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4 922 lectures / 21 commentaires03 mai 2012, 17 h 18
© C. Magdelaine / notre-planete.infoIl y a 14 600 ans, le niveau marin a connu une hausse brutale de presque 14 mètres en seulement 350 ans. Cette élévation impressionnante coïncide avec le début de la première période chaude qui marqua la fin de la dernière glaciation. De plus, la contribution de la calotte antarctique à cette élévation a été significative. Tels sont les résultats mis en évidence par une équipe du CEREGE[1] (Aix-Marseille Université/CNRS/IRD/Collège de France), en collaboration avec des collègues anglais et japonais. Publiés le 29 mars 2012 dans la revue Nature, ces travaux confirment l'existence d'une accélération majeure de la remontée du niveau marin entre -14 650 et -14 300 : il s'agit d'un des événements climatiques les plus marquants des derniers 20 000 ans.
Les coraux édificateurs de récifs sont des organismes qui vivent exclusivement dans les eaux tropicales. Très sensibles à la luminosité et la température, ils croissent à fleur d'eau, dans un intervalle de profondeur très restreint, ce qui en fait de bons marqueurs du niveau de la mer. L'étude de ces coraux fossiles, qui se sont formés au cours des dernières centaines de milliers d'années, permet donc de reconstituer les variations du niveau marin et les changements environnementaux passés. Ces archives fournissent ainsi des informations précieuses sur la dynamique et le comportement des calottes de glace du passé. Mieux appréhender cette dynamique permettra d'améliorer à terme la modélisation et la prévision des variations futures du niveau marin.
Dans le cadre d'une campagne de forages internationale effectuée en 2005[2] sur les pentes des récifs actuels de Tahiti, les chercheurs du Centre européen de recherche et d'enseignement en géosciences de l'environnement (Aix-Marseille Université/CNRS/IRD/Collège de France) ont carotté trois sites situés dans des récifs coralliens, au large de l'île de Tahiti. En datant ces archives, ils ont pu reconstituer les variations du niveau marin sur les derniers 16 000 ans[3]. Ces datations mettent en évidence une remontée extrêmement rapide du niveau de la mer au cours de la dernière déglaciation qui s'est déroulée entre -21 000 et -11 000 environ.
Au cours de cette transition entre une dernière période glaciaire et le climat chaud que connaît actuellement la Terre, le niveau marin global est remonté d'environ 120-130 mètres sur presque 15 000 ans. Il était déjà acquis que cette augmentation n'avait pas été constante, mais qu'elle avait été ponctuée par des élévations rapides du niveau marin associées à des débâcles massives des calottes de glace. La plus importante de ces hausses, appelée Melt-Water Pulse 1A (MWP-1A), restait cependant par bien des aspects énigmatique.
Ces nouveaux travaux ont permis de confirmer l'existence de cet événement climatique majeur, tout en révélant pour la première fois son amplitude, sa chronologie et sa durée. Le début du MWP-1A a été daté à 14 650 ans, ce qui fait coïncider cet évènement avec le début de la première phase chaude qui marqua la fin de la glaciation dans l'hémisphère Nord. Cette période, appelée Bølling[4], s'est étalée sur un peu moins de deux mille ans et a vu la température de l'hémisphère Nord augmenter de près de 5°C en quelques années. Selon les chercheurs du CEREGE, la remontée du niveau global des océans au cours du MWP-1A aurait été de presque 14 mètres en seulement 350 ans. La vitesse de la remontée du niveau marin aurait été au minimum de 40 mm/an, vitesse qu'il faut comparer au taux moyen de 10 mm/an estimé pour la dernière déglaciation ou à celui de 3 mm/an observé aujourd'hui par satellite.
En s'appuyant sur des simulations de modèles géophysiques, les chercheurs ont aussi établi que la calotte antarctique avait contribué très significativement, probablement pour moitié, au MWP-1A. Ces travaux illustrent l'instabilité des calottes glaciaires, en particulier de la calotte antarctique, à une perturbation climatique majeure et imposent un regard nouveau sur la contribution future de la calotte antarctique à la remontée du niveau des mers dans le contexte actuel de réchauffement climatique.
Ces travaux ont notamment bénéficié du soutien de la Fondation Comer (USA), la Fondation européenne de la Science (ESF-EuroMARC), la Communauté européenne (Projet Past4Future), le Collège de France, le CNRS et l'IRD.
Ice sheet collapse and sea-level rise at the Bølling warming 14,600 yr ago. Pierre Deschamps, Nicolas Durand, Edouard Bard, Bruno Hamelin, Gilbert Camoin, Alexander Thomas, Gideon Henderson, Jun'ichi Okuno, Yusuke Yokoyama, Nature, 29 mars 2012.
