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3082 lectures / 8 commentaires24 novembre 2011, 11 h 23
Vigne issue d'une production biologiqueUne récente publication, par une équipe chinoise(1), devrait conduire, s'il existe encore un peu de rigueur dans le monde de la biologie, à un bouleversement des conceptions traditionnelles. Certes, ce bouleversement aurait déjà dû se produire à l'occasion au moins de la découverte des prions, de l'épigénétique et bien d'autres choses encore, mais on arrive, avec le travail de Zhang et collaborateurs, à une limite que les plus conservateurs des biologistes ne sauraient éviter. Entre autre, cette équipe a montré que du matériel génétique issu du règne végétal pouvait interférer avec le fonctionnement génétique d'animaux ayant ingéré des végétaux (du riz, en l'occurrence).
Ce qu'il est convenu d'appeler « le patrimoine génétique »(2) a pour support l'ADN. Dans sa première fonction connue, cet ADN code l'ordre dans lequel la chaîne des acides aminés constituant une protéine est agencée, via une autre molécule, l'ARN. En gros, l'ADN est transcrit en ARN qui, après quelques modifications, est traduit en protéines en fonction du code génétique.
Jusqu'il y a peu, la pensée dominante considérait que l'ADN servait à coder les protéines, constituants majeurs des êtres vivants, et c'était tout. Quelques esprits chagrins faisaient bien remarquer que, par exemple chez l'homme, moins de 2% de l'ADN codait effectivement des protéines et que ce n'était peut-être pas par erreur que le reste existait, mais on n'en avait cure, ce reste était de « l'ADN poubelle » (traduction de l'expression anglais « junk DNA »), car, c'est bien évident, ce qui n'est pas connu n'existe pas.
Ces dernières années, cet ADN inutile s'est avéré être fort intéressant, notamment en ce qu'il contient des séquences qui sont transcrites en ARN, mais sans que ces derniers ne soient traduits en protéines. Ces ARN dits « interférants » viennent modifier l'expression des gènes et donc la production de protéines par les cellules. Ils jouent un rôle majeur dans les régulations métaboliques, la différenciation cellulaire, la mort cellulaire programmée, le fonctionnement du système immunitaire des vertébrés, etc. En outre, certains d'entre eux peuvent détruire du matériel génétique étranger, par exemple lors d'infections virales, réalisant la base des capacités immunitaires des plantes (qui n'ont pas de système lymphocytaire, comme les vertébrés). Ils sont aussi en cause dans le développement de diverses maladies, dont le cancer. Bref, notre « ADN poubelle », codant ces ARN interférants, se voit d'un coup promu au premier rang des préoccupations. Parmi ces ARN interférants, une classe, les micro ARN (miARN), eux-mêmes dérivant d'ARN plus longs et doubles brin, les dsARN (comme ceux qui sont produits par certains OGM, et c'est pourquoi nous détaillons un peu ici) a particulièrement attiré l'attention et a conduit l'équipe chinoise à étudier le devenir des miARN de plantes lorsqu'elles sont ingérées par un mammifère, ici, l'Homme, le veau et la souris.
Les résultats de cette remarquable étude sont étonnants. En effet, elle montre clairement que les miARN de plantes résistent largement à la cuisson et à la digestion et sont capables de passer dans le sang des mammifères, entrer dans certaines cellules (dont celles du foie) et interférer avec le fonctionnement génétique des dites cellules, ceci spécifiquement (un miARN donné interfère avec l'expression d'une séquence ADN donnée)(3). Ainsi, dans les expériences menées par Zhang et coll., manger du riz entraîne la réduction de la production d'une protéine jouant un rôle crucial dans l'épuration du cholestérol sanguin. De plus, ce phénomène n’est pas anecdotique, puisque que près de 5% des miARN des cellules de mammifères sont d'origine végétale ! Pour simplifier encore le tableau, les bactéries intestinales sont aussi capables de capter ces ARN végétaux et de les transférer aux cellules de leur hôte.
