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La pression politico-médiatique française monte pour faire accepter les gaz de schiste

3 924 lectures / 71 commentaires18 septembre 2012, 17 h 09

puits_gaz_Barnett_schistePuits de forage dans le gisement de Barnett shale, Alvarado, Texas - Etats-Unis
© Greg Barnes

Ambiguïtés ministérielles, lobbying intensif de l'industrie pétrolière et gazière, appels pressants d'éditorialistes et de chroniqueurs en faveur de leur extraction, multiplication de permis d'exploration, camions sismiques en attente d'autorisation... Alors que s'est terminée la conférence environnementale, les gaz de schiste sont loin d'être définitivement enterrés. Retour sur une bataille qui se joue en coulisse depuis un an.

Il est déjà loin le temps où les leaders socialistes s'opposaient fermement aux gaz de schiste. « Une fausse bonne idée aux risques écologiques démesurés », expliquait il y a un an Arnaud Montebourg. Lors du débat sur la loi du 13 juillet 2011, interdisant la fracturation hydraulique, le futur ministre du Redressement productif, le futur Premier ministre et le futur Président – alors dans l'opposition – ont même signé une proposition de loi « visant à interdire l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels, à abroger les permis exclusifs de recherche de mines d'hydrocarbures non conventionnels et à assurer plus de transparence dans le code minier ». C'était avant d'arriver au pouvoir.

Depuis, tout a soudainement changé : « Le débat n'est pas tranché », explique Jean-Marc Ayrault dans Libération le 22 août. « Le 14 septembre va s'ouvrir une conférence environnementale et [...] il faut qu'on mette sur la table les différentes solutions qui pourraient exister et [établir s'il faut ou non] les utiliser ». Arnaud Montebourg s'est également dit prêt à reconsidérer la question, le 11 juillet, à l'occasion d'une réunion de la Conférence nationale de l'industrie. Delphine Batho, devenue ministre de l'Écologie après l'éviction de Nicole Bricq, doit se sentir bien seule. « Je pense que la transition énergétique, ce n'est pas d'aller chercher de nouveaux hydrocarbures », a-t-elle déclaré lors des journées d'été d'Europe écologie – Les verts, à Poitiers, où elle était invitée.

Des permis toujours valides

La loi du 13 juillet 2011, votée sous le gouvernement Fillon, interdit bien « l'exploration et l'exploitation des mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux par des forages suivis de fracturation hydraulique de la roche » (Article 1). Mais le texte laisse quelques fenêtres ouvertes. D'abord, la fracturation hydraulique – la seule technique d'extraction possible, excessivement gourmande en eau et comportant des risques de pollution chimique n'est pas clairement définie. Ensuite, la loi crée une « Commission nationale d'orientation, de suivi et d'évaluation des techniques d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux » en vue « d'évaluer les risques environnementaux ». Sa composition a fait l'objet d'un décret publié au Journal Officiel le 22 mars 2012, mais la commission n'a toujours pas été installée. Enfin, la loi autorise la « mise en œuvre d'expérimentations réalisées à seules fins de recherche scientifique sous contrôle public ».

C'est sur ces bases légales que trois permis d'exploration de gaz de schiste – les plus médiatisés – ont été abrogés en octobre 2011 : ceux de Nant et Villeneuve-de-Berg (détenus par l'entreprise texane Schuepbach) et celui de Montélimar (Total). Les autres – plus d'une soixantaine – sont pour l'instant gelés. Pour prospecter, les industriels doivent remettre à l'administration des rapports « précisant les techniques employées ou envisagées dans le cadre [des] activités de recherches ». De Château-Thierry à Foix, en passant par Alès, au moins une dizaine d'autres permis concernant principalement les gaz de schiste auraient ainsi pu être annulés. En refusant de les abroger, l'ancien gouvernement UMP a-t-il voulu, à sa manière, ne pas clore le débat ? Une continuité dans laquelle semblent s'inscrire les ténors socialistes du gouvernement.

