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L'humanité est-elle en train de modifier rapidement la planète ?

3650 lectures / 8 commentaires07 octobre 2011, 17 h 17

Depuis 150 ans nous sommes entrés dans une ère où l'activité humaine a des incidences à long teme sur la planète. Jusqu'avant cette période on pouvait considérer la Terre comme une nourrice avec des ressources quasi infinies. Aujourd'hui, l'épuisement de certaines ressources est envisagé et les conséquences de l'activité humaine sur la biosphère fait l'objet de surveillance. L'humanité se doit d'être vigilante pour conserver une Terre habitable pour ses descendants.

La planète nourrit la vie et la vie modifie la planète. La couche supérieure de la Terre, occupée par la vie, la biosphère, fonctionne comme cela depuis des millions d'années. Les espèces se sont succédées dans des lignées évoluant avec les conditions imposées par la nature et les mutations. Au début, il y aurait plus de trois milliards d'années, la vie était sous-marine avec des bactéries et des algues qui enrichirent l'atmosphère en oxygène. Puis les poissons et les céphalopodes émergèrent dans les océans, les fougères et les prêles sur les continents. Les espèces sortirent de l'eau pour coloniser les terres émergées il y a environ 400 millions d'années. Les espèces terrestres ont continué à se diversifier en fonction des variations climatiques et de la répartition de la végétation. Les transformations étaient au rythme de ces variations. Lorsque les conditions varient lentement, l'adaptation se fait lentement et les espèces évoluent lentement. Des évènements brutaux comme des éruptions volcaniques intenses se sont produits,  des espèces se sont éteintes, d'autres ont survécu. On estime également que la chute de très gros astéroïdes peut transformer la composition de l'atmosphère en la chargeant de poussières capables de diminuer fortement l'ensoleillement, de modifier ou arrêter la croissance des végétaux et entrainer la disparition des herbivores et de leurs prédateurs carnivores sur de grands territoires.

Depuis la dernière grande extinction d'espèces, il y a 65 millions d'années, les grands dinosaures, les animaux les plus fantastiques ayant émergé, se sont éteints, ne nous laissant que des squelettes fossilisés. Leur lignée a vécu environ 160 millions d'années. Dans les espèces survivantes, on trouve de petits animaux, comme les ancêtres des oiseaux, de petits dinosaures, cousins des grands, et de petits mammifères qui étaient alors de la taille d'une souris. Le climat s'améliorant avec les retombées des poussières, les espèces continuèrent leur lente évolution. Les petits dinosaures devenant nos oiseaux et les petits mammifères, ceux que nous connaissons aujourd'hui, dont les Hommes.

Tout ce monde de vivants a vécu de la planète et la planète a été lentement modifiée par lui. Aujourd'hui, l'espèce humaine s'est comportée radicalement différemment des autres espèces. Elle a réussi à améliorer son confort, sa sécurité de vie et le nombre de ses individus, grâce à l'exploitation intensive de ressources naturelles en produisant une quantité de déchets qui pourraient menacer et faire disparaître un grand nombre d'espèces, surtout depuis une centaine d'années. Aujourd'hui l'espèce humaine pourrait être qualifiée d'espèce parasite pour la biosphère. C'est une ère nouvelle qui a commencé, celle des hommes à haute évolution technologique. Leur activité est déjà la cause de la disparition d'espèces aussi bien en mer, que sur la terre et que dans les airs. Les derniers grands mammifères marins sont menacés, les poissons de la mer sont plus rares, la population des grands singes et des grands animaux sauvages des savanes et de la brousse, le nombre des abeilles décroissent. La Terre, les rivières, les eaux souterraines  et la mer reçoivent nos pollutions. Il y a peu d'espoir de les retirer un jour des océans, dernier endroit où s'écoulent toutes les pollutions chimiques et radioactives. La contribution de l'activité humaine à la modification de l'atmosphère est sensible, sans espoir de revenir en arrière avant des milliers d'années.

Les grandes causes de ces catastrophes sont la combustion des ressources de charbon, de gaz, de pétrole, l'utilisation de combustibles nucléaires, la déforestation, la surexploitation des océans, les pesticides et herbicides utilisés à grande échelle dans l'agriculture, les produits toxiques évacués dans nos déchets domestiques et industriels, les guerres du XXème siècle.