Centre National de la Recherche Scientifique
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
Strange - 03/05/2012, 18:08
0 d'accord 0 pas d'accord
Si ce phénomène se reproduit avec une augmentation de la température de 5° notre climat méditerranéen (pour le sud de la France) risque de devenir un climat tropical avec les mauvais côtés tempêtes, ouragans, vents violents et fortes précipitations mais de courte durée. Ces dernières seront-elles suffisantes pour endiguer une sécheresse qui logiquement devrait gagner du terrain et bouleverser toute la biodiversité et sans doute provoquer la disparition de certaines espèces …
Quant à l'élévation du niveau des océans ou mer cela ne semble pas significatif pour l'instant quoique si les courants se réchauffent la mer aura du même coup un volume plus important et la fonte des glaciers (où nous avons constaté que le réchauffement climatique était bien plus important sur ces dix dernières années qu'ailleurs sur le globe)contribuera sans doute également à l'augmentation du niveau...
hervé - 03/05/2012, 18:39
0 d'accord 0 pas d'accord
Cette article montre que l'on a pas besoin de l'homme pour produire un réchauffement conséquent et rapide de la planète et heureusement que ce réchauffement s'est produit sinon l'éclosion du bien être dont on bénéficie actuellement dans les pays développés n'aurait jamais eu lieu et même dans les pays sous développés il vaut mieux vivre dans des conditions tempérées que glaciales.
Patrick Straub - 03/05/2012, 21:07
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L'article fait référence à la calotte antarctique en disant que c'est elle qui a permis cette montée des eaux... Et la calotte de l'hémisphère nord alors ? Elle compte pour du beurre alors qu'elle formait la plus grand masse de glace existante ?
Il y a des fois, je ne comprends pas les études que les scientifiques mènent parce que la montée des eaux n'a pas seulement eu lieu dans l'hémisphère sud, mais sur la planète entière...
hdrass - 04/05/2012, 11:54
0 d'accord 1 pas d'accord
Dénonciation d'une erreur qui me paraît grossière.
"Selon les chercheurs du CEREGE, la remontée du niveau global des océans au cours du MWP-1A aurait été de presque 14 mètres en seulement 350 ans. La vitesse de la remontée du niveau marin aurait été au minimum de 40 mm/an, vitesse qu'il faut comparer au taux moyen de 10 mm/an estimé pour la dernière déglaciation ou à celui de 3 mm/an observé aujourd'hui par satellite."
Petit calcul :
14 mètres = 14 000 mm
14 000 mm/350 ans = 40 mm/an de moyenne
=> dire "La vitesse de la remontée du niveau marin aurait été au minimum de 40 mm/an" constitue une grossière erreur puisque 40 mm/an est une moyenne, par conséquent 40 mm/an ne peut être en aucun cas un minimum!
(sinon une élévation supérieure à 40 mm sous entendu en maximum impliquerait un minimum inférieur à ce chiffre)
J'attends une réaction sur ce point, en espérant que ce ne sont pas les scientifiques qui auraient commis une telle erreur d'interprétation.
Autre remarque pertinente :
jamais pas un scientifique digne de ce nom n'a avancé l'idée que "seul l'homme peut produire un réchauffement conséquent et rapide de la planète", car c'est très exactement l'inverse, la compréhension par les scientifiques d'événements naturels s'étant produit par le passé peut permettre à l'homme actuel d'anticiper "ce qui pourrait très probablement se produire dans le futur" lorsque certains paramètres régissant le climat sont modifiés, et donc possiblement du fait des activités humaines.
Le Furet-Cocagne - 04/05/2012, 13:40
0 d'accord 0 pas d'accord
La montée des eaux, les changements climatiques dus aux activités humaines à cause (entre autres) de nos bagnoles qui nous empoisonnent avec ce CO2 d'origine humaine, quelle blague, juste bonne à nous faire cracher au bassinet, je viens de payer hier 100€ de taxe (une petite 6 CV d'occase) soi-disant pour sa production de CO2 (comme si le pognon allait tout régler ;-)) justement, comme si ma contribution financière allait abaisser le taux de ce gaz, c'est simplement un attrape-nigaud, une taxe déguisée en oeuvre humanitaire, pour la santé de la planète, ah, pour des blaireaux, nous sommes des blaireaux !!!
Le Furet-Cocagne - 04/05/2012, 13:45
0 d'accord 0 pas d'accord
Petit problème, la nouvelle pub en bas à droite empêche la rédaction correcte d'un commentaire, c'est fort gênant, la solution est de le taper dans Word et faire un « copié collé » ?? !!
