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2507 lectures / 3 commentaires29 septembre 2011, 12 h 35
Un biberon exempt de Bisphénol ADans le cadre des travaux d'évaluation des risques liés au bisphénol A, l'Anses vient de publier aujourd'hui deux rapports : l'un relatif aux effets sanitaires du bisphénol A, l'autre à ses usages. Ce travail met en évidence des effets sanitaires, avérés chez l'animal et suspectés chez l'Homme, même à de faibles niveaux d'exposition : une bonne raison pour faire la chasse au Bisphénol A.
Aujourd'hui, l'Agence « considère disposer de suffisamment d'éléments scientifiques pour identifier d'ores et déjà comme objectif prioritaire la prévention des expositions des populations les plus sensibles que sont les nourrissons, les jeunes enfants, ainsi que les femmes enceintes et allaitantes. »
Cet objectif passe par la réduction des expositions au bisphénol A, notamment par sa substitution dans les matériaux au contact des denrées alimentaires qui constituent la source principale d'exposition de ces populations.
Sur la base de l'analyse de l'ensemble de la littérature scientifique disponible, le groupe d'experts de l'Anses a conclu à l'existence d'effets avérés chez l'animal (effets sur la reproduction, effets sur la glande mammaire, effets sur le métabolisme, le cerveau et le comportement) et d'autres, suspectés chez l'homme (effets sur la reproduction et sur le métabolisme des sucres et des graisses, pathologies cardiovasculaires). Ces effets sont mis en évidence à des doses notablement inférieures aux doses de référence utilisées à des fins réglementaires et plus particulièrement lors de certaines périodes de la vie correspondant à des périodes de susceptibilité aux effets du bisphénol A (grossesse, périodes pré et postnatale).
Le bisphénol A (BPA) est une substance chimique de synthèse, utilisée depuis plus de 50 ans. Ses deux principales utilisations sont la fabrication de plastique de type polycarbonate et celle de résines époxydes. Il est également utilisé comme composant de diverses résines (résines polyester, polysulfone et polyacrylate) et intervient dans la synthèse des ignifugeants (anti-feu) ou comme additif dans des retardateurs de flamme et comme révélateur dans les papiers thermiques.
En 2005,la production était d'1,6 million de tonnes en Europe. Or, entre 2003 et 2006 la consommation de bisphénol A a augmenté chaque année d'environ 10%, du fait notamment de la forte demande en polycarbonate. Ainsi, en 2006, la production mondiale de bisphénol A s'élevait à environ 3,8 millions de tonnes, utilisées aux deux tiers pour la fabrication du polycarbonate et pour un tiers pour celle de résines. Soulignons qu'aucune production de bisphénol A n'est répertoriée en France.
L'exposition par voie orale est prédominante. Pour les populations sensibles (femmes enceintes, allaitantes et enfants), elle est notamment liée à des produits tels que les contenants et les revêtements destinés au contact alimentaire, les jouets, ou encore les articles de puériculture.
Or, le BPA est un perturbateur endocrinien, capable de dérégler les hormones.
Les perturbateurs endocriniens peuvent être d'origine naturelle (hormones et phytoestrogènes) ou être une conséquence des activités humaines (pesticides, médicaments, produits issus de l'industrie chimique, ...). Ils peuvent ainsi être présents, de manière naturelle ou suite à une contamination, dans différents milieux (eaux, aliments, produits ou articles de consommation, ...).
Or, au cours des dernières décennies, des études épidémiologiques ont montré l'évolution de pathologies diverses touchant les organes de la reproduction ou encore des altérations de la fertilité.
Les perturbateurs endocriniens sont définis de manière générale comme des substances chimiques d'origine naturelle ou artificielle qui peuvent interférer avec le fonctionnement des glandes endocrines, organes responsables de la sécrétion des hormones.
Ainsi, cette action peut passer par différentes voies :
In fine, en perturbant le système endocrinien, ces substances peuvent altérer différents processus tels que la production, l'utilisation et le stockage de l'énergie et plus largement la régulation du métabolisme, et le développement. Certaines de ces substances peuvent, par ailleurs, avoir d'autres effets toxiques, notamment sur la reproduction et nuire à la fertilité ou perturber le développement du fœtus.
Les travaux réalisés montrent que la sensibilité aux perturbateurs endocriniens peut notamment varier selon les périodes de la vie. Ainsi, certaines populations (femmes enceintes, nourrissons, jeunes enfants) présentent une sensibilité accrue à ces substances et il est ainsi nécessaire de prendre en compte la période d'exposition à ces substances dans l'analyse de leurs effets.
