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2050 lectures / 15 commentaires14 février 2012, 15 h 45
© C. Magdelaine / notre-planete.infoDébut novembre 2011, un mois avant le sommet de Durban sur le climat, le Committee on Climate Change (CCC, Commission sur le changement climatique(1)), a publié un rapport sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) du transport maritime britannique, dont il estime que la contribution en 2050, dans le cadre des émissions permises par le Climate Change Act, pourraient atteindre 11% (18 sur 160 MtCO2). Il recommande en conséquence que ces émissions soient incluses dans les objectifs de 2050 (réduction de 80% des émissions par rapport à celles de 1990), ce qui n'est actuellement pas le cas (comme pour celles liées à l'aviation civile). Le Parlement britannique est tenu de décider d'inclure ou non ces contributions, au cours de l'année 2012.
Les émissions de CO2 dues au transport maritime ne comptent que pour 3% des émissions mondiales. Mais la croissance rapide du commerce conduit les chercheurs à estimer que ces émissions vont croître de 3% par an durant les quatre prochaines décennies. En 2050, la part du transport maritime pourrait alors atteindre 17 à 25% des émissions mondiales maximales qu'il faudrait s'autoriser pour maintenir le réchauffement en-dessous de 2°C. Il faut néanmoins noter que l'impact sur le réchauffement lié à ces émissions de CO2 semble, pour le moment, être contrebalancé par les rejets de soufre et de suies des navires qui, eux, tendent plutôt à refroidir le climat. Cependant, à cause des nouvelles règlementations environnementales, les nouveaux navires rejetant de moins en moins de ces composants, la contribution totale nette au réchauffement va devenir positive, ce qui est quelque peu paradoxal pour des règlementations visant à lutter contre le réchauffement du climat. Le Protocole de Kyoto a délégué à l'Organisation maritime internationale (OMI) la tâche d'obtenir un accord mondial de réduction des émissions de GES dans le domaine maritime, ce qu'elle n'a, pour le moment, pas pu atteindre.
Afin de déterminer quelle est la contribution du transport maritime du Royaume-Uni, le CCC a décidé de prendre en compte l'ensemble des émissions de CO2 liées au transport de biens depuis et vers les ports britanniques. Pour le CCC, il s'agit d'une question de responsabilité qui implique de ne pas uniquement considérer les émissions des navires sous pavillon britannique. Mais un tel choix signifie une grande complexité pour calculer précisément ces rejets de CO2 : par exemple, un navire de Chine à destination de Londres peut très bien faire plusieurs escales sur sa route pour charger et décharger des containeurs, ou encore, des biens à destination du Royaume-Uni peuvent transiter par plusieurs navires... Différentes approches sont donc possibles : de haut en bas, en estimant les émissions globales puis en les affectant par pays en fonction de macro-métriques comme le pavillon ou la part du commerce mondial. Cette méthode ne tient cependant pas assez bien compte de la complexité illustrée par les quelques exemples ci-dessus. Le CCC a donc pris l'approche inverse, de bas en haut, en calculant les émissions à partir de la distance parcourue par les navires et de l'intensité carbone des navires qui transitent par les ports britanniques (approche bien entendu complexifiée par des corrections afin de tenir compte de certains effets comme les navires non chargés). Le CCC arrive à l'estimation des émissions actuelles entre 12 et 16 MtCO2 par an, mais tout en n'excluant pas qu'elles puissent être bien supérieures.
Améliorer les systèmes de propulsion et les machines des navires pour augmenter leur efficacité, ainsi qu'utiliser des cerfs-volants tracteurs pour tirer parti de l'énergie éolienne ; protéger la coque ou la nettoyer plus souvent pour réduire la surconsommation liée à la friction sous-marine ; améliorer les technologies des chaudières.
Réduire la vitesse de route pour économiser du carburant ; utiliser des logiciels d'aide à la navigation indiquant aux navigateurs les routes les plus sûres et les plus économiques en combinant données météorologiques et voies de navigations ; réduire le temps d'attente des navires dans les ports et fournir de meilleures informations sur la congestion portuaire.
Les biocarburants pourraient devenir économiquement viables, en fonction de leur prix relatif avec les carburants conventionnels, incluant un éventuel prix du carbone ; le gaz naturel liquéfié (GNL) a une intensité carbone plus basse par unité d'énergie que les fiouls classiques et pourrait propulser des turbines à bord des navires. Cependant, le GNL a une densité énergétique plus faible et requiert donc un plus grand volume de stockage.
