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3198 lectures / 11 commentaires13 octobre 2011, 16 h 31
DRDepuis le 1er juillet 2011, des entreprises testent l'affichage environnemental auprès des consommateurs. Ainsi, des centaines de produits, commercialisés en rayon ou sur Internet, sont accompagnés d'un affichage détaillant leurs impacts écologiques.
Engagement phare du Grenelle de l'Environnement (art. 228), une nouvelle information "consommation durable" a été mise en place, à titre expérimental, sur un millier de produits. L'objectif est d'orienter l'acheteur vers des produits plus respectueux de l'environnement, sans réglementer ses choix (via une taxation par exemple).
Trop souvent, le seul critère décisif pour le consommateur demeure le prix. Pourtant, d'autres informations sont précieuses comme la liste des ingrédients qui composent le produit ou sa provenance. Malheureusement, si ces mentions sont obligatoires notamment pour les produits alimentaires et les cosmétiques, leurs fabricants se gardent bien de les mettre en avant et elles restent souvent illisibles, peu compréhensibles ou bien cachées.
Ainsi, ces critères, pourtant essentiels, n'entrent que peu dans le choix final du consommateur. De surcroît, le consommateur est souvent noyé dans la jungle des labels, toujours plus nombreux, quelques fois trompeurs et/ou auto-proclamés sans aucun contrôle indépendant ou d'une fiabilité douteuse...
Au final, pour le consommateur, il est devenu très compliqué et coûteux en temps de choisir ses produits en fonction de critères environnementaux et sanitaires. Or, 72 % des français ne se sentent pas suffisamment informés et orientés dans leurs achats et le choix de produits respectueux de l'environnement (sondage CSA- janvier 2009). L'affichage environnemental entend combler en partie ces lacunes.
Tout produit que nous achetons exerce une pression sur notre environnement de par sa fabrication, son utilisation et sa fin de vie : extraction des matières premières, consommation énergétique, transports, pollution des milieux, déchets... Malheureusement, aucune indication claire ne permet de quantifier cette atteinte.
C'est pourquoi, l'affichage environnemental propose plusieurs indicateurs :
Classiquement, chaque indicateur est matérialisé par une note allant de A à G, dans le même état d'esprit que les étiquettes énergies pour l'électroménager, les logements et les voitures (avec les limites et insuffisances que l'on connait). Pour autant, pendant la phase d'expérimentation, chaque entreprise reste libre quant à la présentation des résultats.
Notons que l'affichage des caractéristiques environnementales des produits, comporte des informations à titre indicatif, sans discrimination. C'est-à-dire que ce dispositif n'impose aucune valeur limite à atteindre pour une mise sur le marché : ainsi, un produit déplorable au niveau environnemental pourra donc être vendu.
L'exercice reste très complexe, à la fois dans sa mise en place : analyser le cycle de vie d'un produit n'est pas une mince affaire, mais aussi dans la présentation des résultats au consommateur. En effet, quid d'un produit qui se révèle "bon" au niveau changement climatique mais mauvais pour la biodiversité et moyen pour l'eau ? Quelle sera la réaction du consommateur ? Qui peut prétendre discerner ce qui est prioritaire au niveau environnemental ? Un casse-tête plutôt déconcertant.
Plus de 160 entreprises ont répondu présentes pour participer à l'expérimentation. En voici quelques unes.
Le Groupement des Mousquetaires (Intermarché, Bricomarché...) a choisi de mener ce test sur une centaine de produits en ajoutant des indicateurs comme l'épuisement des matières premières minérales et les déchets.
L'Union Nationale Interprofessionnelle des Jus de Fruits (UNIJUS) a choisi de communiquer sur quatre indicateurs environnementaux : les émissions de gaz à effet de serre, la consommation d'eau en usine, la recyclabilité des emballages et la biodiversité.
Ainsi, UNIJUS déclare qu'en moyenne 100 ml de jus de fruits ou de nectar entraînent l'émissions de 110 grammes équivalent CO2 et que l'embouteillage d'1 litre de jus de fruits ou de nectar nécessite la consommation de 2,4 litres d'eau.
Weleda, laboratoire de cosmétique naturelle et biologique a désigné quelques produits pour tester l'affichage environnemental.
