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Abeilles et pesticide cruiser : les étranges évaluations des autorités sanitaires

5 925 lectures / 37 commentaires20 juillet 2012, 11 h 38

colzaChamp de colza
© C. Magdelaine / notre-planete.info

Le pesticide Cruiser vient d'être interdit par le ministre de l'Agriculture. Sa nocivité pour les abeilles a été établie par une étude menée par des chercheurs français. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) avait pourtant donné son feu vert au pesticide fin 2010... Pourquoi ce revirement ? Comment sont évalués les risques ? Pourquoi les études financées par un industriel semblent-elles avoir plus de poids que les recherches indépendantes ?

Exit le Cruiser OSR. Ce pesticide, commercialisé par le groupe suisse Syngenta et utilisé pour traiter la moitié des champs de colza français (650 000 hectares), a été interdit par le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, le 28 juin dernier. Il faut dire que le poison est violent. Réalisé à partir (entre autres) du thiaméthoxam, le Cruiser OSR perturbe l'orientation des abeilles et leur capacité à retrouver leur ruche. Participant probablement à l'hécatombe de butineuses, dont le taux de mortalité est estimé à 30 % par an. « L'exposition à une dose faible et bien inférieure à la dose létale de cette molécule entraîne une disparition des abeilles deux à trois fois supérieure à la normale », souligne la toute récente étude d'une équipe de recherche française. Les chercheurs ont collé des micropuces RFID sur plus de 650 abeilles. Et ont constaté l'importance du non-retour à leur ruche des butineuses préalablement nourries avec une solution sucrée contenant de très faibles doses de thiaméthoxam.

Publiée dans la revue Science fin mars, cette étude a sans doute influencé la décision de Stéphane Le Foll, qui s'est aussi appuyé sur un avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Sans se prononcer pour l'interdiction du Cruiser OSR, l'agence recommande de « poursuivre les expérimentations » et « d'engager une réévaluation au niveau européen des substances actives néonicotinoïdes (thiaméthoxam, clothianidine...) sur la base des données scientifiques nouvelles issues des études récentes ».

Des évaluations financées par... l'industriel

Problème : un an plus tôt, le ministre de l'Agriculture précédent, Bruno Le Maire, s'appuyant également sur un avis de l'Anses, a pris la décision totalement inverse, autorisant la mise sur le marché du Cruiser OSR. Pourquoi un tel revirement de l'agence sanitaire ? L'agence avait, en octobre 2010, rendu un avis favorable à la mise sur le marché demandée par Syngenta. Dans le dossier déposé par Syngenta, le risque était jugé « acceptable ». Ce dossier, comme l'exige la directive européenne qui encadre les autorisations de mise sur le marché (AMM) de pesticides, contient plusieurs études. Mais par qui ont-elles été financées ?

"Concernant les risques pour les abeilles, plus de 50 rapports d'étude ont été soumis dans le dossier", explique Pascale Robineau, directrice des produits réglementés à l'Anses. Des rapports " très complets : soumis à des exigences (telles que bonnes pratiques de laboratoire) sur leur contenu et leur forme, ils comprennent l'intégralité des données brutes, notamment toutes les données individuelles et tout le détail des méthodologies", ajoute-elle. Ces études ont été réalisées dans des laboratoires privés et publics, "mais en général financées par l'industriel" qui fait la demande d'AMM. Syngenta en l'occurrence. Les études examinées par l'Anses ne figurent pas dans l'avis publié, mais "dans un rapport d'évaluation en anglais, document de plusieurs centaines de pages". Dommage que le grand public n'ait pas accès aux pièces qui permettent de déclarer que les risques engendrés par le Cruiser sont « acceptables » !

Deux poids, deux mesures ?

