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Nitrates dans l'eau de Paris : un nouveau scandale sanitaire ?

3166 lectures / 10 commentaires07 novembre 2011, 11 h 23

eaurobinet© C. Magdelaine / notre-planete.info

Eau de Paris tient aux Parisiens un discours rassurant sur la qualité de l'eau de leur robinet, écrivant même, dans son guide « boire l'eau de Paris », qu'autant pour les : « Femmes enceintes [que pour les] nourrissons, il est recommandé de boire l'eau de Paris ». A l'appui de cette communication proactive un tableau comparatif des teneurs comparées en minéraux de l'eau de Paris et des eaux minérales les plus prestigieuses, indiquant en particulier un taux de nitrates de 29 mg/l, sensiblement inférieur à la norme de 50 mg/l.

Mon professeur de maths au lycée nous mettait souvent en garde contre l'usage des moyennes en nous racontant l'histoire de l'homme qui s'était noyé dans un lac de 15 cm de profondeur moyenne...

Espérons que les professeurs de demain ne puissent pas raconter dans le futur l'histoire du bébé atteint de méthémoglobine pour avoir bu l'eau de Paris, dont la teneur moyenne en nitrates était pourtant très inférieure à la norme... La méthémoglobine, vous savez, c'est ce qu'on désigne couramment par l'expression « syndrome du bébé bleu ». C'est aussi l'une des maladies graves liées à l'eau et recensées officiellement par l'OMS.

Eau de Paris tient aux Parisiens un discours rassurant sur la qualité de l'eau de leur robinet, écrivant même, dans son guide « boire l'eau de Paris », qu'autant pour les : « Femmes enceintes [que pour les] nourrissons, il est recommandé de boire l'eau de Paris ». A l'appui de cette communication proactive un tableau comparatif des teneurs comparées en minéraux de l'eau de Paris et des eaux minérales les plus prestigieuses, indiquant en particulier un taux de nitrates de 29 mg/l, sensiblement inférieur à la norme de 50 mg/l.

Ce qu'Eau de Paris dit beaucoup moins fort, c'est que ce taux varie sensiblement selon les quartiers de Paris, et peut flirter dans certains cas avec la norme, norme considérée par beaucoup de pédiatres comme trop élevée pour les très jeunes enfants...

Cette réalité est d'ailleurs clairement exposée dans le témoignage sur doctissimo d'une internaute parisienne qui, visiblement inquiète, a mesuré à plusieurs reprises à son robinet des taux voisins ou supérieurs à 40mg/l.

Le témoignage de cette femme confirme les chiffres, certes publiés sur le site d'Eau de Paris, mais plus discrètement, concernant certaines zones de Paris. On y constate ainsi des « moyennes » variant de 37 à 40mg/l, avec des maximas jusqu'à 46mg/l.

C'est ce qu'on retrouve également dans le graphique ci-dessous, que j'ai publié  le 26 septembre dernier. Il démontre clairement que la concentration en nitrates sur les sources du Provinois, (qui alimentent Paris en eau), n'a jamais été inférieure à la norme depuis 1979...

© Association Aquibrie

Tout à sa volonté de promouvoir les vertus gustatives et écologiques de l'eau du robinet, Eau de Paris ne ferait-il donc pas fi un peu rapidement du principe de précaution ?

Intrigué et scandalisé, et malgré le droit de réserve auquel je suis tenu, j'ai décidé d'aller plus loin... et ces inquiétudes et témoignages ont été légitimés par les mesures que j'ai dernièrement faites moi-même sur xx fontaines de Paris situées dans des quartiers différents, et qui montrent clairement des concentrations très différentes !

Conclusion : boire de l'eau à la moyenne n'est sans doute pas dangereux, mais c'est une eau que personne ne boit ! De même que personne ne se baignait dans les 15 cm de profondeur moyenne.

Alors, dangereux ou pas ? Comme je l'avais souligné dans mon post d'il y a quelques jours, le doute existe pour les femmes enceintes et les enfants en bas âge. Eau de Paris doit une information précise aux habitants des quartiers concernés.

