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3616 lectures / 1 commentaire17 octobre 2011, 17 h 28
Fragment de météorite retrouvé par la famille Comette à Draveil, Essonne -FrancePlusieurs météorites sont tombées durant l'été 2011 en France, notamment au nord de Rennes et dans l'Ariège. La dernière a été retrouvée dans la ville de Draveil en Ile-de-France : les scientifiques du Muséum national d'Histoire naturelle et de l'Université Pierre et Marie Curie lancent un appel à témoins.
Parmi la soixantaine de météorites retrouvées en France, c'est la première fois qu'on retrouve une météorite terminant son voyage céleste à si petite distance de la capitale française.
Plusieurs fragments ont déjà été récupérés dans plusieurs communes de l'Essonne dont Draveil (91). Ils proviendraient d'un bolide qui a traversé notre atmosphère dans la nuit du 12 au 13 juillet 2011. Sa taille initiale pourrait probablement avoisiner le mètre selon Brigitte Zanda, astrophysicienne et cosmochimiste au Muséum national d'Histoire naturelle.
Un premier fragment a été découvert par une famille de Draveil qui a alors contacté Albert Jambon, professeur à l'université Pierre et Marie Curie (Paris 6), spécialiste des météorites, et Pierre-Marie Pelé, chasseur de météorites.
Puis, le 21 septembre 2011, la famille Comette (nom prédestiné), revenue de vacances, découvre un fragment suite à une fuite d'eau dans leur toit. Ils ont alors pris contact avec Alain Carion, collectionneur de météorites.
Le morceau, d'un poids très modeste (205,9 g) porte les traces des tuiles sur lesquelles il a atterri et qu'il a cassées. Un fragment de celui-ci vient d'être intégré dans les collections du Muséum.
Depuis, plusieurs fragments ont été découverts par les habitants des communes avoisinantes (à Grigny notamment) : dont un de 2 kg et un autre de 5 kg !
Brigitte Zanda nous indique que les fragments ont été analysés en collaboration avec l'Université Pierre et Marie Curie : il s'agit d'une chondrite ordinaire, soit le type de météorite le plus courant. C'est une météorite pierreuse, elle-même fragment d'un astéroïde qui croise dans la Ceinture des astéroïdes, située entre Mars et Jupiter.
"Sa composition est voisine des élements solides du soleil et des planètes de notre système solaire, y compris la Terre", précise Brigitte Zanda.
Le Muséum national d'Histoire naturelle demande aux personnes qui ont retrouvé un fragment de météorite de le contacter au plus vite. En effet, ces pierres « scientifiquement précieuses » s'altèrent très rapidemment lorsqu'elles sont soumises aux intempéries. Et c'est d'autant plus vrai avec les fragments actuels qui sont "rapidement dégradés par notre atmosphère polluée", notamment au chlore, souligne Brigitte Zenda, alors que des fragments récupérés il y a pourtant plusieurs siècles sont en meilleur état...
Rappelons que les météorites sont des « fossiles » qui constituent la principale source d'information des scientifiques sur les conditions de formation du soleil et des planètes. L'analyse de ces roches extraterrestres inchangées depuis leur formation représente pour ces chercheurs une mine d'informations précieuses qui permettent d'en apprendre plus sur la genèse des planètes de notre système solaire. De plus, objets rares, les météorites ont une valeur patrimoniale exceptionnelle, d'où l'importance de les signaler.
Ainsi, les habitants de Draveil et des communes avoisinantes sont invités à rechercher ces pierres tombées du ciel. Certains fragments ont pu briser des tuiles de toits, mais ils peuvent également être tombés dans des gouttières, être dissimulés dans des herbes, sous des feuilles, etc...
« Il y a probablement une centaine de pierres dans un rayon de 10 km autour de Draveil, annonce Albert Jambon. Je lance un appel aux propriétaires pour qu'ils cherchent sur leur toit. »
La chasse continue...
Si vous trouvez l'une de ces pierres ou si vous avez été témoin de sa chute, merci de contacter rapidement le Muséum national d'Histoire naturelle par mail à l'adresse valhuber@mnhn.fr ou par téléphone au 01 40 79 56 01.
