
crédit : EDF
Suite à la canicule d'août 2003 en France qui avait contraint EDF a diminuer la production de plusieurs de ses installations nucléaires, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a invité les exploitants de centrales nucléaires françaises à anticiper les prochaines canicules, en s'équipant notamment de systèmes d'alerte.
En effet, l'eau rejetée dans les cours d'eau par les centrales nucléaires - et qui sert à leur refroidissement - avait atteint des températures nocives aux écosystèmes.
"La situation vécue en 2003 a montré que les exploitations ont eu des difficultés à respecter certains critères de températures imposés par les règles d'exploitation des réacteurs nucléaires", explique l'ASN dans son rapport annuel publié le 30 mars.
L'ASN préconise notamment "un système d'alerte" permettant d'anticiper cette situation, une augmentation des débits de ventilation des locaux et la mise en place de moyens de climatisation de l'air.
Pour elle, il est impératif de tirer des "enseignements", même si les mesures qui y ont été prises l'année dernière ont "permis de garantir la sûreté des installations et de maintenir des moyens minimaux de production d'électricité".
L'autorité rappelle que la canicule et la sécheresse ont fait augmenter la demande de courant par l'usage notamment de climatisation, ont provoqué un recul de la production nucléaire ainsi que des "difficultés" de fonctionnement dans les centrales classiques.
Les centrales thermiques ont été confrontées à des problèmes de rejets thermiques dans l'eau et dans l'atmosphère, supérieurs aux normes autorisées par la réglementation, ce qui a contraint les exploitants à demander des dérogations au gouvernement.
Afin de refroidir l'intérieur de bâtiments abritant des réacteurs, EDF a dû, par exemple, prendre des mesures d'urgence. A la centrale de Fessenheim (Bas-Rhin), la compagnie à dû recourir à des brumisateurs pour réduire la température qui était supérieure à 48°C.
Dans un communiqué, le réseau "Sortir du nucléaire", qui fédère 688 associations, juge que les conclusions de l'ASN "ne sont pas à la mesure des enseignements à tirer de l'été 2003".
"La canicule de l'été 2003 a démontré la faillite du nucléaire: non seulement les 58 réacteurs nucléaires français n'empêchent pas le réchauffement climatique mais elles en sont victimes puisqu'elles doivent être arrosées, fonctionner illégalement, au ralenti, ou même être arrêtées", précise-t-il dans un communiqué.
"Sortir du nucléaire" publie une liste des infractions à la législation sur les rejets d'eau chaude des centrales pendant la canicule, en dénonçant les "mensonges" d'EDF et l'"amnésie" de l'ASN.
Auteur
Agence France Presse