Enfin, divers composés suspectés d'être des perturbateurs endocriniens sont présents dans l'environnement à l'état de traces. L'individu se trouve, ainsi, exposé par de multiples voies (ingestion, inhalation, contact cutané, ...) via de multiples milieux (eaux, aliments, produits ou articles de consommation, ...) à des doses infimes de plusieurs composés dont les effets peuvent être variés et peuvent également être commun à d'autres causes.
Malheureusement, il n'existe pas encore de critères réglementaires permettant d'identifier un perturbateur endocrinien.
Près d'une soixantaine de secteurs d'activité potentiellement utilisateurs de bisphénol A en France ont ainsi été identifiés par l'étude de l'Anses. Cela concerne des secteurs industriels très diversifiés allant du bâtiment à la construction aéronautique et spatiale, en passant par la fabrication des contenants et emballages alimentaires ou encore à celle des revêtements de conteneurs métalliques.
Un très grand nombre d'objets et préparations en comportent donc : CD / DVD, lentilles de contact, lunettes, vaisselle, gourde, articles de toilette, sèche-cheveux, bouilloire, four micro-ondes, instruments médicaux, citernes, revêtements de sol, mastics, adhésifs, optiques de phares, articles de sports, pièces dans l'aviation, fluides de freinage, fluides caloporteurs, matériel d'installation électrique, appareils électroménagers, dispositifs et appareils médicaux, encres d'imprimerie, .... La liste est impressionnante !

Même si les effets sanitaires du BPA sur l'Homme n'ont pas encore été clairement établis, le principe de précaution s'impose. Malheureusement, ce composé chimique est présent dans de nombreux objets de notre vie quotidienne. Pour tenter de s'y retrouver, certains des plastiques qui contiennent du BPA peuvent être repérés par le chiffre 3 (PVC), 7 (other) ou PC (polycarbonate) au centre ou en dessous du symbole de recyclage.
De plus, certains fabricants mentionnent maintenant clairement sur leurs produits l'absence de bisphénol A. En parallèle, l'Anses rappelle sa recommandation datant de 2010 et visant, à titre de prévention, à mettre à disposition du public une information claire sous forme d'un étiquetage systématique des ustensiles ménagers en contact avec les aliments, contenant du BPA et pouvant conduire à une exposition. En réponse, la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet propose "un étiquetage systématique de tous les produits contenant du bisphénol A quand il y a un contact du produit avec les populations".
De plus, La Commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale a voté, mercredi 28 septembre, une proposition de loi visant à la "suspension de la fabrication, de l'importation, de l'exportation et de la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du bisphénol A". Cette proposition de loi permettrait d'étendre l'interdiction des biberons à base de bisphénol A, en vigueur depuis novembre 2010, à l'ensemble des contenants alimentaires.
En attendant, l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) rappelle aux consommateurs qu'une mesure simple de précaution est d'éviter de chauffer à très forte température l'aliment (eau, lait, soupes...) s'ils utilisent des biberons ou des récipients en polycarbonate.
Enfin, les travaux de l'Anses sur le BPA se poursuivent et visent maintenant cinquante substances qui peuvent être des perturbateurs endocriniens (bisphénols, phtalates, parabènes, perfluorés, composés bromés, alkylphénols, ...).
Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés
Sahiba -
Et encore une fois, L'Europe arrive 4,5 ans après les autres...?
Bisphenol A
Canada is the first country in the world to take action on Bisphenol A. This Plan was introduced in 2006 to review the safety of widely-used chemicals.
Biberons, assiettes, bols, etc......
boites et produit rapide pour stériliser, c'est bien mieux, ne casse pas, usage plus facile,........aussi comme pour les langes pour bébé....non des couches, bien plus facile ! d'où, + de pollution et bien moins bon pour les bébé...OUI Mais moins de travail etc....
Et toujours, ce n'est que (X²) temps après que "les études" déclarent et constatent que ce n'est pas bon, c'est dangereux , ça empoisonne, etc...
Qu'est ce que l'argent, (pognon) fait faire, couvre, justifie, etc...
Tant que ce système existera, RIEN ne changera! Ce que j'appelle la DICTATURE DE L'ARGENT = richesse = bénéfices propres(égoïstes).....
Alors, dans ce cas, qui va déposer des millions en cautions, d'autres en amendes et encore d'autres pour (réparation)...?et où va cet argent...?
AJ Canada -
N'oublions pas qu'il y a plus que le bpa d'autre dérivé sont utilisé et sont t'aussi si non plus dommageable... n'en ..plaise à Dieu , Malthus et Eugène.
AJ Canada -
Intéressante article sur les bisphénols: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2681201/
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