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2190 lectures / 8 commentaires28 octobre 2011, 10 h 28
DRLe barrage de Belo Monte et la route traversant la réserve d’Isiboro Secure, c’en est fini ? Deux cas, pour le moins, illustrent les difficultés des gouvernements sud-américains à concilier des politiques de développement avec les règles en matière d’environnement.
Depuis une trentaine d’années, les autorités de Brasilia et les populations locales, relayées par les mouvements écologistes, s’opposent autour de ce projet de barrage pharaonique, le troisième plus grand du monde. Une biodiversité unique pour la planète, celle de la forêt amazonienne, était l’enjeu d’un conflit où corruption et brutalités policières étaient ont rendez-vous. La justice de l’État du Para (Nord du Brésil) vient d’ordonner l’arrêt des travaux du barrage hydroélectrique. Plus récemment, en Bolivie, un projet routier traversant et menaçant les équilibres d’un parc naturel amazonien faisait débat. Le président Morales, un natif apparemment très sensible aux causes indigène et écologique, a fini par entendre les arguments des opposants.
La justice brésilienne s'oppose finalement au barrage amazonien de Belo Monte.
Un juge a donc interdit d'altérer le lit du fleuve Xingu, «par l'implantation d'un port, des explosions, la construction de digues, le creusement de canaux ou toute autre forme de travaux qui modifient son cours naturel ». Cette décision judiciaire marque une nouvelle étape dans une histoire déjà riche en rebondissements. Il faut donc être prudent.
L'imprudente initiative remonte au milieu des années 1970. En 1989, les natifs, soutenus par le chanteur Sting, de nombreuses ONG, ainsi que les prêtres activistes de la Théologie de la libération (église non alignée), avaient déjà réussi à faire plier le gouvernement de Brasilia à l'issue d'une campagne savamment orchestrée. Depuis lors, les dessins de l'ouvrage avaient été revus et corrigés pour limiter l'impact environnemental, réduisant de 1 200 à 600 km² la surface des terres inondées.
D'une capacité de 11 200 mégawatts et d'une largeur de 6 km, le Belo Monte est le troisième plus grand barrage du monde après celui des Trois Gorges, en Chine (18 000 MW) et celui d'Itaipu, exploité en commun par le Brésil et le Paraguay (14 000 MW). Il devrait assurer 11 % de la capacité de production électrique du Brésil. Les travaux sont estimés à 8 milliards d'euros. Les promoteurs annoncent que l'ouvrage suscitera des dizaines de milliers d'emplois.
Il n'en restait pas moins que les opposants au projet continuèrent à dénoncer quant à eux les dégâts humains et environnementaux : 20 000 personnes issues des communautés indiennes devront quitter leurs terres natales et vivrières, et le barrage engendrera une érosion incommensurable d'une faune et d'une flore d'une incroyable richesse dans toute la région.
Depuis, le bras de fer n'avait cessé, avec une vaste mobilisation de l'opinion via les médias mondiaux, le soutien de stars du cinéma et de la chanson, des plaintes devant les tribunaux locaux, régionaux, nationaux, internationaux... La dernière action en date fut la tournée internationale et très médiatisée du grand chef Raoni du peuple Kayapos.
« La décision de l'État du Para est une victoire inattendue qui va permettre aux Indiens de faire valoir leur droit », précise Sophie Baillon, porte-parole de l'association Survival, « mais il ne s'agit peut-être que d'une décision provisoire, sans doute pas d'un succès définitif », poursuit-elle.
Le Président Morales suspend le projet routier menaçant la Réserve d'Isiboro Secure.
La pression populaire a eu raison du projet de route au cœur du parc écologique. Le président Evo Morales vient d'ordonner la suspension des travaux, dans l'attente d'une nouvelle consultation populaire.
Cette route devait désenclaver deux provinces en reliant celle de Beni (Nord) à celle de Cochabamba (centre) et couper une réserve d'un million d'hectares, terre ancestrale de 50 000 Indiens amazoniens.