Christophe Magdelaine - 04/05/2012, 13:58
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Le Furet-Cocagne : merci de me préciser votre navigateur, système d'exploitation et taille d'écran via le forum :
http://www.notre-planete.info/forums/forum.php?id=31
jp chy - 05/05/2012, 08:18
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deux remarques
1) le CO2 n'est pas un poison c'est même lui qui permet la photosynthèse dont nous sommes largement dépendants.
2) encore une pierre dans le champ dialectique des réchauffistes qui tentent d'imputer au CO2 anthropique un réchauffement climatique dont ils ignorent en réalité le mécanisme, à moins que l'homme de Cro Magnon ne se soit livré à de coupables émissions sauvages !!!
Rozé - 05/05/2012, 10:02
0 d'accord 0 pas d'accord
A cette vitesse le niveau de la mer risque de s'élever de 2m dans 50 ans seulement. Et 50 ans c'est peu !
Gare aux habitations situées en bordure de mer et régions plates.
La centrale nucléaire de Blaye risque fort d'être inondée avant 50 ans, dans cette hypothèse ! Mais elle sera arrêtée avant cela, espérons le ! Reste qu'il faudra la protéger de cette inondation lors de son démantèlement qui prendra sans doute 50 ans ou plus !
De même les éoliennes off shore auront leurs pieds dans l'eau très rapidement, espérons que cela ne présente pas de graves inconvénients (rouille, accès, ...)
Bruno - 05/05/2012, 10:47
0 d'accord 0 pas d'accord
JP chy et Hervé: Ce n'est pas parce qu'il y a eu un réchauffement indépendant de l'homme il y a 15000 ans que l'homme n'est pas responsable du réchauffement actuel.
Ou dans le même style de raisonnement ce n'est pas parce que des forêts brulaient naturellement avant l'apparition de l'homme (orages volcans, etc.) qu'il n'existe pas des incendies criminels de nos jours.
On ne peut pas déduire n'importe quoi d'un fait passé on peut juste en tirer une information permettant d'essayer d'anticiper un fait futur qui peut être causé par des causes complètement différentes.
beaujean lyon - 05/05/2012, 10:51
0 d'accord 0 pas d'accord
Le grand défi de l'humanité, à l'aune de cette accélération imprévisible de la montée des océans, c'est de prévoir le démantèlement des centrales immédiatement concernées par ce phénomène. Et de l'organiser dès maintenant. Si on parvient à régler celui de Fukushima qui est une menace toujours active dont personne en veut entendre parler... A qui profite la perspective du chaos ? Seulement à ceux qui auront les quelques dérisoires moyens de s'e protéger. Heureusement qu'on a la banque du Spitzberg, les graines sont à l'abri. C'est pathétique. L'aveuglement, voici 50 ans, n'était encore que criminel ; aujourd'hui, il est simplement suicidaire.
hdrass - 05/05/2012, 13:04
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Attention quand même à ne pas se tromper de cible, le lobby anti-nucléaire me semble un parti pris idéologique en déconnexion avec les enjeux globaux de notre société. A ma connaissance, en France les centrales nucléaires ne sont pas privées et restent sous le contrôle de l'Etat et de l'ASN.
Je suis prêt à prendre le pari que les gouvernements à venir, malgré des pressions et des intentions initiales, après avoir pesé le pour et le contre, ne sont pas prêts d'abandonner cette source d'énergie qui relativise tout de même un peu la dépendance énergétique du pays aux énergies d'origine fossile (outre un avantage en matière d'émission de CO2) :
http://theshiftproject.org/cet-article/notre-dependance-aux-energies-fossiles-%E2%80%93-politiquement-dur-a-avouer
http://theshiftproject.org/sites/default/files/files/articletsp_energiefossile_v1.0.pdf
Pour en revenir à l'article et à mon précédent commentaire dont il n'y a pas encore eu de suite à ma remarque sur l'erreur d'interprétation de la vitesse minimum de la remontée du niveau marin, là aussi je suis surpris du manque de conscience du phénomène d'inertie pouvant intervenir dans les changements climatiques passés, qui implique à mon sens des effets non linéaires et plutôt de type exponentiel traduisant un phénomène d'accélération (en mathématique la puissance carrée ou plus).
