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Les concentrations de gaz à effet de serre continuent de battre des records

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3 542 lectures / 6 commentaires24 novembre 2011, 18 h 09

incineration_Ivry© C. Magdelaine / notre-planete.info

Les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère ont atteint de nouveaux records[1] en 2010, et le taux d'accroissement de ces gaz s'est accéléré, d'après le dernier bulletin de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) sur les gaz à effet de serre, qui met particulièrement l'accent sur l'augmentation de la concentration de protoxyde d'azote.

La toute dernière analyse des données d’observation recueillies dans le cadre du Programme de la Veille de l’atmosphère globale (VAG) de l’OMM révèle qu’à l’échelle du globe, les rapports de mélange moyens dans l'air du dioxyde de carbone (CO2), du méthane (CH4) et du protoxyde d'azote (N2O) dans l’air ont atteint de nouveaux pics en 2010, s’établissant respectivement à 389,0 ppm(2), 1808 ppb(3) et 323,2 ppb.

Ces valeurs dépassent de 39 %, 158 % et 20 % respectivement celles de l’époque préindustrielle (avant 1750). Les taux d’accroissement du CO2 et du N2O dans l’atmosphère entre 2009 et 2010 se situent dans la ligne des années précédentes, même s’ils sont tous deux supérieurs à ceux enregistrés entre 2008 et 2009 et à la moyenne des dix dernières années. Quant au CH4 atmosphérique, son taux d'accroissement se situe dans la ligne des trois dernières années.

Selon l’indice annuel d’accumulation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère (AGGI) publié par la NOAA, le forçage radiatif(4) de l’atmosphère par les gaz à effet de serre persistants s’est accru de 29 % entre 1990 et 2010, le dioxyde de carbone contribuant pour près de 80 % à cette augmentation. Le forçage radiatif induit par le N2O a dépassé celui du CFC-12, ce qui fait du protoxyde d'azote le troisième gaz à effet de serre persistant par ordre d'importance.

"La teneur de l'atmosphère en gaz à effet de serre d'origine anthropique a atteint une fois de plus des niveaux jamais enregistrés depuis l'époque préindustrielle", a déclaré le Secrétaire général de l'OMM, Michel Jarraud. "Même si nous parvenions à stopper aujourd'hui nos émissions de gaz à effet de serre, ce qui est loin d'être le cas, les gaz déjà présents dans l'atmosphère y subsisteraient encore pendant des dizaines d'années et continueraient de perturber le fragile équilibre de la Terre, planète vivante, et du climat."

Les gaz à effet de serre retiennent une partie du rayonnement solaire traversant l'atmosphère terrestre qui, de ce fait, se réchauffe. Les activités humaines telles que l'agriculture et l'exploitation des combustibles fossiles émettent une grande quantité de ces gaz, qui font partie des causes du changement climatique. Après la vapeur d'eau, les trois gaz à effet de serre persistants les plus abondants dans l'atmosphère sont le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d'azote.

Le dioxyde de carbone

Le dioxyde de carbone (CO2) est le gaz à effet de serre d’origine humaine le plus important et contribue pour quelque 64 % à l'accroissement du forçage radiatif mondial dû à l'ensemble des gaz à effet de serre persistants. Depuis le début de l'ère industrielle, en 1750, sa teneur dans l'atmosphère a augmenté de 39 % pour atteindre 389 parties par million, essentiellement à cause des émissions liées à l'exploitation des combustibles fossiles, au déboisement et au changement d'affectation des terres.

Entre 2009 et 2010, sa concentration dans l'atmosphère a augmenté de 2,3 ppm, soit plus que la moyenne des années 1990 (1,5 ppm) et de la décennie écoulée (2,0 ppm).

Pendant la dizaine de milliers d’années qui ont précédé la révolution industrielle, vers le milieu du XVIIIe siècle, la teneur de l’atmosphère en CO2 est restée pratiquement constante, se chiffrant à quelque 280 ppm.

Le méthane

Le méthane (CH4) contribue pour quelque 18 % à l'accroissement du forçage radiatif mondial depuis 1750, et c'est le deuxième plus important gaz à effet de serre après le dioxyde de carbone.

Avant l'ère industrielle, la teneur en méthane de l'atmosphère était d'environ 700 parties par milliard. Depuis 1750, cette teneur a augmenté de 158 %, principalement du fait des activités humaines telles que l’élevage de bovins, la riziculture, l’exploitation des combustibles fossiles et la mise en décharge des déchets. Environ 60 % des émissions de méthane sont d’origine humaine, les 40 % restants étant d’origine naturelle (zones humides, etc.).

Après une période de stabilisation temporaire relative (1999-2006), la concentration de méthane dans l'atmosphère est repartie à la hausse. Les scientifiques s'efforcent d'en découvrir les causes, en étudiant notamment le rôle que pourraient jouer dans ce domaine la fonte du pergélisol, riche en méthane, dans les régions nordiques et l'accroissement des émissions dans les zones humides tropicales.

Le protoxyde d'azote

Le protoxyde d'azote (N2O) contribue pour quelque 6 % à l'accroissement du forçage radiatif mondial depuis 1750. Ses émissions dans l'atmosphère sont d'origine naturelle et humaine, puisqu'elles proviennent notamment des océans, de la combustion de la biomasse, de l’épandage d’engrais et de divers procédés industriels. Il se place aujourd'hui au troisième rang des gaz à effet de serre par ordre d'importance.

