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Résidus de pesticides dans les aliments : la bio est nettement plus saine

3488 lectures / 30 commentaires14 novembre 2011, 15 h 37

raisin_bioRaisins issus de l'Agriculture biologique
© C. Magdelaine / notre-planete.info

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) vient de publier son nouveau rapport annuel sur la présence de pesticides dans les aliments, basé sur des données de 2009 pour les pays de l'Union Européenne. Ce rapport confirme que les produits issus de l'agriculture biologique sont nettement moins contaminés que les autres.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments a publié son troisième rapport annuel sur les résidus de pesticides dont l'objectif est de fournir une vue d'ensemble des résidus de pesticides dans l'alimentation observés dans l'Union européenne au cours de l'année 2009 et d'évaluer l'exposition des consommateurs européens à ces résidus par l'intermédiaire de leur régime alimentaire.

Les pays déclarants, qui incluent tous les États membres de l'UE mais aussi l'Islande et la Norvège, ont analysé près de 68 000 échantillons d'aliments pour 834 pesticides. Le nombre de produits alimentaires analysés s'élevait à environ 300 en 2009, contre un peu moins de 200 en 2008.

Les produits bio sont nettement moins contaminés que les autres

Les résultats du rapport de l'EFSA confirment une des valeurs ajoutées de l'Agriculture Biologique : les contaminations des fruits et légumes bio en pesticides sont extrêmement rares. En effet, seuls 2% des échantillons bios analysés par la France contenaient des traces de pesticides, sans que jamais les Limites Maximales en Résidus (LMR(1)) ne soient dépassées. Les rares traces de dépassements peuvent être dues à "des contaminations croisées ou à des pratiques inadaptées" note dans un communiqué l'association Générations Futures(2) qui ajoute que "les contrôles sévères pratiqués en agriculture bio portent donc leurs fruits". Ce résultat est aussi l'occasion de rappeler aux sceptiques que la contamination provenant de cultures non bio reste donc extrêmement limitée (argument souvent avancé pour nier les avantages de l'agriculture biologique).

En comparaison, 37,74% des fruits et légumes issus de l'agriculture intensive analysés en 2009 contenaient des résidus de pesticides (chiffre en très légère baisse par rapport à celui de 38,1% de 2008), dont plus de 3,1% à des quantités supérieures aux LMR (3,8% en 2008) ! "En moyenne, les consommateurs ont donc plus de 18 fois plus de risque de trouver un résidu de pesticide dans un aliment issu de l'agriculture intensive que dans un aliment issu de l'agriculture biologique !" souligne Générations Futures.

Encore trop de multi-résidus dans les aliments conventionnels

Générations Futures s'inquiète du pourcentage d'échantillons contenant plusieurs résidus. Ce sont ainsi plus de 25% des échantillons au niveau communautaire (16% en France) qui contiennent plusieurs résidus (de 2 à 26 dans un même échantillon). Cela est d'autant plus inquiétant que l'EFSA elle-même retarde toujours l'application des règles du Règlement 396/2005 CE – considérant que la multiplicité des résidus doit être pris en compte dans le calcul des Limites Maximales en Résidus (LMR) !

A l'inverse, l'EFSA se veut rassurante et conclu que "compte tenu des connaissances actuelles, l'exposition à long terme aux résidus découverts dans les principaux aliments qui constituent la base du régime alimentaire des Européens ne devait pas engendrer de préoccupations pour la santé." De plus,  "les risques pour les consommateurs étaient peu probables" en ce qui concerne l'évaluation de l'exposition aiguë à court terme.

Une candeur assez étonnante alors que l'on constate la mulitplication des affections de longue durée et les déséquilibres hormonaux induits notamment par l'ingestion et l'exposition aux pesticides en France. En effet, rappelons que les pesticides sont des Polluants Organiques Persistants qui perdurent dans l'environnement, s'accumulent dans les graisses et sont, d'une manière générale, dangereux pour la santé : cancers, altération du système immunitaire, problèmes de reproduction... 

La palme aux raisins de table

A noter que parmi les fruits et légumes analysés en Europe, c'est le raisin de table qui apparait le plus fréquemment contaminé par des résidus de pesticides : plus de 75% des échantillons contiennent des résidus de pesticides. 58% des échantillons contenaient même plusieurs résidus, de 2 jusqu'à 23 résidus différents ! Des résultats inacceptables alors que la France est le premier producteur mondial de vin !

Notons que dans le cadre du « plan Ecophyto 2018 » issu du Grenelle de l'environnement, un décret du 18 octobre 2011 fixe les conditions de délivrance, de renouvellement, de suspension et de retrait des agréments des entreprises et des certificats individuels pour la mise en vente, la distribution à titre gratuit, l'application et le conseil à l'utilisation des produits phytopharmaceutiques. Ainsi, à partir du 1er octobre 2014, l'application de produits phytosanitaires ne pourra se faire sans un certificat, le « Certiphyto » (Terre-net Média).