Les OGM ont été faits à partir d'une vision simpliste de la biologie, calquée sur le modèle informatique, avec l'ADN comme programme. Tout le reste était sensé découler des instructions ainsi codées. La transgenèse consistait simplement à remplacer une instruction par une autre, dont la fonction dans un autre organisme était connue (ou en rajouter une, etc.). Avec les découvertes faites ces dix dernières années, plus rien de ces pseudo bases théoriques ne subsiste. Il est devenu clair que la biologie s'organise comme un vaste et complexe réseau d'interaction, dont l'ADN n'est pas le centre, même s'il est probablement un connecteur de grande importance. Ce réseau, déjà ouvert au delà de l'individu par de nombreuses molécules actives absorbées par lui, s'ouvre maintenant à des interférants constituants du système génétique. Comment justifier la poursuite de la production d'OGM alors que ce qui a permis de les créer s'avère aussi manifestement faux ? Comment, aussi, tenir compte, dans l'évaluation des OGM, de ces ARN interférants dont on ne sait encore presque rien ? Comment accepter, quand on commence à constater que ces ARN sont au cœur même des processus biologiques et impliqués dans des pathologies graves, que, sans presque rien en connaître, on en fasse produire par des plantes génétiquement modifiées disséminées en milieu ouvert, comme dans le cas de la vigne transgénique de l'INRA de Colmar ou du haricot GM en cours de validation au Brésil ?
Terminons par deux citations, l'une de Yves Chupeau, expert pourtant très favorable aux OGM, qui, à propos de la publication chinois, précise : « Cette étude implique de la part des biologistes qui voudraient utiliser les dsARN, une vigilance particulière, spécialement dans le cas de la protection des plantes en champ contre les maladies »(4). Et celle de Jacques Testart, dans un article de Libération du 14 octobre 2011 : « C'est à dire qu'on va faire entrer dans la chaîne alimentaire des molécules dont on découvre des propriétés insoupçonnées [...] ! Comme si chaque brèche ouverte dans l'immense ignorance autorisait la suffisance scientiste [...] à nier qu'il reste d'innombrables inconnues dont une seule peut suffire à ruiner l'édifice technologique. Faute d'humilité, nos productions brevetables sont souvent des injures à l'intelligence ».
Frédéric Jacquemart
Un tournant théorique pour les OGM - Journal Inf'OGM n°113, septembre / octobre 2011
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
Alain Grobon - Phuket - Thaïlande -
Bonjour à tous les fans de notre-planete.info dont je suis.
Dès la mise en ligne de Vers un sens de la vie, le 18 novembre 2001, dans la page intitulée "Luttez contre les idées reçues de la désinformation" je soulignais l'imposture et le danger des OGM.
CITATION: un rapport de la FAO explique que vous n'avez pas besoin des OGM pour nourrir la planète:
"La faim dans le monde reste un problème, mais elle est due presque exclusivement à la pauvreté et à la non solvabilité des populations et non à un manque de production. Par exemple, aux États Unis, 36 millions de personnes souffrent de la faim alors que le pays est exportateur d'aliments. Et un tiers de la population mondiale qui souffre de la faim se trouve en Inde dont l'excédent en 1999 était de 10 millions de tonnes de céréales." Fin de citation.
La même page explique pourquoi nous ne devons pas modifier le génome humain, pas plus que celui d'aucune autre espèce du reste. où j'écrivais notamment ceci: "il est remarquable de constater que les séquences génétiques ayant un rôle fonctionnel clair pour l'organisme ne représentent qu'une petite proportion (5 % chez l'homme) de l'ensemble d'un génome (....)
Compte tenu de l'interactivité des Éléments Transposables ("ET") avec nos gènes, et de leur capacité de créer des mutations dans ceux-ci, (lire: http://www.cnrs.fr/Cnrspresse/n385/html/n385a03.htm CNRS sept 2000) et de l'interactivité - d'une façon plus générale - de tous les composants de nos gènes eux-mêmes, nous devons prendre en compte le risque grave de mutations incontrôlées induit par toute modification ("amélioration": en fait du bricolage)du génome humain,laquelle aura sans doute des répercussions sur l'activité - par définition imprévisible - de ces Éléments Transposables ("ET"), qui donc pourraient créer des mutations tout à fait involontaires et in-maitrisables.
