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Biodiversité, cultures et changement climatique

4 010 lectures / 12 commentaires27 février 2012, 09 h 11

epi_ble_coccinelle© C. Magdelaine

Le changement climatique va avoir un fort impact sur l'agriculture, la fertilité des sols, la désertification. Trois travaux médiatisés ce mois-ci auxquels ont participé des chercheurs espagnols apportent un éclairage sur ces impacts et proposent des solutions pour les prévenir.

Etudier le comportement des mauvaises herbes pour améliorer le rendement futur des cultures

Les conséquences de la présence de mauvaises herbes dans les cultures sont estimées à plusieurs milliards d'euros de pertes à l'échelle mondiale, sans compter le coût des désherbants utilisés. Des chercheurs du CSIC en collaboration avec des partenaires internationaux se sont donc penchés sur les facteurs qui conditionnent le développement des mauvaises herbes dans les cultures céréalières. Pendant 22 ans, ils ont observé des cultures céréalières en étudiant les mécanismes de développement des mauvaises herbes en fonctions de facteurs endogènes, relevant des caractères propres de l'espèce, et des facteurs exogènes, comme les variations climatiques. Les plantes qui régulent leur prolifération principalement par des facteurs endogènes sont les plus à même de supporter les effets du changement climatique et profiter de la disparition des autres espèces plus facilement affectées par ces variations.

L'étude vient ainsi réfuter la conception générale qui veut que les facteurs climatiques prédominent(1). Par ailleurs, les chercheurs ont aussi démontré que les espèces moins résistantes sont celles qui ont pourtant le plus de facilité à aller conquérir d'autres milieux suite aux variations climatiques. Ces données pourraient permettre d'anticiper les conséquences du changement climatique sur la présence et le développement des mauvaises herbes dans les cultures céréalières afin de prévenir les effets néfastes.

Favoriser la biodiversité pour maintenir la productivité des terres

Une équipe internationale de chercheurs dirigée par Fernando T. Maestre de l'Universidad Rey Juan Carlos et dans laquelle a aussi oeuvré Miguel Garcia Gómez de l'Universidad Politécnica de Madrid a publié une étude mettant en avant le fait que la biodiversité est capitale pour freiner les effets néfastes du changement climatique dans les zones arides.

Ce travail se base sur la mesure de 14 variables - taux en carbone, azote, phosphore, etc - permettant de construire des indicateurs sur le fonctionnement des écosystèmes (fertilité du sol, érosion, régulation du climat local, etc.). Des mesures ont été effectuées sur 224 écosystèmes présents dans des zones arides partout dans le monde. Ce travail montre que le fonctionnement d'un écosystème s'améliore lorsque le nombre d'espèces végétales présentes augmente. Par contre, ce fonctionnement se trouve compromis lorsque les températures augmentent. La biodiversité est alors un facteur fondamental dans ces zones(2).

Par l'étude des conditions de bon fonctionnement, ce travail met aussi en avant les processus qui conduisent à la désertification des zones arides, qui représentent actuellement 41% de la surface émergée du globe. Comprendre ces mécanismes est essentiel afin d'agir en amont pour éviter une dégradation trop importante de ces zones qui accueillent aujourd'hui 38% de la population humaine. Assurer la biodiversité dans ces zones est un moyen efficace pour maintenir la fertilité des sols et éviter ainsi la désertification.

Le changement climatique peut aussi avoir du bon

Les impacts du changement climatique ne sont pas néfastes pour toutes les cultures. Anabel Robredo de l'Universidad del Pais Vasco a démontré dans une étude que l'orge pouvait en tirer bénéfice. L'impact majeur du changement climatique est l'augmentation dans la durée des périodes de sécheresse. Cette situation a de fortes conséquences sur la possibilité de cultiver des céréales comme le maïs qui requiert de grande quantité d'eau.

L'orge, en revanche, semble moins souffrir de la sécheresse dans la situation où la concentration de CO2 dans l'air augmente, ce qui est le cas actuellement. Une telle augmentation provoque la fermeture des ouvertures dans les feuilles - les stomates - qui permettent les échanges avec l'atmosphère. Cette fermeture entraine alors une limitation des pertes d'eau de la plante qui se met à consommer de manière plus avantageuse cette ressource. Ainsi l'effet négatif de la sécheresse est en partie compensé par les effets produits par l'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère. Seul bémol, les résultats de l'étude, qui n'a portée que sur l'orge, ne sont pas forcément transposables à d'autres espèces végétales.

