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Rio+20 : un sommet de la Terre crucial déjà voué à l'échec ?

6 987 lectures / 16 commentaires20 juin 2012 ; révision : 21 juin 2012, 10 h 30

sommet_TerreDR

En 1992, se tenait à Rio de Janeiro (Brésil), le 3ème sommet de la Terre. 20 ans plus tard, le sommet de la Terre 2012 se réunit de nouveau dans la capitale brésilienne dans un contexte d'urgence environnementale sans précédent pour l'humanité.

Rio+20 se tient 20 ans après la conférence internationale Eco92 ou "Sommet de la terre de Rio", porteur des grands fondamentaux du développement durable : biodiversité, climat, agenda 21. Considérée comme une étape, cette première conférence a pointé du doigt la responsabilité des pays industrialisés et permis aux "pays du Sud" de s'organiser pour faire entendre leur voix.

Depuis 1972 , tous les 10 ans, un sommet de la Terre est organisé. Le dernier en date a eu lieu à Johannesburg en 2002 et avait abouti à une "Déclaration de Johannesburg sur le développement durable".

Bienvenue dans l'Anthropocène !

L'état de notre planète est désastreux : changement climatique global, extinction massive de la biodiversité, épuisement des ressources naturelles,  trou persistant dans la couche d'ozone, déforestation, érosion des sols, désertification, zones interdites suite à des accidents nucléaires, continents de déchets flottants, nuages de pollution de la taille d'un pays, acidification sans précédent des océans... Ces atteintes à notre support de vie exposent de plus en plus les populations aux catastrophes naturelles. En effet, depuis 1992, 64% de la population mondiale, soit 4,4 milliards de personnes, ont été directement touchées par des catastrophes naturelles (UNISDR).

Dans le même temps, la forte croissance démographique engendre une augmentation de la demande en nourriture, eau, énergie et biens de consommation à un niveau tel que des milliards de personnes ne peuvent y avoir accès : environ 1,4 milliard de personnes dans le monde n'ont pas accès à l'électricité et environ 3 milliards de personnes n'ont pas accès à une eau potable de bonne qualité. Pour y répondre, les décideurs et les intérêts privés n'hésitent pas à exploiter et à sacrifier les dernières ressources naturelles limitées de notre planète via des techniques irresponsables : sables bitumineux, gaz de schiste, agriculture intensive polluée aux pesticides, élevages industriels dignes de la pire barbarie...

Cette pression démographique et l'urbanisation sont telles que nous devons bâtir chaque semaine l'équivalent d'une ville d'un million d'habitants ! Comment la Terre peut-elle supporter une population qui va croître de 7 à 9 milliards d'habitants dans le cadre d'un modèle de développement axé sur la surconsommation ? C'est tout simplement impossible !

Ces défis qui menacent l'existence durable même de l'humanité n'ont cessé d'être ignorés, minimisés, bafoués de sorte que nous sommes à l'aube d'un basculement irréversible : « L'influence de l'homme atteint une ampleur telle qu'elle laisse supposer l'avènement d'une nouvelle ère géologique, l'Anthropocène, où l'humanité constitue une force planétaire géologique » (Johann RockstRöm, Directeur de l'Institut de l'environnement de Stockholm[1])

© Globaia, Planet Under Pressure, SEI, SRC, CSIRO. Sous-titrage en français : notre-planete.info

Les neuf seuils planétaires

Pour identifier les processus environnementaux qui déterminent la stabilité des éléments du système terrestre, le concept de "seuils planétaires" a été mis en place. Il s'agit de limites, de seuils critiques à ne pas dépasser afin d'éviter des points de basculement susceptibles de causer des perturbations soudaines et délétères aux niveaux régional et mondial.

Trois seuils caractérisent les patrimoines mondiaux :

  • changement climatique ;
  • appauvrissement de la couche d'ozone ;
  • acidification des océans.

Quatre autres désignent certains processus régulateurs qui déterminent la résilience des principaux biomes (et, en fin de compte, du système terrestre) :

  • changements d'exploitation des sols ;
  • consommation d'eau douce ;
  • taux de diminution de la biodiversité ;
  • interférences humaines avec les cycles mondiaux de l'azote et du phosphore.

