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2766 lectures / 6 commentaires19 janvier 2012, 15 h 06
© C. Magdelaine / notre-planete.infoEn 2011, la conjonction de différents facteurs a fortement diminué la consommation électrique française. Dans le même temps, la France se positionne de plus en plus comme un fournisseur d'électricité pour ses voisins européens.
La consommation électrique du pays dépend de nombreux facteurs dont la météorologie. En effet, les vagues de froid et les canicules augmentent significativement la consommation électrique, respectivement à cause du chauffage et des systèmes de climatisation.
Or, 2011 fût une année exceptionnelle : l'année la plus chaude depuis 1900 pour le territoire métropolitain avec une température moyenne de 13,6°C (+ 1,5°C par rapport aux normales), selon Météo-France. Pour autant, ce record de douceur s'est caractérisé par l'absence de vagues de chaleur l'été. Résultat : les Français n'ont pas ou peu sollicité la climatisation en été tout en ayant moins recours au chauffage électrique l'hiver.
Soulignons que les consommations de pointe sont très sensibles à la température et principalement aux minimas. Ainsi, Réseau de Transport d'Electricité (RTE) estime le gradient thermique à 2300 MW / °C en hiver. Le dernier record de consommation électrique date du 15 décembre 2010 avec une consommation de 96710 MW.
Corrigée notamment du facteur météorologique, la consommation est en hausse de 0,8% sur l'année. Cependant, après une reprise de la consommation française au premier semestre, RTE observe à partir de l'été 2011 une baisse générale des consommations (particuliers, professionnels, grande industrie), à l'exception des PMI /PME.
Au final, la consommation électrique annuelle de 2011 s'est établie à 478,2 TWh , soit -6,8% par rapport à 2010, indique RTE
Consommation électrique brute en France
© RTE
La production nucléaire (en hausse de 3,2%) a permis l'an passé de compenser le déficit de la production hydraulique (en baisse de 26,5%), dû aux conditions de sécheresse du printemps et de l'automne dernier.
La production issue des énergies renouvelables (hors hydraulique) a fortement augmenté (+26,4%). La production éolienne a couvert 2,5% de la consommation annuelle en moyenne (contre 1,9% en 2010), avec un record de 4453 MW le 7 décembre, selon le Syndicat des Energies Renouvelables. La production photovoltaïque a plus que triplé par rapport à 2010.
Le parc de production installé en France poursuit son développement, en augmentation de 2 600 MW par rapport à 2010. Cette évolution est notamment due au développement du parc éolien (6 640 MW fin 2011), soit une augmentation de 15% par rapport à l'année précédente. Le parc photovoltaïque a poursuivi sa forte croissance et à dépassé 2 200 MW fin 2011. Enfin, deux cycles combinés à gaz d'une puissance totale de 850 MW environ ont été mis en service.
Au niveau européen, l'arrêt de 7 réacteurs nucléaires allemands a changé la donne dans nos échanges avec l'Allemagne : la France est passée d'importatrice à exportatrice. Ainsi, le solde des échanges a presque doublé par rapport à 2009 et 2010 (55,7 TWh en 2011, soit + 89% par rapport à 2010), revenant aux niveaux de 2007, selon les chiffres de RTE. L'annonce de l'abandon du nucléaire en Allemagne suite à l'accident nucléaire de Fukushima (Japon) devrait conforter cette situation qui fragilise cependant la sécurité énergétique de l'Europe.
De plus, ces échanges d'électricité avec les pays voisins ont été influencés par la baisse de la consommation d'électricité intérieure et la disponibilité des moyens de production en France.
Echanges contractuels transfrontaliers en 2011 (en TWH)
© RTE
Ainsi, avec l'Allemagne, la Belgique et l'Espagne, le solde des échanges devient exportateur alors qu'il était importateur en 2010.
Dans cet environnement en évolution rapide, RTE va poursuivre en 2012 l'augmentation de ses investissements (1,4 milliard d'euros, soit +18% par rapport à 2011), au service d'une alimentation électrique dont la qualité atteint son meilleur niveau historique en 2011.
En 2011, le montant total des investissements de RTE s'est élevé à 1 179 M€ et passera en à 1 386 M€ en 2012, soit une hausse de 18%.
RTE compte poursuivre cette politique industrielle dans les prochaines années pour accueillir les nouvelles installations de production (dont les parcs éoliens offshore), développer les capacités d'interconnexion avec les pays voisins, renforcer la sécurité d'alimentation de plusieurs régions dont les régions PACA et Bretagne et renouveler ou réhabiliter les ouvrages actuels.
