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800 000 nouveaux réfugiés en 2011 : c'est le nombre le plus élevé depuis 2000

2 369 lectures / 4 commentaires19 juin 2012, 10 h 46

migrants_LampedusaUn bateau des garde-côtes italiens approche de l'île de Lampedusa (Italie) afin de débarquer 142 migrants, sauvés des eaux après le naufrage de leur bateau en provenance de Tripoli (Libye).
© UNHCR/F.Noy

Selon un rapport statistique publié le 18 juin par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, l'année 2011 culmine en terme de déplacement forcé – incluant le passage d'une frontière – avec le plus grand nombre de personnes devenues réfugiées jamais enregistré depuis 2000.

Le rapport statistique du HCR « Tendances mondiales pour 2011 » met en avant, pour la première fois, l'étendue du déplacement forcé généré par une série de crises humanitaires majeures qui a commencé à la fin 2010 en Côte d'Ivoire, rapidement suivie par d'autres en Libye, en Somalie, au Soudan et ailleurs. Au total, quelque 4,3 millions de personnes ont été nouvellement déracinées, dont 800 000 d'entre elles ont fui leur pays et sont devenues réfugiées.

« L'année 2011 a été le théâtre de profondes souffrances. Tant de déracinés happés dans la tourmente en un laps de temps très court entraîne un coût élevé au plan personnel pour toutes les personnes affectées », a indiqué António Guterres, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés et chef du HCR. « Nous ne pouvons qu'être reconnaissants au système de protection internationale d'avoir tenu bon et sur le fait que les frontières soient restées ouvertes. Cette année a été particulièrement difficile. »

A travers le monde, 42,5 millions de personnes ont fini l'année 2011 soit en tant que réfugiés (15,2 millions), soit en tant que déplacés internes (26,4 millions), soit en ayant déposé une demande d'asile (895 000 personnes). Malgré le nombre important de nouveaux réfugiés, le chiffre global était inférieur à celui de 2010 qui avait enregistré 43,7 millions de personnes, principalement par l'effet compensatoire du retour chez eux de nombreux déplacés internes (3,2 millions), le chiffre le plus important pour le retour de déplacés internes jamais enregistré depuis plus d'une décennie. Parmi les réfugiés, et malgré une augmentation dans les rapatriements volontaires par rapport à 2010, 2011 est la troisième année enregistrant un faible nombre de retours (532 000) pour cette décennie.

En se basant sur une période de 10 ans, le rapport montre plusieurs tendances inquiétantes avec, d'une part, le nombre considérable de personnes déracinées à travers le monde, avec un chiffre dépassant les 42 millions de personnes pour chacune des cinq dernières années. D'autre part, une personne qui devient réfugiée aujourd'hui le restera sans doute pour de nombreuses années. Elle est souvent bloquée dans un camp ou elle vit dans des conditions précaires en milieu urbain. Sur les 10,4 millions de réfugiés relevant de la compétence du HCR, près de trois quarts d'entre eux (7,1 millions) vivent en exil prolongé depuis au moins cinq ans, dans l'attente d'une solution.

C'est l'Afghanistan qui génère le plus grand nombre de réfugiés (2,7 millions) suivi de l'Iraq (1,4 million), la Somalie (1,1 million), le Soudan (500 000) et la République démocratique du Congo (491 000).

Près du quatre-cinquième des réfugiés dans le monde ont fui vers des pays voisins. D'importantes populations réfugiées se trouvent, par exemple, au Pakistan (1,7 million de personnes), en Iran (886 500), au Kenya (566 500) ou au Tchad (366 500).

Parmi les pays industrialisés, l'Allemagne demeure le plus important pays d'accueil avec 571 700 réfugiés. Parallèlement, l'Afrique du Sud a reçu le plus grand nombre de demandes d'asile individuelles (107 000), et ceci depuis les quatre dernières années.

Le mandat initial du HCR consistait à aider les réfugiés. Toutefois, depuis la création de l'agence il y a six décennies, son travail s'est élargi avec l'aide également apportée à travers le monde à de nombreux déplacés internes ainsi qu'aux apatrides, c'est-à-dire les personnes qui sont dépourvues d'une citoyenneté reconnue et des droits fondamentaux qui l'accompagnent.

Le rapport « Tendances mondiales pour 2011 » souligne que seulement 64 Etats ont fourni des statistiques sur les apatrides, ce qui signifie que le HCR n'a pu obtenir des chiffres que pour un quart des 12 millions d'apatrides à travers le monde.

Sur les 42,5 millions de personnes qui se trouvaient dans une situation de déplacement forcé à la fin 2011, toutes ne sont pas prises en charge par le HCR : quelque 4,8 millions de réfugiés, par exemple, sont enregistrés auprès de notre agence sœur, l'UNRWA, l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient. Parmi les 26,4 millions de personnes déplacées internes, 15,5 millions d'entre elles bénéficient de l'aide et de la protection assurées par le HCR. Au total, le nombre de bénéficiaires du HCR, réfugiés ou déplacés internes, s'élève à 25,9 millions de personnes en 2011. Il s'est accru de 700 000 personnes par rapport à l'année 2010.

Auteur

Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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4 commentaires

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avatar Georgéssonne - 19/06/2012, 11:16

Tout cela est très triste et inquiétant. Mais imprévisible et surprenant? Absolument pas, bien au contraire ;et ce n'est que le début. Catastrophe rendue inéluctable par la poursuite de l'augmentation de population de l'Afrique et autres régions pauvres déjà surpeuplées par rapport aux ressources; ceci accentué par l'absence, le refus de contrôle des naissances et planning familial (qui auraient du commencer vigoureusement il y a 30 ou 40 ans) ; par la pollution croissante d'origine industrielle et agricole ; le réchauffement climatique qui se poursuit inéluctablement, l'épuisement des sols, et ressources en eaux destruction des forêts. Politique de l'autruche, aveuglement volontaire et déni de la réalité, refus de toutes mesures efficaces (et contraignantes) commencent à porter leurs "fruits". Catastrophe en cours, prévue, annoncée, évitable. Mais il fallait -il faudrait- prendre des mesures , de + en + énergiques que l grande majorité (états, populations...) refusent. On verra bien dans 20 ou 30 ans, n'st-ce pas?

avatar Strange - 19/06/2012, 13:40

c'est effectivement pour plusieurs motifs inéluctable...

avatar hervé - 20/06/2012, 10:55

Tout ceci est une conséquence de l'augmentation très inquiétante de la population mondiale.
Rendez-vous compte qu'en 1900 on était un milliards d'habitants et actuellement on est 7 milliards d'habitant c'est à dire 6 milliards de plus en un siècle, effrayant, du jamais vu!
Que faire? Parait-il que si un pays atteint 50% alphabétisation (savoir lire et écrire) automatiquement la courbe démographique décroit mais encore faut-il arriver à éduquer les populations sous développées ce qui est loin d'être le cas.
L'occident devrait aider les populations dans le désarroi à s'en sortir mais nous même somment actuellement dans une telle déche économique qu'il ne reste pas beaucoup d'espoir. En attendant "on reçoit toute la misère du monde!"

avatar Fabienne, Liège Belgique - 20/06/2012, 14:00

c'est malheureux à dire mais nous ne pouvons pas continuer de supporter tous les malheurs du monde. Surpopulation, donc surconsommation. Il faut impérativement mettre un frein au taux de natalité dans les pays les plus pauvres.
Les pays "abandonnés" sont des pays avec une grande superficie. Le tout est de ré-éduquer

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