Tout ceci, me direz-vous, est certes inquiétant, mais pourquoi s'intéresser à cette question sur mon blog dédié à l'écologie essonnienne ?
Castelvirois, ne vous réjouissez-pas trop vite ! Car c'est justement cette eau en provenance du Provinois que vous pourriez avoir à votre robinet dans quelques mois, si j'en crois les annonces du Président de notre agglomération (cf mon post du 22 avril dernier) Gabriel Amard...

J'ose espérer que la qualité de l'eau que nous pourrions boire dans le futur sera étudiée par nos édiles aussi attentivement que celle que buvons actuellement, et publiée par la Régie avec la même transparence...

La clé est verte...

Source

http://monvirynature.blogspot.com/2011/11/nitrates-dans-leau-de-paris-un-nouveau.html

Auteur

Ecoloviry Ecoloviry / ecoloviry

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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10 commentaires

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avatar Anne-Paris -

Bravo pour votre perspicacité. Que du vrai dans vos propos. Eau de Paris ment. Ce n'est pas nouveau. Faisons-le savoir

avatar José BABOT - 36 -

Je vous trouve un brin tendancieux...
On ne peut pas reprocher à Eau de Paris de ne pas être "assez en-dessous" de la norme. Il n'appartient pas à Eau de Paris de décider si la norme est assez protectrice ou pas.
Si la norme n'est pas assez protectrice, il convient d'en référer à la Direction générale de la Santé, et non aux distributeurs.
Quant à la qualité des eaux du Provinois, elle est "mauvaise" en ce qui concerne les nitrates, mais elle est probablement mélangée à d'autres eaux de façon à distribuer une eau répondant aux normes.
On peut discuter de cette pratique, mais elle est commune (souvent indispensable) et acceptée les DDASS à Paris ou ailleurs.
Le vrai problème des nitrates, n'est pas le distributeur, mais les pratiques agricoles.
Comment doit faire Eaux de Paris pour diminuer le taux de nitrates sachant qu'on ne peut les éliminer par traitement ? Chercher d'autres sources d'approvisionnement ? Où ? à quel prix ?
Plutôt que de s'en prendre à des services publics qui font (probablement) ce qu'ils peuvent, essayons de cerner la source des problèmes (ici l'agriculture intensive, encouragée par les industries phytosanitaires)et cherchons des solutions durables.
JB

avatar BESNARD Claude TINCHEBRAY 61800 -

A contre-courant du dogme actuel sur la prétendue toxicité des nitrates, de nombreuses communications médicales présentées en Avril 2011 à l'Hôpital de La Pitié-Salpêtrière ont montré qu'il faut poser un autre regard sur les rapports entre cette molécule, les nitrites, l'oxyde nitrique, et la santé.

La plupart des contributions ont en effet mis en avant des effets bénéfiques avérés émanant des nitrates. Ces interventions avaient lieu dans le cadre d'un colloque médical organisé par l'association Adicare (présidée par le cardiologue Christian Cabrol), sous le patronage de l'Académie nationale de médecine.
De l'eau a en effet coulé sous les ponts depuis un premier colloque scientifique organisé en 2000 sur cette question, où il avait déjà été démontré que la norme de 50 mg/l reposait sur du sable. Les conséquences du rôle fondamental du NO dans la physiologie, qui a donné lieu au prix Nobel de médecine en 1998, donnent lieu ces dernières années à de nombreuses publications, qui bouleversent les croyances anciennes.
Le docteur Jean-Louis L'Hirondel a rappelé qu'il fallait une prolifération bactérienne considérable, d'au moins 1.000.000 germes/ml d'eau, et un certain délai d'action, pour permettre la transformation des nitrates en nitrite dans le biberon (il faudrait par exemple laisser une soupe de carottes 48 heures à température ambiante pour atteindre ce seuil) et provoquer la maladie après l'ingestion.

avatar Zor Jean Rouen -

Cet article est un ramassis d'affirmations gratuites aux références très douteuses. Il est de plus tendancieux de montrer un beau graphique avec des teneurs en nitrates de la nappe de Provins et de le raccrocher aux teneurs au robinet. Entre temps il y a de l'eau de la nappe phréatique de la seine qui est passée par là.
D'ailleurs dans l'article aucun chiffre ne dépasse la norme de 50 mg/l. De plus cette norme est loin d'être une norme toxicologique.
Encore un bel exemple d'alamisme gratuit !