Mais pourquoi l'Anses a-t-elle donné un avis différent en 2010 et en 2012 ? "Ces deux avis ont une finalité totalement différente", explique Pascale Robineau. "L'avis de mai 2012 concerne l'analyse d'une étude spécifique, rapportée dans la littérature scientifique." Pour émettre un avis sur cette étude qui démontre la nocivité du Cruiser, l'Anses a procédé à l'audition de certains des auteurs et a fait réaliser des tests sur le terrain, pour les comparer aux résultats des chercheurs interrogés. "Les auteurs ont été auditionnés car, en raison du format restreint de la publication, les détails méthodologiques et les données individuelles ne sont pas tous inclus. La validité des méthodes utilisées, innovantes, est à vérifier. L'interprétation que font les auteurs de leurs résultats a également été discutée avec eux. Il y a donc a priori davantage de points de discussion sur une étude menée hors de tout cadre réglementaire que pour une étude réglementaire", détaille Pascale Robineau.

Pourquoi l'Anses n'a-t-elle pas pris autant de précautions avec les évaluations fournies ou financées par Syngenta ? Une étude menée « hors cadre réglementaire » a-t-elle moins de poids que les évaluations menées par un producteur de pesticides ? Elle a pourtant été pilotée par des chercheurs de l'Inra et du CNRS, organismes publics de recherche, et des ingénieurs des filières agricoles et apicoles : l'Acta, structure nationale de coordination des instituts techniques agricoles, l'ITSAP, Institut de l'abeille, et l'Adapi, Association pour le développement de l'apiculture provençale. Fondée sur une approche pluridisciplinaire, elle a rassemblé des spécialistes de l'apidologie, de la biologie du comportement, de l'écotoxicologie et de l'agroécologie.

Quoi qu'il en soit, sur le terrain, les apiculteurs se félicitent de la décision d'interdire le Cruiser OSR. Et espèrent que le Cruiser 350 utilisé dans les champs de maïs subira le même sort. De son côté, Syngenta conteste la décision du ministre français. Le groupe, né en 2000 de la fusion des activités agricoles des sociétés suisse Novartis et anglo-suédoise AstraZeneca, « dénonce avec la plus grande fermeté une décision pénalisante pour l'agriculture française, qui utilise comme argument une seule expérience non validée et très éloignée de la pratique agricole ». Il va déposer un recours en référé-suspension devant le tribunal administratif.

Auteur

Nolwenn Weiler

Auteur

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Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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37 commentaires

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Commentaires 1 à 20 sur 37

avatar Strange - 20/07/2012, 13:10

200 millions perdus pour l'agriculture (selon Syngenta) ou pour la Sté Syngenta ? Voilà la bonne question et en plus cette Société agite le spectre des délocalisations et du chômage ... Pense-t-elle être plus sympathique en usant de ces arguments de ce type?
Serait-elle la seule à connaître la réalité « au champ » du délire verbal … Pour vendre le Cruiser OSR

avatar Claude BESNARD Tinchebray - 20/07/2012, 15:30

Doit-on considérer que les journalistes sont incompétents, de mauvaise foi ou aux ordres . Nolwenn Weiler devrait savoir qu'une étude pour être validée doit être reproductible . Or il s'agit la d'une seule expérience non validée et très éloignée de la pratique agricole comme l'on admis les auteurs

L'Anses a été saisie le 23 mars 2012 par la Direction générale de l'alimentation (DGAl) d'une demande d'appui scientifique et technique pour étudier le caractère sub-létal de la dose de thiaméthoxam administrée dans une récente étude conduite par Mickaël Henry (INRA) et publiée le 30 mars dans la revue Science.

La dose administrée individuellement par voie orale à chaque abeille butineuse était de 1,34 ng/abeille en une prise unique dans 20 μL de sirop de sucrose (50% poids/poids).
Dans une étude soumise dans le dossier de la substance active, dans laquelle les abeilles butineuses ont été relâchées à 500 m de leur colonie, les abeilles nourries avec un nourrisseur contenant 10 μg thiaméthoxam/L (correspondant à une exposition moyenne de 1,1 ng/abeille) sont toutes rentrées à la ruche dans les 24 heures suivantes

Principe du calcul de l'exposition des abeilles butineuses
Les abeilles butineuses consomment du nectar et sont donc exposées aux résidus de substances actives qu'il contient .Ces valeurs calculées à partir des analyses réalisées en 2012 représentent une exposition journalière, en situation de consommation de sucre « pire cas », qui est inférieure à l'exposition théorique des butineuses à nectar estimée à 0,59 ng/abeille/jour par l'Anses et à la dose de 1,34 ng/abeille administrée en une prise unique dans l'expérience de Henry et al. (2012).

