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3097 lectures / 6 commentaires26 octobre 2011, 12 h 55
Thon rouge de l'Atlantique : l'espèce de thon la plus grande. Un spécimen peut peser jusqu'à 700 kg et vivre 40 ans.Durant de nombreuses années, la pêche au thon rouge de Méditerranée a souffert d'une mauvaise gestion et de l'absence de contrôles. En 2008, un examen indépendant réalisé par la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA/ICCAT), organisme de gestion de cette pêche, qualifiait sa politique de "parodie de gestion de la pêche". Un rapport du Pew Environment Group, données 2009 et 2010 à l'appui, souligne l'écart qui se creuse entre la quantité déclarée de thon rouge capturé et les quotas de captures fixés par l'ICCAT.
Le thon rouge est un des poissons les plus remarquables au monde. Il pèse jusqu'à 700 kg, migre d'un bord à l'autre de l'Atlantique – soit une distance de plus de 7 700 km – en l'espace d'un mois, et peut plonger à des profondeurs supérieures à 1 000 m. Comme nous, le thon rouge a le sang chaud. Lorsqu'un thon traverse l'Atlantique, sa capacité à réguler sa température corporelle lui permet de survivre à toute une série de conditions et de profondeurs. Il existe trois espèces de thon rouge : thon rouge de l'Atlantique, du Pacifique ou du Sud.
Le thon rouge de l'Atlantique est un « superprédateur ». Il s'agit d'une espèce qui occupe une place importante dans le réseau trophique de l'océan : il est en haut de la chaîne alimentaire et contribue ainsi à la stabilité des écosystèmes. En effet, de nombreuses espèces de poissons et d'animaux marins dépendent du thon rouge.
Une pression halieutique ininterrompue sur ces créatures autrefois abondantes les a poussées au bord de l'effondrement. Ces animaux marins ont été surpêchés pendant des décennies du fait de la demande croissante – et mondialisée – en sushis. Dans la pêcherie méditerranéenne du thon rouge, l'essentiel de ces poissons sont capturés par des navires à senne coulissante qui utilisent un grand filet pour encercler des bancs entiers de thon rouge et les remorquer vers des élevages où ils sont engraissés avant d'être abattus.
Pendant plus d'une décennie, la Méditerranée a fait l'objet d'une pêche intensive pratiquée par une flotte industrielle gigantesque de senneurs qui a délibérément ignoré les limites de captures de l'ICCAT et compromis la durabilité de la pêcherie et la subsistance des petits pêcheurs traditionnels de thon rouge agissant quant à eux dans la légalité. Selon les propres scientifiques de l'ICCAT, les limites de captures « n'étaient ni respectées ni suffisamment efficaces pour contrôler l'ensemble des captures ».
Une précédente étude examinait le commerce international du thon rouge de Méditerranée de 1998 à 2008, et montrait d'importants écarts entre les limites de captures fixées par l'ICCAT et la quantité déclarée de thon rouge de l'Atlantique Est et de Méditerranée négocié sur les marchés mondiaux chaque année. C'est en partie suite à cette analyse, à d'autres rapports exposant les problèmes qui gangrènent la pêcherie méditerranéenne, et après des années de campagne de la part de mouvements écologistes, que les quotas de thon rouge ont diminué depuis l'année 2008. En 2010, pour la première fois, le quota se situait dans la fourchette recommandée par les scientifiques. Encore faut-il qu'il soit respecté !
Une nouvelle étude actualisée du Pew Environment Group intègre les années 2009 et 2010 et cherche à déterminer si, en dépit de la réduction des quotas et de l'amélioration des mesures de mise en conformité depuis 2008, il n'existe pas encore d'importants écarts entre les quantités de thon rouge capturées, déclarées et commercialisées et les quotas fixés par l'ICCAT.
Tous les ans, l'ICCAT fixe un quota de pêche global pour la population de thon rouge de l'Atlantique Est et de Méditerranée, réparti entre les parties contractantes. Entre 1998 et 2010, les quotas cumulés, ajustés annuellement par l'ICCAT, s'élevaient à un total de 378 698 t (tonnes). Or, selon les rapports officiels de captures de l'ICCAT, 395 554 t de thon rouge ont été capturées dans l'Atlantique Est et en Méditerranée entre 1998 et 2010, soit une différence de plus de 16 800 tonnes.