Notes

  1. Climate effects and feedback structure determining weed population dynamics in a long-term experiment, Lima M, Navarrete, L, González-Andújar JL, PLoS ONE, 17/01/2012 - DOI: 10.1371/journal.pone.0030569
  2. Plant species richness and ecosystem multifunctionality in global drylands, F. T. Maestre et al., Science, Vol. 335 no. 6065 pp. 214-218 DOI: 10.1126/science.1215442, 13/01/2012

Sources

Rédacteurs

Vincent Reillon, Attaché pour la Science et la Technologie

Origine

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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12 commentaires

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avatar Pierre-jean Bernard - 27/02/2012, 12:45

(petit incident informatique) Je disais :
Je ne suis pas un partisan du réchauffement du climat global, pas par mes expériences (quelques notes sans plus) mais par mes lectures. Dans "histoire du climat depuis l'an mil" - Le Roy Ladurie - explique qu'il y a eu de nombreux épisodes de chauds et de froids, des petits âges glacières suivis de réchauffements importants. Ce que nous prenons pour un réchauffement, sans doute exact, ne peut être qu'une paranthèse dans le climat terrestre avec, naturellement,la responabilité de nos activités.
Mais l'activité du soleil,l'activité sismique et volcanique (disons du magma terrestre), les fluctuations des grands courants marins,et j'en passe ont certainement un impact.
Amusant mais sérieux : les dates des vendanges au cours des siècles donnent une idée des évolutions climatiques, l'an passé on a vendagé trés tôt, le 3.08.2011 pour les premières ! Ce qui veut dire qu'il fait plus chaud, pour le moment....
Je pense, vis à vis du public, que l'on confond un réchauffement intermédiaire avec un réchauffement définitif, comme si la terre allait "griller". Ne pas confondre une ére géologique avec la fin du monde !
10.000 ans avant JC, la côte de ma région (Marseille-Cassis) était à 110 mètres en dessous de son niveau actuel confirmé pas Cousteau et la grotte Cosquer.
Par contre, la pollution c'est du tout nouveau , disons 100 ans. depuis l'ère industrielle et la démographie galopante.

avatar René Voujeaucourt - 27/02/2012, 15:25

Pierre-Jean Bernard,

Mais l'activité du soleil,l'activité sismique et volcanique (disons du magma terrestre), les fluctuations des grands courants marins,et j'en passe ont certainement un impact.

Oui sur le court terme pour le volcanisme. Pour ce qui est des océans, ça dépend du bilan énergétique donc de l'importance de l'effet de serre. Ladurie est un historien pas un climatologue.

Vinaigre,

Les niveau d'eau....Fonte des glaces aux pôles, serait elle capable de monter les niveaux des mers et océans de 50cm.
Les icebergs; NON puisque l'on connait l'histoire du glaçon...

Belle démonstration d'ignorance une fois de plus. Vous confondez glace de mer (banquise) et glaces terrestres. Pour votre éducation une langue glaciaire fait monter le niveau d'eau au fur et à mesure sue celle-ci avance dans la mer (c'est pourquoi les icebergs ne font plus monter le niveau des eaux). Le reste de votre discours est à l'avenant, un aveu d'ignorance.

avatar Pierre-jean Bernard - 27/02/2012, 15:55

René Voujeaucourt
Je pense que vos réponses devraient être plus polies, svp, merci.

"Belle démonstration d'ignorance une fois de plus.... Le reste de votre discours est à l'avenant, un aveu d'ignorance..."
Tout le monde ne sort pas de Saint-Cyr ! lol.

avatar Strange - 27/02/2012, 21:17

Comme c'est dommage pourquoi autant d'agressivité ? Quel que soit le sujet il y a toujours beaucoup d’animosité. Bien sûr nous ne sommes pas tous d'accord et heureusement la richesse nait de la diversité et l'uniformité c'est l'ennui mais un peu plus d'empathie, de sympathie ce serait tellement plus agréable de vous lire.
Le forum n'est pas un ring ! Même si temps à autre une bêtise est écrite (voir plusieurs) il y a l'art et la manière de le dire ... Je ne suis pas le modérateur mais j'avoue que depuis quelques jours je suis un peu dégoutée de voir la teneur de certains échanges vous allez faire fuir tout le monde ... Allez un effort soyez plus correct nous avons tous à apprendre les uns des autres enfin il me semble
Bonne soirée

avatar hervé - 27/02/2012, 21:35

L'auteur de l'article parle d'une augmentation de la sécheresse par l'effet du réchauffement mais alors comment ce fait-il que le GIEC en 2002 parlait d'une augmentation des précipitation de 4% dans l'hémisphère nord.
Il faudrait tout de même que les écologistes accordent leurs violons si l'on veut leur accorder un tantinet de sérieux . Cela n'en prend pas le chemins avec les performances d'Eva Joly.

