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La pêche en haute mer n'est pas durable

1869 lectures / 8 commentaires14 octobre 2011, 11 h 20

chalutier_peche_profonde_FAOChalutier en haute mer
© FAO

Selon une équipe internationale de chercheurs, la haute mer, le plus grand écosystème de la planète, serait en danger. En effet, un rapport met en évidence le besoin de stopper toute activité de pêche commerciale dans ces eaux et de se concentrer sur les eaux plus productives. Présentée dans la revue Marine Policy, une analyse complète révèle la non durabilité de la pêche en haute mer.

L'étude «Sustainability of deep-sea fisheries» a été publiée avant la publication de la décision de l'ONU sur l'autorisation de la pêche dans les hautes mers internationales.

Les chercheurs expliquent que les eaux profondes froides ne constituent pas un habitat adéquat pour les créatures marines. Les rayons du soleil qui permettent la photosynthèse ne parviennent pas à ces profondeurs. De plus, les proies sont rares et les processus de vie sont beaucoup plus lents en comparaison de ceux en surface.

Ainsi, les chercheurs expliquent que certains poissons peuplant ces profondeurs peuvent vivre jusqu'à 100 ans et certains coraux ont plus de 4000 ans ; cependant, ces animaux ne peuvent se reproduire à l'échelle du temps humain. Les technologies de pêche, très efficaces, exacerbent d'autant plus le problème.

« La haute mer est le plus mauvais endroit pour pêcher du poisson », explique l'auteur principal de l'étude, le Dr Elliott Norse, responsable à l'Institut de conservation marine de Bellevue à Washington, aux États-Unis. « Les poissons vivant en haute mer sont particulièrement vulnérables car ils ne se repeuplent pas aussi rapidement après une surpêche. »

L'équipe, composée d'écologistes en sciences marines, de biologistes spécialisés dans la pêche, d'économistes, d'experts en politiques internationales et de mathématiciens, explique que moins de 1% des fruits de mer de notre planète provient des hautes mers. Malgré cela, le chalutage se poursuit, entraînant des dégâts considérables sur les poissons et la vie marine.

Depuis plus de 40 ans, les navires de pêche commerciale se sont introduits de plus en plus en raison de la surexploitation des pêches en côtes.

« Ces poissons ne peuvent supporter qu'une pêche normale car leur développement est lent et ils vivent très longtemps », explique le Dr Selina Heppell, une écologiste spécialisée dans les exploitations marines de l'université d'état de l'Oregon aux États-Unis. « En haute mer, il est impossible de contrôler ou même de suivre l'intensité de la pêche. Les effets sur les populations locales peuvent être destructrices. »

Parmi les poissons touchés par la pêche en haute mer figurent le requin, l'hoplostète orange, le grenadier et la lingue bleue. L'hoplostète orange, par exemple, a besoin de 30 ans pour arriver à maturité sexuelle et peut atteindre les 125 ans.

« Il y a 50 ans, personne ne mangeait d'hoplostète », fait remarquer le Dr Daniel Pauly, un biologiste spécialisé dans la pêche à l'université de la Colombie-Britannique (UBC), au Canada. « En anglais, on l'appelle également 'slimehead' (tête visqueuse), ce qui indique bien la faible probabilité d'être mangé par l'homme. Mais, à mesure que la surpêche a affecté les espèces côtières, les habitudes de pêches ont évolué, et son nom également. »

Selon le Dr Malcolm Clark de l'Institut national de recherche sur l'atmosphère et sur l'eau en Nouvelle Zélande : « La pêche de l'hoplostète orange a démarré en Nouvelle Zélande et a connu une forte expansion entre 1980 et 1990. Toutefois, la plupart des pêches étaient surexploitées, et les prises étaient considérablement réduites ou les entreprises de pêche ont mis la clef sous la porte. Le même schéma s'est répété en Australie, en Namibie, dans le Sud-ouest de l'océan Indien, au Chili et en Irlande. Cela indique que les espèces de poissons abyssaux courent le risque de la surpêche et peuvent connaître un déclin au niveau de leurs stocks. »