Mais il y a pire : sur base des rapports commerciaux et des documents officiels d'exportation, la capture et le commerce de plus de 490 000 t de thon rouge ont été déclarés entre 1998 et 2010. Cet écart indique un dépassement du quota de 98 250 t !
En 2009, les quotas ajustés imposés par l'ICCAT étaient de 21 780 t, 13 525 t en 2010 et 12 900 t en 2011. Or, là aussi, les rapports officiels du marché indiquent qu'il s'est échangé 70 646 tonnes de thon rouge en cumulé sur 2009 et 2010, c'est plus du double des quotas autorisés !
En 2008, la quantité de thon rouge de l'Atlantique Est négocié sur le marché mondial dépassait le quota légal de 31 %. En 2010, cet écart était passé à 141 %...

De surcroît, ces données ne tiennent pas compte du « marché noir » de thon rouge, lequel ne figure pas dans les bases de données commerciales nationales et internationales et n'est pas déclaré à l'ICCAT par les pays de pêche. La véritable ampleur du commerce illicite de toute ressource précieuse est bien évidemment difficile à calculer. Les résultats d'une analyse du commerce de thon rouge récemment publiée par le Comité permanent pour la recherche et les statistiques de l'ICCAT (SCRS) indiquent qu'entre 1998 et 2007, le marché noir de thon rouge de Méditerranée a vraisemblablement ajouté 20 % supplémentaires au total du commerce reflété dans ce rapport.
L'ensemble des captures licites et illicites de thon rouge en Méditerranée et dans l'Atlantique Est a considérablement diminué depuis 2008. Cela s'explique par les quotas plus restrictifs fixés par l'ICCAT, par les réductions prévues dans la capacité de la flotte par les États membres de l'ICCAT, par une saison de pêche plus courte et par l'application de l'interdiction des avions de repérage au-dessus de la Méditerranée. Néanmoins, cette pêcherie ne peut être considérée comme une réussite étant donné que l'écart continue à se creuser entre les quotas annuels de thon rouge, la quantité de thon rouge officiellement déclarée par les pays de pêche, et la quantité déclarée de thon rouge négociée sur le marché mondial.
Ainsi, le rapport souligne qu'il reste un certain nombre de lacunes graves, parmi lesquelles :
De plus, la pêche illicite ou non déclarée a un impact direct sur l'état actuel et futur de la population de thon rouge en Méditerranée, qui se situe déjà à des niveaux historiquement bas suite à des années de surpêche. Si la pêche se maintient à ses niveaux actuels, les scientifiques de l'ICCAT ont déterminé que cette population a moins de 24 % de chances de se reconstituer conformément à l'objectif fixé pour 2022 par les membres de l'ICCAT.
Malgré la diminution du quota annuel de thon rouge fixé par l'ICCAT et une réduction significative de la capacité de la flotte, le rapport du Pew Environment Group montre que la surpêche et la fraude se poursuivent, indiquant que la mise en conformité doit être nettement améliorée, notamment dans les opérations de pêche à la senne et d'élevage. Ces efforts doivent s'accompagner de plans de réduction continue de la capacité de la flotte, étant donné que la surcapacité de la pêche et de l'élevage industriels est l'un des mécanismes concourant à la pêche illicite et aux sous-déclarations.
Le thon rouge est un ingrédient recherché pour la préparation des sushis, mais il est rarement vendu dans les supermarchés. Vous le rencontrerez généralement comme l'un des plats les plus chers au menu de restaurants haut de gamme proposant des sushis, ou en tant que spécialité régionale en France, en Espagne ou en Italie. L'essentiel du thon rouge capturé dans le monde est destiné au Japon, plus grand importateur de thon rouge au monde, avec près de 80 % des thons commercialisés dans le monde.
Avant de manger des sushis, renseignez-vous bien sur le poisson qui les compose !
Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés
Bernard Piquenard -
Pour compléter ton communiqué, Christophe.
Article trouvé dans le magasine Géo: Auteur/ Blaise Mao,. |
Thon rouge : "la France tarde à faire connaître sa position".
La France n'a toujours pas fait connaître sa position officielle sur l'interdiction du commerce international du thon rouge. L'arbitrage du président de la République est très attendu, car le sort de l'espèce se jouera en mars à Doha, au Qatar, à l'occasion du prochain sommet de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites).
Le contexte
La principauté de Monaco a proposé en septembre 2009 l'inscription du thon rouge à l'annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites). Une inscription qui entraînerait automatiquement l'interdiction du commerce international de cette espèce menacée de disparition, dont les stocks sont essentiellement destinés au marché japonais.
