Le site de référence en environnement
et sciences de la Terre depuis 2001

Chargement du moteur de recherche...
rss
Envoyer cette page
Actualités  Mercredi 23 mai
16h05 : visites

connexion Se connecter

Login (email)  
Mot de passe mémoriser
 
Devenir membreRetrouver vos identifiants

Plus que 9 jours pour gagner
3 tee-shirts en coton bio !

actu21 décembre 2012 : la fin du monde ?
actu"Il est déjà trop tard" : l'espèce humaine devrait s'éteindre ce siècle
actuDémographie : la vraie vérité qui dérange
actuUn nouveau "continent" de déchets a été découvert dans l'océan Atlantique Nord !
actuLes abeilles, témoins du bon état de notre environnement, disparaissent massivement
actuManger autant de viande est une aberration pour l'environnement et la santé
actuLe pic pétrolier mondial : on doit s'y préparer dès maintenant !
actuLimiter l'augmentation de la température planétaire à 2 ºC n'est plus réalisable
actu7 milliards d'habitants sur Terre
actuLa perte de la biodiversité, c'est la perte de ressources essentielles pour la médecine

Sondage Mai 2012

Découvrez tous les évènements
sciences et nature près de chez vous !

www.notre-planete.info : environnement, développement durable et sciences de la Terre

Recevoir une alerte mail à chaque nouvelle actualitéLes actualités sur votre smartphoneFlux RSS

La réapparition rapide des récifs après la plus grande extinction de tous les temps

2638 lectures / 2 commentaires22 septembre 2011, 11 h 07

Permien_fauneFaune du Permien au Maroc
© Alain Bénéteau - Paleospot

Après l'extinction qui a marqué la fin de l'ère primaire, il y a 252,6 millions d'années, les récifs à animaux multicellulaires ont mis moins de deux millions d'années pour réapparaître et se diversifier. Jusqu'à présent, on pensait que ce temps de récupération avait été d'une dizaine de millions d'années. Ces résultats ont été obtenus par une équipe internationale menée par quatre chercheurs français du laboratoire Biogéosciences (CNRS/Université de Bourgogne) et du Laboratoire de géologie de Lyon : Terre, planètes et environnement (CNRS/Université Claude Bernard Lyon 1/ENS Lyon). Ils seront publiés le 1er octobre dans la revue Nature Geoscience.

Il y a 252,6 millions d'années, la Terre traverse la plus grande extinction de masse jamais enregistrée : la crise permo-triasique(1). Plus de 90% des espèces existant alors disparaissent brutalement, notamment dans les océans, laissant une biosphère dévastée qui mettra 10 à 30 millions d'années avant de retrouver une biodiversité comparable à celle d'avant la crise. A l'appui de ce scénario « d'écocide(2) global », de nombreux enregistrements sédimentaires et géochimiques attestent de perturbations environnementales majeures durant l'ensemble du Trias inférieur (les cinq millions d'années qui suivent l'extinction de masse) : cycle du carbone anormal ; océans acides, appauvris en oxygène et enrichis en gaz carbonique et en sulfures. D'après le consensus auquel la communauté scientifique est parvenue après un demi-siècle de recherches, les havres de diversité marine que sont les récifs, disparaissent durant tout le Trias inférieur. A leur place se développent des dépôts massifs de carbonates d'origine exclusivement microbienne appelés microbialites, témoins d'écosystèmes dépourvus d'organismes multicellulaires.

En 2009, un groupe franco-suisse a remis en cause ce paradigme de « rediversification lente et retardée » en montrant que, suite à l'extinction permo-triasique, la diversité des ammonites avait réaugmenté 10 à 30 fois plus rapidement que ce qu'on estimait jusqu'alors(3). Aujourd'hui, la même équipe met en évidence la réapparition rapide – à l'échelle des temps géologiques, soit après 1 à 2 millions d'années – de récifs à animaux multicellulaires (métazoaires). Pour arriver à ce résultat, plusieurs années d'exploration méthodique des vallées du Sud-Ouest des Etats-Unis (Utah, Nevada et Californie) ont été nécessaires. De ces observations de terrain doublées d'une étude microscopique de centaines d'échantillons rapportés en laboratoire, deux informations ressortent : à plusieurs endroits et à plusieurs moments durant le Trias inférieur se sont développés des récifs formés par l'association de microbes et d'éponges de morphologies et de tailles variées. Ces récifs abritaient une faune diversifiée comprenant, entre autres, des foraminifères, des serpules, des gastéropodes, des bivalves, des ammonites, des ostracodes, des brachiopodes, des échinodermes et des conodontes.