Le Muséum national d'Histoire naturelle nous fournit quelques clés pour nous aider à identifier une météorite.
Tout d'abord, on reconnait une météorite à la fine pellicule noire qui la recouvre et que l'on appelle « croûte de fusion » alors que la roche est claire à l'intérieur. De plus, les météorites ont souvent des faces planes avec des angles pouvant être aigus, mais légèrement adoucis au niveau des arêtes.
Enfin, il faut prendre quelques précautions afin de ne pas altérer la composition du fragment de météorite :
L'été a été particulièrement riche en évènements météoriques puisque la chute de cette météorite sur Draveil a été suivie par l'observation de deux bolides dans le ciel de Bretagne, puis dans le ciel d'Ariège.
Mardi 19 juillet 2011, vers 5h15, une météorite a explosé dans le ciel au nord de Rennes. Plusieurs témoins ont relaté les faits, mis en lumière par Priscilla Abraham, responsable du planétarium de Rennes.
Une intense lueur blanche, éclaire le ciel : la météorite entre dans l'atmosphère terrestre. Puis, dans sa chute, elle pénètre dans des couches plus denses de notre atmosphère : elle chauffe et devient orange / rouge. Puis, à force de vibrations, "elle va finir par exploser, provoquer des secousses comme un avion supersonique", a précisé à l'AFP la responsable du planétarium. En fonction de sa taille originelle, des fragments vont alors retomber sur Terre.
Normalement, les météorites explosent à 90 ou 70 km d'altitude, mais "on peut imaginer qu'elle était plus grosse que d'habitude, donc elle est tombée plus bas. Selon un de nos collaborateurs qui a observé le phénomène, à environ 50 km", a ajouté Mme Abraham.
Un tel phénomène peut être visible à des centaines de kilomètres à la ronde, ce qui explique les nombreux témoignages reçus.
Le 3 août 2011, vers 3 h 30 du matin, de nombreux témoins, du Tarn-et-Garonne aux confins de l'Ariège et de l'Aude, en passant par le Tarn et la Haute-Garonne ont observé le passage d'une « boule de feu » dans le ciel.
Dans l'Ariège, les vacanciers du camping de la Serre, à Aigues-Vives, ont été réveillés par une « explosion dans le ciel » à la même heure, le même jour. Un campeur hollandais a même vu, sur une trajectoire ouest est, « une boule blanche très lumineuse qui a explosé en quatre ou cinq morceaux rouges ou jaunes » avant de disparaître à l'horizon audois, vers Chalabre et Bélesta.
La météorite tombée sur Draveil est la 65ème « chute » française, c'est-à-dire la 65e récoltée très peu de temps après sa chute, la précédente était tombée dans la Drôme en 2002. Elle sera déclarée prochainement auprès du Comité de Nomenclature de la Meteoritical Society et devrait porter le nom de la localité où elle est tombée : Draveil.
Il est observé entre 5 et 25 chutes de météorite par an en France, malheureusement, très peu sont retrouvées. Si le XIXème siècle a été particulièrement riche en découvertes (44 objets), le XXème siècle est resté très pauvre (seulement 8). Cela n'est pas dû à une baisse de leur nombre mais au fait que "les populations, bien que plus nombreuses, sortent nettement moins la nuit tombée et ne peuvent donc être témoins de tels phénomènes" nous rapporte Brigitte Zanda. Un bien mauvais présage pour le XXIème siècle où les personnes s'enferment dans le monde numérique.
Dans le monde, seulement 1200 météorites ont été fraîchement récupérées, peu après leur chute. C'est dire l'importance de la découverte de Draveil. Au total, entre 15 000 et 20 000 objets ont été retrouvés.
Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés
Roland Liard -
c'est super cette info .
.merci je m'intéresse aux minéraux et entre autres aux météorites j'ai fait suivre le lien à mes amis minéralogistes
dommage que c'était pas dans mon jardin (en Anjou )
Roland LIARD
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