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La surpêche menace la survie des oiseaux marins

1704 lectures / 12 commentaires24 janvier 2012, 10 h 12

poissons_oiseaux_pechePêche au Pérou
© IRD / A. Bertrand

Fous de Bassan, mouettes, macareux, manchots... tous les oiseaux marins subissent le même sort : quand les stocks de poissons baissent en deçà d'un tiers de leur capacité maximale, le nombre de poussins chute. C'est ce que vient de révéler une étude internationale(1) sur la relation proie-prédateur dans sept écosystèmes marins à travers le monde, publiée dans Science et coordonnée par Philippe Cury, chercheur à l'IRD. Grâce à près de 45 années d'observation, l'équipe de recherche a comparé l'évolution de l'abondance en poissons et du succès reproducteur(2) chez 14 espèces d'oiseaux côtiers. Ces derniers se nourrissent principalement de sardines, d'anchois, de harengs, de crevettes... qui sont victimes de surpêche. Sous le seuil critique d'un tiers de la biomasse en poissons, les oiseaux – et l'équilibre de tout l'écosystème – sont menacés.

Ces travaux offrent enfin un chiffre de référence pour une gestion durable des pêches, en vue de préserver ces populations d'oiseaux, souvent en danger, et de maintenir la bonne santé des milieux marins.

De l'Arctique à l'Antarctique et de l'Atlantique au Pacifique, lorsque l'abondance de poissons diminue, les oiseaux marins cessent de se reproduire. Si de précédents travaux avaient établi ce lien entre disponibilité de la nourriture et taux de reproduction des oiseaux, une nouvelle étude internationale(1) vient de faire une découverte de taille. Coordonnée par Philippe Cury, chercheur à l'IRD, et publiée dans la revue Science , celle-ci révèle l'existence d'un seuil critique des stocks de poissons, en-dessous duquel l'équilibre des oiseaux est ébranlé.

Un tiers : la limite à ne pas franchir

Fous de Bassan, sternes, macareux, mouettes, manchots... toutes espèces confondues, si les stocks de poissons baissent en deçà d'un tiers de leur capacité maximale, le nombre de poussins chute brutalement. Et ce, quel que soit l'endroit du globe. De fait, lorsque la quantité de leurs proies devient insuffisante, le succès reproducteur(2) des oiseaux marins décline brutalement. En revanche, au-dessus de ce seuil, le taux de reproduction des oiseaux n'augmente pas. Une plus grande abondance de nourriture n'a pas l'impact escompté car d'autres facteurs limitants interviennent, comme la saturation des zones de nidification par exemple.

En mettant en évidence un schéma aussi remarquable, ces travaux vérifient de manière empirique – c'est-à-dire à partir de données et non de modèles – que les écosystèmes répondent sur le long terme à des lois communes. Jusque-là, ce principe fondamental pour l'étude du vivant demeurait théorique. Pour la première fois en effet, les scientifiques ont établi un modèle proies-prédateurs sur la base d'observations réelles en milieu marin.

Près de 45 ans de données

L'équipe de recherche a comparé, tout autour de la planète, l'évolution de la biomasse de poissons et du succès de reproduction des oiseaux marins, sur près de 45 années. Pour réaliser cette méta-analyse, les scientifiques se sont focalisés sur 14 espèces d'oiseaux, dans sept écosystèmes à travers le monde. Les espèces choisies se nourrissent principalement de sardines, d'anchois, de harengs ou d'autres petits poissons côtiers exploités par les pêcheurs et qui subissent une importante pression. Chaque écosystème a été étudié sur des périodes allant de 15 à plus de 40 ans – l'étude révèle qu'il faut en moyenne treize années de relevés pour avoir une bonne idée de l'abondance maximale de poissons dans un écosystème.

C'est la première fois qu'autant de données sur les relations proies-prédateurs sont réunies, sur une aussi longue période. Les chercheurs soulignent que cette formidable quantité d'informations a pu être rassemblée grâce à des partenariats forts entre scientifiques du Nord et du Sud. Pour relever et collecter ce matériel de grande qualité, des dizaines de chercheurs ont consacré parfois toute leur carrière à ces travaux.

La surpêche menace la santé des écosystèmes

Cette étude démontre que la surpêche met en péril la survie des prédateurs supérieurs tels que les oiseaux. Ceux-ci entrent en compétition directe avec les pêcheurs : les uns comme les autres consomment environ 80 millions de tonnes de poissons par an. Utilisés pour la production de farines et d'huiles pour l'aquaculture, les petits poissons côtiers (sardines, anchois, harengs, capelins...) représentent plus de 30% des prises mondiales aujourd'hui. Face à une demande globale croissante, ces résultats offrent enfin un chiffre de référence pour une gestion durable des pêches en vue de maintenir les populations d'oiseaux marins sur le long terme.