Des camions sismiques en Ardèche

Sur le terrain, une multitude de compagnies pétrolières continuent de s'activer, et de saisir les opportunités laissées ouvertes par la loi. Début septembre, la société Mouvoil SA, détentrice du permis « Bassin d'Alès », couvrant une partie de l'Ardèche et du Gard, a ainsi adressé une demande aux préfectures pour faire circuler des camions sismiques. « Ce permis vise en particulier de forer à 1 400 m de profondeur. Il prévoit également l'utilisation d'une technique de fracturation, ce qui paraît extrêmement risqué dans cette zone dont le sous-sol karstique comporte de nombreuses failles dans lesquelles l'eau circule », alerte le collectif ardéchois « Stop aux gaz de schiste ». Précisons que Mouvoil SA est une société basée en Suisse, dans le canton de Zoug, l'un des paradis fiscaux les plus prisés. Elle a été fondée en juin 2008 par d'anciens cadres dirigeants (géologues et financiers) de Total et d'Elf, dont un certain Jack Sigolet, bien connu de ceux qui se sont intéressés de près à l'affaire Elf.

« Jack Sigolet, spécialiste des « préfinancements pétroliers » (avance de fonds aux Etats producteurs de pétrole, contre gage de barils de brut), était aussi dans les années 1990 président de la FIBA-Banque française intercontinentale, l'une des banques d'Elf-Aquitaine, gérée avec le clan du dictateur gabonais Omar Bongo. Devenu consultant, il a conseillé des responsables du pétrole angolais - via notamment sa société Crossoil Trading -, ce qui lui a valu dès 2008 l'attention du juge d'instruction genevois Yves Aeschlimann dans les nombreux développements de l'affaire dite « Angolagate », rappelle le journaliste suisse Gilles Labarthe. Dans ces conditions, autoriser d'obscures compagnies pétrolières, bien abritées dans des paradis fiscaux, à prospecter est-il vraiment raisonnable ?

Offensive médiatique en faveur des gaz de schiste

Qu'importe ! « Profitons de la richesse du sol français en gaz de schiste ! », lance Claude Perdriel, dans une tribune publiée par Challenges du 12 juillet, magazine dont il est le propriétaire [1]. Partant du principe que leur extraction profitera à tout le monde – plus d'emplois, gaz moins cher, indépendance énergétique... Bref, rien à voir avec l'extraction pétrolière, c'est promis... –, Claude Perdriel invite à « y réfléchir rapidement avant de prendre une décision qui engage notre liberté ». Rien que ça.

« N'enterrons pas le débat sur les gaz de schiste », renchérit un éditorial non signé du Monde, le 26 juillet. « Faut-il vraiment, a priori, renoncer à cette ressource ? (...) Comment savoir, inventer, progresser si l'exploration même est interdite ? Les arguments des scientifiques sont sérieux, ceux des pétroliers aussi », interroge le quotidien, qui au passage place sur le même plan argument scientifique et argument de businessman. L'édito s'accompagne d'un reportage favorable à l'extraction des gaz de schiste. Un reportage qui fait suite à un voyage de presse au Texas, à Fort Worth, la ville aux 2 000 puits. Un voyage organisé par... Total, les 17 et 18 juillet. Trois journalistes, du Monde, du Point et de L'Usine Nouvelle, plus un photographe américain, sont partis, aux frais de la compagnie, visiter les installations de son partenaire américain Chesapeake. Une visite sélective : ni les bassins de décantation, ni le ballet des camions ne sont décrits. Quant à aller à la rencontre des populations qui dénoncent les conséquences environnementales de l'extraction des gaz de schiste...

Début juillet, c'est l'inévitable Claude Allègre qui lançait dans Le Point son cri du cœur : « Monsieur Hollande, n'ayez pas peur des gaz de schiste  !  » Selon le géochimiste, « la solution, la seule, l'unique » pour retrouver de la croissance « c'est l'innovation technologique, avec comme condition première l'énergie à bon marché ». (...) « L'attitude responsable, c'est donc à la fois d'exploiter une richesse utile et de protéger l'environnement », juge-t-il. Depuis la fin de l'été, et à l'approche de la conférence environnementale, « experts » et représentants de l'industrie pétrolière se succèdent sur les ondes et les plateaux pour promouvoir cette « attitude responsable ».

Vers une guerre de l'information

Cette offensive médiatique fait étrangement écho aux préoccupations de l'industrie pétrolière et gazière. « Fermer la porte pour toujours à l'exploitation de cette ressource serait une erreur majeure », regrettait Gérard Mestrallet, PDG de GDF-Suez, en avril 2011. En janvier 2012, le PDG de Total, Christophe de Margerie annonce que le débat « va nécessairement évoluer ». Au même moment, un colloque est organisé à Paris sous le « haut patronage » de François Fillon et d'Éric Besson, alors respectivement Premier ministre et ministre de l'Industrie, de l'Énergie et de l'Économie. Parmi les table rondes : « L'interdiction française, comment en sortir ? », où seuls un intervenant de la Direction générale de l'énergie et du climat (ministère de l'Écologie) et des représentants des multinationales pétrolières et gazières prendront la parole.