Avant cette ère "anthropotehchnologique", la nature apportait sa régulation naturelle progressive en dehors des calamités naturelles. Les humains génèrent actuellement leurs propres calamités en voulant rechercher toujours plus de sécurité et de confort et en augmentant en nombre. En maîtrisant le feu il y a cinq cent mille ans, l'homme ne pouvait pas se rendre compte que ce progrès, pour les quelques tribus qui peuplaient la Terre à ce moment, deviendrait cinq cent mille ans plus tard, avec une population de sept milliards d'habitants, la cause de destruction de beaucoup de niches écologiques, au point de provoquer l'extinction de nombreuses espèces. Depuis seulement 150 ans, l'essor industriel et depuis 50 ans, l'utilisation de la chaleur d'origine nucléaire transformée en énergie électrique, sont utiles non seulement pour se chauffer et cuire ses aliments, mais pour produire l'énergie nécessaire pour s'éclairer, se déplacer sur terre, en mer et dans les airs, produire l'énergie pour toute l'industrie des biens de consommation, des équipements routiers, du bâtiment, des moyens de transport, pour l'activité agricole, etc.

L'énergie d'origine humaine ou animale a cédé aujourd'hui la place, pour l'essentiel, à l'énergie des hydrocarbures et du nucléaire, donc à une énergie qui produit une quantité de déchets non résorbables à court terme. Une petite partie de nos besoins en énergie est couverte par de l'énergie non polluante d'origine hydroélectrique, solaire, éolienne, géothermique, hydrolienne marine, et cette proportion pourra croitre dans l'avenir. Il y a de grands espoirs pour  produire aussi de l'énergie d'origine biologique et, un espoir plus lointain, pour une énergie nucléaire de fusion théoriquement non polluante ou très peu. On ne sait pas si la production de l'énergie non polluante pouvant couvrir la totalité des besoins humains sera une réalité dans 50, 100 ou 150 ans, ou jamais et l'on ne sait pas si nous saurons développer notre activité humaine sans déchets toxiques.

Pour rester optimiste, on peut supposer que le terme de 50 à 100 ans soit suffisant. Cela signifie au moins trois conditions. D'abord, que l'augmentation de la population sera maîtrisée pour que nous puissions adapter le nombre des individus aux ressources que peuvent fournir la Terre, la mer et le soleil. Ensuite, que nous sachions nous adapter à l'effet des deux cents ou deux cent cinquante ans de pollution que nous aurons générée, pollution que nous ne saurons pas éliminer avant des siècles ou des millénaires. Enfin, qu'il y ait un passage obligé vers la paix au plan mondial.

Sans la réalisation de ces trois conditions, l'extinction des espèces que nous avons provoquée, s'accentuera, diminuant d'autant nos ressources, et, dans un second temps, si trop de niches écologiques sont détruites, le risque de notre non-adaptation pourrait favoriser notre propre extinction.

Mais, je ne vois pas comme possible l'autodestruction allant jusqu'à l'anéantissement de l'humanité. Je vois possible la diminution de populations entières due à des erreurs monumentales qui pourraient être faites en ne gérant pas suffisamment les rejets toxiques de tous ordres, mais il restera toujours des ilots épargnés et des solutions, même partielles de reconquête des territoires salis pour permettre la continuation de l'humanité.

Dans une certaine mesure, on pourrait aussi compter sur une adaptation aux poisons, un peu comme lorsque l'on assiste au développement de résistances des microbes pathogènes avec l'excès de l'utilisation d'antibiotiques. Mais rien n'est sûr évidemment.

C'est par son intelligence que l'homme prend conscience de ces conditions de survie. Il est entré, depuis cinquante ans dans la recherche d'énergies propres renouvelables et dans l'élimination des déchets. Il ne parle pas encore de maîtriser l'augmentation de la population, ni de fixer une échéance pour la paix inter nations définitive.

Les flux migratoires croissants observés actuellement commencent à montrer l'importance du problème. La planète possède encore de grands territoires aménageables, les déserts pourraient venir apporter des solutions à l'énergie, mais la nourriture pour tous, l'élimination des déchets resteront des défis permanents, ainsi que la recherche d'un état définitif de non-guerre.