Ces derniers sont un des meilleurs indicateurs de la bonne santé des écosystèmes marins – que la Commission européenne, notamment, souhaite caractériser – et sont un des paramètres les plus faciles à mesurer. Ces oiseaux figurent parmi les espèces les plus en danger, du fait du manque de nourriture mais aussi du changement climatique et de la destruction des habitats côtiers – là aussi, ils sont en compétition avec les humains pour l'espace en zone littorale.

Déterminer les relations clés entre les prédateurs et leurs proies est essentiel pour comprendre la dynamique des écosystèmes. A ce jour, les instances internationales disposent de peu d'outils écosystémiques pour encadrer et limiter l'activité des pêcheries. Si le seuil d'un tiers proposé par cette étude n'est pas à considérer comme une règle stricte, il peut tenir lieu de point de référence aux politiques de gestion des pêches.

Notes

  1. Ces travaux ont été réalisés en partenariat avec des chercheurs des universités de St Andrews et Glasgow au Royaume-Uni, de l'Ifremer, du Norwegian Institute for Nature Research , du Department of Environmental Affairs et de l'Université de Cape Town en Afrique du Sud, du British Antarctic Survey , de l'Université de Stockholm en Suède, de l'Université de Colombie britannique au Canada, de l'Alaska Science Center et du Farallon Institute for Advanced Ecosystem Research aux Etats-Unis et du ministère des pêches et des ressources marines en Namibie.
  2. Le succès reproducteur est la capacité des individus d'une espèce à se reproduire. Il se mesure par le nombre de petits oisillons qui survivent.

Rédacteurs

Gaëlle Courcoux et Bintou Bonkoungou

Auteur

Institut de Recherche pour le Développement

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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12 commentaires

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avatar Alain Grobon - Phuket - Thaïlande - 24/01/2012, 10:36

Ceci est une évidence connue depuis longtemps. D’ailleurs ce qui est vrai des oiseaux l'est aussi des mammifère carnivores, quand le nombre des proies diminue les naissances baissent.

Chez les aigles cela peut aller jusqu'à ne pas pondre d’œufs plusieurs années d'affilée.

Amitiés à tous.

avatar alpha - 24/01/2012, 11:29

la question a se poser dans la concurençe alimentaire

c'est le schéma habituel,soit est ce :
la surpêche entraine une surconsommation des ressourçes
la surconsommation des resourçes entraine une surpopulation des bipates


où l'inverse ?

a priori , cela va pas s'arranger avec la forte capacité de reproduction des bipates avec 2 millards de plus d'ici 30 ans
dixit :

2.Le succès reproducteur est la capacité des individus d'une espèce à se reproduire. Il se mesure par le nombre de petits XXXXXXXXX qui survivent.


et les petits XXXXXXXXXX il faut bien qu'ils mangent aussi

avatar Strange - 24/01/2012, 12:09

Alain dit que c'est connu depuis longtemps peut-être mais ce qu'il faut souligner dans cette étude c'est qu'elle a été réalisée avec des données collectées sur une longue période or c'était rarement le cas jusqu'ici.
Nous n'avons plus d'excuses par rapport aux générations précédentes même si les scientifiques ont tiré le signal d'alarme il y a déjà un bon moment. Aujourd'hui le rôle prépondérant des associations dont l'objectif principal est de protéger la planète, les espèces est très fortement relayé par les médias. Reste la capacité à agir pour interdire la surpêche, des lois existent des quotas, des zones interdites à la pêche (qui favorisent les ressources halieutiques) Tout cela ne freine pas les tricheurs pour certains c'est même devenu une habitude. Pourquoi fabrique-t-on des super chalutiers? Cette tricherie est organisée au plus haut niveau cf. la pêche à la baleine au Japon.

La surpêche n’est pas la seule responsable, l’aquaculture qui favorise l’eutrophisation, l’anoxie des eaux avec la prolifération de plantes toxiques, d’éléments pathogènes antibiorésistants (les poissons d’élevage qui s’échappent de leur enclos pour contaminer les autres espèces)

Nous le constatons régulièrement alors nous n'allons pas faire une révolution pour lutter contre la disparition des espèces mais il reste au moins un moyen d'agir : changer nos habitudes alimentaires et là les médias ont un rôle à jouer (si toutefois ils sont libres pour pouvoir faire face aux lobbies des industriels). La surpêche et le changement climatique menacent la sécurité alimentaire.