Conclusion sur la dose administrée
Pour conclure il résulte que l'unique étude qui est prise en compte par ce journaliste n'a pas été reproduite comme c'est nécessaire dans une étude scientifique. Les doses de produit phytosanitaires avec lesquelles les abeilles ont été « dopées » sont de 4 à 10 fois supérieures aux conditions rencontrée en situation réelle

avatar Christophe Magdelaine - 20/07/2012, 18:35

Claude BESNARD Tinchebray : oui mais le sujet n'est plus de tergiverser sur des µg et de connaître la limite létale mais de prendre du recul et de se poser les bonnes questions.
Comment peut-on accepter d'épandre un produit qui, seul, peut être létal si les doses ne sont pas respectées ? Qui vous dit que tous les agriculteurs épandent correctement, même avec toute la bonne volonté du monde ?

Pourquoi les pesticides sont dénoncés par tous les apiculteurs comme un facteur lourd de mortalité des abeilles ? L'expérience largement partagée sur le terrain ne vaut donc rien face à quelques études menées dans l'opacité par quelques "chercheurs" payés par leurs propres juges ?

Et quand bien-même, quel bon sens nous dicterait de répandre des polluants qui contaminent durablement et massivement les milieux, tout en affectant la santé des agriculteurs et des consommateurs dans des proportions inquiétantes (explosion des cancers, dont leucémies chez les paysans) ?

Ne nous parlez pas des dommages collatéraux sur l'économie française, ces arguments sont irrecevables. On ne bâtit pas une société durable sur une industrie de mort et d'intérêts à court terme.

Aujourd'hui, à cause de l'agriculture intensive, la France souille durablement ses terroirs pour exporter près de la moitié de sa production céréalière tout en détruisant les productions locales des pays importateurs (car nos prix subventionnés sont plus compétitifs). Dans le même temps, nos producteurs bio ne sont pas soutenus et 400 paysans se suicident tous les ans : vous trouvez que c'est un système intelligent ?

Doit-on supprimer les pesticides ? Oui. C'est tellement simple que l'on cherche à nous faire croire que c'est compliqué. Les solutions alternatives existent, depuis les débuts de l'agriculture et bien avant l'invention des pesticides hérités des gaz de combat des guerres mondiales.

Ou alors soyons honnêtes : les pesticides entretiennent un système productiviste qui rapporte beaucoup d'argent et profite à de puissants lobbys qui défendent leurs intérêts. Finalement, c'est classique et ce n'est qu'une énième illustration de toute la médiocrité et la faiblesse de l'Homme.

Il n'y a qu'une limite dans ce qui est réalisable : celle que vous vous fixez.

avatar Strange - 20/07/2012, 19:01

Christophe a tout à fait raison la dose utilisée n'est pas vérifiable, on ne met pas un type derrière chaque agriculteur alors le mieux est effectivement d'interdire tout simplement le Cruiser et la Sté Syngenta trouvera bien le moyen de gagner de l'argent autrement. Cette société a réalisé un bénéfice de 1 830 millions d'USD en 2011 pour ceux qui veulent en savoir plus : http://www.syngenta.com/global/corporate/SiteCollectionDocuments/pdf/media-releases/fr/20120626-fr-new-segment-reporting.pdf

avatar Zor Jean Rouen - 20/07/2012, 20:24

J'ai lu le chapeau de cet article. Je ne suis pas allé plus loin. Franchement quel épouvantable amalgame. J'y rajouterai bien un élément. Le même jour le fipronil (Régent) était réhabilité !
Les réponses de Christophe Magdeleine à Claude Besnard sont je pense sincères mais on sent derrière tous ces "arguments" des dizaines d'années d'endoctrinement. Je connais trop le sujet des abeilles pour essayer de dire quoi que ce soit ici.