Si le cap des cinquante, cent ou cent cinquante prochaines années pourra être dépassé en ayant conservé une planète Terre habitable, alors, l'espèce humaine pourra survivre dans les prochains millénaires, jusqu'à l'extinction naturelle future de la plupart des espèces. Celles-ci vont générer de nouvelles espèces, fort différentes, mais qui seront nos descendants malgré tout. Quant à ce qu'il adviendra après les prochains milliards d'année, on ne sait pas encore très bien si la Terre sera rôtie dans le soleil gonflé en étoile géante rouge, ou si elle pourrait s'en éloigner suffisamment pour que la vie continue encore quelques autres milliards d'années.

Notes

[Texte rédigé le 10 mars 2011 avant la catastrophe de Yukushima qui montre bien la vulnérabilité de la biosphère augmentée par le développement de technologies à la fois indispensables à l'humanité d'aujourd'hui mais qui augmentent le risque d'atteinte grave à l'habitabilité de la biosphère]

Auteur

avatar Alain-bernard Haioun

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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8 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar Sahiba -

OUI!!!! et ça va de plus en plus vite, la Terre ressemble déjà à un gruyère Suisse!
Et ça continue, forêts rasées, changer lits de rivière en immenses lacs, enfumer les pauvres oiseaux, les eaux deviennent des mélanges de gasoil/huile .....voir les canaux et cricos en Europe, des horreurs!
de +/+ d'eau usées, eaux polluées par les mégapoles, etc......N'oublions pas le nucléaire (bien caché!!!)Etc.....Vivement que les Annunakis reviennent mettre de l'ordre!

avatar alpha -

chez sur qu'il vont bien arriver à faire pêter un sous marin
avec du gruyére suisse

avatar Marseille -

Bonjour, je vous trouve bien optimiste vis à vis de cette même espèce qui a été capable de s'autodétruire et de détruire tout sur son passage depuis son apparition. Je vous renvois à Claude Lorius et Jared Diamond. mais je veux bien y croire encore un peu. Mais qu'un peu
Cordialement

avatar Alain-bernard Haioun -

Réponse à Marseille.

Merci de votre commentaire. Merci surtout de bien vouloir croire un peu que les hommes réussiront peut-être un jour à lutter efficacement contre la destruction de l'humanité. Si tout le monde était comme vous, il y aurait de bonnes raisons d'espérer.
Claude Lorius est ce glaciologue qui a fait l'analyse de la composition de la glace arctique et qui a pu montrer que la concentration du CO2 dans l'amophère n'a jamais augmenté aussi rapidement depuis 200 ans pendant les 150.000 dernières années. Ceci ne veut pas dire que l'homme va détruire l'humanité et tout déruire sur son passage. On voit que l'homme a modifié assez considérablement la teneur en CO2 de l'atmosphère, mais on voit aussi que la science lui a permis de se rendre compte des conséquences de son impact sur la planète Terre. On sait aussi mesurer l'impact du méthane, la modification de la couche d'ozone, la concentration des divers métaux lourds et autres polluants dans les terres et les eaux. Nous avons donc le moyen de connnaitre déjà l'état des lieux et de les surveiller en permanence. Reste à trouver les solutions qui permettront de lutter contre ces nuisances. C'est, à nouveau la science, qui sera là pour apporter des solutions, à condition que personne ne baisse les bras. C'est surtout sur les mentalités qu'il faut agir. Et c'est peut-être le problème le plus difficile.

avatar Fabienne, Liège Belgique -

Trop tard, le compte à rebours a commencé. L'homme, de par sa cupidité et avidité croissante, a commencé à détruire la terre, l'air et les océans.
Arrêter la croissance de la population, tout à fait d'accord mais pour cela il faut une politique de natalité contrôlée pour tous les pays d'Afrique et Asie.
Des civilisations avaient disparu, la terre s'est régénérée et il en sera de même dans très peu de temps pour notre civilisation

avatar Alain-bernard Haioun -

Réponse à Fabienne.

Les disparitions de civilisations anciennes se sont produites à la suite de décadence de ces civilisations, décadences dues à des causes qui peuvent être multiples. Affaiblissement par la décadences des moeurs, endormisement dans un état qu'elles croyaient suffisant pour leur pérénité mais qui ne tenait pas compte du danger dû à l'esprit de conquète des voisins, obscurantismes divers qui interdisait le progrès, etc. Mais ces causes étaient très différentes de celles auxquelles vous faites allusion puisque vous parlez de destruction de la planète.

