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Déclin alarmant de la biodiversité européenne

2915 lectures / 6 commentaires06 décembre 2011, 11 h 36

Margaritifera_auriculariaMargaritifera auricularia
Vincent Prie / Caracol

Selon de nouvelles recherches publiées fin novembre 2011, le patrimoine naturel européen montre un déclin alarmant. La Liste rouge européenne, qui fait partie de la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées, a évalué une part importante de la faune et de la flore indigènes d'Europe et découvert qu'une grande proportion des mollusques, des poissons d'eau douce et des plantes vasculaires se classent désormais dans une des catégories menacées.

L'évaluation de quelque 6 000 espèces révèle que 44% de tous les mollusques d'eau douce, 37% des poissons d'eau douce, 23% des amphibiens, 20% d'une sélection de mollusques terrestres, 19% des reptiles, 15% des mammifères et des libellules, 13% des oiseaux, 11% des coléoptères saproxyliques, 9% des papillons et 467 espèces de plantes vasculaires sont maintenant menacées.

Janez Potočnik, Commissaire européen à l'Environnement, a déclaré : « Le bien-être des Européens et des hommes du monde entier dépend des biens et des services que fournit la nature. Si nous ne traitons pas les causes qui provoquent ce déclin et que nous n'agissons pas d'urgence pour y mettre fin, nous pourrions payer le prix fort. »

Les mollusques d'eau douce sont le groupe le plus menacé de ceux qui ont été étudiés jusqu'à présent. La grande mulette (Margaritifera auricularia), qui fut jadis assez répandue, se limite désormais à quelques rivières de France et d'Espagne. Actuellement classée En danger critique d'extinction, elle fut considérée comme quasi éteinte dans les années 1980. Cette espèce est une des deux pour lesquelles un Plan d'action fut conçu à l'échelle européenne, et des programmes de conservation en cours permettent d'espérer en son avenir.

« Ces résultats confirment l'état inquiétant des mollusques européens » dit Annabelle Cuttelod, Coordinatrice de la Liste rouge européenne à l'UICN. « Lorsqu'on les combine au niveau élevé des menaces qui pèsent sur les poissons et les amphibiens d'eau douce, nous pouvons constater que les écosystèmes d'eau douce européens sont vraiment soumis à de graves menaces qui exigent des mesures de conservation urgentes. »

Les poissons d'eau douce sont aussi très menacés, spécialement à cause de la pollution, de la surpêche, de la perte d'habitats et de l'introduction d'espèces invasives. Les esturgeons courent un risque particulier : sept des huit espèces européennes sont aujourd'hui En danger critique d'extinction.

Dans la catégorie des plantes vasculaires, nous trouvons toutes les parentes sauvages des plantes cultivées ; elles sont vitales pour la sécurité alimentaire et pourtant leur conservation est souvent négligée. L'espèce Beta patula est une proche parente sauvage des betteraves cultivées et une source génétique importante pour l'amélioration de la résistance aux virus. Parmi les autres plantes qui présentent des niveaux de menaces inquiétants citons, entre autres, les parentes sauvages de la betterave sucrière, du blé, de l'avoine et de la laitue qui sont des cultures économiquement importantes en Europe.

Mais il y a aussi des nouvelles positives, et les évaluations mettent en évidence la réussite de mesures de conservation bien conçues. De nombreuses espèces protégées en vertu de la Directive Habitats de l'UE et incluses dans le réseau Natura 2000 d'aires protégées ont maintenant de meilleures chances de survie. Centranthus trinervis, une plante endémique de Corse, est passée de En danger critique d'extinction à En danger grâce à la protection stricte dont bénéficie son seul site connu. De plus, le contrôle, depuis une dizaine d'années, d'espèces envahissantes comme certaines plantes, les chèvres et les rats par exemple, fut bénéfique pour la plupart des escargots terrestres de Madère.

« Ce sont des signes encourageants qui montrent les bénéfices d'actions de conservation étayées par des politiques fermes. » a déclaré Jean-Christophe Vié, Directeur adjoint du Programme mondial de l'UICN pour les espèces, « La poursuite de la mise en œuvre de la législation européenne actuelle, combinée à de nouveaux programmes de conservation, est essentielle pour préserver ces importantes espèces indigènes et leurs habitats. »

Auteur

Union internationale pour la conservation de la nature

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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6 commentaires

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avatar alpha -

compte tenu de ce qui se passe actuellement c'est inévitable, mais pour les prochaines générations
celles actuelles vivent sur les marges restantes

dixit

« Le bien-être des Européens et des hommes du monde entier dépend des biens et des services que fournit la nature. Si nous ne traitons pas les causes qui provoquent ce déclin et que nous n'agissons pas d'urgence pour y mettre fin, nous pourrions payer le prix fort. »

avatar Strange -


Toujours et toujours la pollution cela ne doit pas nous rassurer mais nous inquiétés car les mesures à prendre tardent. D'ailleurs en Asie plein d'espèces disparaissent ou ont disparu sans qu'aucune mesure n'ait été prise
Peut-être qu'en entendant la nouvelle sur la nouvelle exo planète Keppler 22 B nous pourrions penser qu'il y a un ailleurs possible hélas celle-ci est 40 000 fois plus éloignée que Mars encore des rêves qui s'éloignent ...
Nous sommes dans un système où aucune démesure n'est sanctionnée, de bonnes intentions oui mais pas de faits tangibles contre la mise en application des sanctions qui existent au niveau pénal mais ne sont pas mises en application toujours la même cause l'argent " business is business"

avatar Nadia Carn -

toujours le même refrain .... rien ne s'arrangera à mon avis, on a beau en parler dans divers médias mais il y a trop d'enjeu coté "fric" malheureusement ...

avatar Jean Weber -

J’ai écris sur les forums : « A force de détruire, cet homo érectus arrivera "peut être" à s’autodétruire ...ENFIN! »

Est ce cela que vous répondrez à vos enfants lorsqu’ils vous demanderont « Mais qu’es ce tu as fait ?
On nage en pleine idéologie, ce n’est pas l’argent et la pollution qui détruisent la planète mais l’action humaine.
Il y a de quoi faire beaucoup mieux, agissez et profitez des forums pour faire connaitre vos actions aux autres en toute humilité en vue de générer une dynamique participative.

avatar LDK BRETAGNE -

La principale cause de la baisse de la biodiversité est principalement l'utilisation de pesticides depuis les années 70.
La seule alternative face à cela (mise à part la création de parc qui coute une fortune en gestion) est la convertion dans l'agriculture biologique.
Le problème c'est l'accès au foncier et les moyens financiers que les petits exploitants en devenir n'ont pas.
Plutot que de placer votre argent dans un système financier qui favorise l'agrochimie et toutes ses dérives, placer le dans des assosiations qui gèrent ce genre d'action.
Maintenant, pour aller plus loin dans la protection de la biodiversité, il faut concentrer des zones en bio, créer des oasis, en commençant par les têtes de bassin versant pour s'étandre peu à peu.
En ce qui me concerne, c'est ce que je réalise en réalisant l'acquisition ou l'échange de terres et de fond de vallée.
Et j'espère bien pouvoir proposer une petite ferme en location prochainement.
Si ça tente quelqu'un de faire un dont, je suis preneur.

avatar Jean Weber -

« Plutot que de placer votre argent dans un système financier qui favorise l'agrochimie et toutes ses dérives, placer le dans des assosiations qui gèrent ce genre d'action. »

Vous avez quelques exemples ou des liens Web pour ce type de placement ?

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