Le Dr Norse commente : « La pêche en haute mer n'est durable que lorsque la population de poisson grandit rapidement et que les exploitations de pêche sont petites et n'utilisent pas d'équipement endommageant l'habitat des poissons. Pour les poissons à croissance rapide, on observe des mesures économiques visant à détruire tous les stocks et à réinvestir les fonds dans une autre entreprise pouvant générer un meilleur rendement. Détruire la vie en haute mer d'un endroit à l'autre n'est pas durable pour nos océans ou nos économies. Les aléas des exploitations de pêche les rapprochent davantage de l'industrie minière que de la pêche. »

Des experts du Canada, d'Allemagne, du Portugal, d'Espagne, de Suisse et du Royaume-Uni ont également contribué à l'étude.

Référence

Norse, E.A., et al. (2011) 'Sustainability of deep-sea fisheries', Marine Policy, publié en ligne le 24 août. DOI: 10.1016/j.marpol.2011.06.008.

Auteur

© Communautés européennes, 1990-2012 / CORDIS, http://cordis.europa.eu/

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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8 commentaires

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avatar Benjamin Paris -

C'est surtout la pêche profonde qui n'est pas durable et qui menace les océans. Après, effectivement, le régime de liberté qui gouverne la haute-mer depuis des décennies rend impossible tout contrôle, mais je le répète car vous n'y faites aucune allusion dans votre article, c'est la pêche en eaux profondes qui est blâmée par les scientifiques dans leur rapport.

avatar alpha -

il se trouve que l'on avait déja étudié l'affaire avant eux

http://wwz.ifremer.fr/peche/Les-defis/Les-partenariats/Avec-les-professionnels/Especes-profondes

avatar Nadia Carn -

bien d'accord avec vinaigre !

avatar Jeremy (Aix) -

Bien cet article. Mais cette problématique on la connait déjà et l'évidence saute aux yeux.

Alors, je vous le demande, on fait quoi ?

Est-ce que je dois encore attendre 10 ans de plus pour constater que des dizaines d'espèces supplémentaires ont disparu ? que les quotas ne sont toujours pas respectés ? en attendant l'inévitable ?

Seule une réelle gouvernance mondiale des pêches avec ses codes et règles strictes, avec ses mesures de contrôle et de répression efficaces nous permettrons de changer tout cela.

Alors, pourquoi donc autorise-t-on encore la vente de ces produits dans nos magasins ?

Alors, je vous le demande, on fait quoi ?

avatar alpha -

@ jeremy
dixit :
Alors, pourquoi donc autorise-t-on encore la vente de ces produits dans nos magasins ?

parce que le consommateur en demande, il faut du poisson sans arrêtes et déja préparé prêt à mette au micro ondes

une chose n'est pas dite dans cet article
le poisson de grande profondeur ne dépasse pas le 1/3 de rendement en mise en filets
ce qui veut dire que vous ne verrez jamais la tête et le reste cela repart pour
pour 2/3 en déchêts

je vous conseille du poisson beaucoup moins cher que les gros armements ci dessous

http://www.comitedespeches-guilvinec.fr/spip.php?article296

actuellement vous avez de la lotte toutes tailles pas cher

avatar ranc didier la seyne -

@alpha
Si le consommmateur était moins snob, il acheterait du poisson en l'état, chez son petit poissonnier , issu de la petite pêche côtière artisannale, bien moins cher, plus frais ,plus sain et favorisant une pêche durable, pèrenne , respectueuse des ressources halieutiques.
MAIS çà l'EUROPE et notre GOUVERNEMENT ne le veulent pas.
Ils préfèrent une pêche industrielle et Minotière.

avatar alpha -

chut
de la lotte à 6 euros le kg ,c'est pour les connaisseurs

les autres ils se font arnaquer, méme sarko , mais cela ne lui coûte rien , cela passe dans les frais généraux du contribuable

avatar alpha -

hou la la mon petit rollmops dans le vinaigre
avant de faire de la pêche cotiére
j'ai du approché des réacteurs nucléaires plus souvent que toi

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