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Président Barack Obama : un deuxième mandat plus vert ?

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2 952 lectures / 5 commentaires19 novembre 2012, 17 h 14

BarackObama_2012DR

Au cours des trois rencontres qui ont jalonné l'élection présidentielle américaine, pas une seule fois les candidats n'auront prononcé les mots "changement climatique", "réchauffement" ou "gaz à effet de serre". Un oubli plutôt surprenant, quelques mois après la conférence des Nations-Unies sur l'environnement à Rio de Janeiro, en juin 2012. Pourtant, l'Amérique ne pourra pas nier éternellement la réalité du changement climatique, alors que l'ouragan Sandy a frappé la côte Est et dévasté le New Jersey.

Le changement climatique : une prise de conscience progressive

Si les dirigeants américains tardent à agir, la population en revanche montre un intérêt – et une inquiétude – croissante pour la question du changement climatique. Une enquête de l'université de Yale a récemment montré que 70% des américains croient au changement climatique contre 57% en 2010.

Un rapport de Münich Re[1] paru le 17 octobre indique que le nombre de catastrophes météorologiques a été multiplié par 5 entre 1980 et 2011 aux États-Unis. Cette publication n'a récolté que l'indifférence générale mais la donne pourrait bien changer avec Sandy. L'ouragan a fait réagir beaucoup de monde : plusieurs journalistes et chroniqueurs célèbres ont écrit pour s'indigner face à un tel déni.

Obama en faveur des énergies vertes... et des énergies fossiles

Il ne s'en cache même pas, Barack Obama n'a pas fait de la lutte contre le changement climatique une priorité lors de son premier mandat. À ce titre, il avait suscité les critiques d'Al Gore[2], qui déclarait en 2011 : le Président n'a "pas su profiter de sa fonction pour imposer des mesures audacieuses contre les changements climatiques". Parmi les quelques mesures positives à retenir du premier mandat, citons une hausse des standards d'efficacité des carburants, afin de réduire de moitié les émissions des véhicules neufs d'ici à 2025. L'administration Obama a également esquissé un début de limitation des émissions de gaz à effet de serre dans l'activité industrielle en s'appuyant sur une loi sur la qualité de l'air datant de 1990. La régulation pour diminuer les émissions de mercure, de carbone, etc. issues des centrales à charbon a mené les installations les plus polluantes à fermer. Les énergies renouvelables se sont développées : la production d'électricité issue d'énergies renouvelables a doublé depuis 2008, mais malgré les investissements (85 milliards de dollars en 4 ans) elles ne représentent toujours que 15% de l'énergie nationale. Obama lui-même s'est déclaré favorable à un mix énergétique qui comprendrait les énergies fossiles et le nucléaire. Ainsi, bien qu'il défende les énergies renouvelables, le Président américain encouragera également l'exploitation des gaz de schiste, avec tous les risques qu'ils impliquent.

Le bilan est donc médiocre : si les émissions de gaz à effet de serre ont baissé (de 6,6% entre 2008 et 2009) en raison de l'effondrement de l'économie, cette réalisation est le seul fait de la crise économique qui force les entreprises à réduire leur activité (la situation est par ailleurs assez identique en Europe). Grands utilisateurs d'énergies fossiles, les américains misent à l'heure actuelle sur l'exploitation d'hydrocarbures non-conventionnels (huiles et gaz de schiste). Une exploitation âprement défendue par le candidat républicain Mitt Romney, dont une partie de la campagne a été financée par les compagnies pétrolières (à hauteur de 150 millions de dollars, soit 117 millions d'euros). La catastrophe de la plateforme Deepwater Horizon[3] en 2010, pourtant révélatrice des risques liés à l'exploitation du pétrole, n'a pas entaché l'enthousiasme général.

Le problème est donc double : si Obama se montre moyennement ambitieux sur la question environnementale, il a surtout face à lui beaucoup d'obstacles, entre les puissants lobbys et la Chambre des Représentants[4] majoritairement républicaine depuis 2010. Cette situation devrait perdurer au moins jusqu'aux élections de mi-mandat en 2014. Considérant l'intérêt que portent les républicains au changement climatique (quand ils ne le réfutent pas simplement), il y a de quoi craindre l'immobilisme.

De même, sur la question des OGM, aucune interdiction ou limitation n'est à espérer, compte tenu de la puissance des lobbys pro-OGM aux États-Unis et des 69 millions d'hectares cultivés sur le territoire[5], mais aussi et surtout de la position d'Obama. Si Mitt Romney est le grand ami de Monsanto, Obama n'est absolument pas réfractaire aux modifications génétiques sur les plantes, même s'il estime nécessaire d'évaluer régulièrement leur impact sur la santé. La Californie vient par ailleurs d'organiser un référendum sur l'étiquetage obligatoire des produits contenant des OGM, qui s'est soldé par un rejet de cette mesure. La question fait donc consensus dans la vie politique américaine.

