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Le cheval, un "outil" de développement durable au service des collectivités

3635 lectures / 16 commentaires17 janvier 2012, 11 h 14

hippomobile_dechets_hazebrouckÉcologique et performante, la collecte hippomobile des ordures ménagères mise en place par Veolia Propreté a su convaincre les élus et les habitants d’Hazebrouck
© Veolia

Après avoir longtemps soutenu l’Homme dans l’agriculture ou encore l’armée, les équidés (chevaux et ânes) ont aujourd’hui disparu de notre environnement quotidien. Leur redonner une place au sein de nos collectivités, voilà une idée qui peut paraître passéiste pour certains, mais qui relève en fait d'une incroyable modernité ; et force est de constater que ces initiatives soulèvent un véritable engouement.

Cheval et développement durable

La place des équidés en ville ne s'aborde plus selon l'angle du folklore ou du loisir, mais bel et bien du travail et du développement durable. Pour plus de 60 villes françaises, il s'agit d'un « outil » de travail et d'un acteur économique en tant que tel, moteur d'initiatives innovantes et de lien social. En effet, les chevaux de trait ou les ânes s'avèrent utiles pour des tâches telles que la collecte d'ordures ménagères, l'entretien des espaces verts, la surveillance des troupeaux, le transport de personnes (touristes, personnes âgées, enfants), l'insertion sociale, l'éducation à l'environnement,..., et l'utilisation de la traction animale s'inscrit parfaitement dans une politique environnementale et trouve sa place sur les trois volets du développement durable : écologie, social et économie.

Ecologie

Une étude menée par l'ADEME a montré qu'un cheval occupé à la collecte des déchets émettait 35% de CO2 en moins qu'un système motorisé. De plus, le retour du cheval en ville traduit une volonté de repousser le bruit et la pollution et s'inscrit dans la mouvance d'un « urbanisme vert ».

Social

Il existe une revalorisation des missions des agents chargés de la collecte des déchets, la force sociale de l'équidé permet de restaurer les liens entre habitants et employés municipaux. Sa connotation "nature" facilite la sensibilisation à l'écologie et enfin, la stature de ces animaux impose le respect.

Economique

L'utilisation d'équidés permet des économies de fonctionnement par rapport à des véhicules. Et indirectement c'est toute une filière économique qui se développe en parallèle à l'utilisation du cheval (vétérinaire, agriculteur pour le foin-paille-granulés, éleveurs, dentiste équins, bourreliers, ...), et donc ce sont des emplois créés ou maintenus. Par son effet mobilisateur, le cheval peut même faire augmenter les revenus d'une ville, comme à Trouville, où la collecte du verre a fortement progressée, entraînant par la même une hausse des dividendes versés à la ville pour le verre usagé !

Impact financier

Un cheval ou un âne, cela a un coût, somme toute moins élevé que celui d'un camion benne, mais qu'il faut pouvoir appréhender. Les prix indiqués, ci-après, sont fournis à titre indicatif, ils proviennent de mes recherches sur internet et mes connaissances du milieu du cheval. Il est possible de trouver des prix moins élevés, selon la région, selon le constructeur, l'éleveur, ..., mais cela permet d'avoir quelques ordres de prix :

  • coût d'un cheval de trait, dressé, apte à travailler en sécurité, en ville, au milieu de la circulation : 4000 à 6000 €, attention, plusieurs paramètres peuvent influer sur le prix notamment la race, l'âge, le niveau de dressage et l'expérience dans le travail demandé,
  • coût d'un véhicule hippomobile pour le ramassage des déchets, en 4 roues : 10 000 €, un véhicule spécifique peut monter jusqu'à 25 000 € pour la collecte de trois poubelles différentes,
  • coût d'une remorque double essieu, à benne basculante, d'une capacité de charge d'une tonne : 4000 €,
  • coût d'un harnais en collier complet avec un sac à crottin : 3 150 €,
  • coût « d'entretien » courant (vermifuge, vaccins, ferrage toutes les 4 à 6 semaines) : environ 1500 €/an,
  • coût d'entretien nourriture et box en pension, à proximité d'une ville (tarif moins élevé en zone rurale) : 300 €/mois,
  • coût d'une prestation externe, le prix peut varier entre 10 000 et 100 000 €,
  • coût d'une formation de meneur, le prix est là aussi très variable selon les régions, les organismes de formation et selon l'activité qui va être mise en place. Il existe plusieurs diplômes : le Galop d'attelage, le Brevet de meneur-accompagnateur de tourisme équestre ou le Certificat de spécialisation

Par ailleurs, il ne faut pas omettre d'assurer un cheval (accident, mortalité) et il est parfois utile d'entretenir plusieurs chevaux afin de pallier le remplacement d'un cheval malade dans le cadre d'une activité continue. Une collectivité qui envisagerait de monter un projet d'utilisation de chevaux territoriaux pourra s'approcher d'une structure professionnelle intermédiaire pour l'aider à affiner son projet (Equiterra, HNCI...). Des subventions peuvent également être demandées, au niveau européen et national, avec le programme FEDER notamment, mais aussi selon les cas auprès de la région ou du département.