avatar Christophe Magdelaine - 20/07/2012, 21:21

Zor Jean Rouen : au contraire, n'hésitez pas à nous faire part de votre expérience et connaissances ! D'autant plus si vous connaissez bien le sujet des abeilles. Je ne suis pas apiculteur et je n'ai pas des dizaines d'années d'endoctrinement (mon âge ne me le permet pas ;-)).
J'essaie simplement de réfléchir sur les maux de nos sociétés en me détachant des conneries pré-mâchées qu'on nous sert tous les jours (vous savez la pensée unique bien pensante qui pousse les gens à rester des ânes), et ce dans tous les domaines. Je suis indépendant à 100%, aucune association, aucun parti mais je me renseigne beaucoup et de manière privilégiée directement sur le terrain.

avatar Allelujah Nantes - 20/07/2012, 22:11

Bonsoir,
"Comment peut-on accepter d'épandre un produit qui, seul, peut être létal si les doses ne sont pas respectées ? Qui vous dit que tous les agriculteurs épandent correctement, même avec toute la bonne volonté du monde ?
" ==> sauf que le cruiser OSR est un traitement se semence, donc non utilisé par les agris ds les champs. Pour info, l'un des intérêts d'appliquer sur les semences, c'est qu'au moins au début de la croissance de la plante , on ne traite pas en plein champs ( ceci est la théorie, je suis d'accord, c'est pas dis que tout le monde le suive, mais pas avec du Cruiser OSR ;))
Le pb vient aussi de là en France, on est des amateurs, on parle de chose que l'on ne connait pas, on passe pour des rigolos (ministre ou simple internaute, 2010 ou 2012) et résultat, on autorise, on retire, on sait pas quoi , on sait pas comment.
Enfin, continuons a débattre, en attendant le pb des abeilles ne se resoud pas (il y a des dizaines d'autres substances par exple), des emplois vont s'en doute être détruits ( je sais pas si pour des abeilles , par les temps qui courent, cela est nécessaire),sans parler de toutes les contradictions dont nous faisons tous preuves.
Ne pourrait on pas, avoir des raisonnement sensés, pesé le pour, le contre?ça me fais penser a ces personnes qui refuse l'aide médicale pour un quelconque prétexte.
Je vous souhaite un bon W.E!!!Et Amusez vous bien ;)

avatar Jean-Pierre Le Hégarat - 20/07/2012, 23:03

Le communiqué de Laurent Peron (syngenta)aux médias suite à la décision ministérielle est scandaleuse.
Je cite : "Par nos capacités scientifiques de premier plan, notre présence mondiale et notre engagement en faveur des clients, nous aidons à accroître les rendements et la rentabilité des cultures, à protéger l'environnement et à améliorer la santé et la qualité de vie". !!!!
Santé et qualité de vie par les pesticides pour:
1- l'enrobage des semences.
2- le traitement foliaire au printemps.
Les arguments avancés par ce personnage sont ceux de la défaite, et son recours ne sera pas suivi.

avatar Lino Syris - 21/07/2012, 08:37

Bonjour à tous,
Le cruiser OSR est un insecticide contenu dans l'enrobage de la graine de colza. Il n'est pas appliqué par une pulvérisation foliaire.
Il ne fait pas partie des produits utilisable (directement) par les agriculteurs, vous ne le trouverez pas sur les listes du très officiel site gouvernemental e-phy : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/
Cette remarque ne lui enlève en aucune façon sa nocivité vis à vis de abeilles
Remarque personnelle: je suis agriculteur (non bio) et je n'ai jamais utilisé d'insecticide de la famille des néonicotinoïdes (gaucho, cruiser...etc) j'ai peut-être perdu en marge à l'ha. Je n'ai jamais mis en péril ma ferme l'activité des abeilles ou les apiculteurs qui par ailleurs me rendent service.

avatar Christophe Magdelaine - 21/07/2012, 09:43

Merci Lino Syris pour vos précisions et votre témoignage.

avatar MALHAUTIER René à NIMES (gard). - 21/07/2012, 15:33

Merci à Christophe Magdelaine : vous avez tout dit, et qui plus est, exactement ce qu'il fallait dire.

avatar MALHAUTIER René à NIMES (gard). - 21/07/2012, 15:38

Merci aussi à Lino Syris. Félicitations pour ne pas utiliser d'insecticides ou pesticides et de ce fait de respecter non seulement l'environnement, mais aussi les populations sans oublier nos abeilles, dont nous avons grand besoin. René 30.