C'est tout à fait correct de dire que la consommation irréversible des ressources de la planète et sa salissure ont bel et bien commencé, mais nous n'en sommes pas encore à la veille de la destruction totale. Nous sommes nombreux à exprimer des alertes dont l'effet devrait être principalement l'information et la sensibilisation de tous. Nous sommes nombreux aussi à préconiser telle ou telle solution. L'important est la mise en oeuvre des soluions. C'est le rôle des gouvernants aidés par les scientifiques, mais c'est aussi la responsabilité de chacun d'agir dans le bon sens pour lutter, chacun à son niveau. Chaque activité humaine, qu'elle soit individuelle, artisanale ou industrielle à toutes les échelles doit prendre en compte la lutte pour la pérénité de l'espèce dans la mesure où c'est l'action de l'homme qui est en cause. Si l'action du voisin compte, sa propre action compte autant, ce à quoi beaucoup de personnes pensent échapper. C'est de cela dont je parle lorsque je dis qu'il faut agir sur les mentalités.

C'est par son intelligence que l'homme a pu faire les progrès technologiques qui ont permis d'améliorer autant son confort et sa qualité de vie pour au moins une partie de la population. Mais le faire au détriment de la planète n'est pas intelligent du tout. Il ne se rend pas compte à court terme des conséquences négatives, mais je veux croire que c'est justement cette intelligence qui lui ouvre les yeux sur les conséquences à long terme et qu'il a l'obligation de mettre en oeuvre les dispositions correctrices pour ne pas menacer la vie sur la Terre. Nous verrons alors s'il est vraiment intelligent ou s'il n'est, comme vous le dites que cupide et avide. Le combat moral est effectivement important.

avatar LE BLANC Agadir -

Votre article est très intéressant mais nie la caractère politique de l'écologie comme pensée critique: aucun mot sur le capitalisme comme si les guerres étaient apolitiques et le fruits des chamailles entre nations.
Rien ne prouve que le confort et la sécurité aient fait des progrès depuis le néolithique. je vous renvoie au livre de Sahlins sur les sociétés d'abondances dites primitives.
LEBLANC

avatar Alain-bernard Haioun -

Réponse à M. Le Blanc

Je ne conteste pas les insuffisances de mon article qui, en aucun cas se veut exhaustif sur l'analyse et peut-être avez-vous raison sur vos convictons politiques. J'essaye de rester dans des généralités hors polémiques politiciennes pour au moins sensibiliser sur ce que je ressens des problèmes de la planète afin dêtre audible par la plupart des lecteurs.

J'aime bien votre remarque sur le confort et la sécurité. Rien ne prouve en effet qu'ils aient fait des progrès. J'aurais bien aimé vivre au temps du néolithique pour m'en faire une idée. La rusticité ne veut pas obligatoirement dire le malheur puisque c'est une notion relative ; on ne la définit qu'en comparaison avec d'autres cas. On se croit plus riche mais on peut toujours envier ceux qui étaient plus démunis mais heureux parce qu'ils ne savent pas que d'autres seront plus riches. Ces derniers ne sont pas obligatoirement plus heureux.

Mais, si l'on veut être réaliste, personne ne souhaiterait un retour au passé. Je me rappelle ma mère, qui partait aux commissions à pieds ramenant de gros couffins pleins du nécessaire pour nourrir ses quatre enfants, et qui avait à faire la cusine, laver la vaisselle à la main, faire son ménage, laver le linge à la main et même les draps, qui trouvait le temps de coudre des vêtements pour ses filles et me tricoter des pulls. Son bonheur c'était cela, mais les femmes qui ne vivent plus cela se trouvent quand même en meilleur santé à la vieillesse. Elles ne sont peut-être pas plus heureuses pour autant, mais pourquoi seraient-elles plus malheureuses dans ce confort que la société lui a fournit?

Ce qui n'apparaît malheureusement pas spontanément, c'est le coût écologique de notre confort. Nous avons été, en quelques sortes, victimes de notre créativité et probablement victimes de nos envies de gagner plus et de vivre mieux. C'est en décalage que le coût apparaît et en décalage que les alarmes se déclenchent. Nous sommes donc dans l'obligation d'un changement de paradigmes en prenant en compte l'objectif du coût écologique "zéro", tout en tentant de réparer les dégats.

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