Enfin, les deux derniers sont axés sur la pollution :

  • pollution chimique par les aérosols ;
  • pollution atmosphérique par les aérosols.

Aujourd'hui, déjà trois seuils ont été franchis :

« Cela nous place dans une zone glissante et dangereuse où les points irréversibles ne sont pas à exclure : la fonte accélérée des glaces dans l'Arctique est sans doute le signe annonciateur précoce d'une telle dynamique non linéaire. » souligne Johann RockstRöm.

Le sommet de la Terre Rio+20 au cœur de toutes les attentions

Rio+20La Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20), qui se tient au Brésil du 20 au 22 juin 2012, vise à assurer le renouvellement de la mobilisation politique en faveur du développement durable. Il s'agit également d'une opportunité sans précédent de relever les nouveaux défis en vue de construire un avenir durable pour l'humanité.

Ce sommet de la Terre est un grand processus intergouvernemental auquel les ONG et les entreprises sont associées. Au final, un mémorandum doit poser les grands principes de l'après-Rio, sur le plan social, environnemental et économique.

Que ce soit pendant ou en dehors des négociations officielles, de nombreux engagements et initiatives d'envergure devraient être annoncés pendant la Conférence Rio+20, à commencer par l'adoption d'actions visant à réduire la faim et la pauvreté de manière drastique, à améliorer l'état des océans et à appuyer l'Initiative du Secrétaire général pour l'énergie durable pour tous.

Les gouvernements, les entreprises et les organisations de la société civile, entre autres, devraient annoncer de nouvelles initiatives et prendre de nouveaux engagements pour faire du développement durable et de l'économie verte une réalité.

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon a déclaré que Rio+20 était une opportunité unique à l'échelle d'une génération pour réaliser de réels progrès vers une économie durable. « Cela peut nous aider à construire un monde plus équitable – un monde de prospérité plus grande et inclusive et de croissance dynamique verte pour une planète en meilleure santé. ».
« Le succès de Rio+20 sera mesuré par les transformations que la Conférence aura réussi à initier, les vies qui auront été améliorées. Notre espoir pour la prospérité, la santé et la stabilité reposent sur la capacité de trouver un moyen d'intégrer les piliers économiques, sociaux et environnementaux. Le développement durable est l'idée de notre époque. C'est l'avenir que nous voulons », a insisté le Secrétaire général.

La Conférence Rio+20 a trois objectifs principaux :

  • Garantir le renouvellement des engagements politiques concernant le développement durable
  • Évaluer les progrès réalisés à ce jour et les lacunes qui subsistent dans la mise en œuvre des résultats des grands sommets sur le développement durable
  • Aborder les défis émergents.

La conférence est axée sur deux thèmes majeurs :

  1. une économie verte dans le contexte du développement durable, de l'éradication de la pauvreté et de la faim
  2. le cadre institutionnel du développement durable.

En amont de l'ouverture du sommet de la Terre, des sessions de travail du Comité préparatoire de la Conférence de Rio+20 ont eu lieu. Elles ont permis aux 193 états membres d'entamer le projet de document final qui doit conclure cette conférence mondiale.

Brice Lalonde, Secrétaire exécutif de la Conférence de Rio+20 avait alors déclaré à la radio des Nations Unies : « J'estime qu'il existe un véritable dialogue, plus de confiance, et une véritable volonté de trouver un terrain d'entente commun ». Il avait ajouté : « Il faut surtout que 98% du texte final soient acceptés par les négociateurs comme étant la déclaration finale sur laquelle les 193 États membres doivent se mettre d'accord avant le 20 juin prochain. Le texte final doit être le plus clair possible pour les chefs d'États, afin qu'ils puissent trancher sur des engagements qui permettront de sauver la planète ».

Le ferme engagement de la société civile et du secteur privé est essentiel à la mise en œuvre des recommandations qui seront adoptées à Rio, avait ajouté Brice Lalonde. En effet, contrairement au sommet de la Terre de 1992, Rio+20 accueille, en plus des gouvernements, de nombreux représentants de la société civile et du secteur privé. Plus de 50 000 participants se pressent au plus important sommet mondial jamais mis en oeuvre par les Nations Unies.

