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Mousson catastrophique en Asie du Sud : un tiers de la Thaïlande est sinistré

4398 lectures / 8 commentaires06 novembre 2011, 23 h 16

inondations_Thailande_102011© Kain Bangycekhan

Depuis fin juillet, l'Asie du Sud affronte une mousson particulièrement violente. Celle-ci a entraîné des inondations majeures et catastrophiques dans une grande partie de la région. Le Mékong, quatrième fleuve de l'Asie, est sorti de son lit. Trois pays sont particulièrement touchés : la Thaïlande, le Vietnam, et le Cambodge.

Un tiers de la Thaïlande est sinistré

Sur les 77 provinces que compte le pays, 26 sont actuellement sous les eaux et considérées comme en état de "catastrophe critique". Au total, 30 provinces sont touchées, notamment celles traversées par le fleuve Chao Praya et ses affluents. "Le gouvernement a annoncé que toutes les provinces touchées par les inondations étaient des zones de catastrophe critique, donnant plus de pouvoir aux gouverneurs pour distribuer du matériel et gérer les budgets", a déclaré le vice-Premier ministre Yongyuth Wichaidit aux journalistes. Plus de 10 000 militaires sont mobilisés depuis début août pour les opérations de secours.

Au moins 200 temples, sur des sites antiques comme ceux d'Ayuthaya, sont inondés.

Le bilan humain est significatif : au 06 novembre, 506 personnes sont officiellement mortes. Plus de dix millions de personnes sont sinistrées dans 3,3 millions de foyers depuis fin juillet et plus de 300 000 habitations ont été complètement détruites dans 64 des 77 provinces du pays.

Bangkok, la capitale, se prépare au pire

Bangkok, mégalopole de 12 millions d'habitants est menacée par des inondations dont l'intensité semble s'accentuer au fil des années, à chaque fin de mousson(1). Récemment nommée premier ministre, Yingluck Shinawatra, a annoncé à la télévision que la situation avait atteint un "niveau critique" et que ces inondations sont les "plus graves depuis des décennies". Le pic de la crise devrait intervenir dans les prochains jours avec la conjugaison de plusieurs phénomènes naturels.

En dépit d'un système sophistiqué de canaux, de réservoirs et d'écluses, des milliards de mètres cubes d'eau sont en train de se déverser vers la capitale depuis les régions nord du pays et ne peuvent plus être contenus : la plupart des barrages de rétention d'eau sont arrivés à saturation.

Pour faire face à ce flux d'eau ingérable, les autorités ont élevé des digues qui atteignent jusqu'à 4 mètres et ont renforcé les murs existant notamment autour de l'aéroport international de la capitale. En effet, avec les grandes marées, de grandes quantités d'eau sont attendues. La Premier ministre a appelé ceux qui habitent en dehors des zones les plus protégées à se préparer aux inondations.

Le 16 octobre, la situation était sous contrôle dans la capitale, contrairement à la banlieue nord de la ville, noyée sous des mètres d'eau.
Mardi 25 octobre, les autorités thaïlandaises ont déclaré trois jours de congés pour permettre aux habitants de se préparer face aux inondations, au moment où l'aéroport national était gagné par les eaux et abandonné par les compagnies aériennes.
Vendredi 28 octobre, quelques quartiers de la capitale étaient noyés sous les eaux avec l'apport d'importants volumes d'eau d'Ayutthaya et de Rangsit (nord de Bangkok) : le système d'évacuation des eaux est à saturation dans certains quartiers et l'eau sort des bouches d'égouts. Le ministère des affaires étrangères français précise qu'il est "devenu difficile de se procurer de l'eau en bouteille et certaines denrées alimentaires de base, en raison de la forte demande des habitants de la capitale. Des pannes de courant pourraient aussi avoir lieu dans certains quartiers, perturbant notamment l'accès aux distributeurs d'argent".

Les habituelles inondations liées à la mousson sont aggravées par la situation géographique de la capitale. Fondée en 1782, Bangkok est construite à seulement 1,5 à 2 m au dessus de la mer, sur des sols argileux qui ont tendance à s'affaisser naturellement et à cause de l'épuisement des réserves d'eau souterraines. De plus, la capitale doit faire face à l'augmentation régulière du niveau du fleuve Chao Phraya, à l'élévation du niveau de la mer lié au changement climatique et à l'érosion des rivages... A ce titre, certains experts thaïlandais prédisent que Bangkok pourrait partiellement disparaître sous les eaux aux alentours de 2030.

De plus, comme une grande partie des mégalopoles des pays en voie de développement, l'urbanisation y est en partie anarchique et galopante : de nombreuses terres agricoles ou forestières ont été imperméabilisées, ne permettant plus d'éponger l'écoulement des eaux de la mousson.