Le Médiateur national de l'énergie, note, dans sa lettre de janvier-février 2012 que "si le prix de l'électricité en 2010 est inférieur au prix de 1995, en euros constants, depuis 2008, les hausses des tarifs réglementés sont supérieures à l'inflation, tendance qui devrait se confirmer dans les prochaines années. L'augmentation continue de la demande énergétique, le vieillissement du parc de production français et le retard pris dans le renforcement des réseaux nécessiteront, quel que soit le scénario d'évolution du mix énergétique, des investissements importants tant dans les réseaux que dans les moyens de production. Le coût de ces investissements se retrouvera immanquablement dans les factures. L'Union Française de l'Electricité évalue la hausse correspondante des prix pour les particuliers entre 33% et 50% hors inflation d'ici à 2030"
D'ores et déjà, Philippe de Ladoucette, président de la Commission de régulation de l'énergie a annoncé le 19 janvier 2012 que le prix de l'électricité pourrait augmenter de 30% en seulement 4 ans. C'est-à-dire que les 35 millions de foyers qui s'éclairent et se chauffent à l'électricité devraient voir leur facture grimper de 6% au minimum par an. En cause : les investissements évoqués par RTE, mais aussi le coût du développement des énergies renouvelables (66 euros en moyenne par an pour chaque ménage) mais aussi les conséquences de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Sur ce dernier point l'Autorité de sûreté nucléaire a publié début janvier 2012 un rapport sur l'État des centrales françaises, dans lequel elle demande 10 milliards d'euros de travaux supplémentaires pour renforcer leur résilience face aux risques naturels...
En 2010, un ménage français consacrait en moyenne 1600 euros pour son énergie domestique. Selon une enquête de l'institut national de la consommation, de 2000 à 2010, le budget moyen consacré à l'électricité et au chauffage a augmenté de 32 %.
Christophe Magdelaine / notre-planete.info ; date originale : 19 janvier 2012, 12 h 04 - Tous droits réservés
Strange - 19/01/2012, 12:51
Je cite un article de Capital de ce matin :
"Dans le détail, Philippe de Ladoucette a pris pour hypothèse un doublement d'ici à 2016 de la Contribution au service public de l'électricité (CSPE, qui sert notamment à financer le développement des énergies renouvelables), l'augmentation de 4% par an du tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité (inflation comprise) et une hausse annuelle de 2% du prix du nucléaire historique d'EDF égale à l'inflation.
Pour la CRE, cette augmentation inclut les 10 à 15 milliards d'euros de travaux exigés sur les centrales par l'Autorité de sûreté nucléaire pour tenir compte de la catastrophe de Fukushima".
Donc nous payons pour tout et tout le monde! La France devient exportatrice en energie, nous pourrions penser que ces ressources viendront diminuer la facture non? La facture est pour le citoyen moyen aussi lourde que celle des impôts aujourd'hui! Alors en 2030 il y aura encore quelqu'un pour payer une facture avec une augmentattion de 30% hors inflation ?
Nicolas, Bangkok - 19/01/2012, 17:20
La presentation de RTE est bien flateuse pour le nucleaire francais. Une analyse differente ici;
http://www.agirpourlenvironnement.org/communiques-presse/bilan-electrique-2011-le-gros-mensonge-de-rte-3376
Strange - 19/01/2012, 18:39
Nicolas, votre lien n'est pas interactif même si nous le recopions cela ne donne rien ... Pouvez -vous être plus explicite merci
DUHAMEL Bouffémont - 20/01/2012, 12:35
En tant que consommateur, le prix brut du kwh m'interresse. Mais le prix apparent de ce kwh ( obtenu en divisant la facture ttc par la consommation ) m'interrese plus.
Abonné au tarif bleu depuis de nombreuses années, je constate pour la période 2000- 2010 une augmentation assez modeste:
14% mour les heures creuses
12,25% pour les heures pleines
En revanche sur la seule année 2011, je note un bond considérable:
13% pour les heures creuses
plus de 10,5% pour les heures pleines.
Ceci n'est pas dû qu'à la diminution de consommation (qui renforce l'incidence des frais fixes sur le prix apparent). EDF dispose d'autres moyens que le prix brut du kwh pour accroitre son chiffre d'affaire.
René Voujeaucourt - 20/01/2012, 13:07
Il ne faut pas oublier qu'en France le
prix de l'electricité est fixé par le gouvernement, en fait EDF vend à perte, EDT (et RTE) on de ce fait laissé de coté tous les travaux d'entretien et d'amélioration du réseau non indispensables et urgents. Résultat notre parc vieillit prématurément et il va falloir y remédier.
Dites adieu aux factures légères et préparez vous à faire des économies d'énergie (ce qui est une très bonne chose en soi).
Pascal à Paris - 21/01/2012, 16:11
A voir aussi :
http://energeia.voila.net/electri/electri_france.htm
La production d'électricité comparée sur les dernières années, de 2000 à 2011.
On voit que l'année 2011 a été mauvaise du point de vue hydraulique (peu de pluies), mais que l'éolien et le solaire progressent rapidement.
Pour ce qui est de l'Allemagne, voir ici :
http://energeia.voila.net/electri/allemagne_passer_nucle_fr.htm
L'Allemagne peut se passer du nucléaire français.
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