avatar BESNARD Claude TINCHEBRAY 61800 - 21/07/2012, 18:26

Christophe Magdelaine – merci de votre réponse, mais sans vouloir vous vexer, dés la deuxième phrase de votre réponse, on découvre que vous ne posez pas les bonnes questions et n'apportez pas les bonnes réponses, et que vous ne connaissez absolument rien au sujet sur lequel vous vous exprimez .
Concernant le Cruiser OSR, comme vous le fait justement remarquer Allelujah Nantes, il ne s'agit pas d'épandage par les agriculteurs, mais d'un enrobage des semences réalisée en usine, et garantissant un stricte dosage. Il n'y a aucun risque de surdosage .

On peut comme vous le faites contester les mesures qui sont opposées, aux études inachevées mais dans le cas présent il est prouvé que les conditions de l'étude de Mickaël Henry (INRA) et Axel Decourtye (ACTA,) ne se retrouverons jamais en conditions normales d'exploitation. Je vous conseille pour cela d'étudier l'avis de « l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail » http://www.anses.fr/Documents/DPR2012sa0092.pdf Vous constaterez que les études ne sont pas menées dans l'opacité par quelques "chercheurs" payés par leurs propres juges ?

Pour affirmer que les doses de produit phytosanitaires avec lesquelles les abeilles ont été « dopées » sont de 4 à 10 fois supérieures aux conditions rencontrée en situation réelle les chercheurs de l'ANSES l'on établi , à partir des besoins des butineuses en énergie, estimés par Rortais et al. à 129 mg de sucre par jour au grand maximum, et on pu calculer la quantité de nectar nécessaire à l'abeille, et par conséquent son exposition à un insecticide donné.

Vous évoquez l ‘expérience largement partagée sur le terrain ? En 2011-2012, 650 000 hectares de colza, soit près d'un hectare sur deux, ont été semés en France avec des semences protégées Cruiser OSR. Aucun incident n'a été relevé en lien avec son utilisation. En Europe, ce sont 2,7 millions d'hectares qui ont été cultivés sans problème. A titre d'exemple, le produit est homologué et utilisé en Allemagne à grande échelle sur colza depuis 2004 et donne entière satisfaction en totale sécurité.

Par idéologie, ou par candeur, vous affirmez que : « l'on doit supprimer les pesticides des solutions existent depuis le début de l'agriculture » Depuis la nuit des temps, les paysans ont été contraint de protéger leur culture contre les insectes et les maladies L'utilisation des pesticides en agriculture remonte à l'antiquité. L'usage du soufre paraît remonter à 1000 ans avant J.C., l'arsenic était recommandé par Pline (L'Histoire Naturelle de Pline, au Ier siècle, sera longtemps considérée comme le symbole de tout le savoir humain) et les produits arsenicaux sont connus en Chine dès le XVIe siècle ; c'est également vers cette époque que sont signalées les propriétés insecticides du tabac et des racines de Derris et de Lonchocarpus.
Même les types d'agricultures qui se disent vertueuses , si elles bannissent les produits de synthèse, elles utilisent des substances dites naturelles qui peuvent être aussi toxiques, car bien moins étudié .

Vous affirmez que les polluants affectent la santé des consommateurs . Jamais en France l'alimentation n'a été aussi sûr et aussi contrôlée que maintenant. Les dangers actuels de l'alimentation ne sont pas chimiques, mais bactériologiques . Toutes les alertes et les retraits de la ventes de certains produits le sont toujours pour des contaminations bactériologiques. La plus médiatique qui a eu lieu en Allemagne était due une souche pathogène de la bactérie E.coli, de graines germées produites par une ferme pratiquant l'agriculture biologique. touchant près de 1000 personnes, a causant la mort de 38 d'entre elles.