En parallèle, près de 500 activités se tiendront au Centre de convention Riocentro, le site de Rio+20. Des gouvernements, des entreprises et des membres de la société civile annonceront divers engagements d'avenir en matière de développement durable, allant des initiatives individuelles aux initiatives de grande envergure qui contribueront à doter d'une énergie durable la population qui n'y a pas accès, ainsi que des initiatives visant à promouvoir les transports publics.

Rio+20 : un sommet de la Terre déjà voué à l'échec ?

Comme la plupart des sommets intergouvernementaux qui se penchent sur l'état de notre planète, ils suscitent d'importantes aspirations, presque toujours déçues, attisant, du coup, de nouveaux espoirs pour le sommet suivant.

Des ONG dénoncent la main mise de grandes multinationales sur les négociations des Nations Unies

Pour autant, environ 400 organisations de la société civile ont signé une déclaration - initiée par les Amis de la Terre International et neuf autres organisations - dénonçant la domination de l'ONU par les entreprises. Nnimmo Bassey, président des Amis de la Terre International, s'insurge : « Il est inacceptable que des entreprises telles que Shell, qui provoquent des pollutions massives et violent les droits de l'Homme, soient aux commandes des processus de décision sur le développement durable. Ca nous mène tout droit à la catastrophe pour notre planète et pour les peuples. Les entreprises polluantes ne devraient pas aider à faire les lois, elles devraient y être soumises. ».
En effet, un nouveau rapport des Amis de la Terre montre que l'ONU a travaillé en étroite collaboration avec de grandes entreprises et a ainsi développé et promu le concept d'"économie verte", consistant à vendre la nature et les populations et à verdir un système économique injuste et insoutenable au détriment du développement durable.
« Les nombreux exemples de l'influence des entreprises sont préjudiciables à la qualité du travail réalisé par de nombreux organismes et fonctionnaires des Nations unies à travers le monde pour la protection et l'autonomisation des populations. Permettre que cela se produise revient à faire courir un risque à la crédibilité et à l'intégrité de l'ONU et de ses Etats membres. Au final, ces pratiques menacent de saper la mission de l'ensemble du système des Nations unies. C'est pourquoi elles doivent être arrêtées », conclut Juliette Renaud, chargée de campagne Finance privée au sein des Amis de la Terre France.

Un premier projet de document final sans ambition

Malheureusement, d'ores et déjà, le projet de document final s'annonce comme bien en-dessous des défis comme en témoigne la réaction de Jim Leape, Directeur général du WWF International :

« Après une session très tardive de négociations, le texte révisé s'annonce comme un échec majeur en termes de leadership et de vision de la part des diplomates. Nos dirigeants devraient être embarrassés devant leur inaptitude à trouver un terrain d'entente sur un enjeu aussi crucial.

Il est maintenant temps pour les leaders mondiaux de prendre le développement durable au sérieux et surtout de sauver ce processus de négociation. S'ils approuvent ce qui est actuellement sur la table sans y apporter de changements significatifs, ils condamnent la conférence Rio+20 au ridicule.

Alors que des mots plutôt faibles ont été supprimés, les diplomates pratiquent maintenant la langue de bois... Et utilisent des formules alambiquées comme 'engagés à réaliser progressivement' ou font de nombreuses promesses de 'reconnaître' les problèmes et leurs solutions.