Sans oublier l'affaire du rapport de l'Association de l'École de guerre économique (AEGE). En juillet 2011, ce « réseau d'experts en intelligence économique » publie un rapport intitulé « L'intérêt du gaz de schiste pour la France ». Le texte est initialement présenté comme un « rapport de mission [confidentiel destiné à Total] pour une action de contre-information afin de faire basculer l'opinion française au sujet des gaz de schiste et de leur exploitation ». Contre-information, le mot est lâché. Le rapport propose des « argumentations et éléments de langage » et identifie quatre « cibles stratégiques » : les politiques, les médias, les scientifiques, les populations. Il s'agit par exemple de « faire la pédagogie de la réalité de l'exploitation des gaz de schiste auprès des populations qui n'en ont eu, jusqu'à présent, qu'une présentation partiale ».

Chantage à l'emploi

Le rapport est rendu public un an plus tard par le site d'information indépendant whistle.is. L'AEGE dément et assure que le rapport a été réalisé « par des étudiants de l'École de guerre économique, dans le cadre d'un exercice universitaire » et que le document « n'engage en rien Total, qui n'en a jamais eu connaissance » (Lire aussi l'article qu'y a consacré Arrêt sur images). De son côté, le site whistle.is maintient sa version, détaillant les « exercices », sur les OGM notamment, réalisés au sein de l'École de guerre économique, « une fabrique d'influence au service des grandes entreprises » réputée « dans le domaine de la guerre de l'information ».

Quels que soient les commanditaires de cette étude, ses préconisations constituent aujourd'hui les grandes lignes du dispositif de communication des lobbies pétroliers et gaziers : ne pas fermer la porte aux gaz et pétrole de schiste ; rouvrir un débat étayé par des faits présentés comme « scientifiques » ; insister sur les bienfaits de l'extraction tant en termes d'emplois, de croissance et d'indépendance énergétique, voire de réduction d'émissions de CO2. Autant d'arguments relayés par plusieurs médias « mainstream ». Et partagés par une partie de la haute administration.

Adieu la transition énergétique ?

Le rapport remis en février 2012 par des ingénieurs du corps des Mines et du corps des Ponts, des eaux et des forêts aux anciens ministres de l'Énergie Eric Besson et de l'Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet ne préconise pas autre chose : « Il serait dommageable, pour l'économie nationale et pour l'emploi, que notre pays aille jusqu'à s'interdire, sans pour autant préjuger des suites qu'il entend y donner, de disposer d'une évaluation approfondie de la richesse potentielle ». Si le rapport demeure prudent sur la fracturation hydraulique et appelle à davantage de concertation locale avant de délivrer un permis, il préconise des expérimentations techniques : « Ces études et expérimentations contribueront à l'émergence et à la formation d'opérateurs et de sous-traitants nationaux susceptibles de se positionner sur le marché mondial. » De quoi séduire un ministre du Redressement productif en mal d'imagination, à l'heure où les plans sociaux se multiplient.

Rouvrir le débat sur les gaz de schiste : l'objectif est en passe d'être atteint. Quelle sera la prochaine étape visée par l'industrie pétrolière et gazière ? Le gouvernement socialiste enterrera-t-il toute ambition en matière de transition énergétique pour relancer la dépendance aux hydrocarbures ? Prendra-t-il le risque de susciter de nouvelles mobilisations ? Et de se couper de ses alliés écologistes ? La conférence environnementale et la réforme à venir du code minier devraient nous livrer des éléments de réponse.

Rédacteur

Ivan du Roy

Notes

  1. Claude Perdriel est propriétaire du groupe Nouvel Observateur, qui inclut l'hebdomadaire du même nom, les magazines Challenges et Sciences et Avenir et a racheté début 2012 le site 
  2. « Les hydrocarbures de roche-mère en France », réalisé par deux administrations françaises, le Conseil général de l'économie l'industrie, de l'énergie et des technologies (CGEIET) et par le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD).