Quant à l' explosion des cancers, dont leucémies chez les paysans . Votre affirmation est en contradiction avec l'étude AGRICAN. L'enquête Agrican (Agriculture et cancer) 180.000 agriculteurs participants commandée par la Mutuelle sociale agricole a rendu ses premiers résultats et montre contre toute attente qu'un agriculteur court moins de risques de mourir d'un cancer que le reste de la population , Pierre Lebailly, chercheur au centre de lutte contre le cancer à Caen, précise que « l'espérance de vie des agriculteurs est supérieure de deux ans à l'espérance de vie moyenne de la population française »

Puisque notre-planete.info s'emploie à informer et sensibiliser en toute indépendance.j'espère que ma réponse y contribuera

avatar Christophe Magdelaine - 21/07/2012, 18:51

BESNARD Claude TINCHEBRAY 61800 : merci pour votre réponse cordiale et construite mais nous ne partageons pas du tout la même vision du sujet.
Vous êtes partisan d'une agriculture dangereuse, incontrôlé, polluante, non durable, de gâchis et inutile. J'aspire à plus de bon sens, l'agriculture biologique y répond en grande partie.
Je vous invite à discuter avec des agriculteurs et des apiculteurs confrontés aux ravages des pesticides, c'est plus éloquent que des études. Souvenez-vous, les OGM n'ont officiellement aucun effet néfaste sur l'environnement, c'est prouvé par des études ! Et pourtant, c'est une catastrophe dans de nombreux pays.

Pour les cancers, c'est très compliqué, entre les fumeurs, les personnes exposées à la pollution atmosphérique, l'alcool... Je connais un certain nombre de paysans qui ont vu leur vie abrégée par les pesticides (sans parler de leurs enfants) comme je connais trop de citadins qui ont été détruits par la cigarette et la pollution. Qui vous dit que ce n'est pas l'absence d'exposition à une pollution particulaire constante qui explique la meilleure espérance de vie des agriculteurs ? Ou encore l'activité physique qui a des vertus reconnues pour lutter contre l'apparition de tumeurs ? Avouez que c'est un peu simpliste de conclure que les pesticides ne posent pas de problèmes sanitaires graves en se basant sur un simple questionnaire dont on connaît les limites.

En ce qui concerne l'histoire de l'agriculture, nous parlons ici de pesticides issus de l'industrie chimique de l'après-guerre, c'est complètement différent, notamment dans les usages, généralisés et massifs. Aujourd'hui, la France est la première puissance agricole européenne mais c'est également la première exportatrice de pesticides au monde, la troisième utilisatrice au monde et la première en Europe... Un palmarès affligeant.

Contrairement à ce que vous dites, il existe des techniques pointues et inventives qui permettent de se passer de pesticides, sans perte significative de rendement. Les agriculteurs bio et ceux en biodynamie pourront vous le démontrer. Franchement, à qui profite les pesticides vu ce constat ?

Enfin, comment peut-on être naïf au point de croire que des produits chimiques destinées à tuer le vivant ne seraient pas nocifs pour l'environnement et la santé ? Comment peut-on gober une telle ineptie ? Désolé, ça me dépasse. Quelqu'un disait que les mensonges les plus gros étaient les plus faciles à faire avaler... Je vous laisse trouver qui ;-)

avatar Zor Jean Rouen - 21/07/2012, 22:58

@ M. Claude Besnard, merci pour votre réponse... mais moi je n'ai plus le courage au moins ici !
@ M. Magdeleine, c'est très honnête de votre pat de trouver la réponse de M. Besnard construite, mais les éléments même de sa réponse, ses arguments, vous n'en avez rien à faire, ce n'est pas votre problème, vous passez à autre chose... les OGM par exemple, une véritable catastrophe aux USA. Mais comment peut on employer des termes aussi "catastrophistes" comme la ligne éditoriale de votre site d'ailleurs, sur un sujet que vous ne connaissez manifestement pas. Les OGM dont les surfaces ne cessent de croître dans ce pays se comportent exactement de la même façon que les autres variétés cultivées par rapport au parasitisme. L'agriculteur et le sélectionneur connaissent bien ce phénomène d'adaptation soit à un gène (OGM), soit à une molécule chimique. Seulement dans le cas des OGM les groupes de pression écolos anti-tout parlent de catastrophe, ça fait bien dans le paysage médiatique.
Vous reprochez à M. Besnard d'être partisan d'une agriculture "dangereuse... et inutile". Puis je vous rappeler M. Magdeleine qu'en 2011 notre balance commerciale a atteint un triste record : 70 milliards de déficit. 2 postes sont excédentaires : l'aéronautique (18 milliards d'€) et l'agroalimentaire (12 milliards d'€ dont 7 milliards rien que pour les céréales). Vous voyez j'ai la prétention de penser que c'est cette richesse que nous produisons qui contribue à maintenir nos citoyens en excellente santé. Vous voulez aussi délocaliser notre agriculture, comme l'automobile ?