L'utilisation de navires plus grands permet d'obtenir une efficacité énergétique plus importante et donc de réduire les émissions par tonne de charge transportée. L'OMI estime que le tonnage des bâtiments pourrait s'accroître de 0,3 à 1,4% par an d'ici 2050, ce qui permettrait à l'efficacité énergétique de passer de 37,1 gCO2/tonne-mile à 34,6 gCO2/tonne-mile à l'horizon 2050.
L'ensemble de ces mesures permettrait de réduire les émissions de 70% en 2050 par rapport aux niveaux de 2007, mais des mesures comme la réduction de la vitesse risquent d'être difficile à faire appliquer.
Les émissions futures peuvent être évaluées selon plusieurs scenarios de croissance du commerce maritime, de technologies déployées sur les navires, de prix du carbone, de l'efficacité énergétique ou encore du prix du fioul, tout en tenant compte du cycle long du renouvèlement de la flotte (les navires construits actuellement vont très certainement encore parcourir les océans du monde en 2040). Le CCC estime ainsi que les émissions britanniques atteindront probablement 18 MtCO2. Mais compte tenu des nombreuses incertitudes, ces émissions pourraient être situées entre 5 à 19 MtCO2.
Le CCC souligne le haut niveau d'incertitudes dans ses estimations et en tient compte dans les recommandations au gouvernement qu'il formule :
Le directeur de la Commission, David Kennedy, a indiqué que le CCC donnera sa recommandation finale en mars 2012. Il appelle également le gouvernement à travailler avec ses partenaires européens pour accéder à des données plus fiables sur la consommation des navires transitant dans les eaux de l'Union européenne.
La question de l'intégration des émissions liées au transport maritime britannique, tout comme celles liées au transport aérien, est importante. En effet, ce sont deux secteurs où il est très compliqué de substituer un autre carburant aux dérivés du pétrole, et le fioul comme le kérosène seront sans doute encore brûlés par la plupart des navires et avions en 2050. Ainsi le transport maritime pourrait contribuer jusqu'à 25% des émissions de CO2 que nous pouvons nous autoriser si nous voulons limiter le réchauffement mondial à 2°C.
De plus, comme le souligne le CCC, estimer ces émissions est complexe et les incertitudes sont très importantes. Si d'un côté les gouvernements pourraient (et sont) tentés de ne pas les inclure (du fait de ces incertitudes de mesure et de la très grande difficulté à obtenir un accord mondial dans ce domaine), ne pas le faire serait fausser complètement l'établissement des quotas autorisés pour lutter efficacement contre le changement climatique. Il faut donc reconnaître à ce rapport du CCC le mérite de faire le point sur la situation et clairement poser cette question de l'intégration des émissions du secteur maritime dans le calcul des budgets carbone.
Review of UK Shipping Emissions - Committee on Climate Change
Olivier Gloaguen
BE Royaume-Uni numéro 113 (23/01/2012) - Ambassade de France au Royaume-Uni / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/68876.htm
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
Strange -
…"Les émissions futures peuvent être évaluées " beaucoup d'estimations et les délestages de carburant ?...
Des bateaux plus grands est-ce une si bonne idée que ça? En de rupture de coque cela fera un peu plus de carburant dans la mer...
…« Le Protocole de Kyoto a délégué à l'Organisation maritime internationale (OMI) la tâche d'obtenir un accord mondial de réduction des émissions de GES dans le domaine maritime, ce qu'elle n'a, pour le moment, pas pu atteindre. »…
Pourquoi ne pas agir contre les poubelles flottantes battant pavillon de complaisance ? Il n’y a pas que CO2 qui pollue…
René Voujeaucourt -
Strange,
Il ne faut pas tout mélanger, le CO2 ne pollue pas, il est la cause d'un réchauffement de l'atmophère. La pollution, c'est un autre problème, d'aileurs la pollution de l'air est un "allié" dans le cadre du réchauffement climatique, les aérosols souffrés provoquent une rétroaction négative qui fait baisser les températures.
Les problèmes sont différents et chacun doit être traité de manière indépendante même s'ils sont "interactifs".
Strange -
Je sais bien que le CO2 contribue au réchauffement climatique et contribue à augmenter les gaz à effet de serre. Il pollue aussi lorsqu’il est mélangé au NOx il donne de l’acide sulfurique et nitrique qui retombe sur la terre entrainés par les pluies, le brouillard ou la neige j’ai juste fait un raccourci …
Mais comme il est question du fret maritime aussi il me semblait que le côté polluant des carburants était plus important que ces 3 % qui restent à démontrer car ce n’est qu’une évaluation
René Voujeaucourt -
Starnge,
Pas de CO2 dans l'acide sulfurique ou dans l'acide nitrique, ou alors j'ai dormi pendant mes cours de chimie.