Ce tracé de 300 km, dont le chantier devait être livré en 2014, fut l'occasion en août dernier d'une marche protestataire de plus de 600 km d'un millier d'Amérindiens durant 40 jours, depuis Trinidad jusqu'à La Paz. Les indigènes dénonçaient l'impact sur le parc, mais accusaient aussi Morales de vouloir ouvrir de nouvelles terres aux cultivateurs de coca, une famille syndicale et politique dont il est originaire.
Au delà du projet mal venu, un fait inattendu alors que le nouveau Président est autochtone et anticapitaliste, aura été la réaction extrêmement brutale des forces de l'ordre. Un gouvernement qui se dit indigène Aymara et proclame en pionnier des droits pour Gaïa, ne peut s'en prendre à la fois aux indigènes et à la biodiversité !
La double cause semble avoir été entendue par Morales.
Michel TarrierLes opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
Geof -
Pour TIPNIS, mieux qu'une suspension, c'est un abandon avec la "Ley Corta" http://www.misna.org/fr/economie-et-politique/tipnis-indigenes-satisfaits-de-la-promulgation-de-la-nouvelle-loi/
ou http://www.diariouniversal.net/2011/10/21/evo-veta-ley-corta-del-tipnis-y-acepta-que-ninguna-carretera-atraviese-ese-parque-nacional/
Pacha mama 65 -
Bravo aux amérindiens et à tous ceux qui les ont aidé.
Raphaël Zacharie de IZARRA -
CONTRE LE DISCOURS ÉMOTIONNEL DE RAONI ET SES ADEPTES !
Ne cédons pas face à la dictature et au chantage d'une minorité ethnique n'ayant pas toutes les données d'une affaire dépassant ses minuscules frontières physiques, politiques et psychologiques !
Les arguments de Raoni sont certes plaisants aux yeux des (faux) humanistes mais objectivement restent étroits, égoïstes, ethnocentriques.
La vérité n'est pas nécessairement du côté des rebelles minoritaires. Sacrifier les intérêts de la majorité (c'est à dire les nôtres) pour préserver ceux d'une minorité, cela ne s'appelle pas de la démocratie mais de la tyrannie !
Raphaël Zacharie de IZARRA
Alain de Cluny -
Les intérêts de la majorité... C'est bien là qu'est le problème...
Cyrille LOUIS île de la Réunion (département:974) -
Jusqu'oû iront-ils sous le couvert de la technologie, trop de profit tue le profit et soyons honnête avec soi-même.
Michel Tarrier -
Écorésistance en Amérique latine.
Le Pérou interdit les OGM :
http://www.infogm.org/spip.php?article4937&mid=523323
Et l'exploitation des animaux dans les cirques de merde :
http://www.1jour1sourire.fr/actualites/540-le_perou_interdit_les_animaux_natifs_ou_exotiques_dans_les_cirques
Ce que l'immonde colonisateur est incapable de faire en Espagne, où le pays est COUVERT d'OGM (que bouffe l'Europe passive) et où les animaux sont toujours ostensiblement suppliciés dans les cirques dégueulasses et ailleurs…
Bravo aux Péruviens !
Marojejy - Madagascar -
Effarant le commentaire de M. de IZARRA, tout couvert d'un démagogisme ambiant pour contre les minorités, les faibles, les inconnus, les inaudibles... C'est vrai, tant qu'on peut écraser les 'inférieurs' pour des intérêts 'supérieurs', c'est excellent, profondément humain et gravé dans notre histoire depuis l'aube... mais cela à des relents fort nauséabonds... C'est, à ce stade, une intention génocidaire reconnue et cela est condamnable. Bravo aux sud-américains, le progrès on s'en fout lorsqu'il touche la démesure et le profit des corporations gloutonnes.
Raphaël Zacharie de IZARRA -
Marojejy ,
Vous, vous préféreriez écraser le monde entier pour défendre les intérêt de quelques centaines d'individus... Et vous appelez cela de l'humanisme ?
J'appelle cela de la tyrannie pure et simple.
Nous sommes 7 milliards d'humains dans le même bateau, il faut faire des choix. Moi j'ai choisi de défendre les intérêt du plus grand nombre.
Cela s'appelle la démocratie.
Raphaël Zacharie de IZRARA
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