avatar Christophe Magdelaine - 21/07/2012, 23:13

Zor jean Rouen : vous soutenez la non durabilité, et l'ineptie de nos sociétés de consommation.
Vous ne réfléchissez qu'en terme de balance commerciale. Saviez-vous qu'une fois mort, les richesses que nous avons accumulées ne nous sont d'aucune utilité ? Vous faites le choix du business, moi celui du respect du vivant.
Il y a bien d'autres emplois à pouvoir et de richesses à créer que d'entretenir une industrie de mort. Vous croyez que nous sommes en bonne santé avec l'agriculture intensive ? Auriez-vous le courage de boire quotidiennement l'eau de nos rivières ? Je ne vous le souhaite pas mais vous auriez sans doute un autre avis sur les bienfaits de notre agriculture.

Quant aux OGM, merci de vous renseignez un peu plus, il y a de quoi faire sur ce site et ailleurs. C'est une véritable catastrophe, aux USA et dans bien d'autres pays.

Saviez-vous qu'il est possible de cultiver avec d'excellents rendements et sans nuire aux milieux et au vivant sans pesticides ? Alors pourquoi les promouvoir ? A part pour faire du fric quel est l'intérêt ? Aucun.
Si je vous donne une pomme empoisonnée et une autre sans poison, laquelle mangerez-vous ? Ce n'est pas plus compliqué.

PS : mon nom s'écrit Magdelaine, avec un a merci ;-)

avatar Claude BESNARD Tinchebray - 22/07/2012, 09:00

Cher Christophe Magdelaine c'est consternant et bien pire que je ne l'imaginais . Je vous crois sincères mas bien trop formaté pour vous sortir de votre idéologie de la négation.
Vous affirmez que vous voulez « vous détacher des conneries pré-mâchées qu'on nous sert tous les jours (vous savez la pensée unique bien pensante qui pousse les gens à rester des ânes) » Or ont sent dans vos propos une très forte influence de François Vieillerette, Marie Monique Robin , ou Inf'OGM et les autres .
Vous devriez fréquenter plus souvent les vrais scientifiques qui n'ont pas comme les précédents le génie de la communication, mais qui effectuent un travail sérieux et honnête malgré le discrédit que l'ensemble des médias ( dont le votre ) tentent de leur apporter
Cher monsieur Magdeleine une intime conviction même aussi sincère que la votre ne vaudront jamais autant qu'une étude scientifique reproductible , étayée statistiquement, et validée par un comité de lecture avant publication dans les revues spécialisées ….
Vos connaissances sur la protection des cultures est bien sommaire, et si vous pensez comme vous le dites que cette industrie de pesticides issus de l'industrie chimique de l'après-guerre, je vous conseille pour votre information un excellent ouvrage paru aux éditions Champ libre « Histoire de la protection des culture de 1850 à nos jours » Vous pourrez lire que Jules Méline ministre de l'agriculture du gouvernement Jules Ferry disait déjà lors des débats du 11 février 1885 : « Pour améliorer notre production et élever nos rendements il faut que notre agriculture améliore ses méthodes, perfectionne ses procédés, il faut qu'elle devienne scientifique »
Comme vous le fait remarquer Zor Jean Rouen les PGM se développent comme jamais au monde une technologie ne s'est développée . Les problèmes rencontrés aux Etats Unis et exploitée outrageusement par les anti- OGM ne concerne pas cette technologie de la transgénèse , mais l'utilisation qui en a été faite par la pratique de monoculture et l'utilisation pendant de nombreuses année d'un même herbicide . Ce phénomène de résistances de mauvaises herbes se rencontre dans bien d'autres méthodes de culture et n'est pas spécifique aux OGM De nombreux documents existent sur ce problème et je pourrais vous les communiquer ?
Les toxiques existent dans la nature . 99% des toxiques sont naturels . Mais une chose que vous ne pouvez ignorer qui nous a été dévoilé par Paraclès : « Toutes les choses sont poison, et rien n'est sans poison ; seule la dose fait le poison » Bien que vous le croyez, il n'existe pas a ce jour d'alternative fiable pour permettre de perenniser notre sécurité alimentaire . On ne peut pas travailler sans ces produits phytosanitaires . En les utilisant à bon escient au travers des bonnes pratiques phytosanitaires, on assure leur pérennité.

