La Nouvelle-Zélande récompensée pour son ciel étoilé
4 082 lectures / 1 commentaire18 juin 2012, 18 h 29
Face à la pollution lumineuse qui s'accroît et sévit partout où les activités humaines sont présentes, la 3ème Conférence Internationale du Ciel Etoilé[1], qui s'est tenue du 10 au 13 juin 2012 à Tekapo, a récompensé le bassin néo-zélandais de Mackenzie comme Réserve Internationale de Ciel Etoilé (IDSR, International Dark Sky Reserve).
Rappelons qu'à la tombée de la nuit, d'innombrables sources de lumières artificielles (éclairage urbain, enseignes publicitaires, vitrines de magasins, bureaux allumés en permanence...) illuminent notre environnement. Malheureusement, il s'agit d'une forme de pollution, dite lumineuse, dont les conséquences ne sont pas anodines. Récemment, c'est l'association américaine "Dark Sky" qui, dès 1988, a fait connaître ce phénomène qui s'est amplifié en véritable nuisance, bien visible par tous. En effet, les points lumineux ne cessent de se multiplier au point qu'il devient impossible de distinguer les étoiles dans le ciel.
C'est pourquoi, en 1992, L'UNESCO consacrait, dans sa déclaration des droits pour les générations futures un volet spécifique au droit et à la conservation du ciel et de sa pureté : "les générations futures ont droit à une Terre et à un ciel non pollués".
Le bassin néo-zélandais de Mackenzie déclaré "Réserve Internationale de Ciel Etoilé"
Cette distinction vient récompenser le travail d'une association locale de défense de l'environnement, le Groupe de Travail pour le Ciel Etoilé, présidé par Margaret Austin, qui œuvre pour cette reconnaissance depuis 2006. Le Groupe de Travail pour le Ciel Etoilé est également impliqué avec l'UNESCO dans un processus à plus long terme, qui pourrait aboutir à la reconnaissance de la réserve de ciel étoilé d'Aoraki comme patrimoine mondial.
Le directeur général de l'office du tourisme de Canterbury, Tim Hunter, s'est réjoui de la reconnaissance, à la fois nationale et mondiale, du bassin de Mackenzie comme destination de choix pour ceux qui souhaitent apprécier la beauté naturelle d'un ciel étoilé.
Couvrant les Alpes du Sud (Nouvelle-Zélande) sur plus de 4 300 km², entre le Parc National d'Aoraki, le Mont Cook et le bassin voisin de Mackenzie, la Réserve Internationale de Ciel Etoilé d'Aoraki-Mackenzie constitue la plus grande réserve de ciel nocturne au monde et la première dans l'hémisphère sud. Elle est également la première à obtenir la récompense ultime dans sa catégorie, soit la « médaille d'or » des ciels étoilés, qui atteste de la qualité exceptionnelle de ses cieux clairs et épargnés par la pollution lumineuse.
« Ce sont un environnement, un paysage et un ciel nocturne véritablement exceptionnels que nous voulons protéger et promouvoir, » a expliqué Margaret Austin.
Bien que la pollution lumineuse dans la région de Tekapo fasse l'objet d'un contrôle strict depuis 1981 par les autorités locales, le titre de Réserve Internationale de Ciel Etoilé constitue une reconnaissance et une protection supplémentaire aux yeux des défenseurs de ce patrimoine un peu particulier.
En effet, la région de Mackenzie et du Mont Cook, haut-lieu des sports de neige et du ski alpin en saison, est depuis longtemps considérée comme l'un des plus beaux sites pour admirer et étudier le ciel austral en raison du nombre élevé de nuits claires tout au long de l'année, ainsi que de la stabilité et de la transparence de l'atmosphère. Par ailleurs, l'endroit se révèle être un point de vue permanent des fameux Nuages de Magellan, des galaxies satellites de la Voie Lactée visibles uniquement dans l'hémisphère sud.
Chaque année, des milliers de visiteurs peuvent apprécier en particulier les activités terrestres et célestes, diurnes et nocturnes, proposées par l'Observatoire du Mont John, principale destination de l'astro-tourisme en Nouvelle-Zélande. Celui-ci dispose de cinq télescopes, dont le plus grand de Nouvelle-Zélande qui mesure 1,8 mètres de diamètre et permet d'observer jusqu'à 50 millions d'étoiles.
Notes
Source
- New Zealand reveals dark sky reserve - Nouvelle-Zélande
Auteur
Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés

