De plus un de nos 43 forums est entièrement consacré à cela et comporte pas moins que 200 thèmes différents sur ce seul sujet.
Lisez http://sens-de-la-vie.com/Archepages/vsv_10_d1_02_idees_r.htm
Taki23 -
On pourrait comparer le matériel génétique à un écosystème : toucher à l'une de ses espèces déséquilibre l'ensemble. En grand ou en petit, c'est pareil : l'homme joue au coeur du vivant. "Une chose est toutes les choses", dit la pensée orientale. En serait-ce une funeste démonstration ?
Enfin, peut-être pas de la volonté de TOUS les hommes, même si le tourbillon infernal s'adresse à tous.
Pantois (93) -
Des OGM, il s'en produit en permanence sur toute la surface de la planète, à cause des rayons cosmiques et des émissions radio-actives naturelles.
La plupart ne se développent pas et disparaissent. Certains sont néfastes. D'autres ont des propriétés positives.
C'est ainsi que se sont fabriquées toutes les espèces naturelles qui existent sur Terre.
Il est scientifiquement incohérent de vouloir à tous prix faire des OGM un ensemble particulier. Ce qu'on appelle des OGM, c'est tout simplement des plantes comme les autres. Il y en a des bonnes, il y en a des mauvaises. Le rôle des producteurs est de sélectionner les bonnes. Et de les tester soigneusement.
L'étude chinoise menée avec des produits naturels aurait, très probablement amené les mêmes conclusions.
Nous ne vivons pas au Paradis, dans le jardin de l'Eden : il y a des bonnes plantes et il y en a de mauvaises. A nous de les choisir non pas sur la manière dont elles ont été obtenues, mais plutôt sur leurs propriétés réelles. Il est assez antiscientifique de se concentrer sur les "OGM" avec l'objectif de trouver des propriétés inquiétantes plutôt que d'étudier les propriétés de toutes les plantes en général.
Sylvie -
@pantois
pas du tout d'accord avec ce que tu dis. Vis-tu dans le monde des bisounours ?
craps languidic -
Un reportage très récent sur une chaine nationale montrait que le Malawi était passé très rapidement de l'état de famine généralisée à un pays autosuffisant et même exportateur de maïs grâce aux semences spéciales Monsanto résistant à la sécheresse. Ils n'ont pas vraiment parlé d'OGM, mais je suppose que cela en est.
Points positifs : Autosuffisance alimentaire du pays.
Points négatifs : coût des semences à racheter chaque année, besoin d'engrais.
Voilà ce qui a été présenté.
Strange -
Le problème des OGM est-il aussi simple que cela? Je ne le pense pas d'un côté il y a les lobbies des industries agroalimentaires et de l'autre en bout de chaine le consommateur et les petites abeilles Alors c'est là qu'intervient le problème pourquoi les abeilles disparaissent et le frelon asiatique n'est pas le seul responsable. Principe de précaution nous pouvons aussi faire fabriquer des rations alimentaires à base de luzerne il parait que c'est tés nutritif cela pourrait peut-être remplacer le mais trans bien sûr Monsanto ne sera pas content mais peut-être que les petites abeilles reviendront bonsoir les bisounours!
Nuisible -
Faux Pantois, les OGM sont des plantes modifés par la main de l'homme, ce sont qui ont subi l'insertion ou l'enlevement ( voir l'inhibition ) d'un gêne. Donc votre conclusion de ne dire qu'il y a des bonnes et mauvaises plantes ne tient pas ... et déjà c'est quoi pour vous une mauvaise plante ?
René Voujeaucourt -
On dirait que la vermine a trouvé la parade...
http://indiancountrytodaymedianetwork.com/ict_sbc/the-dangers-of-genetically-modified-plant-species
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