avatar Sam 90 - 22/07/2012, 09:39

Comme toujours, l'argent n'a pas d'odeur... La mort des abeilles et ses conséquences sur l'humanité semble tellement loin des préoccupations des multinationales que comme dans la plupart des cas, c'est quand il sera trop tard qu'on pensera à ce qu'on pourrait faire ou qu'on aurait dû faire.
L'humanité ne sait réagir que lorsqu'elle est au pied du mur. Ici, le mur semble trop loin. Est-ce parce qu'une abeille est bien trop petite face à un billet de 100€ ?
Quelque soit la thématique (pétrole, agriculture, politique, etc.), c'est comme ça, on trouve toujours quelqu'un pour expliquer que tout va bien et qu'on verra plus tard au cas où l'on se trompe...

avatar Christophe Magdelaine - 22/07/2012, 10:47

Claude BESNARD Tinchebray : votre méconnaissance des alternatives aux pesticides est consternante. Sortez de vos études, cultivez votre potager, discutez avec des agriculteurs bio, visitez leurs cultures, j'ai foi en la science, en l'inventivité, la technicité pas en l'industrie business.

Vous ne parlez jamais de la pollution généralisée des milieux par les pesticides, c'est pourtant reconnu et mesuré scientifiquement. Cela ne vous perturbe pas ? Pour vous c'est le prix à payer ? On pollue durablement, on contribue à l'explosion des cancers (90% ne sont pas génétiques) mais pendant 50 ans on fait du fric ? C'est votre idéal de société ? Incroyable mais cela correspond bien à l'humain dans toute sa médiocrité et faiblesse.

Vous parlez de dose, justement on y revient, l'effet cocktail cela vous parle ? Les études sanitaires sont balbutiantes, insuffisantes, tout reste à faire et vous prenez le risque ? Vous pensez à vos descendants (si vous avez la chance d'en avoir) ?
Ce n'est pas parce qu'un ancêtre a fait une déclaration il y a des siècles qu'elle est une loi jusqu'à la fin de l'humanité. D'ailleurs la science avance souvent par réfutation successive d'études, vous devriez le savoir.

Aujourd'hui de nombreux agriculteurs travaillent sans pesticides de synthèse et de nombreux consommateurs en profitent, même si vous n'y croyez pas.
Quelques questions :
- accepteriez-vous de vivre en face d'un champ traité ?
- accepteriez-vous de boire l'eau de nos rivières ?
- si je vous donne une pomme de terre traitée (20 traitements en moyenne) et une pomme de terre 0 traitements, laquelle mangerez-vous ?
Oui, on peut faire pousser de très belles pommes de terre sans aucun traitement. Vous pouvez essayer même sur votre balcon. Et c'est le cas pour toutes les cultures : discutez, travaillez avec des producteurs bio et en biodynamie, c'est très instructif.
Pour les OGM, allons donc faire un tour en Inde, les paysans qui s'y suicident en masse seront heureux de vous expliquer comment les OGM ont changé leur vie. Idem pour les paysans africains qui arrêtent leurs cultures vivrières car nos produits sont plus compétitifs (subvention + rendements maximum).
Enfin, quid du gâchis alimentaire ?
http://www.notre-planete.info/actualites/actu_3230_gaspillage_alimentaire_Europe.php

N'importe quelle personne douée de raison devrait (au moins) se poser des questions. Si ce n'est pas votre cas, j'en suis navré.

avatar René Voujeaucourt - 22/07/2012, 14:25

Ce n'est pas si vieux, mais instructif :

http://www.lefigaro.fr/sciences/20070913.FIG000000033_les_premieres_causes_du_cancer_en_france.html

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