avatar Strange - 27/02/2012, 21:54

Hervé je vous rejoins c'est le désert avec E J désespérant
Pour ce qui concerne l’agriculture les périodes de sécheresse sont parfois suivies de périodes de précipitations intenses et pour les sols c’est assez dramatique car l’eau ne pénètre plus un sol dur comme du béton
Il est clair que le maïs et l’orge n’ont pas le même besoin en eau …
L’étude des mauvaises herbes (très vivaces) super résistantes sont les premières a profiter des premières gouttes de pluie d’ailleurs on peut se demander en quoi l’étude d’ une » mauvaise herbe » va nous permettre de conclure que quel type d’agriculture va mieux résister qu’une autre puisque par définition les mauvaises herbes font « feu de tout bois » De surcroit pas besoin d’études pour savoir que c’est mieux en préservant la biodiversité que sans c’est évident …
Mais je ne suis pas Maître d'Université alors peut-être que je n'ai rien compris ...

avatar René Voujeaucourt - 27/02/2012, 23:10

hervé

L'auteur de l'article parle d'une augmentation de la sécheresse par l'effet du réchauffement mais alors comment ce fait-il que le GIEC en 2002 parlait d'une augmentation des précipitation de 4% dans l'hémisphère nord.

Pouvez vous me citer le chapître qui parle de ce fait ? Maintenant une augmentattion des précipitations n'est pas incompatible avec une augmentation des sécheresses, il faut bien que l'eau tombe quelque part, et si c'est sur l'océan... Il y a aussi le fait des pluies violentes comme l'a souligné Strange ou au mauvais moment.

Ah au fait je vous signale que nous sommes actuellement en pleine sécheresse.

Je m'abstiendrai de tout commentaire sur votre antiécologisme primaire.

avatar hervé - 28/02/2012, 08:29

Cher M. Voujeaucourt Tout le monde est écologiste, tout le monde a envi de préserver la nature mais tout le monde ne donne pas dans l'écologisme fanatique idéologique qui remplace les idéologies religieuses ou politiques comme le communisme. Il faut savoir raison garder et non donner dans le catastrophisme ridicule qui a lieu en ce moment sur le site de planète info et ailleurs par certains intervenants.

Désormais le moindre fait météo est tourné en catastrophe, qu'il pleuve ,qu'il vente, qu'il fasse froid ou chaud c'est le réchauffement de la planète. !
Si Molière revenait sur terre , il n'en croirait pas ses yeux et qu'est c qu'il se régalerait pour tourner en ridicule tous ces Trissotins rencontrés à chaque coin de rue!
Lisez donc le livre de Pascal Bruckner "Le catastrophisme écologique"

Lien sur le GIEC qui affirme l'augmentation des pluies chez nous à cause de réchauffement de la planète chapitre 3/1 ou 3/2


http://www.ipcc.ch/pdf/technical-papers/climate-changes-biodiversity-fr.pdf

avatar hervé - 28/02/2012, 09:04

Strange@ D'accord avec vous

avatar Jordan Picardie - 28/02/2012, 21:11

Je pense que l'on a encore un sacré boulot au niveau "écologie",ne serait ce que parsk nos modes de vies ne sont pas durables alors lire, ecrire ou vanter un livre intitulé "le catastrophisme écologique", c'est de l'inconscience, c'est meme contre productif pour la vie...
Bref, en tout cas bon article, intéresssant,précis et véridique

avatar hervé - 29/02/2012, 21:56

Pascal Bruckner est tout sauf un idiot. Faire de l'écologie est très bien surement pas faire du catastrophisme.terre

avatar Cassiopée - 01/03/2012, 00:25

Qui dit réchauffement dit moins d'eau.

Le cycle de l'eau respecte un ordre très précis. Un mouvement naturel permettant de renouveler (ou recycler c'est selon) la vie terrestre sous ses diverses formes sur Terre.

Il y a eu plusieurs diverses théories sur un refroidissement planétaire (même plus loin, gelé, mais la maîtresse à mis un 0 pointé). Le problème d'un refroidissement signifie une influence de glace terrestre, donc de redistribution de l'eau sur la sphère terrestre.

Hors un réchauffement climatique ne s'accompagne pas d'une accumulation d'eau suffisante, au contraire. Surtout en cas de population en surconsommation : voir les calculs d'eau pour les nombreuses alimentations (dont nombreux se regalent, je les comprends au possible).

Le réchauffement climatique pertube nombres de cycles dont celui de l'eau.

De l'eau douce, comme son déroulement pacifique pour (nous) développer la vie.

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