A l'heure où le développement durable doit devenir une priorité, le cheval offre donc une réponse pertinente et novatrice. La volonté et la persévérance d'élus, de techniciens et de citoyens apportent déjà par leurs expériences un aperçu des potentialités de la traction animale en ville, et cela même en région parisienne.

Quelques exemples en vidéo

Collecte des déchets par hippomobile à Ris Orangis, Essonne
Collecte des déchets verts par hippomobile à Saint Prix, Val d'Oise

Auteur

Gaelle Naze ; date originale : 17 janvier 2012, 11 h 14

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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16 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar Strange - 17/01/2012, 11:55

"A l'heure où le développement durable doit devenir une priorité, le cheval offre donc une réponse pertinente et novatrice" novatrice : non le ramassage existait avant , les livraisons étaient faites également avec ce type d'attelage cf. livraison du charbon, denrées alimentaires etc. Pertinente : oui mais pas partout à la campagne ou dans les petites villes pourquoi pas? A-t-on prévu également le ramassage du crottin et le nettoyage de la voirie (absent du paragraphe consacré à l'impact financier) dans les grandes agglomérations impossible , il y a déjà les couloirs pour les bus ...Et la cohabitation des voitures avec les chevaux d'où coup tous ceux qui sont contre la réduction de la vitesse en ville apprécieront ...

avatar Gaelle Naze - 17/01/2012, 14:10

Strange,

Que ce soit à la campagne ou dans les grandes/petites villes, tous les lieux sont pertinents, il suffit de voir les sites qui utilisent ce genre de services, voici quelques exemples:
-grande ville: voir les exemples de l'article sur les villes de région parisienne;
-petite ville/campagne: A Mably, Scoubidou trasnporte l'équipe des espaces verts; Collecte Hippomobile de déchets à Saint-Jean-en-Royans ; La petite commune (620 habitants) de La Chapelle-Gaceline, a fait le choix de la recruter Nayak et Ugo, solides postier breton, pour aider au quotidien les agents municipaux ; A la Chapelle-Gaceline, Nayak emmène les écoliers déjeuner; Une brigade équestre sillonne le littoral entre Préfailles et Pornic, ...

Pour le crottin, si tu regardes bien à la partie financière de l'article, tu verras que ce point n'a pas été oublié.

La collecte se fait à des heures où il y a moins de traffic, et ce n'est pas plus embêtant pour la circulation qu'un camion benne, d'autant que c'est moins encombrant, moins haut et donc plus facile à doubler.

avatar Carole - 17/01/2012, 14:16

Article interressant, notamment la partie couts. Par contre, y aurait-il des adresses de bourreliers qq part car je serais interressée?

avatar Boulicault Noailly - 17/01/2012, 15:00

Quand j'étais gosse (années 50 ! )la "Coop" en face de chez moi était approvisionnée par la société Cognard-transports qui utilisait encore des chevaux. Et il était bien rare que le cheval s'en allât sans abandonner quelques beaux crottins (fumants en hiver)! Des femmes se disputaient alors ledit crottin pour le plus grand profit de leurs plantes vertes ! Et un avantage de plus.

avatar Strange - 17/01/2012, 15:03

@ Gaelle : Ok pour le coût du harnais et du sac à crottin (manquent la pelle, le balai et enfin il y a une différence entre le ramassage et le nettoyage ... je précise que je n'ai pas écrit que ce n'était pas pertinent cf. mon commentaire j'ai répondu non concernant le terme de novatrice et oui au terme pertinent. Dans les grandes agglomérations (Ris-Orangis n'en fait pas partie avec 25 000 habitants)
Bordeaux, Lyon, Marseille Paris voilà à quoi je faisais allusion en écrivant "grandes agglomérations" Les heures où il y a moins de circulation à part la nuit et encore après 23h car cela circule beaucoup ...

avatar geronimo87 - 17/01/2012, 16:38

@carole.
Bonjour.
Ca dépend où vous habitez.
J'en connait un.