En 2010, la teneur de l'atmosphère en protoxyde d'azote était de 323,2 ppb, soit une progression de 20 % par rapport à l'époque préindustrielle. Le taux d'accroissement moyen est d'environ 0,75 ppb par an sur les dix dernières années, ce qui est dû principalement à l'utilisation d'engrais azotés, notamment de fumier, qui a profondément perturbé le cycle mondial de l'azote.

À horizon de 100 ans, l'impact du protoxyde d'azote sur le climat est 298 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone, à émissions égales. Ce gaz joue aussi un rôle important dans la destruction de la couche d'ozone stratosphérique qui nous protège des rayons ultraviolets nocifs émis par le soleil.

Autres gaz à effet de serre

L’ensemble des hydrocarbures halogénés contribuent pour 12 % au forçage radiatif. Certains d'entre eux, comme les chlorofluorocarbures (CFC), utilisés auparavant comme réfrigérants, propulseurs dans les bombes aérosols et solvants, voient leur concentration diminuer lentement par suite de l’action engagée sur le plan international pour préserver la couche d’ozone protectrice de la Terre.

Toutefois, la concentration d’autres gaz tels que les hydrochlorofluorocarbures (HCFC) et les hydrofluorocarbures (HFC), utilisés comme substituts des CFC parce qu’ils portent moins atteinte à la couche d’ozone, augmente rapidement. Ces deux familles de composés sont des gaz à effet de serre très puissants dont la durée de vie dans l’atmosphère est bien supérieure à celle du dioxyde de carbone.

"Aujourd'hui plus que jamais, nous avons besoin de comprendre les interactions complexes, parfois inattendues, entre les gaz à effet de serre présents dans l'atmosphère, la biosphère et les océans. Pour les besoins de la science, l'OMM continuera de rassembler des données par le biais du réseau de la Veille de l'atmosphère globale (VAG) qui couvre plus de 50 pays et comporte notamment des stations situées à haute altitude dans les Andes et l'Himalaya, dans les étendues reculées de l'Alaska et à l'extrême sud du Pacifique", a ajouté Michel Jarraud.

Notes

  1. A l'échelle de l'humanité
  2. Nombre de molécules du gaz considéré par million (106) de molécules d'air sec
  3. Nombre de molécules du gaz considéré par milliard (109) de molécules d'air sec
  4. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat définit le forçage radiatif comme étant la mesure de l'influence d'un facteur sur l'altération de l'équilibre entre les énergies entrantes et sortantes du système Terre-atmosphère, et un indice de l'importance de ce facteur en tant que mécanisme potentiel de changement climatique. Il est souvent exprimé en watts par mètre carré.

Source

Le Bulletin de l'OMM sur les gaz à effet de serre rend compte des concentrations – et non des émissions – de ces gaz dans l'atmosphère. Par émissions on entend les quantités de gaz qui pénètrent dans l'atmosphère et par concentrations celles qui y restent à la faveur des interactions complexes qui se produisent entre l'atmosphère, la biosphère et les océans.

Auteur

Organisation Météorologique Mondiale

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

6 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

MDR le 25/11/2011, 09:53
Que le CO2 augmente fort depuis 1750, d'accord.
Mais situer à cette même date le début de l'ère industrielle, faut pas pousser, même si on comprend bien que ça colle mieux avec l'effet de serre!alerte
Zantas51 Reims le 25/11/2011, 10:53
on peut quand même s'attendre à un sacré coup de massue ; Les relevés climatiques dans les glaces de l'Antarctique ont donné un réchauffement d'environ 4° pour 320 ppm de Co2 et 750 ppb de méthane.
Pas du jour au lendemain, mais comparé aux valeurs actuelles nettement plus élevées, nos enfants ou petits enfants vont hériter d'une planète difficile à vivre.
l'effet actuel reste encore controlable ce qui justifie le comportement égoiste consistant à ne rien faire ou presque; l'avenir les politiques ( et aussi les citoyens ) s'en moquent.alerte
René Voujeaucourt le 25/11/2011, 16:36
MDR

Pour ce que j'en sais, placer le début de l'industrialisation (européenne notamment) vers 1750 n'est pas faux.alerte
Bob le 25/11/2011, 16:47
Ce n'est sans doute pas complètement faux historiquement mais présenté en face de la courbe de CO2 c'est pour le moins tendancieux.
1750 est à l'ère industrielle ce que le néolithique est à l'agriculture intensive.
Il est certain que les rejets de CO2 industriel de l'époque étaient négligeables. Mais c'est ennuyeux car comme expliquer l'envol de la concentration...alerte
Christophe Magdelaine le 25/11/2011, 17:07
Bob, Eric, MDR... : merci de garder le même pseudo pour une même personne. Ce n'est pas honnête de votre part faire croire qu'il y a plusieurs personnes qui partagent votre avis.alerte
Stéphane à Bruxelles le 27/11/2011, 10:06
Et d'ailleurs pourquoi des pseudos? Pourquoi se cacher?
Il y a urgence mais quasi rien ne change. Plus on sait moins on sent. Tout se passe comme sur le Titanic: même ceux chargés d'observer la "route", conscients des risques pris (inutilement!), se laissent distraire par le couple qui surgit de la cale...
Il faut voir et faire voir "Story of stuff"!alerte

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