InterfaceFLOR, leader mondial du revêtement de sol textile modulaire, réalise depuis plusieurs années des Analyses du Cycle de Vie (ACV) de ses produits afin d'en mesurer l'impact sur l'environnement : de la fabrication (y compris l'extraction et la transformation des matières premières), à la livraison, l'installation, l'utilisation, jusqu'à la fin de vie. InterfaceFLOR se distingue par une "prise en compte et un affichage de tous les impacts environnementaux de ses produits et pas forcément ceux qui sont les plus arrangeants en terme d'image" nous rapporte Laure Rondeau, responsable du Développement Durable et de la Communication d'InterfaceFLOR. Dans ce cadre, InterfaceFLOR s'appuie sur la Déclaration Environnementale Produit (EPD), une ACV validée par un tiers indépendant.
Le réseau Biocoop, est le premier et seul distributeur de produits bio engagé dans cette expérimentation. La première phase test porte sur 8 produits et 14 magasins du réseau, répartis dans toute la France.
De nombreuses autres entreprises se sont engagées : Coca-Cola, Orangina-Schweppes, Pepsico, Lesieur, Saint-Hubert, Danone, Nestlé waters, Saint-Amand, Eckes, Granini, Emig, Jus de fruits d'Alsace, Laiterie de Saint Denis de l'Hôtel, Orangina-Schweppes, Pepsico, Refresco, Bonduelle, Aoste, Madrange, Salaisons Jouvin, Kronenbourg, Heineken, Nestlé France, Martinet, Triballat Noyal...
Si cette dernière liste de marques connues est rassurante, cela ne signifie pas pour autant qu'elles produisent des aliments sains et respectueux de l'environnement. Certes, ces marques s'engagent à évaluer certains de leurs produits dans une démarche d'amélioration mais elles anticipent avant tout l'adoption définitive de l'affichage environnemental. Pour s'assurer qu'un produit alimentaire est respectueux de l'environnement et sain, il existe des labels comme celui de l'Agriculture Biologique (made in France).
Enfin, l'affichage environnemental devrait inciter les industriels à diminuer l'empreinte écologique de leurs produits, créant les conditions d'une compétitivité vertueuse.
Outre l'affichage en magasin, plusieurs applications Internet sont disponibles pour évaluer, de chez soi sur son ordinateur via un site Internet, ou directement en magasin grâce à une application sur smartphone (en scannant le produit via une application téléchargeable gratuitement), l'empreinte environnementale du produit que l'on souhaite.
Ainsi, nous citerons GREEN CODE INFO® , un service Web et mobile pour la diffusion des informations environnementales à destination des consommateurs. Il recense déjà 300 000 produits d'alimentation, d'entretien et d'hygiène beauté. Vous pouvez d'ores et déjà vérifier l'impact environnemental de vos produits préférés.
De plus, le service Proxi-Produit offre la possibilité aux détenteurs de smartphone de scanner les code-barres des produits avec l'appareil photo numérique intégré. Des informations comme les éléments nutritionnels, l'impact environnemental, les allergènes et d'éventuelles alertes sanitaires sont proposées. Nous regrettons que cette application ne soit pas portée sur la toile et favorise les téléphones mobiles de dernière génération dont la multiplication est préjudiciable à l'environnement et la santé.
L'affichage environnemental reste encore au stade de l'expérimentation. Durant cette phase, fixée pour une durée minimale d'un an par la loi, les entreprises sont libres de choisir :
Ces limites sont importantes car elles signifient que les entreprises sont libres de communiquer sur les indicateurs qu'ils souhaitent (hormis le CO2 obligatoire) et qu'il apparaît donc assez facile de communiquer sur les meilleurs et de délaisser les moins bons...
L'affichage environnemental fait progressivement son entrée dans les rayons et sur Internet. Cet affichage multi-critères, multi-produits et multi-supports (étiquette sur le produit, sur internet, application mobile, information sur le lieu de vente...) est une première mondiale et sa généralisation pourrait être étudiée après remise au Parlement d'un bilan de l'expérimentation début 2013.
Cette expérimentation grandeur nature est en fait un brainstorming (remue-méninges en français) géant où chacun teste les solutions qui lui paraissent les plus réalisables, les plus pertinentes. Il est donc "normal" que le consommateur s'y perde, puisque chaque entreprise est libre de communiquer ce qu'il veut, sous la forme et le support qu'elle souhaite... Enfin, le ministère tranchera pour définir le type d'affichage à généraliser à tous les acteurs.