Auteur

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Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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71 commentaires

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Commentaires 1 à 20 sur 71

avatar Christophe Magdelaine - 18/09/2012, 17:15

A noter : lors de la conférence environnementale du 14 septembre 2012, François Hollande a annoncé qu'il n'était pas question d'exploiter les gisements de gaz de schiste. "Les arguments économiques existent. Mais dans l'état actuel de nos connaissances, personne ne peut affirmer que l'exploitation par fracturation hydraulique est exempte de risques lourds."
Effectivement, la commission européenne vient de rendre public trois rapports sur les conséquences d'une éventuelle exploitation des gaz de schiste. L'étude environnementale montre que l'extraction du gaz de schiste entraîne généralement une empreinte écologique plus importante que l'exploitation de gaz conventionnel : risques de contamination des sols et eaux souterraines, appauvrissement des ressources en eau, pollution de l'air et sonores, occupation des terres, perturbation de la biodiversité, trafic de camions...
http://ec.europa.eu/energy/studies/energy_fr.htm et http://ec.europa.eu/environment/integration/energy/pdf/fracking%20study.pdf

Ainsi, François Hollande a déclaré : "J'ai demandé à Delphine Batho, ministre de l'Ecologie, du Développement Durable et de l'Energie, de prononcer sans attendre le rejet de sept demandes de permis déposées auprès de l'Etat et qui ont légitimement suscité l'inquiétude dans plusieurs régions", sans toutefois préciser quelles demandes étaient visées... En effet, il s'agit ici de 7 nouvelles demandes de permis et non pas des demandes déjà en cours d'instruction qui sont au nombre de 39 :
http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Annexes_rapport.pdf.

Quant aux permis de recherche déjà accordés, au 1er janvier 2012, 64 étaient en validité. Nicolas Sarkozy en avait abrogé 3 (Nant, Montélimar et Villeneuve de Berg), ce qui en laisse 61. Liste disponible ici :
http://www.nongazdeschiste.fr/index.php/savoir-lessentiel/173-les-permis/64-liste-des-permis-exclusifs-de-recherches-dhydrocarbures-liquides-ou-gazeux-titres-miniers-dexploration.

Avec la crise économique sans issue d'une Europe en naufrage, il y a fort à parier que le feu vert pour l'exploitation des gaz de schiste ne soit qu'une question de temps. D'ailleurs, François Hollande ne semble s'opposer qu'à la fracturation hydraulique et n'évoque pas les autres techniques en cours d'expérimentation (fracturation pneumatique, fracturation par injection de propane gélifié, etc.).

avatar Bocquet Jean-Luc - 18/09/2012, 18:14

Ignorer les gaz de schistes français pour importer du gaz de Russie est un non sens écologique. C'est également un non sens pour l'environnement. Combien de dommages à la nature pour construire un gazoduc genre North stream, south steam ou autre Nabucho qui nous rendra en plus pieds et poings liés face à nos "amis russes" ? En revanche, abandonner sa voiture, éviter de faire du TGV, de l'avion, de la croisière pour un oui ou un non serait plus avantageux pour la planète et la santé de tous. Mais en ce domaine, chacun imite nos dirigeants écologistes ou autres. Faites ce que je vous dis, mais ne faites pas comme moi.

avatar Michel Corbel - 18/09/2012, 18:25

Attention: L'Europe est en naufrage mais la crise économique n'est que le passage à une économie réelle basée, qu'on le veuille ou non, sur la consommation parcimonieuse des ressources disponibles. Ne fermons pas la porte à ce retour à la réalité qui se présente, et restons sur nos gardes. Le gaz de schiste risque, en autre, de nous priver de nombre de ces ressources. Il faut toujours opposer une perte pour déclarer un sujet non rentable.

avatar Stéphane LAGASSE - 18/09/2012, 23:36

C'est toujours le progrès prothèse anthropocentré contre le seul progrès possible, orthèse, qui nous rétablit justement et intelligemment dans la continuité du vivant.
Quelle ambiguité dans le slogan d'Electrabel: "Vous avez l'énergie!"!

avatar Gilles Le havre - 19/09/2012, 11:36

Le gaz de schiste c'est ça !

avatar Christophe Magdelaine - 19/09/2012, 13:40

Merci Gilles pour cette vidéo éloquente.

avatar Jacques-marie Moranne - 19/09/2012, 21:28

Je ne comprends pas cette approche du problème, qui aboutit nécessairement à un débat passionnel et stérile.