Notes

  1. Générations Futures est une association qui informe des dangers sanitaires des pollutions par les pesticides en diffusant des informations scientifiques fiables. Générations Futures fait la promotion des alternatives agronomiques permettant d'obtenir des aliments sains sans utiliser de produits chimiques : l'agriculture biologique et également la production intégrée qui réduit fortement le recours aux pesticides.
  2. Les Limites Maximales de Résidus (LMR) sont les niveaux supérieurs de concentration de résidus de pesticides légalement permis dans ou sur des aliments destinés à l'alimentation humaine et animale. Avant qu'une LMR puisse être fixée, une évaluation des risques doit être réalisée afin de garantir la sécurité des consommateurs. Avant septembre 2008, un système mixte de LMR harmonisées au niveau de l'UE et de LMR nationales était en place. Après cette date, des LMR harmonisées ont été appliquées pour toutes les substances actives utilisées dans des produits phytopharmaceutiques susceptibles d'entrer dans la chaîne alimentaire. Cette harmonisation a simplifié le système des LMR en Europe.

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés

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30 commentaires

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avatar Polo Marcel -

moralité: tu as du pognon , tu mange sain ,et tu es en bonne santé
t'a pas de pognon , tu mange pesticide , tu es malade et tu meurs .

avatar Christophe Magdelaine -

Même si le bio reste plus cher que les aliments issus de l'agriculture conventionnelle, manger bio c'est souvent manger des produits qui ont plus de goût, résultat : on diminue les doses.
De plus, c'est une logique d'ensemble : quand on mange bio, on ne devrait pas acheter de cochonneries (sodas, gâteaux, plats cuisinés...) qui sont très coûteux. Résultat, on peut manger 100% bio sans se ruiner, c'est mon cas (environ 40 euros / semaine par personne pour un repas matin / midi et soir)

avatar Dufeu/Goulabert Vinsobres -

Entièrement d'accord avec votre raisonnement sur le coût réel de manger sain Mr Magdelaine. L'exemple boissons avec ces cochonneries de sodas qui coûtent la peau des !!!!!! . Alors un verre de bon vin pour accompagner le déjeuner et le reste du temps,y compris le repas du soir,de l'eau agrémentée d'Antésite,c'est sain et cela coûte une poignée de figues.

avatar Stéphane à Bruxelles -

Tout à fait d'accord avec Christophe mais il faut être "éduqué", mieux: cultivé. Dans une épicerie bio où l'on fait table d'hôte à midi, j'ai demandé de l'eau du robinet en acceptant de payer le service. Calcul facile: on prend la boisson la moins chère, on retire le coût de la marchandise et on paye la différence. 25 cent là (Namasthé à Bruxelles). Dans un autre restaurant bio, un bol de céréale avec un légume: 2€.

avatar Gilook -

Je défie Vinaigre de reconnaitre, à l'aveugle, un poulet bio et un poulet non bio. On parie?

avatar Dufeu/Goulabert Vinsobres -

C'est très simple "Gilook" si votre poulet se désagrège tout seul à la simple vue du four c'est qu'il est issu d'une "usine à viande" victime des tortures infligées aux animaux par le Cancer de La Terre. S'il faut un temps interminable pour qu'il cuise et que la viande est difficile à séparer des os,c'est qu'il a vécu heureux,gambadant à sa guise et picorant tranquillement sa nourriture dans un champ. C'est le fait de petits fermiers (cherchez un peu vous verrez qu'il en reste),qui se foutent d'ailleurs du label bio fait uniquement pour vendre très cher a des "snobinards bobos" quelque chose que faisait avant "le pépé" dans son jardin et ce pour trois francs six sous. En tant que végétarien j'ai mes oeufs,de poules qui gambadent en liberté au lieu des usines (de souffrances) à pondre. Comme tout mon entourage n'est pas végétarien,je ne suis pas un fanatique abruti et je compose avec eux en mangeant (le moins souvent possible) un poulet qui a vécu heureux,la différence saute aux yeux (si j'ose dire) et au goût. Voilà!!! Satisfait j'espère!!!
Cordialement

avatar douds -

Évidemment, que les fruits bio contiennent beaucoup moins de pesticides. Ils captent une toute petite partie de ce qui se trouve dans les nappes phréatiques.
Une objection tout de même, évitez les fruits bio qui viennent de l'autre côté de la planète par avion. Et préférez comme JP Coffe les fruits locaux et de saison.

avatar Hamster -

@Douds
vous parlez de ce même JP Coffe qui a fait de la pub pour Leader Price!?
Dans les enseignes bio, ils respectent dans leurs propositions de fruits et légumes les saisons!
Même les discounteurs font des gammes bio et il est vrai qu'il faut toujours regarder d'où vient le produit (de France c'est mieux ou au pire de l'Union Européenne)et sa composition (car beaucoup trop de produit bio sont composés d'huile de palme).

avatar René Voujeaucourt -


Même si le bio reste plus cher que les aliments issus de l'agriculture conventionnelle, manger bio c'est souvent manger des produits qui ont plus de goût, résultat : on diminue les doses.