Le Ministère de l'Environnement permet à tout un chacun de donner son avis sur cette expérimentation en répondant aux questions de la consultation publique. Vous pourrez ainsi vous exprimer sur :
Cette consultation est ouverte jusqu'à la fin de l'expérimentation.
D'ores et déjà, on souhaiterait que ce type d'affichage se décline au niveau sanitaire en évaluant les conséquences directes et indirectes de son utilisation / ingestion. Un vaste programme...
Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés
Images de danse, Paris -
GreenCodeInfo est subventionné par TF1 et tous les produits que j'ai testés sont notés A ou B (sur une échelle de A à G), que l'on choisisse un légume ou de la viande rouge, un produit local ou exotique... est-ce bien crédible ?
Christophe Magdelaine -
J'ai notamment trouvé des produits (viande rouge, jus de fruits exotiques) notés C et D. Après, n'oublions jamais qu'il s'agit d'indicateurs avec toutes les limites inhérentes à leur fonction.
lio les issambres -
il serait bien que dans un premier temps les produits soit triés par les distributeurs (grande surface ) et disposés (mis en rayon ) en fonction de leur impacts écologique (par catégories bien sur)cela faciliterait grandement le travail du consommateur et montrerait l'engagement réel du commerçant.
Paul Clotuche -
Qui fixe les les notes ? Si ce sont les sociétés, comme pour certains labels, ne risquent-elles pas de placer des notes favorables ?
Ne faudrait-il pas intervenir un organisme indépendant ?
Images de danse, Paris -
Avouez quand même que pour trouver des notes C ou D, il faut bien chercher ! Logiquement, toutes les viandes rouges devraient être mal notées, or ce n'est pas le cas, ce qui induit le consommateur peu averti en erreur.
Plutôt que de le noyer sous des millions de références, ne serait-il pas bon surtout de lui donner des principes de base et de bon sens : la viande coûte plus en CO2 que les végétaux, ce qui est produit très loin coûte beaucoup de CO2 en transport (même si on commence à se rendre compte que la production locale n'est pas forcément la meilleure en termes d'émission de CO2)... Ceci faciliterait les courses, plutôt que d'avoir à lire des étiquettes de plus en plus longues et complexes ou à pianoter sur son smartphone !
Images de danse, Paris -
Pour moi, http://www.greencode-info.fr/ est surtout de la pub déguisée, avec le logo http://www.tf1conso.fr/ en bonne place sur la page d'accueil. Qu'est-ce que http://www.tf1conso.fr/ ? Un peu de copier-coller de blabla écolo pour la forme et, tout en haut, des liens vers... Lesieur et vers... des coupons de réduction sur les marques Garbit, Royco, Mir et j'en passe qui n'ont strictement rien d'écolo. Halte à l'intox vulgaire !
Christophe Magdelaine -
Effectivement Images de danse, TF1conso fait tache, on ne peut pas le nier. Malheureusement une très grande majorité des initiatives environnementales connues passent par des sponsors qui cherchent à verdir leur image désastreuse. Je pense par exemple à GoodPlanet soutenu par BNP Paribas alors que cette banque finance des projets désastreux pour l'environnement : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1776_environnement_critere_choisir_banque.php
Personnellement, je le comprends mais ne l'accepte pas.
Pour les notes, vous avez aussi raison mais mettre une note de F a un produit c'est le rendre invendable par rapport à ses concurrents, donc on reste dans la modération : B / C (bien, moyen...). L'affichage environnemental est un levier mais il reste timide.
Pour être bien plus efficace dans ces moment d'urgence écologique, il faudrait régler les problèmes en amont et non pas les laisser perdurer en donnant hypocritement le choix aux consommateurs, mais c'est un autre système, une autre vision de la consommation...
alain nantes -
Et quelle note Intermarché, qui participe à l'opération, donne-t-il aux poissons péchés par sa flotte de navires de pêche et dont certaines espèces sont en situation de surpêche ?
Christophe Magdelaine -
alain nantes : vous avez tout à fait raison de poser cette question dénoncée par ailleurs : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2841_peche_profonde_financement.php
Intermarché n'a choisi que quelques produits pour tester l'affichage environnemental et je n'ai pas connaissance que le groupe ait inclus le poisson qu'il pêche.