Ce que je suggère donc sur ce point, c'est que la vitesse de remontée du niveau marin a dû s'accélérer dans le temps (plus ous moins par saccades) à cause d'effets amplificateurs (notamment par les rétroactions positives), en partant de 0 et avant de finir à 0 (stabilisation), et donc en aucun cas, n'a pu être une constante et encore moins un minimum de 40 mm/an, tout comme les 3 mm/an de vitesse de remontée du niveau marin observé aujourd'hui par satellite ne peut constituer une constante (en l'espèce plutôt rassurante) dans le temps.
@ jp chy
Quand on a un Q I inférieur à celui de l'homme de Cro Magnon, on la ramène pas avec un commentaire stupide!
A moins que ce ne soit qu'une intention de provocation, ce qui serait réussi, mais ne mettrait pas pour autant votre intelligence en valeur.
robin des bois - 05/05/2012, 20:02
0 d'accord 0 pas d'accord
nous sommes en 2012,la terre créve,il faut s'attendre au pire,trop tard,,,
Jacques-marie Moranne - 10/05/2012, 17:58
0 d'accord 0 pas d'accord
Curieux ce réchauffement ! Aucune cause anthropique ?
Blague à part, au rythme actuel, il y a belle lurette que les centrales nucléaires actuelles auront été démantelées avant que la montée des océans ne les submerge ; et pour les suivantes, je pense qu'un minimum de précautions seront prises : on a le temps de voir
En résumé, la montée des océans ne peut en aucun cas servir d'argument contre le nucléaire.
François - 14/05/2012, 10:15
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@ hdrass : je pense que vous interprétez mal la phrase sur la vitesse minimum de 40 mm/an. En effet 14 m sur 350 ans cela fait 40 mm/an de moyenne. Si cette montée était à vitesse constante, la moyenne serait égale à la vitesse réelle. Ce n'est évidemment pas le cas. Pour que la moyenne soit égale à 40 mm/an avec une vitesse variable, il faut que cette vitesse soit par moments inférieure et par moments supérieure à 40 mm/an. C'est en ce sens qu'il faut interpréter le "au minimum 40 mm/an" ; la phrase est peut-être ambiguë mais se justifie dans le cadre d'une étude où on cherche à connaître les vitesses maximales possibles. Il ne s'agit donc pas de dire que la vitesse était TOUJOURS supérieure à 40 mm/an, mais qu'elle a dépassé DE FAÇON CERTAINE cette valeur.
marcel - 14/05/2012, 14:08
0 d'accord 0 pas d'accord
...les fonds marins ne sont pas stable et immobile.....ils n'en parlent jamais....? Toujours question CLIMAT RÉCHAUFFEMENT.....
hdrass - 14/05/2012, 23:54
0 d'accord 0 pas d'accord
@ François
Nous sommes d'accord, 40 mm/an est bien la vitesse moyenne et non pas une vitesse minimum et la phrase citée prête bien à confusion, il aurait fallu le préciser pour la bonne compréhension en écrivant : "La vitesse MOYENNE de la remontée du niveau marin aurait été au minimum de 40 mm/an", en effet peut-être... comparable "au taux moyen de 10 mm/an estimé pour la dernière déglaciation" (cette dernière s'étalant sur quelle durée ?), mais à mon avis pas comparable "à celui de 3 mm/an observé aujourd'hui par satellite", car ce dernier n'indique certainement pas la vitesse moyenne de remontée du niveau marin en cours puisque celle-ci va très probablement se poursuivre encore longtemps et risque de s'accélérer dans les prochaines décennies notamment du fait des rétroactions positives en cours et à venir.
En tous cas ce type d'étude me semble très utile et devrait être poursuivi et affiné.
Ludovic Ruiz de Gençay - 16/05/2012, 08:56
1 d'accord 0 pas d'accord
Un retraité m'a rappelé de la science physique : prenez un verre d'eau avec un gros glaçon à l'intérieur. Remplissez à raz bord. Le glaçon flotte sur l'eau. Question : le glaçon ayant fondu, le verre est rempli toujours à raz bord, sans avoir coulé vers l'extérieur du verre. Pourquoi ?
mots clés : densité de la glace - poussée d'Archimède.
hdrass - 16/05/2012, 12:29
0 d'accord 0 pas d'accord
@ Ludovic Ruiz de Gençay
Rapport de votre question avec le présent article ?
Je crains que vous fassiez partie de ceux qui n'ont rien compris...
Zeukeng Kenfack Alexis étudiant en Mater géographi - 23/05/2012, 10:30
0 d'accord 0 pas d'accord
Je pense que ce taux (14m) est très élevé. Nous savons que 71% de la surface terrestre est couverte par les eaux. Si tel était le cas, le Pays qui se trouve à -7 m ne devrait plus exister
Page mise à jour le 03/05/2012
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