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Plus d'une espèce d'oiseaux nicheurs sur quatre menacée en Ile-de-France

1709 lectures / 2 commentaires22 février 2012, 12 h 15

petit_gravelotLe Petit gravelot (Charadrius dubius) est classé en catégorie "Vulnérable" du fait de la combinaison de deux facteurs menaçants. Bien qu’assez stable sur le long terme, sa population francilienne, estimée à 150-200 couples, reste faible. Mais l'inquiétude principale émane du déclin général constaté de la surface et de la qualité de ses habitat.
© Yoann Lombard

Pour la première fois, la démarche d'élaboration d'une Liste rouge régionale des espèces menacées a été appliquée aux oiseaux nicheurs d'Ile-de-France, selon les critères définis par l'UICN. Ce premier état des lieux révèle une situation particulièrement préoccupante : 39 espèces sur 151 évaluées sont actuellement menacées dans la région, soit plus d'une espèce sur quatre !

L'élaboration de cette Liste rouge régionale a permis de mesurer le degré de menace qui pèse sur l'avifaune reproductrice de la région. Pilotée par Natureparif et réalisée par un groupe d'ornithologues experts, elle reprend la méthodologie officielle établie par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et constitue une référence nouvelle et standardisée de la situation des oiseaux nicheurs d'Île-de-France. Ce travail a également intégré les données du programme STOC (Suivi Temporel des Oiseaux Communs) initié par le Muséum national d'Histoire naturelle, à partir desquelles sont calculés les taux d'évolution des populations.

151 espèces d'oiseaux évaluées

Sur les 178 espèces d'oiseaux qui se reproduisent en Île-de-France (ou s'y sont reproduits depuis 1950), une catégorie de menace a été attribuée à 151 d'entre elles. Les espèces introduites et les nicheurs accidentels n'ont pas été évalués. Le constat est alarmant !

  • Dix espèces sont déjà considérées comme disparues de la région au cours des 50 dernières années (ex : la Bécassine des marais, le Butor étoilé ou le Râle des genêts).
  • Quatorze sont « en danger critique d'extinction » (ex : la Sarcelle d'été, le Busard cendré ou le Guêpier d'Europe).
  • 7 sont classées « en danger » (ex : le Cochevis huppé, le Phragmite des joncs et la Fauvette pitchou).
  • 18 sont « vulnérables » (ex : le Vanneau huppé, l'Alouette lulu ou le Gobemouche noir).

Ce sont donc 39 espèces qui sont actuellement menacées dans la région soit plus d'une espèce sur quatre. Un constat à rapprocher de celui de la Liste rouge des oiseaux menacés de France, publiée en mai 2011, puisque la situation francilienne s'aligne sur la situation nationale : dans les deux cas, ce sont un peu plus du quart des espèces nicheuses qui sont menacées.

Danger pour les oiseaux des milieux agricoles

La Liste rouge réalisée au plan national, comme celle d'Île-de-France, met en évidence le mauvais état de santé général d'un grand nombre d'espèces spécialistes des milieux agricoles. Il s'agit majoritairement d'espèces insectivores, particulièrement affectées par l'usage des pesticides qui les prive de leur ressource alimentaire. C'est un véritable enjeu pour l'Île-de-France, dont plus de la moitié du territoire (51%) est occupée par des espaces agricoles. On peut citer parmi les nicheurs franciliens les plus emblématiques de la dégradation de ces milieux le Cochevis huppé ou encore le Pipit farlouse.
Élément concordant : 6 espèces parmi les 10 éteintes de notre région sont des espèces qui dépendaient des espaces ruraux agricoles. Certains, tels les Busards cendré et Saint-Martin pâtissent principalement des fauches précoces et de l'appauvrissement du milieu, mais ils bénéficient de programmes de surveillance (suivi de leurs nids), de l'arrêt des rodenticides(1) et de la sensibilisation croissante des agriculteurs.

L'effet de la raréfaction des zones humides

Les espèces de zones humides sont aussi très fragilisées. Pour preuve, 4 des 10 espèces disparues de la région ces 60 dernières années sont inféodées à ces milieux (Bécassine des marais, Butor étoilé, Guifettes noire et moustac) et 7 des 13 espèces « En danger critique d'extinction » (dont la Rousserolle turdoïde, le Canard souchet, la Sarcelle d'été et la Sterne naine) sont des espèces se reproduisant dans les milieux aquatiques.