Il y a 20 ans, les leaders mondiaux ont 'reconnu' les problèmes, mais ils n'ont pas fait grand-chose depuis. Pendant combien de temps allons-nous encore accepter la réponse 'nous allons y réfléchir' comme une solution ? »

« Nous sommes maintenant à portée d'un accord historique », a estimé le Secrétaire général Ban Ki-moon dans son allocution d'ouverture, avant d'ajouter : « Le monde observe si les mots se traduiront en actions. »

Réponse dans quelques jours. En attendant, vous pouvez suivre l'état des négociations via :

Notes

  1. Des seuils communs - PNUE
  2. Parties par million. Les concentrations de CO2 ont déjà dépassé les 390 ppm

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés

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16 commentaires

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avatar nanou - 20/06/2012, 12:35

Je dis depuis toujours que finalement l'homme est trop stupide ou plutôt cupide... Ont-ils un cerveau ??? J'en doute.

avatar Yves Jacquot - 20/06/2012, 15:37

affligeant le peu de couverture médiatique consacré à ce sommet,moins que pour le moindre tweet ou événement people qui lui n'engage à rien l'avenir de l'homme!et que dire d'associer des entreprises telles que shell à la prise de décisions en matiére de développement durable,demandant plutôt aux gens qui subissent les exactions leur avis!enfin vu la langue fourchue pratiquée par nos politiques j'ai peur qu'il faille attendre encore 20 ans pour espérer,plus 20 ans pour essayer plus vingt ans pour décider plus 20 ans;...trop tard sixiéme extinction massive terminée victime et déclencheur:l'homme!!

avatar Decrauze - Lyon - 20/06/2012, 16:49

De pire en pire ces réunions internationales sur l'environnement. Voilà maintenant que l'infinitésimal sujet de consensus est signé d'avance pour laisser les responsables exécuter leur parade d'autosatisfaction sans l'ombre d'un stress ni le début d'un enjeu. Quel est l'intérêt, à part d'entretenir une honteuse hypocrisie généralisée ? Le paradoxe : chacun s'accroche à ce qu'il considère ses intérêts premiers alors que cette question rend les parties du monde interdépendantes. Depuis mon texte de 2009 sur le sommet de Copenhague, aucune évolution. Fiasco en double couche. (Cf. http://pamphletaire.blogspot.fr/2009/12/latterrant-sommet.html)

avatar Strange - 20/06/2012, 17:31

une entrée en matière pour le "capital vert"...

avatar Marc Moulin - 20/06/2012, 21:24

Nous sommes responsables puisque nous élisons nos gouvernants, ceux qui précisément ne font que de la parade dans ces grandes réunions !!
C'est bien nous, électeurs, qui avons voté Hollande, alors qu'ici même, sur ce site, nous avons pu constater qu'il ne ferai rien pour l'écologie !
Et puis à présent c'est une rengaine que de voir que chaque sommet n'aboutit à ... Rien !!
Et bien sûr, au jour du grand soir, personne ne sera coupable !!
ça saoûle à force !!!

avatar bird - 20/06/2012, 21:26

des sommets pour rien, ça coûte en argent et pollution !

avatar Marcel Gérin - 21/06/2012, 03:09

Pour un PLOUF ce fut un PLOUF!!! Merkel, Obama, Putin avaient compris et eux ont évité les pertes de temps, argent et recharge de pollution!
Les autres, haaa que c'était beau!!!.....et la réunion..? bofff mais voir Rio ça c'est SUPER!!! Voilà les résultats!
Comme dirait l'autre, des "CONS"...... peut-être....mais ils ont compris que c'est foutu et que c'est Mère Nature (remplaçante du bon Dieu et ses confrères)qui pourrait bien appliquer des solutions que les humains voudraient bien appliquer mais n'ont pas le culot nécessaire pour faire ce qu'il faut.....!
Arrêter toutes ces réunions et bien évidement les gaspillages, et qu'ils se contentent des vidéos conférences, le net, le téléphone/skype! un point c'est tout!

avatar Jean Weber - 21/06/2012, 06:57

Attendre trop d'un tel sommet est le signe de démocraties qui ne sont pas très mûres, c'est penser qu'il faut un chef qui nous commande et que sans cela nos action individuelles ne servent à rien. Bref c'est se dédouaner sur l'échec des autres, la nullité des autres pour ne rien entreprendre ni faire soi-même. Le terme de biodiversité est extrêmement pratique car il permet de s'exprimer sans rien savoir. Pouvez-vous nommer tout ce qui pousse et rampe dans votre jardin, dans le terrain vague ou le champ d'à coté ? Dans la négative, qui pensez-vous pourra le faire à votre place ? Là est le vrai problème, sur le pas de la porte, pas à Rio.