La question n°1 devrait être : le sous-sol français renferme-t-il des gaz de schiste ? Combien ? Dans quelle situation (nappe phréatique, existence de puits artésiens, …) ?

Si nous n'en avons pas, le débat sera clos de facto, et nous n'aurons plus besoin de nous étriper.

Si nous en avons, alors nous pouvons avoir un vrai débat, rationnel cette fois, mettant en balance les avantages et les inconvénients de son extraction, selon les situations.

Mais là, il semblerait que nous n'ayons même pas le droit de savoir. C'est de la dictature intellectuelle !

… alors que nous n'avons toujours aucune solution technique quantitative au remplacement des hydrocarbures (en particulier pour les transports).

avatar Christophe Magdelaine - 19/09/2012, 23:07

Jacques-marie Moranne : vous ne comprenez pas l'approche car vous n'avez pas bien lu les références que j'ai données. Il y a du gaz de schiste en Europe et notamment en France et en grande quantité.
Nous en sommes justement au débat sur les avantages / inconvénients (cf rapports de l'Europe)...
Merci de ne pas crier à la dictature intellectuelle quand vous n'avez pas pris le soin de suivre les liens fournis.

avatar Alain6779 - 20/09/2012, 00:39

Il n'y a pas de "dictature intellectuelle" à dire non à l'exploitation des gaz de schiste, (lus exactement des hydrocarbures non conventionnels disséminés dans des roches imperméables qu'il s'agisse de pétrole ou de gaz), même s'l y en avait, et surtout après s'être renseigné sur la question et sur l'expérience "états-unienne". Par contre, et là il faut insister, le dire haut et fort, AUCUNE JUSTIFICATION ECONOMIQUE NE JUSTIFIE ET NE JUSTIFIERA JAMAIS DE PRENDRE LE RISQUE DE CONTAMINER DEFINITIVEMENT DES TERRITOIRES !!! Malheureusement dans l'état actuel des techniques, l'extraction du gaz de schiste est trop risquée. De plus nous ne savons rien des effets à long terme de la fracturation de la roche mère sur de grandes étendues, du forage de nombreux puits (même regroupés, il en faudra beaucoup plus que pour extraire la même quantité d'énergie en pétrole ou gaz conventionnel qui ressort par simple forage). Des expériences localisées peuvent se passer sans problème. Sur le long terme, avec les étendues impactées, la multiplication des puits (même bien étanches à la conception), des problèmes pourraient se poser et apparaître des années après l'exploitation avec les failles ouvertes, la migration du gaz piégé et du liquide de fracturation non récupéré, l'usure naturelle des puits abandonnés... et sans que nous ne puissions y trouver remède. Sans compter la libération de carbone fossile, qui aggravera l'effet de serre, et je ne parle pas des fuites de méthane, très actif dans ce domaine.
Il ne faut par ailleurs pas oublier qu'il existe des alternatives en matière d'énergie, avec d'abord les économies, l'augmentation de l'efficacité énergétique, et en dehors du couple solaire + éolien, la possibilité de produire du gaz par fermentation anaérobie de matières organiques notamment liquides, par méthanisation, et la ressource ne manque pas : fumiers et lisiers, effluents agro alimentaires, boues de station, vinasses, déchets alimentaires issus de la restauration... sans parler de la méthanation ,qui consiste via la production d'hydrogène par électrolyse de l'eau, à produire du méthane en combinant l'hydrogène au gaz carbonique (un moyen indirect de stocker en partie les énergies de flux lors des pointes de production). Ce n'est pas ou le gaz de schiste ou le gaz russe avec ses gazoducs...
Nous ferions mieux de mener dès à présent une politique ambitieuse en faveur de l'efficacité énergétique, et du développement des énergies renouvelables (solaire sans oublier le thermique, éolien sous certaines conditions, géothermie, utilisation maîtrisée de la biomasse sans "tirer" sur la ressource et sans concurrence avec les productions alimentaires, petites installations hydroélectriques...). De quoi créer des emplois pérennes et décentralisés y compris en zone rurale, les agriculteurs pouvant largement participer à ce processus. Pour le gaz "fossile" nous pouvons nous contenter de récupérer le grisou d'anciennes mines qui pourrait poser des problèmes de sécurité. Et n'oublions pas (ça vaut pour le MEDEF, qui souhaiterait le développement des gaz de schiste) que l'économie si elle a besoin d'énergie a autant besoin d'eau potable ! Sans parler des risques sanitaires et des conséquences possibles sur le déficit de notre sécurité sociale. santé passe richesse, n'attaquons pas nos bases vitales !