En Île-de-France ces habitats ne représentent plus qu'environ 2% du territoire contre 5% il y a plus d'un siècle. Très localisées, ces zones humides relictuelles concentrent des espèces sur de petits territoires. Les roselières ne sont notamment plus assez vastes et nombreuses pour favoriser le développement des espèces qui leur sont liées comme le Busard des roseaux, la Locustelle luscinioïde ou le Blongios nain. De plus, les plans d'eau sont fréquemment trop artificialisés pour accueillir la reproduction des canards de surface. Citons tout de même le réaménagement écologique de nombreuses carrières en eau (notamment par la création d'îlots favorables à leur reproduction) en Île-de-France, qui bénéficie à des espèces menacées comme le Fuligule morillon ou la Nette rousse.

En forêt, un bilan mitigé

En ce qui concerne les espèces forestières, le résultat est quasiment le même qu'au niveau national. Mieux encore certaines espèces comme la Grive musicienne ou le Grosbec casse-noyaux sont en augmentation. En revanche, les populations de Pie-grièche grise et de Pic cendré, affichent un déclin rapide et encore mal expliqué. Elles sont donc déclarées « en danger critique d'extinction ». Le déclin des populations régionales de Pouillot siffleur et de Mésange boréale s'inscrit dans un contexte plus vaste, probablement lié en partie aux changements climatiques.

Des mesures de conservation qui portent leurs fruits

Pour d'autres espèces, telles que la Chouette chevêche ou l'Œdicnème criard, le développement de programmes de conservation spécifiques permet d'obtenir des résultats satisfaisants en Île-de-France. En effet, ces deux espèces ne sont plus directement menacées dans la région.

Cette Liste rouge pose donc les premières bases d'une meilleure connaissance des espèces menacées de la région et encourage la poursuite et l'accentuation des efforts de protection des espèces mais aussi et surtout de leurs habitats et de leurs ressources alimentaires. Car on ne saurait protéger efficacement une espèce sans préserver d'abord l'habitat dont elle dépend, et son bon état de fonctionnement.

Notes

  1. pesticides destiné à tuer les rongeurs.

Auteur

Natureparif

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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2 commentaires

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avatar Strange -

Nous l'avons vu dans un précédent sujet l'impact des pesticides agit sur la fertilité, sur les malformations du genre humain. Ici il s'agit de faune, ailleurs de la disparition des abeilles il serait peut-être temps que les autorités sanitaires et les autres autorités compétentes dans chaque domaine demandent à L'ETAT de prendre les mesures pour INTERDIRE tous les pesticides qu’Is soient destinés aux insectes ou aux rongeurs etc.

avatar Pacha mama 65 -

Un autre fléau pour les oiseaux outre les pesticides dans les champs ce sont les produits vendus dans les Jardineries, type anti limace et anti ecargot car les oiseaux comme les merles par exemple consomment ces derniers et peuvent donc en mourir...et aussi les insecticides qui rendent les insectes mortels pour les oiseaux qui les consomment.
Tout est pourri, il faut réformer le système rien ne va plus, tout ça est incohérent!!!On diffuse la mort partout dans et sur la terre, dans l'eau, dans l'air, dans la nourriture et même dans les vêtements, les meubles, c'est une sorte d'homicide à grande échelle, celui du capitalisme, vendre à tout prix sans morale et sans respect de la vie, j'ai bien envie de porter la capitalisme devant un tribunal et de porter plainte en accusant celui ci de crime contre l'humanité et l'environnement. Tiens je me suis même dis dernièrement comme j'avais acheté des boules de graisse avec graines pour que les oiseaux tiennent cet hiver, je me suis soudaint demandée mais qu'est ce qu'ils mettent la dedans, les graines sont sûrement des graines avec OGM? Et la graisse d'où provient elle??? Du coup j'ai acheté en vrac des graines bio, des fruits secs bio et de la margarine de tournesol bio et je compose moi même la nourriture (au passage je signale que certaines graines sont otxiques pour les oiseaux, comme les graines de lin par exemple. J'ai eu l'impression qu'il y avait quelque chose de bizarre dans ces boules, les oiseaux en sont complètement fous et ils ont presque l'air "shootés" cela ne m'étonnerait même pas que les industriels ajouttent des produits qui rendent dépendant, un peu comme les fabriquants de cigarettes qui mettent des substances qui rendent accros...

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