avatar hervé -

Bravo pour les deux derniers intervenants qui acceptent pas le catastrophisme écologique

avatar ChouChou - Paris -

Pourquoi l'eau du centre de Paris, avec ses 35 milligrammes par litre de nitrates est-elle conseillée et donnée dans les crèches aux nourrissons ? »

L'énigme a été dévoilée à igepac, ce 17 décembre 2010, par Charles-Henry :

« Les petits Parisiens naissent dans les choux, et pour faire pousser ces bouts-de-choux, il faut leur donner des fortifiants, des nitrates, pour en faire de belles plantes. »





Rappel

La capitale devrait être exemplaire, mais les bébés y naissent dans des choux …

Paris fait sa pub sur Internet et à la télévision, et déclare que l'eau de Paris « peut être utilisée pour la préparation des biberons sans aucun risque », ce qui paraît peu responsable si l'on se réfère à la règlementation. De plus les crèches utilisent cette eau du robinet. L'eau du centre ville de Paris est chargée en nitrates de 30 à 40 microgrammes par litre. La limite de qualité est de 50, limite considérée pour une consommation moyenne journalière de un litre et demi pour un adulte.


L'OMS ( Organisation Mondiale de la Santé ) a établi une dose journalière acceptable pour les nitrates présents dans les aliments de 3,65 milligrammes de nitrates par jour et par kilogramme du poids d'un individu, nourrisson exclu évidemment. Pour une personne de 60 kg, la dose journalière acceptable est d'environ 220 milligrammes. Pour respecter cette norme, l'eau de Paris devrait même être interdite de boisson pour les enfants de moins de 10 kg ( un litre par jour = 30 à 40 mg ) !!!



Si les nitrates ne sont pas des poisons pour les adultes, leurs présences doivent nous rendre vigilants car les cultures associent aux nitrates toujours des pesticides qui, eux, sont de véritables poisons. De plus, les pesticides utilisés localement, ne sont pas tous recherchés. Cependant, l'absence de nitrate n'exclut pas la possibilité de présence de pesticides, lorsque l'eau du robinet provient d'un cours d'eau, certaines molécules peuvent passer au travers de la filtration des usines de traitement de cette eau brute, le glyphosate ( roundup ) par exemple.

http://www.igepac.com/article-a-paris-les-bebes-naissent-dans-des-choux-le-maire-nourris-ses-petits-avec-une-eau-riche-en-nitrates-63202725.html

avatar Nessa -

Désolée mais l'article est faux, sur juste un mot qui fait tout le scandale. Dans la documentation de Eau de Paris "Boire l'Eau de Paris", il n'est pas écrit le mot recommandé mais adapté aux femmes enceintes et aux nourrissons. L'Eau de Paris est de bonne qualité, parlons plutôt de ces communes rurales qui n'ont pas, eux, d'eau de bonne qualité.

avatar jean, paris -

Article inutile et complètement tendancieux, d'un point de vue réglementaire, sanitaire, toxicologique et biologique.
Il traduit une méconnaissance totale dans le processus de création d'une norme ainsi que dans les principe de production et distribution d'eau.

Je rejoins totalement l'avis de BESNARD Claude et de Jose BABOT.

avatar Glagny91 -

Une bonne partie de l'eau des quartiers sud de Paris vient des captages dans la Vanne, le Loing et le Lunain. Ils arrivent au réservoir du parc Montsouris par aqueduc passant à Viry-Châtillon. (Cf. "Castelvirois" dans l'article)

Quant à l'eau puisée dans la Seine à Ris-Orangis pour alimenter Viry-Châtillon, (je suis justement castelvirois !), vient en partie du Provinois où passe la Seine, mais aussi de l'Yonne, l'affluent terrible de la Seine, qui a un plus gros débit que le fleuve quand elle arrive à Montereau-Fault-Yonne, sans parler des autres affluents comme le Loing, l'anecdotique Écoute-s'il-pleut, joli nom pour une rivière.

avatar HERMET à ST MAUR DES FOSSES -

Entre les pesticides, les nitrates, et tout le reste, je suis étonné qu'on ne soit pas déjà tous morts ! ça ne devrait pas tarder si rien n'est changé ! La nature ne nous avait pas offert des rivières polluées, et ni des légumes et fruits pollués !

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