Plus symbolique, le constructeur automobile japonais Toyota a dû suspendre sa production dans ses trois usines du pays, tandis qu'une usine d'Honda a été noyée sous plusieurs mètres d'eau dans un important parc industriel du nord de Bangkok.

Au total, les premières estimations des dégâts pour le pays s'élèvent à 3,5 milliards d'euros.

© Euronews

Les conséquences sur l'agriculture

En Thaïlande, un million d'hectares de rizières ont été endommagés et l'économie du pays, qui est le plus grand exportateur mondial de riz (il assure 30 % du marché de la planète), risque d'être affectée. "L'ensemble de la région va souffrir de la hausse des prix alimentaires puisque les récoltes potentielles ont été dévastées", a estimé Margareta Wahlstrom, représentante du secrétaire général des Nations unies pour la prévention des catastrophes, relaie un article du journal Le Monde.

Les pays voisins sont durement touchés

Les inondations ont également fait plus de 200 morts au Cambodge voisin où plus de 400 000 ha de rizière ont été détruit. 1,2 millions de personnes ont été directement affectées. Des centaines de milliers de maisons ont été inondées, tout comme 400 temples bouddhistes. Le coût des dommages pour ce pays est estimé à 118 millions d'euros.

Mais ce désastre affecte également le Laos et le Vietnam qui recense 24 morts. Les récoltes ont été ravagées, des écoles et des hôpitaux détruits, et des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées.

Les prochains jours seront décisifs et l'accalmie est attendue pour début novembre avec la fin de la mousson.

La Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, a déclaré samedi 14 octobre que "Plus de 700 personnes ont été tuées au Cambodge et en Thaïlande, alors que des maisons, des champs et des infrastructures vitales ont été détruites au Laos, aux Philippines et au Viet Nam".

Selon le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies, en 2010, les catastrophes en Asie et dans le Pacifique ont touché plus de 201 millions de personnes. Sur les 373 catastrophes enregistrées, 22 se sont produites en Chine, 16 en Inde et 14 aux Philippines. 89 % de toutes les personnes affectées par des catastrophes l'année dernière vivaient en Asie.

Situation géographique

Note

  1. La saison des pluies en Thaïlande s'étend d'avril à novembre.

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés

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8 commentaires

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avatar Le Furet-Cocagne -

On s'en tape, dans peu de temps ce sera ici, alors égoïsme pour égoïsme on n'en a rien à cirer, regardez votre France, si belle et si jolie, ce que vous êtes occupés d'en faire, au lieu de regarder dans l'assiette du voisin, vous feriez mieux de regarder dans la vôtre car elle n'est pas loin d'êtres vide !!!

avatar Hamster -

@Le Furet-Cocagne
Nous partageons la même planète. C'est justement en étant sensibilisé sur ce qui se passe ailleurs qu'on réfléchit sur nos propres actions.

avatar Olivier Pierret -

A ne pas s'occuper de nos voisin lorsqu'ils en ont besoin, le jour ou cela sera notre tour, personne ne viendra nous aider.

Perso je n'ai pas envie de vivre dans une société qui laisse son voisin mourir

avatar Nicole Montreal -

Si la seine venait à inonder tout le bassin parisien ??? La compassion existe, non ! Et si Notre Dame, la tour Eiffel, le Louvre étaient détruits ??? Ayuthaya est magnifique et grande serait sa perte. Ayions au moins une pensée amicale pour ces pays soumis régulièrement aux conditions climatiques normales extrêmes, nous qui vivons une petite vie bien tranquille dans des régions sans problèmes ! Une pensée, ça ne coûte pas trop cher.

avatar Nadia Carn -

ils ne sont vraiment pas gâtés en Asie ... et à mon avis cela n'est qu'un début malheureusement pour eux

avatar stef -

a vinaigre: avec "Serait-il possible d'avoir la "mousson" en méditerranée et donc en France?" et "Une façon comme une autre de faire le grand nettoyage (à grand eau..on pourrait dire)" , j'adore! t'es de la méditerranée?
totalement d'accord avec Nicole Montreal, un peu de compassion pour des gens qui nos pas notre confort climatique (même s'il est changeant). Une catastrophe! en plus de fortes précipitations, le paysage d'Asie du Sud Est est métamorphosé par la culture en rizière qui n'offre pas beaucoup de résistance eu eaux de pluie qui ruissellent, des solutions existent, mais prendront du temps...

avatar Nadia Carn -

Vinaigre jamais content non plus on dirait bien .. eh oui la mousson existe depuis bien longtemps je le sais bien et celle-ci à l'air de gagner en ampleur ! Votre message est vraiment trop bizarre ..

avatar godefroy le mans -

oui

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