Je suis désolé mais c'est entièrement faux, prenez une tomate hybride bio et la même non bio et faites le test, refaites le même avec une variété ancienne (si vous en trouvez). Le bio est surtout utile au niveau environnemental ainsi que pour la santé, il n'apporte rien de plus en terme de goût ou de valeur nutritionnelle.

avatar Christophe Magdelaine -

René : je parle bien sûr de la comparaison entre un aliment bio et un aliment issu de l'agriculture conventionnelle, je ne vous parle pas de votre potager et de ses variétés anciennes...

avatar René Voujeaucourt -



Je faisais bein allusion à l'agriculture bio et à l'agriculture conventionnelle, une tomate hybride bio n'a pas plus de goût qu'une non bio, même chose pour les pommes etc..... Les pesticides ont beaucoup d'effets mais aucun sur le gôut.

avatar Christophe Magdelaine -

Dans ce cas René, je ne partage pas du tout votre appréciation, étant consommateur régulier de produits bio (made in France) et pouvant comparer. De plus, le cahier des charges de l'AB ne se limite pas aux pesticides, notamment dans l'élevage.

avatar MDR -

@ Christophe
votre logique est étonnante voire spécieuse.
Personnellement, quand c'est bon et savoureux j'ai tendance à en manger davantage.
Mais sans doute suis-je une exception...

avatar Christophe Magdelaine -

Je me satisfait de moins lorsque le goût est au rendez-vous car mon plaisir gustatif est comblé. Peut-être suis-je une exception, mais les assiettes des grands chefs débordent rarement : le raffinement de leur cuisine et des aliments l'emportent sur la quantité.

avatar BENUHRGG LERAN -

MDR n'a pas tout a fait tort plus c'est bon plus je mange d'avantage mais je pense que c'est un gourmand...comme moi!!!pour ce qui est du prix le bio reste quand meme (hélas) assez cher...comme le dis polo marcel.quant à la difference de qualité gustative entre "industriel" et bio je pense que celle ci est flagrante consommant moi meme du bio et en produisant (oeufs tomates courgettes poulets ...)

avatar MDR -

Certes, mais au restaurant vous n'avez pas la maîtrise de la quantité.
Par ailleurs, dans la haute gastronomie, contrairement à ce que vous semblez croire les portions ne sont pas forcément congrues : cela dépend de l'esprit du menu.Et lorsqu'elle le sont, c'est surtout une question de prix et de quantité globale sur un repas : chez les grands chefs on s'en tient rarement à une assiette sans compter les entremets de toute sorte.

avatar Christophe Magdelaine -

MDR j'espère que vous avez goûté à la cuisine d'un chef reconnu internationalement pour étayer vos propos, j'ai eu cette chance et je peux vous assurer que les quantités servies m'ont apparu plus que dérisoires sur le coup mais quel éclat des saveurs en bouche : c'était suffisant pour me combler. Je ne crois pas je constate, après vous êtes peut-être une grosse bouffe ;-)
Quand les produits ont du goût on ne se gave pas, on les savoure lentement, chaque bouchée est un plaisir qui en vaut dix.

avatar René Voujeaucourt -

Dans ce cas René, je ne partage pas du tout votre appréciation, étant consommateur régulier de produits bio (made in France) et pouvant comparer. De plus, le cahier des charges de l'AB ne se limite pas aux pesticides, notamment dans l'élevage.


Ce genre de remarque semble vouloir dire: "ferme la, je sais mieux que toi"

Je suppose que vous allez me soutenir qu'un poulet bio (81 jours) a plus de goût qu'une volaille de Bresse.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Poule_de_Bresse

Je pense aussi que vous allez me soutenir qu'un petit Bordeaux Bio est meilleur qu'un Cheval blanc ou un Brane Cantenac.

il y a des limites à l'idéologisme.

avatar Christophe Magdelaine -

Non René, vous êtes libre de vous exprimer. Je vous parle d'aliments comparables avec les mêmes critères "gastronomiques" (région d'élevage, cépage pour vous reprendre) : l'un en bio et l'autre en non bio. Le goût est différent et c'est assez logique d'ailleurs si on comprend bien ce que retourne le logo AB. Pour faire simple, prenez tout simplement deux sucres, deux sels, l'un bio et l'autre non bio. Après visez deux cultures qui viennent du même terroir l'une en bio et l'autre en non bio, vous verrez la différence.
Vous ne pouvez pas comparez ce qui n'est pas comparable, il faut être logique. Comparer un petit Bordeaux bio avec des grands vins c'est idiot, désolé.

avatar René Voujeaucourt -


Après visez deux cultures qui viennent du même terroir l'une en bio et l'autre en non bio, vous verrez la différence.


Vous croyez que je vous ai attendu pour faire le test ? Je suis désolé pour vous mais il y a du bio dégueulasse tout comme il y a du non bio (agriculture raisonnée) excellent. faites donc le test (puisque c'est ma région) entre une saucisse de Morteau bio et une non bio ou une Montbéliard ou encore un morbier ou un comté.

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