Le rétablissement rapide de récifs à métazoaires diversifiés dès le début du Trias inférieur relance le débat sur les rythmes et les modalités de la rediversification biologique consécutive à la crise permo-triasique. Si on sait mieux comment se déclenche une extinction de masse, la façon et la vitesse à laquelle la biosphère récupère et se rediversifie après une telle crise demeure toujours mal comprise. Alors que l'Homme engage vraisemblablement la Terre dans sa sixième grande crise du vivant, ces résultats rappellent que le rétablissement d'écosystèmes diversifiés suite à une extinction de masse, s'il peut être relativement rapide à l'échelle des temps géologiques (quelques centaines de milliers d'années), est, à notre échelle, un processus long, courant au minimum sur plusieurs dizaines de milliers de générations humaines.

Notes

  1. Du nom des deux périodes géologiques qui l'encadrent, le Permien (299 - 252,6 millions d'années) et le Trias (252,6 - 201,6 M.a.), cette crise marque la fin de l'ère primaire, ou Paléozoïque, et le début de l'ère secondaire, ou Mésozoïque. Elle est probablement liée à une intense activité volcanique en Chine et en Sibérie.
  2. Un écocide (néologisme construit à partir des mots "écosystème" et "génocide") est la destruction (naturelle ou anthropique) systématique et totale d'un écosystème.
  3. Voir Brayard et al. (2009 - Science, 235 : 1118-1121) et le communiqué de presse associé.

Références

Transient metazoan reefs in the aftermath of the end-Permian mass extinction, Arnaud Brayard, Emmanuelle Vennin, Nicolas Olivier, Kevin G. Bylund, Jim Jenks, Daniel A. Stephen, Hugo Bucher, Richard Hofmann, Nicolas Goudemand & Gilles Escarguel. Nature Geoscience. Article à paraître le 1er octobre 2011 en version papier (En ligne le 18 septembre).

Auteur

Centre National de la Recherche Scientifique

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

Sur le même sujet

Actualités

Dossiers

2 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar nanou Régusse -

On massacre à volonté, on détruit sans vergogne, d'accord la terre s'en remettra surement sans nous, je vous incite à allez sur le site de Greenpeace pour voir ce qui se passe un partout dans ce monde où l'homme scie la branche sur laquelle il se trouve.
Et nous nous disons plus intelligent que les autres espèces!!!

avatar Arcticman -



Ce qui est intéressant c'est de constater que la place laissée vacante est vite colonisée, ce genre de découverte semble confirmer la théorie des équilibres ponctués de Gould.

Votre nom et lieu de résidence :

Pour éviter les abus des robots spammeurs, merci de répondre à cette question :

Sur quelle planète vivons-nous ? C'est la

Votre commentaire :

Tout commentaire qui spam, flood, troll, est irrespectueux, choquant, incompréhensible (style SMS), religieusement ou politiquement trop engagé, non constructif ou qui a des visées publicitaires, sera immédiatement supprimé. Toute récidive entraînera le bannissement définitif du posteur.


Haut de page ^ Offres d'emploi et CV     Associations     Communiqués     Agenda     Partenaires     Soutenir le site

Page mise à jour le 22/09/2011   connectés© 2001-2012 notre-planete.info® v. 5.73 - tous droits réservés
notre-planete.info est un site indépendant qui informe et sensibilise objectivement sur l'environnement, l'écologie, les sciences de la Terre, la nature et le développement durable
Plan du site  |   Mentions légales  |   Presse  |   Publicité  |   Contact  |   Liens et logos