées, plusieurs d'entre eux étant gérés par les villes.

Notes 

L'analyse Les villes et les perspectives de la biodiversité (VPB) a été réalisée par le Secrétariat de la CDB en partenariat avec le Stockholm Resilience Centre (SRC) et les Gouvernements locaux pour le développement durable (Local Governments for Sustainability (ICLEI). Le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique opère sous le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (UNEP).

Source

Conserver la biodiversité peut améliorer la santé humaine dans les villes du monde, selon une étude de l'ONU - PNUE

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés

6 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

Jean-luc Bocquet le 20/11/2012, 18:44
Une tonne de ciment nécessite la consommation d' une tonne de pétrole.
Une tonne de pétrole brûlé envoie dans l'atmosphère 2220 kg de CO2
Dans ce CO2 on retrouve grosso modo 600 kg de carbone et... 1620 kg d'oxygène...
Voilà.
l'arène du débat est plantée
Comme il faut du ciment (beaucoup...) pour fabriquer les parpaings et la "colle" qu'il faut aussi beaucoup d'énergie pour fabriquer les briques et les tuiles et encore plus pour l'élaboration du reste des infrastructures des villes et de leurs périphériques, voyons comment les futurs intervenants du forum vont voir les choses.alerte
Marc Moulin le 20/11/2012, 19:04
Ce que je vois, c'est que les villes s'étalent et que nous empiétons sur l'espace de la flore et de la faune sauvage !
Ce qui devrait être épanouissement devient peau de chagrin.
On exulte pour un nouveau lotissement, aéroport, TGV, zone industielle, et on oublie que juste à côté, il y a des êtres vivants !
Comment vont-ils faire face, comment vont-ils s'en sortir ?
Je suis dans l'expectative et je regarde !
J'attends.alerte
Jean-luc Bocquet le 20/11/2012, 19:48
Ouais. Pas gai.alerte
Jean Weber le 21/11/2012, 07:58
Merci à Christophe pour cet article auquel j'adhère à 100%.

L'importance d'une gestion de la biodiversité en ville s'illustre particulièrement bien pour les arbres. Les variétés horticoles sont les mêmes plantées dans le monde entier. Vu les surfaces cette situation conduit non seulement à un appauvrissement des espèces mais aussi un appauvrissement de la diversité génétique, notamment par le fait que les clones fécondent les populations naturelles. C'est la raison pour laquelle les populations naturelles de peuplier noir sont par exemple en danger car depuis au moins 1750 on ne plante que des variétés horticoles (en forme de plume) ou des hybrides avec du peuplier Americain.

Les pays tropicaux émergeants dont beaucoup d'espèces de plaine sont menacées dans la nature s'inspirent souvent des anciennes villes d'Europe et d'Amérique pour l'architecture du paysage. Il est donc particulièrement urgent de développer de concert un mécanisme de gestion de la biodiversité des arbres capable de donner à la fois une visibilité aux décisions des particuliers et des collectivités.
Pour une fois ce n'est pas une question d'argent (qui existe pour la plantation des villes et jardins) mais de prise de conscience et de coordination de décisions individuelles pour un meilleur choix du matériel planté.

Pour les arbres il faudrait
1) un plan de ce qui existe (arbres plantés)
2) un moyen de gérer la diversité intra-spécifique
3) organiser une offre et demande pour que les citoyens puissent avoir recours à un autre choix que planter ce qui est disponible dans les supermarchés (ou les architectes de communautés urbaines puissent avoir accès à un matériel végétal d'origine locale et diversifié)

J'ai entrepris de coder une plateforme pour la cartographie collaborative des arbres http://pericopsis.org/ et je vous demande à tous de cartographier les arbres près de chez vous (vous pouvez enregistrer le périmètre d'une zone par un polygone).
C'est un moyen simple et gratuit d'agir et de donner une visibilité à nos préoccupations.

Les fonctions à venir ont pour objectifs de répondre aux points n°2 et 3.

Pour la gestion de la diversité intra-spécifique il sera bientôt possible de différencier dans la base de données :
- les arbres obtenus à partir de graines d'origine non déterminée
- les arbres obtenus à partir de graines d'origine connue représentée par un polygone
- les arbres obtenus à partir de graines d'un parent connu représenté par un point
La conaissance de la provenance permettra en outre d'établir un pont entre la ville et le milieu naturel.

Pour le développement de filières d'espèces et de populations locales l'internet apparait également intéressant au regard de ce qui a été réalisé dans l'industrie musicale (économie de longue traine) où il est possible de trouver une musique très rare, en quelques clics. A mon avis il faudrait pouvoir publier sur la même plateforme les intentions de plantation (espèce et origine des semences) et ce qui est disponible.alerte
Jeannine Bouteille Nouvelle-Caledonie le 21/11/2012, 20:39
Jeannine Bouteille cette déclaration d'étude des 123 scientifiques me laisse perflexe, fille des iles du pacifique,nous resentons déja le réchauffement climatique: 1er la montée des eaux est réelle,2eme abeilles et insectes pollinisateurs disparaissent ect..cette étude déclare que seules les villes Urbaines qui augmenteront en 2030 en populations seront les garantes de la biodiversités flores ou animales...la question que je me pose: ai-je bien lue ce rapport??messieurs mesdames vous nous proposer de détruire la faune naturelle pour implanter du béton, coltard,ect..détruire cette faune naturelle qui génére notre planete ou vous avez l'idée de construire des villes artificielles ou seules des robots pourront y vivre!!!!alerte
Jean Weber le 22/11/2012, 03:06
« messieurs mesdames vous nous proposer de détruire la faune naturelle pour implanter du béton »

C'est qui « messieurs mesdames » ? D'autres intervenants de ce forum parlent de « ils ». Pour information nous vivons presque tous dans une maison ou un immeuble. L'urbanisation grandissante n'est que le résultat d'une augmentation de la population et du niveau de vie, bref d'une somme des décisions individuelles comme avoir des enfants, choisir son lieu d'habitation, aménager son environnement.
C'est sur ces trois paramètres que nous pouvons agir individuellement et je vous en invite à une action simple pour le dernier.alerte

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Vous êtes un humain ? Prouvez-le ! Sur quelle planète vivons-nous ? C'est la

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