Un rôle renforcé pour l'Agence américaine de l'Environnement 

Quelles avancées peuvent attendre les écologistes ? Le Président réélu semble hésitant, voire contradictoire sur les questions environnementales. S'il risque d'autoriser le projet pipeline Keystone XL (un oléoduc géant provenant du Canada) pour transporter des énergies fossiles, il a également promis de renforcer le rôle des agences de l'environnement. Ainsi, malgré l'absence de majorité démocrate au Congrès, il peut compter sur l'appui et le soutien de l'Environmental Protection Agency[6] qui pourrait mener des politiques sans que le Président ait besoin d'élaborer une nouvelle législation. Les pouvoirs croissants de l'agence sur les dossiers environnementaux inquiètent les patrons de l'industrie, qui risquent de voir leurs activités conditionnées à leurs émissions de CO2. L'EPA a présenté fin 2011 une mesure pour multiplier par deux les normes d'efficacité énergétique des voitures, mesure qui n'aurait pas besoin d'un vote au Congrès pour passer. En effet, la décision appartient au ministère de l'énergie et des transports. De son côté, le ministère de la défense déploie de vastes efforts en équipements pour réduire sa dépendance au pétrole (il utilise 375 000 barils par jour, soit la consommation du Niger et de ses 140 millions d'habitants), et de porter la part des énergies renouvelables à 25% de ses sources d'énergie. Enfin, malgré les obstacles auxquels le gouvernement fera face, l'instauration d'une contribution carbone est envisageable, à défaut d'un marché des quotas (trop complexe à mettre en place).

Le second mandat d'Obama : des perspectives encore floues

Le soir de son élection, Obama a déclaré : "Nous voulons que nos enfants vivent dans une Amérique qui ne soit pas menacée par le pouvoir destructeur d'une planète qui se réchauffe". Il a également été félicité par le Sierra Club[7]. Avec le passage de Sandy (50 milliards de dollars de dégâts) et les réactions que l'ouragan a suscité dans l'opinion, on peut légitimement s'attendre à ce qu'Obama intègre mieux la question environnementale dans son second mandat. 

Pour l'heure, ce sont surtout les états qui tirent l'action du gouvernement fédéral. En matière d'environnement, la Californie avait essayé d'influencer l'administration Bush, sans succès. L'État de la côte Ouest se distingue aujourd'hui par sa volonté d'innover en matière de transports : une réglementation récemment mise en place prévoit de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre provenant des transports d'ici 2025, en réduisant la consommation d'essence des véhicules et en disposant 1,4 millions de véhicules électriques sur la route en 2025. La Californie se place ainsi comme un leader mondial dans le développement des véhicules électriques.
Parallèlement, lors de son discours sur l'état de l'Union en janvier dernier, le Président avait annoncé vouloir compter 1 million de voitures électriques en circulation d'ici à 2015. En début d'année, il avait également fait passer la prime à l'achat de 7500 dollars à 10000 dollars. L'action des États semble donc trouver un meilleur écho auprès d'Obama.

La 18e conférence sur le climat qui aura lieu à Doha au Qatar en décembre laisse espérer que Barack Obama prendra des positions plus affirmées sur la question du changement climatique.

Notes

  1. Une grande firme américaine de réassurance.
  2. Al Gore a été le candidat démocrate à l'élection présidentielle de 2000, battu de peu par George W. Bush. Il est également le réalisateur de « Une vérité qui dérange », un film qui avait connu un grand succès pour dénoncer l'immobilisme face aux dangers du changement climatique.
  3. Plateforme pétrolière qui a explosé le 20 avril 2010 au large de la Louisiane, provoquant ce qui est aujourd'hui considéré comme la plus grande marée noire de l'histoire, avec 5 mois de fuite et environ 835500 t de pétrole déversé dans l'océan.
  4. La Chambre des représentants des États-Unis compose, avec le Sénat, le Congrès des États-Unis. Elle vote les lois fédérales et représente les citoyens au sein de l'Union.
  5. Voir à ce titre notre article : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_3358_cultures_OGM_monde.php
  6. Agence américaine de protection de l'environnement, qui dispose de pouvoirs importants en la matière.
  7. La plus importante association de défense de l'environnement aux Etats-Unis.

Sources

Auteur

avatar Anaelle Sorignet / notre-planete.info - Tous droits réservés

5 commentaires

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avatar Jean-luc Bocquet - 19/11/2012, 18:42

Le problème c'est que les américains se comportent comme ceux qui en France se drapent dans la soie verte en se parfumant l'haleine avec des chewing-gums à la chlorophylle pour masquer des rots à l'odeur d'essence ou de kérosène brûlé...
Obama... au plus haut des cieux ?
J'attends de voir.
Quoi de plus sain de commencer la discussion avec une bonne vanne ?alerte

avatar Stéphane LAGASSE - 19/11/2012, 22:48

Pour obtenir un second mandat, il a du tenir compte de l'opinion, des faiseurs d'opinion et des lobbies, bref de l'Amérique qu'on n'aime pas.
Merci Sandy...
Avec les effets assez sensibles et immédiats de l'exploitation des gaz de schiste, on peut espérer un réveil...
Espérons et hurlons, calmement.alerte

avatar Sha-ka - 24/11/2012, 13:17

Je pense qu'on peut directement arrêter de rêver pour éviter les faux espoirs.alerte

avatar Eric Val d'Yerres - 24/11/2012, 14:18

Oh ! Vu tous les intérêts financiers qui régissent notre planète, aucune solution ne verra le jour.

Aujourd'hui on "bypass" les problèmes existants, à quand les restrictions de circulation dans les grandes villes ?

Arrêtons de pleurer sur notre sort, ce qui doit être changé ne vien pas du citoyen.alerte

avatar Simone Kirk membre premium - 26/11/2012, 10:37

on espère qu'il y aura des avancées et des prises de position plus énergiques face aux lobbies très puissants aux USA comme ceux des pétroliers et autres Monsantoalerte

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Vous êtes un humain ? Prouvez-le ! Sur quelle planète vivons-nous ? C'est la

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