Vue d'artiste du satellite Demetercrédit : www.smsc.cnes.fr
Prototype de la nouvelle génération de plateformes spatiales Myriade mise au point par le CNES, le satellite Demeter (Detection of Electro-Magnetic Emissions Transmitted from Earthquake Regions) s'est fixé un objectif scientifique audacieux qui devrait, à terme, permettre de mieux comprendre voire anticiper les tremblements de terre.
Sous le nom de la déesse grecque des moissons se cache un acronyme qui résume la mission confiée à l'engin : détecter et mesurer dans l'ionosphère les perturbations électromagnétiques qui semblent associées aux séismes, éruptions volcaniques et autres raz-de-marée.
"Des études récentes ont observé dans l'ionosphère, à environ 100 km d'altitude, des signaux électromagnétiques assez intrigants quelques secondes avant certains séismes", explique Pascale Ultré-Guérard, géophysicienne au CNES. "La mission de Demeter consiste à mesurer ces phénomènes et, le cas échéant, vérifier leur caractère systématique".
De son lancement prévu le 29 juin à la fin de sa mission deux ans plus tard, Demeter va survoler à environ 800 km d'altitude quelque 400 séismes d'une magnitude supérieur à 5. Grâce à ses capteurs, il devrait enregistrer l'activité électromagnétique de notre planète.
"Demeter ne permettra toutefois pas de prévoir les tremblements de terre", met en garde Mme Ultré-Guérard. "Il ne s'agit pas d'une mission opérationnelle mais exploratoire. Il ne transmettra pas ses données en temps réel et ne sera relié à aucun centre de décision", explique-t-elle, "il ne s'agit là que de valider une hypothèse scientifique".
Les chercheurs du CNRS d'Orléans, responsables scientifiques de la mission, espèrent une meilleure connaissance des séismes. "Ce n'est qu'une fois que nous disposerons de paramètres fiables de l'activité sismique que nous pourrons, peut-être, anticiper les tremblements de terre", conclut Mme Ultré-Guérard, "mais nous en sommes encore très loin".
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le projet DEMETER
Le CNES propose une conférence intitulée
"DEMETER, à l’écoute des séismes" le mercredi 24 mars 2004
Source : Agence France Presse