avatar hervé - 20/09/2012, 10:20

Comment font les Etats Unis qui depuis qu'ils extraient le gaz de schiste ont diminué de 1/4 le prix du gaz de ville.
Sont-ils complètement idiots de détruire leur environnement si destruction il y a. Car chez eux aussi il existe des écologistes qui surveillent.
Les américains accepteraient d'empoisonner leur sous sol sans vergogne sans protester.
Or jusqu'à présent on n'a pas entendu parler beaucoup de manifestations anti gaz de schiste chez eux.
Donc ce qui est acceptable pour les Etats Unis est une fois de plus une catastrophe pour la France! Deux poids deux mesures comme d'habitude!

avatar Christophe Magdelaine - 20/09/2012, 11:14

hervé : j'espère que vous plaisantez :
http://www.ft.com/cms/s/0/608ba6ec-8e00-11e1-b9ae-00144feab49a.html#axzz2701QGjLz
Gasland, cela ne vous dit rien ?
http://www.youtube.com/watch?v=WdNiS3ntv5w

Il y a un moment où il faut réfléchir, s'informer, se documenter avant de d'affirmer n'importe quoi. On peut s'interroger et personne ne détient toute la vérité mais être aussi péremptoire sans rien connaître, c'est stupéfiant. Vous parliez "d'idiots" ?

avatar René Voujeaucourt - 20/09/2012, 11:39

Le réchauffement climatique est aussi capable de mettre des bâtons dans les roues de l'exploitation des *shale gas*. Si on ajoute à celà les réticences des bailleurs de fonds à soutenir la production de ces hydrocarbures, on se rend compte que tout n'est pas rose dans le monde de ces hydrocarbures.

http://www.journaldelenvironnement.net/article/agriculture-contre-gaz-de-schiste-la-nouvelle-guerre-de-l-eau,30431

avatar hervé - 20/09/2012, 17:19

Je pose la question si c'est tellement épouvantable l'extraction des gaz de schistes pourquoi les Etats Unis n'ont pas interdit cette méthode. Volontairement ils laissent leur environnement se dégrader.? Je parlais d'idiot parce que je considère les américains tout sauf idiots.
La France n'est tout de même pas seule au monde drapée dans la dignité de ses certitudes. Il faut tout de même considérer ce qui se passe autour de nous.
J'ai assistais à une conférence d'une ingénieur de Total le son de cloche est tout autre.

avatar René Voujeaucourt - 20/09/2012, 18:54

hervé,

1 - on ne peut pas comparer les USA et la FRance.

2 - ingénieur de Total ? = red flag elle doit être aussi objective que les fabriquants de cigarettes.

3 - Les Américains idiots ? Une grande partie l'est sans contestation possible et nous serions encore plus idiots de les suivre.

avatar hervé - 20/09/2012, 21:14

A René@ C'est pour cette raison que les Etats Unis raflent la majorité des prix Nobel par idiotie!!

avatar René Voujeaucourt - 20/09/2012, 22:38

hervé,

Je ne sais pas si vous mesurez le ridicule de votre sortie. Il ya plus de 314 millions d'américains, combien sont prix nobels ?. Dans les prix nobels Américains, vous trouvez Al gore (et le GIEC), Jimmy Carter, Barak Obama, mais pas les Bush ni Reagan.

avatar JM Chambéry - 21/09/2012, 08:01

"idiots ? Une grande partie l'est sans contestation possible"
Ca c'est du débat intéressant et très argumenté.
Merci

avatar René Voujeaucourt - 21/09/2012, 11:49

JM Chambéry

Allez donc y vivre quelques années (surtout dans les états du middle-west)
on verra ce que vous en pensez à votre retour.

avatar JM Chambéry - 21/09/2012, 12:13

Non merci.
Par ailleurs, la question n'est pas de savoir si le américains sont "idiots" mais de souligner votre conception du débat.
PS : finalement je me ravise : question idiotie contagieuse, je crois que je préfère encore m'installer aux US nonobstant tout ce qu'on en dit qu'à Voujeaucourt.

avatar René Voujeaucourt - 21/09/2012, 13:54

JM Chambéry,

Vous savez une des meilleures preuves de la bêtise d'une grande partie des Américains c'est cet attachement au second amendement qui n'a plus lieu d'être depuis des lustres.

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