Strange -
René oui bon je ne suis pas chimiste et mes cours de chimie ne datent pas d'hier mais pour le NOx voici :
http://www.actu-environnement.com/ae/dictionnaire_environnement/definition/nox.php4
Stéphane LAGASSE -
Pourquoi ne pas poser la question de la nécessité de ces transports?
Si on relocalise intelligemment l'activité économique, que l'on retrouve la simplicité, que les voyages se fassent léger et paisiblement...
Je rêve?
René Voujeaucourt -
Strange,
Merci, je sais ce que sont les NOx, On s'est occupé de ce problème et on a agi de façon à réduire fortement leurs émissions (pots catalytiques par exemple); mais encore une fois ce n'est pas le sujet traité. L'augmentation du CO2 atmosphérique est infiniment plus préoccupante pour une bonne raison, sa durée de vie dans l'atmosphère. Si on cessait soudainement de brûler les fossiles, on verrait le taux d'aérosols souffrés décroître rapidement par contre il n'en sera pas de même pour le CO2.
Vinaigre,
Vous savez copier/coller, c'est bien, par contre pour le volcanisme, vous n'y êtes pas. Lisez ceci.
http://tinyurl.com/7yeaznj
Eric -
"On s'est occupé de ce problème et on a agi de façon à réduire fortement leurs émissions"
Si on veut...Il n'est pas réglé pour autant.
Il reste encore à faire pour les NOx même si on est dans une trajectoire positive du fait des gains techno.
René Voujeaucourt -
Eric,
Le problème n'est peut-être pâs réglé mais la réduction des émmssions de NOx a malheureusement permis une augmentation plus forte des températures mondiales à partir des années 70. On explique aussi la stagnation actuelle des dites températures par la forte augmentation des aérosols chinois (ceci combiné à une baisse d'activité solaire).
Mais encore une fois ce n'est pas le sujet ici.
Vinaigre
oui bien sur, vous avez un internet spécial en Guyane... Googlez
Le CO2 d'origine anthropique et volcanique
LABALETTE Julien ; TROUVILLIEZ Alexandre
19 décembre 2008.
C'est sur ce site :
http://parrenin.frederic.free.fr
alpha -
A priori suivant la définition d'esclaves énergétiques de JMJ à notre serviçe
il y a pire que nos esclaves mécaniques rameurs
il y a nos esclaves mécaniques volants et entre les deux
les esclaves mécaniques à pédales sur route et chemin de fer
peut être qu'ils font érreur ?
http://www.armateursdefrance.org/02_transport/01_chiffres.php
Strange -
Alpha merci pour ton lien , très riche en informations, cela m'a permis de découvrir la convention de Marpol (dont l'objet est de lutter contre la pollution des mers )qui tord un peu le cou aux idées reçues
Réglementation pour la prévention de la pollution de l'air par les navires
Annexe VI de MARPOL 73/78
http://www.afcan.org/dossiers_reglementation/marpol_air.html
De même une nouvelle convention Marpol 6 impose l'utilisation de carburant pratiquement sans souffre (pas plus de 0.1 %) à compter de 2015 ce qui ne va pas faire l'affaire des ferries dans le nord de l'Europe
Comme nous ne pouvons pas mettre un gendarme derrière chaque navire ni même organiser un contrôle permanent en les pistant, ces derniers continueront de dépendre de la façon dont ils sont exploités et/ou de la compétence de leurs équipages
alpha -
faut pas 's'énerver Strange
A priori
Ce document est destiné à rendre plus claire pour les terriens, l'origine des pollutions par les navires
http://www.marine-marchande.net/Divers/pollution.html
reste quand méme que 75 % est d'origine térreste
Strange -
Alpha conclusion si les navire polluent c'est involontaire... je sais bien que la pollution maritime est de loin la moins polluante en proportion mais si de telles mesures sont prises au niveau de MARPOL c'est qu'il y a matière non? Ou c'est juste pour faire peur aux éventuels pollueurs?
@+
alpha -
il doit y avoir un truc ou des oublis dans les zones spéciales selon Marpol
A priori on est pas dans le coup de Brest à Hendaye
http://fr.wikipedia.org/wiki/Zones_sp%C3%A9ciales_selon_MARPOL_73/78
alpha -
oui je veut bien analyser
sauf érreur, nous sommes bordé par 4 mers ou océans; il y en 2 où on fait ce que l'on veut et 2 où la pollution maritîme est réglementée
ce qui n'empêche que dans celle au sud , il y a beaucoup de plastique térrien
pour en revenir au sujet , il faudrait regarder ce que l'on peut faire ou pas en mer d'irlande ou en mer celtique .?
c'est clair que la mer du nord c'est réglementé
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