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Débris spatiaux : pour un espace "propre"

2254 lectures / 5 commentaires20 septembre 2011, 17 h 47

debris_spatiaux_TerreVue des débris spatiaux qui gravitent en orbites basses autour de la Terre
© NASA

Le nombre de débris spatiaux en orbite autour de la Terre impose aux agences spatiales des mesures pour garantir la pérennité de l'exploitation spatiale. Au sein du COPUOS, Comité de l'Espace des Nations Unies, le CNES participe aux réflexions autour de ces questions.

Une surpopulation inquiétante d'objets dans l'espace

16000 objets de plus de 10 cm de diamètre, 300 000 entre 1 et 10 cm et plus de 350 millions de moins de 1 cm. Telle est la situation actuelle dans l'espace extra-atmosphérique autour de la Terre.

Ces corps créés par l'Homme (satellites hors service, étages de lanceurs, fragments...) et accumulés depuis les débuts de la conquête spatiale en 1957 avec le lancement du satellite russe Spoutnik, menacent l'exploitation future des orbites dites « utiles. »

« Si on n'entreprend rien, dans 100 ans, pourra-t-on encore utiliser l'espace ? » interroge Mario Hucteau, chargé d'affaires au sein du Service des Affaires Internationales du CNES.

Les orbites basses, situées entre 200 et 2000 km d'altitude, et l'orbite géostationnaire, à 36000 km au-dessus de l'équateur, sont, au terme des quelques 4800 lancements survenus depuis, très encombrées.

Les problèmes engendrés par cette surpopulation d'objets hétéroclites sont nombreux et variés : risque de collisions ou d'explosions génératrices de nouveaux débris, endommagement de satellite en activité, manœuvre d'évitement à orchestrer depuis le sol...

Au sein du COPUOS(1) et de ses 70 membres, dont la France par l'intermédiaire du CNES, la question des débris spatiaux et plus globalement celle de la viabilité à long terme des activités spatiales est dorénavant devenue une priorité.

Des mesures en action et des pistes de réflexion

Face à une courbe de croissance du nombre de débris désormais exponentielle, des règles en matière de lancement et de gestion de la fin de vie des satellites ont vu le jour. Complémentaires, elles cherchent soit à limiter voire stopper la pollution volontaire, soit à protéger les zones d'intérêt (passivation d'étages de lanceurs et de satellites, transfert sur des orbites cimetières, désorbitation et rentrée atmosphérique en moins de 25 ans).

orbitesProtection des orbites utiles au moyen de transfert vers des orbites cimetières ou de désorbitation et rentrée atmosphérique programmée.
Crédits : ESA/CNES Activité Optique Vidéo du CSG/Latitude 5/S. Quartararo.

Les projets de nettoyage de l'espace ne sont pas en reste : moteur ionique, kit de désorbitation, voile solaire, filet... Plusieurs pistes sont à l'étude.

Des réflexions autour de questions d'ordre politique, juridique et économique s'imposent également : Quel degré de précision sur la position d'un satellite peut-on fournir sans engager la sûreté nationale ? Qui nettoie et qu'a-t-on le droit de nettoyer ? Qui finance ? Doit-on mettre en place une taxe « déchets spatiaux » ?

L'espace n'est, paradoxalement, pas si grand et les routes spatiales loin d'être infinies. L'orbite géostationnaire, unique, est par essence fragile et précieuse. Ce qui semble certain, c'est que la gestion des débris devra être intégrée dès le départ dans la conception des futurs satellites et systèmes de lancement. Pour un développement durable de l'espace.