E.Ramfel (Greenext) - Paris -
Bonjour à tous,
Je suis actuellement responsable du développement chez Greenext et j'ai donc participé au lancement de l'outil GreenCode Info®. Je tiens avant toute chose à vous remercier pour l'intérêt que vous portez à cet outil et aux nombreuses remarques que vous avez énoncées.
Le service GreenCode Info® a été pensé dans le cadre de l'expérimentation de l'affichage environnemental proposé par Greenext pour permettre au consommateur d'accéder à une information environnementale sur environ 300.000 produits alimentaires.
Je souhaite donc apporter les éléments de précision suivants pour tenter de répondre à vos remarques :
E.Ramfel (Greenext) : Paris -
A « Images de danse » : GreenCode Info® est un outil totalement indépendant développé par Greenext, TF1Conso.fr ne subventionne aucunement l'outil. Il s'agit dans le cas précis d'un échange de lien qui permet d'augmenter la visibilité de nos services respectifs auprès du grand public.
Au sujet de l'information fournie par critère d'impact, nous avons fait le choix de noter la famille du produit non pas sur l'ensemble de l'univers « Alimentaire » mais plutôt par rapport au « Rayon » auquel elle est raccrochée. En réalité, ça semble logique car un consommateur lors de son acte d'achat ne va pas choisir entre une côte de bœuf et une bouteille d'eau. D'ailleurs si on schématise, pour répondre à un usage donné, on comparera plutôt la note énergétique entre 2 frigo et non pas entre 1 four et 1 frigo.
De plus nous n'avons pas pour objectif de stigmatiser telle ou telle filière alimentaire, notre vision à travers cet outil est de déverrouiller l'information environnementale et d'accélérer la transition vers une production et une consommation durable.
Pour plus d'information, je vous invite également à parcourir le lien « Engagements & méthodologie » en bas de page sur greencode-info.fr
Au sujets des principes de base et de bon sens que vous évoquiez (la viande coûte plus en CO2 que les végétaux) nous avons mis à disposition le module pédagogique et ludique « Le comparateur CO2 » (http://www.greencode-info.fr/comparateur.html) qui permet en plus de GreenCode Info® de se familiariser avec l'impact CO2 des 34 familles de produits qu'ils consomment régulièrement (les plus vendus en France). Ce module permet de donner des repères, car à mon sens, plus il y'aura de pédagogie sur ce sujet, mieux ce sera !
A « Paul Clotuche » : Greenext est spécialiste de la mesure et de l'analyse de l'impact environnemental des produits de consommation. Nous avons pour cela mis au point un procédé innovant qui consiste à industrialiser la production des analyses du cycle de vie (ACV) des produits à partir de données représentatives du marché.
Ce profil a vocation pour les industriels et les distributeurs, à être précisé au moyen de leurs données d'activité spécifiques.
Nous avons donc souhaité mettre une partie de cette connaissance à la disposition du grand public et des industriels pour les aider à intégrer des modes de production et de consommation plus durables au cœur de leurs pratiques quotidienne.
Greenext est donc une entreprise indépendante et en tant que fournisseur de données environnementales, nous sommes audités annuellement par l'organisme indépendant et accrédité « Ecocert Environnement ».
A « Alain Nantes » : Intermarché en tant distributeur engagé a souhaité participer à l'expérimentation de l'affichage environnemental en communiquant l'impact environnemental spécifique d'environ 160 produits. (cf lien suivant : http://www.intermarche.com/affichage-environnemental)
Les produits de la mer ne sont pas sélectionnés à date car trop peu de données sont actuellement disponibles sur ces types de produits. Cependant Intermarché s'engage pour une pêche responsable depuis 2004 : http://www.intermarche.com/intermarcheetvous_metiers_endirectfilieres/reportages-partenaires/mousquetaires-s-engagent-pour-une-peche-responsable#
(Nous ferons cependant remonter votre demande auprès des personnes en charge du projet).
J'espère avoir répondu aux principales questions et remarques en ayant participé à cet échange. Pour plus d'informations, il est possible de nous consulter à l'adresse réservée aux utilisateurs de GreenCode Info® : greencode-info@greenext.eu
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