Geronimo87@voila.fr

avatar aeschelmann charlotte saint ouen - 17/01/2012, 17:41

ok sous réserve que ces animaux ne deviennent pas des bêtes de somme, taillables et corvéables à merci, sans droit mais qu'elles bénéficient d'un cahier des charges, de jours de repos, de vacances, un suivi de leur traitement, et surtout une retraite assurée et non pas un abattoir comme ultime destinée. Sinon, vive les tracteurs, le cheval à vapeur, la polution etc etc ... bref vive la mécanique, à bas l'esclavage !

avatar Pourquoi pas? Bruxelles - 18/01/2012, 15:29

depuis plus d'un an dans une commune de Bruxelles avec le plus grand bonheur!

avatar Stéphanie 94 - 18/01/2012, 15:52

Je pense en effet qu'il ne faut pas que les bêtes soient maltraitées et exploitées mais en même temps qui dit développement durbale dit à mon sens prendre soin des animaux qui nous aident dans notre travail au quotidien et je vois mal une mairie exploiter une bete d'autant que le samedi et le dimanche sont souvent non travaillés.

avatar Julien 94 - 19/01/2012, 10:26

Vive le retour à la nature! Reste à voir la fin de vie de ces animaux...boucherie ou champs?

avatar AVEVA Fourqueux - 21/01/2012, 13:56

Le cheval c'est folklorique, mais c'est un gouffre énergétique.
Un homme produit 2kWh/j (200W/10h)avec 2500kcal/j
rendement 1%
Un cheval 750kWh/j (750W/10h) avec 40000kcal/j rendement 0.5%
Un moteur thermique a un rendement de 30% et ne consomme que lorsqu'il travaille!

avatar Christophe Magdelaine - 21/01/2012, 14:34

AVEVA Fourqueux : parce que le moteur thermique n'est pas un problème ? Pollution de l'air, bruit, destruction du paysage, accidents de la route, dépendance énergétique, coût des hydrocarbures...

avatar Vinaigre - 21/01/2012, 15:15

Retour de l'animal, (dont l'humain a tant besoin!)ne parlons pas de rendements d'énergie, voyons les choses plus humainement, .....
Je me souviens du temps ou le cheval du boulanger, celui du laitier, celui de la bière, sans oublier les chiens, des affuteurs de couteaux,de vitriers, de serruriers, etc.....tellement bonnes et belles ces relations (vraiment humaines) et en remettant les animaux au boulot, automatiquement ils remettraient des hommes et femmes au travail (agréable, avec du sentiment...)ET!!! pour les jardiniers, les cadeaux des chevaux.....pour les potager!Haa oui les ballades touristiques avec le charriot et 2 ou 4 gros chevaux de traît qui souvent étaient l'aide mémoire du guide....EUX n’oubliaient pas où il fallait faire une halte!
Il est malheureusement trop tard pour revenir à la "VIE" parce que nous sommes totalement dépendant de la dictature de maître "POGNON" et du fameux "SYSTÈME" et de plus, endoctrinés par les médias manipulateurs.

avatar Lino Syris - 21/01/2012, 16:47

Bonjour à tous,
voici un sujet qui m'interpelle donc j'y porte mon grain de sel:

AVEVA Fourqueux : moteur thermique = consommation d’énergie fossile, traction animale = consommation d'énergie renouvelable.


Vinaigre = Vivre sans passé n'est pas possible, d'accord; cependant la nostalgie freine les élans.

Sur ce coup les puissants ne nous aiderons pas (ils auraient même tendance à faire des croche-pattes ;-)). A chacun de se prendre par la main et de réagir en conscience.
Dans le domaine agricole, la je parle de ce que je vis, la traction animale à disparue, ou presque, car quelques irréductibles font vivre ce savoir (décavaillonnage des vignes, débardage en forêt etc).
La ou cela devient extrêmement intéressant, c'est que économiquement ça fonctionne plutôt bien car même si le travail produit est faible les coûts sont dérisoires. Faire fortune avec la traction animale, certainement pas, y trouver un trouver un renouveau, une dynamique et pourquoi pas un équilibre me semble un objectif raisonnable.

avatar forest - Landes - 24/01/2012, 14:00

ça c'est le top ! c'est peut-être plus difficile à mettre en place dans certaines grandes villes, mais au moins là où c'est possible, même si ça devait revenir un tout petit peu plus cher : il faut se servir des chevaux ! et puis le fumier peut se revendre, ou servir aux jardinier de la commune ... les gaz produits par les camions benne ne servent à rien si ce n'est à polluer !

avatar Flash - 24/01/2012, 14:30

@ Pourquoi pas? Bruxelles

A Bruxelles ?!?! Mais dans quelle commune ?!?

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