avatar Phil - 21/06/2012, 10:29

A cause de la crise économique qui perdure depuis 4 ans et qui s'aggrave, va venir s'ajouter tôt ou tard la crise climatique qui va nous envoyer au fond du trou avec une crise sociale sans précédent. Pour l'instant on dirait que les tempêtes, les ouragans les feux de forêt ont fait une pause, ça peut reprendre et très mal finir.

avatar Jean-Pierre Le Hégarat - 22/06/2012, 12:29

Bonjour,

Compte tenu de la cupidité de l'homme, de la préservation des lobbying, du professionnalisme de nos élus plus soucieux de préserver leur potentiel de réélection, je ne suis guère optimiste sur l'issue de ce sommet. Il vont discuter, s'offrir de bons gueuletons aux frais des contribuables ....
A propos : la délégation française à Rio est composée de combien de personnes ?
Si quelqu'un le sait je serai heureux de le savoir.

C'est plus nos actions individuelles faites par le plus grand nombre qui peuvent changer le cours des choses. Mais quand je fais mon marché hélas je vois bien que peu de personnes sont sensibles et soucieuses de leur environnement .

avatar Muvra Angèle - 24/06/2012, 08:53

« Cette pression démographique et l'urbanisation sont telles que nous devons bâtir chaque semaine l'équivalent d'une ville d'un million d'habitants ! Comment la Terre peut-elle supporter une population qui va croître de 7 à 9 milliards d'habitants dans le cadre d'un modèle de développement axé sur la surconsommation ? C'est tout simplement impossible ! »
Tout est dit dans ces quelques phrases contenues dans l'article : le franchissement des « neuf seuils planétaires » n'a pas d'autre origine que notre folie reproductrice. En liaison avec d'autres organisations internationales, l'association francophone "Démographie Responsable" tente bien d'inverser le cours des évènements, mais en aura-t-elle le temps ?...

avatar Jean Weber - 24/06/2012, 11:24

Tout mettre sur le dos de la démographie (ou de la connerie humaine) c'est refuser de faire un effort de réflexion et surtout ne rien remettre en cause de sur notre mode de vie, surtout ne rien apprendre sur le fonctionnement de la nature le nom des espèces (finalement ça fatigue et ce n'est pas intéressant), récupérer son fric avec de l'intérêt à la fin du mois sur son compte en banque sans se soucier où cela est investi voilà qui est important. Aucun gouvernement élu n'a la décroissance dans son programme. Bien que je sois 100% pour une réduction démographique je trouve l'argument totalement creux tant que l'on n'est pas prêt à bouger du petit doigt pour améliorer l'impact des quelques mètres carrés dont on est directement responsable et refuser obstinément toute idée de décroissance. En outre, et à moins d'organiser un génocide, pour qu'une démographie baisse de moitié ou de trois quarts il faut plus d'un siècle dans le meilleurs des cas. Bref largement de quoi foncer dans le mur même avec un taux de croissance économique = 0.

avec 2 % de croissance par an, le temps de doublement de notre impact est de 70/2 = 35 ans.
l' impact est multiplié par 1000 en 350 ans. (le chiffre 70 vient de ln(2)x100)

avec 5 % de croissance par an, le temps de doublement de notre impact est de 70/5 = 14 ans.
l' impact est multiplié par 1000 en 140 ans.

http://www.energieclimat.net/article-de-la-croissance-exponentielle-suite-80619625.html

Parler de démographie sans évoquer la croissance et surtout de mesures immédiates d'éducation pour une meilleure gestion des ressources au niveau individuel (biodiversité, énergie, nutrition, transports, loisirs) est une irresponsabilité criminelle.

avatar Muvra Angèle - 24/06/2012, 12:35

@Jean Weber, "Démographie Responsable" est clairement positionnée dans le camp écologiste et décroissant. Ceci étant, notre association n'est pas un parti politique et n'a pas la prétention de tout appréhender ni de tout changer.
Elle œuvre "simplement" en faveur de la stabilisation de la population dans un premier temps et pour sa décroissance à plus long terme.