La Commission européenne a proposé aux Etats membres de soutenir cette proposition, mais cinq grands pays européens dont la France ont refusé, arguant que les connaissances scientifiques sur les stocks de thon rouge n'étaient pas suffisantes. Une position qui a surpris, alors que le président de la République s'était engagé, en juillet, à "soutenir l'inscription du thon rouge à l'annexe de la Convention internationale sur les espèces sauvages, pour en interdire le commerce."
L'enjeu
Le 12 janvier, le ministre de l'Écologie, Jean-Louis Borloo, a annoncé ne pas avoir "de doutes sur la position française". Le lendemain, le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, déclare ne pas être favorable à une "interdiction de la pêche" au thon rouge, mais seulement à une interdiction de la commercialisation de cette espèce hors de l'Union européenne.
Des déclarations contradictoires qui entretiennent le flou sur la position de la France. Pour clarifier la situation, le président de la République devrait s'exprimer dans les prochains jours sur ce dossier sensible, peut-être lors de son déplacement à Mayotte, en début de semaine prochaine.
De leur côté, les ONG continuent à mettre la pression, à deux mois de la prochaine réunion de la Cites, qui rassemblera en mars les représentants des 175 Etats adhérents. Mais elles demeurent optimistes sur la nature de l'arbitrage présidentiel. "Entre la déclaration du Havre de Nicolas Sarkozy (voir plus haut), les déclarations sans queue ni tête de ministres qui se refilent la patate chaude, et la surmédiatisation de la question du thon rouge depuis quelques jours, on a quand même bon espoir que le président prenne la bonne décision" explique Charles Braine, chargé de campagne Pêche durable au WWF.
A Doha, une éventuelle interdiction du commerce du thon rouge devra recueillir le soutien d'au moins deux tiers des 175 pays membres de la Cites. La position de la France pourrait faire basculer celle des derniers pays européens encore réfractaires à une interdiction de la pêche et du commerce du thon rouge (Espagne, Italie, Grèce, Malte) et permettre d'obtenir ensuite le soutien d'autres pays influents, comme les Etats-Unis ou le Brésil.
Dufeu Vinsobres -
Et pourquoi cela...hein!!!!! Sans doute parce qu'il y a....de moins en moins......de "Cancer de La Terre"!!!!
Nadia Carn -
vraiment effroyable !
douds -
quel triste dommage d'en arriver là.
reith -
d'autre part, il y a un élèment qu'il faut prendre en considération : qui sont les pêcheurs de thons rouges de Méditérannée ? D'où viennent ils ? et comment ont ils abouti à cette activité ?
Il suffit de consulter la composition des syndicats à Marseille pour comprendre que l'on est face à une mafia sans scrupule, et sans pitié avec une profonde inculture.
Alain Grobon - Phuket - Thaïlande -
Il est dramatique de voir le laxisme des autorités face aux intérêts corporatistes.
Le 15 avril 2009 un article annonçait déjà: Thon rouge de Méditerranée : disparition définitive annoncée pour 2012.
Citation:
"Alors que les flottes de pêche méditerranéennes se préparent pour l'ouverture de la pêche au thon rouge demain, le WWF rend publique une analyse exclusive montrant que la population de thon rouge va disparaître d'ici 2012. En effet, cette étude montre clairement que la population de thons rouges a diminué fortement au cours de la dernière décennie - et sera effacé complètement, en 3 ans, si les gestionnaires et les décideurs continuent d'ignorer les avertissements venant de la communauté scientifique."
« Le thon rouge de Méditerranée est sur la pente fatale de l'effondrement, et voici les données pour le prouver», a déclaré le Dr Sergi Tudela, responsable pêche au WWF Méditerranée. "Le WWF n'a pas d'autre choix que de demander instamment à nouveau la fermeture immédiate de cette pêcherie.» Fin de citation.
De plus la disparition des thons entraine la prolifération des méduses (leurs proies) en sorte que la situation prévue par Jules Verne se réalise. Il prédisait, dans Vingt mille lieues sous les mers, des océans vidés de leurs poissons et de leurs mammifères et encombrés de méduses.
Cela est entrain de prendre forme sous nos yeux.
QUELLE TRISTESSE !
Cette question fait partie des 235 sujets de réflexion abordés dans http://sens-de-la-vie.com/
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