Davantage de ressources financières doivent être mis à disposition pour soutenir l’objectif d’un développement durable cf. le rapport de la Banque Mondiale 2012 « perspectives pour l’économie mondiale 2012 »
http://www.un.org/en/development/desa/policy/wesp/wesp_current/2012wesp_es_fr.pdf

Texte complet en anglais :
http://www.un.org/en/development/desa/policy/wesp/index.shtml


avatar Vinaigre - 24/01/2012, 13:27

Et encore un sujet, règlementer, délimiter, sanctionner......la surpêche!
Jamais ils ne parlent d'arrêter les reproductions humaines jusqu'à la norme de 3milliards ou moins!
Pour ce sujet et tant d'autres la "VÉRITABLE ET SEULE SOLUTION" réduire et contrôler la race dévastatrice et seule responsable.
Mais je crois que l'on a choisi de gesticuler, critiquer, dénoncer, etc. jusqu'à ce que la fin arrive comme elle s'est programmée!Et pour avoir "bonne conscience" ils diront...."NOUS AVIONS BIEN PRÉVENU".....

avatar Goulabert Vinsobres - 24/01/2012, 13:36

Eh! Oui! "Vinaigre" c'est tellement VRAI mais c'est aussi trop logique pour que L'ESPECE INUTILE ET NUISIBLE veuille bien le comprendre et l'admettre.

avatar Vinaigre - 24/01/2012, 14:28

Sincèrement, je pense de plus en plus à la WW3 conventionnelle.
Avec ses vagues-rouleaux d'humains programmés "Tueurs, démolisseurs, écraseurs" qui feront le "boulot" de RÉDUIRE les masses populaires...(la râââsssssaaaah!)
Permettre aux pays malades de solutionner leurs problèmes internes et de voisinages...
Génocides, nous savons ce que c'est et comme ça peut aller très vite!
Je crois également que les pronostiques pour des années après 2026 sont inutiles, les GRANDS changements seront faits bien avant!
Souhaitons que le nucléaire ne soit pas utilisé, et j'ose croire en "des Anges gardiens"E.T. qui avorteraient toutes tentatives d'essais d'utilisations!
En attendant, petit Pastis ou un bon rouge...!

avatar Strange - 24/01/2012, 14:43

@Vinaigre l'alcool est-il indispendable? Peut être pour oublier mais ses effets sont dévastateurs et provoquent aussi des délires verbaux...

avatar Vinaigre - 24/01/2012, 15:33

Chez moi c'est l'heure de l'apéro.....tous les abus sont dévastateurs, et il est vrai que certains peuvent en arriver aux délires...et non pas seulement verbaux!
Le commentaire serait-il en relation avec le sujet....?
Il est vrai que comprendre certaines astuces de narrations il faut être un peu plus obtus ou disons ouvert...se moquer de l'horrible etc.....
Si c'est pour être déplaisant, on s'abstient tout simplement...!
Gardez en mémoire que ces mots pourraient se rapprocher des réalités à venir, l'homme ne contrôle pas ses délires.....Pensez!
Bonne soirée.

avatar Marcel Polo - 24/01/2012, 18:40

dommage que l'homme n'est pas pris exemple sur les animaux

avatar jeremiah jonhson 09600 leran - 25/01/2012, 20:55

En effet ,plus la ressource diminue ,plus les especes "controlent" les naissances... à part l"homme"!!!Il augmente la cadence ,autrement dit,il accelère pour aller dans le mur...entierement d'accord avec le premier post de vinaigre et alpha.costa concordia 2 ,le capitaine s'est barré,le bateau coule!

avatar lanceleau Geneve - 31/01/2012, 15:36

Si une seule espèce disparaissait de la surface du globe, tout rentrerait dans l'ordre

avatar vinaigre - 31/01/2012, 16:01

------tout rentrerait dans l'ordre----

Quand on parle de réduire les populations on est attaqué tout azimuts!

OR si on souhaitait de garder une civilisation raisonnable en progression normale respectant TOUTES LES règles dictées par la nature et l'extrême bon sens, la seule et unique solution c'est trier et éliminer!
Garder aussi pour nettoyer ranger soigner et aider à rendre la vie et la Planète à une situation normale!
Il n'y a pas 36.000 solutions...et si il est impossible de réaliser ce programme, hé bien......!
Que les Nephilims reviennent faire le grand nettoyage.....ET VITE!!!

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