Nous nous plaçons dans le cadre de la "projection basse" de l'ONU, c'est à dire 8,1 milliards en 2050 et 6,2 milliards en 2100 (vs la projection moyenne : 9,3 milliards en 2050 et 10,1 milliards en 2100), c'est à dire près de 4 milliards de "bouches à nourrir" en moins, excusez du peu...

Je puis vous assurer que cela prend déjà un temps et une énergie considérable et nous laissons donc à d'autres le soin de mener les luttes économiques et de répartition. Par contre nous sommes prêts à nous associer à d'autres actions.

Pour l'instant, nous sommes essentiellement absorbés par la Conférence sur la planification familiale qui va se tenir à Londres dans une quinzaine :
http://blog.slateafrique.com/femmes-afrique/2012/06/21/un-sommet-a-londres-pour-relancer-la-planification-familiale/

Cordialement

avatar Marcel Gérin - 24/06/2012, 15:25

@ Muvra A.
Il est trop tard (de un), de deux, comment faire évoluer en 48 ans, +/-4 milliards de pauvres et en majorité des "retardés mentaux"?
Le mauvais système est allé trop loin dans le tunnel, et ne peut faire demi tour!
Les associations, les réunions, les SOMMETS ne servent qu'à justifier des fonds reçus ou octroyés mais aussi faire "SEMBLANT!!!.....

Absurdité quand on doit supporter les "EXIGENCES et REVENDICATIONS" des homosexuels H/F....dérives mentales, comportements contraires aux évolutions!
L'homme retournerait-il vers la bête...? Et à grands pas...?
Pourquoi faut-il que ces "SOMMETS" se tiennent TOUJOURS dans des lieux HYPER LUXUEUX, aux factures multicolores à 6 ou 7 chiffres (avant la virgule) (I.O.U.) les peuples qui paient!
Non! Le ou LES systèmes sont vétustes et hors du temps!

avatar Jean Weber - 24/06/2012, 20:36

Merci à Muvra Angèle pour ces précisions.

A mon avis une grosse difficulté est le morcellement des responsabilités. Tout phénomène exponentiel est mathématiquement intenable. Croissance économique et démographique conduisent au même résultat en termes d'accroissement de l'impact sur l'environnement. J'ai cependant l'impression qu'il est plus facile de faire accepter comme un problème celui de la croissance démographique (1.14% / an - doublement tous les 61 ans ce qui est clairement intenable) que celui de la croissance économique. Des placements bancaires à 2% ou une augmentation du PIB de 2% sont considérés comme des objectifs normaux alors qu'ils sont tout autant intenables. Ce que je crains c'est que le problème démographique devienne l'arbre qui cache la forêt.

A mon avis il est impossible de stopper ces phénomènes exponentiels si on ne compense pas le renoncement à un enrichissement en personnes ou en bien de consommation par un enrichissement culturel. Les investissements doivent aller vers l'éducation. Il reste à trouver un moyen pour coordonner nos décisions à titre individuel, cela nous laisse de quoi nous occuper.

avatar Jean Weber - 30/06/2012, 06:32

Croissance & PIB

Si Rio + 20 n'a pas renoncé à la croissance (ce qui était prévisible vu les orientations des électeurs) il se pose également la question de l'existence d'un indicateur de progrès autre que le PIB. Si nous voulons gérer notre impact sur l'environnement il faudrait pouvoir le mesurer et que cette mesure soit visible pour tout le monde. C'est bien de critiquer le fric mais encore faudrait-il une culture naturaliste suffisante pour apprécier et partager autre chose.

Declaration Rio 20+
« 38. Nous reconnaissons la nécessité d'adopter des mesures plus larges du progrès,
en complément du produit intérieur brut (PIB), l'idée étant que les décisions prises
reposent sur des informations plus complètes et, à cet égard, nous prions la
Commission de statistique du Secrétariat de l'Organisation des Nations Unies de
lancer, en consultation avec les entités compétentes du système des Nations Unies et
d'autres organisations intéressées, un programme de travail dans ce domaine en
faisant fond sur les initiatives existantes. »

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