Auteur

Centre National d'Etudes Spatiales

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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5 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar douds -

je suggère de nettoyer les 350 millions d'objets dispersés depuis 1957.
Car on voit mal comment les âmes pourront aller au paradis après le jugement dernier.
Il ne manquerai plus qu'ils soient obligés de rester sur terre...avec les autres.
Vous rigolez mais c'est un problème théologique

avatar boukahche -

Je trouve que ce sont les pays comme les USA, ex union soviétique et maintenant la Russie, la France et la chine...qui devront nettoyer la terre et son espace

avatar Dufeu Vinsobres -

Alors là!! "douds" je n'ai pas pu résister vous êtes très fort en matière de "gags" vous devriez vous produire sur scène.

avatar douds -

@ boukahche : et aussi l'Inde, et aussi le Japon, et aussi l'Iran. Et malheureusement d'autres viendront.
@Théo de logique, Mon sentiment dans toute cette histoire, c'est que le XIXième et XXième siècle ont été en quelque sorte la préhistoire de l'ensemble de toutes les technologies.
Dans le domaine de l'énergie, la combustion des énergies fossiles et la fission de l'atome ont été des procédés féconds, mais par malheur, trop primitifs pour permettre une survie durable et globale de la vie dans son ensemble. Nous le savons déjà, mais nous ne sommes pas encore résolus à aller plus loin, à améliorer ces technologies.
Ainsi dans le domaine de l'astronautique, ( discipline qui philosophiquement à repris sans modifications aucunes l'idéologie de puissance nationaliste du nazisme), je suis convaincu que si cette dernière veut survivre, il faudra qu'elle prouve qu'elle peut effectuer des missions spatiales sans disperser des boulons explosifs et autres objets flottants dans l'espace. Après tout, les fonctions de télécommunications, de positionnement globale acquises avec les satellites pourraient parfaitement être reconduites beaucoup plus près du sol sur des véhicules du type "avions solaires" ou ballons du même nom à seulement 18 km d'altitude. en outre ces technologie seraient beaucoup moins couteuses et beaucoup moins polluantes que la technologie des fusées et des satellites...Au passage plus accessibles, aux pays du Sud.
Pour sortir des impasses où nous nous sommes fourrés, il faut avant tout avoir la volonté de s'en sortir, (malgré la crise économique actuelle qui nous plombe un peu plus chaque année.).
Ainsi prenons le cas du réchauffement climatique, nous arrivons pour 2100, à 4 degrés au minimum de delta T. Nous savons aussi à l'évidence et dans tous les pays, que la génération qui va devoir affronter ce problème majeur est aujourd'hui en école primaire, en collège et au lycée. Et que constate t on ? Nous ne pouvons que constater que les horaires de l'enseignement des mathématiques, de la physique, de la chimie et de la technologie qui vont être primordiaux pour notre avenir ne dépassent pas ceux du sport ou de l'histoire géographie (pardon Christophe). Est ce que les hommes et les femmes qui devront généraliser les produits de l'industrie des énergies renouvelables le feront mieux s'ils arrivent à courir tous le 100 mètres en 10 secondes ?
Ce que je veux dire, c'est que nous avons à faire à un enseignement des sciences au rabais. Ainsi, des gamins sortent des classes prépa aux grandes écoles d'ingénieurs sans avoir une seule heure d'atelier mécanique dans leur curiculum.
Aussi, au lieu de procéder à l'évacuation des boulons de huit de l'espace, ce qui n'était bien sûr qu'un gag, je suggère qu'au moins (avec
ces élections qui approchent), on décide de la possibilité que les profs des sciences dures restent dans les éducations nationales pour ce qui concernent les horaires et une partie des salaires, mais que les programmes et les crédits d'équipements soient élaborés (via les ministères de l'écologie et de l'industrie) par des organismes internationaux reconnus de lutte contre le réchauffement climatique. Des instituts comme WUPPERTHAL, l'INES, la NASA ou le DOE existent déjà et ont une vision globale de la politique scientifique à mener (et il n'y a même pas besoin d'en créer des nouveaux)

et là on pourra peut être se donner des chances de...

Bonne journée!

avatar philomen hennebont -

BOUKAHCHE Ariane est Européenne et pas seulement française seulement une petite partie est concçue en France et elle est lancée de Guyane française car proche de l'èquateur moins de 500 km de celui-ci il me semble ce qui permet un gain de vitesse en profitant de l'endroit ou la rotation de la terre est plus rapide. Attention à l'excès de cocoricco l'excès en tout peut devenir néfaste

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