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5263 lectures / 18 commentaires21 juillet 2011, 15 h 28
© C. Magdelaine / notre-planete.infoUn nouveau rapport réalisé par l'ADEME évalue l'impact écologique de quelques pratiques courantes liées aux nouvelles technologies : envoi de mails, impressions papier, recherches sur le web. Résultat : la dématérialisation a aussi un impact sur l'environnement.
Selon le rapport "Impacts of Information and Communication Technologies on EnergyEfficiency", réalisé par BIOIS (spécialiste des études et du conseil dans le domaine de l'information environnement et santé sur les produits) pour la Commission européenne en 2008, les Technologies de l'Information et de la Communication (ou TIC) contribuaient en 2005 à hauteur de 2% aux émissions européennes de gaz à effet de serre. Cette contribution pourrait atteindre jusqu'à 4% à l'horizon 2020.
Aujourd'hui, les TIC font parties intégrantes de nos vies professionnelles et personnelles. "Ces nouvelles pratiques ont un potentiel de développement important, et leur impact environnemental devient aujourd'hui un enjeu capital" souligne l'ADEME qui a effectué des analyses de cycle de vie sur trois pratiques courantes des TIC : le courrier électronique, la recherche sur Internet et l'utilisation de clé USB.
En moyenne, 247 milliards de courriers électroniques ont été envoyés par jour dans le monde en 2009 en prenant en compte les spams. Un chiffre de 507 milliards est prévu pour 2013 !
Les scénarios de l'étude de l'ADEME ont montré que chaque collaborateur d'une entreprise française de 100 personnes reçoit en moyenne 58 emails et en envoie en moyenne 33 par jour, avec une taille moyenne d'environ 1 Mo. Ces envois de courriers électroniques entraînent des émissions de gaz à effet de serre puisqu'ils nécessitent des serveurs informatiques, des réseaux et de l'électricité. Sur la base de 220 jours ouvrés par an, ces dernières représentent 13,6 tonnes équivalent CO2.
De plus, diminuer de 10 % la proportion d'envoi de courriels de 10 Mo au sein d'une entreprise de 100 personnes permettrait un gain de 8 tonnes équivalent CO2 sur un an (équivalent à 8 allers-retours New-York/Paris).
Plusieurs facteurs déterminent l'empreinte carbone des emails : temps de lecture à l'écran, impressions papiers éventuelles, temps de stockage des mails sur serveur informatique, nombre de destinataires, poids des pièces jointes au mail... Le meilleur mail, d'un point de vue écologique, est donc un mail qui comporte peu ou pas de pièces jointes, envoyé à peu de destinataires, qui ne sera pas imprimé et qui sera rapidement détruit. A ce titre, rappelons que les mails entre collègues, ne sont pas toujours indispensables, tout comme les coups de fil : on peut très bien se déplacer pour aller discuter de vive voix : un bénéfice pour l'environnement et notre santé.
Au niveau de l'impression, selon l'étude de l'ADEME, diminuer de seulement 10% le nombre d'impression des courriers électroniques reçus par les employés d'une entreprise de 100 personnes permet d'économiser 5 tonnes équivalent CO2 sur un an (soit l'équivalent d'environ 5 allers-retours New-York/Paris). De plus, régler son imprimante par défaut en mode noir et blanc, brouillon, recto/verso, 2 pages par face permet de diviser par 3 les émissions de gaz à effet de serre. En effet, le potentiel de changement climatique est fortement affecté par l'impression du document. N'oubliez pas que vous pouvez également imprimer sur le verso de feuilles déjà imprimées !
Il est estimé qu'un internaute français effectue en moyenne 2,6 recherches sur Internet par jour, soit 949 recherches par an (365 jours/an). Sur la base de 29 millions d'internautes en France, les émissions de gaz à effet de serre représenteraient 287 600 tonnes équivalent CO2. Pour un internaute individuel, cette recherche d'information sur Internet via un moteur de recherche représenterait 9,9 kg équivalent CO2 par an.
Afin de réduire l'impact écologique d'une recherche sur le web, il faut renseigner des mots précis dans le moteur de recherche afin d'atteindre plus rapidement le site souhaité. N'hésitez pas à utiliser également vos favoris ou à taper directement l'url du site que vous connaissez : ceci permet d'éviter le passage par le moteur de recherche, gourmand en énergie avec ses serveurs. Ces deux usages permettent un gain de 5 kg équivalent CO2 par an, ce qui représente l'économie de 40 km parcourus en voiture.
Enfin, il existe des moteurs de recherche qui utilisent un fond noir pour réduire la consommation électrique(1), mais la lecture peut être plus fatigante pour les yeux.
Plus la durée de vie de l'ordinateur est longue, plus les impacts sur la production et la gestion des déchets sont amortis. Ainsi, en passant de 4 ans à 7 ans d'utilisation, les impacts environnementaux d'une requête Web classique sont réduits d'environ 20 à 35 %.
Selon l'étude de l'ADEME, utiliser un ordinateur plus longtemps évite l'émission de 2,3 kg équivalent CO2 par an. Cette économie représente annuellement -à l'échelle de la France- un total d'émissions de CO2 équivalentes à environ 500 millions de km parcourus en voiture.
Si votre ordinateur n'est utilisé que pour surfer sur Internet et faire de la bureautique, vous pouvez le conserver un certain nombre d'années, en prenant soin de bien le « nettoyer » informatiquement afin qu'il reste toujours aussi véloce. A ce titre, nous vous conseillons d'utiliser régulièrement un logiciel gratuit de référence : ccleaner.
L'étude s'est basée sur un document de 200 pages. Si le temps de lecture n'excède pas 2 à 3 minutes par page, il apparaît que la lecture à l'écran a moins d'impact sur le potentiel de réchauffement climatique que l'impression. Au-delà, l'impression noir et blanc, recto/verso et 2 pages par feuille devient préférable. Ainsi, contrairement aux idées reçues, une impression réfléchie est plus écologique qu'une lecture à l'écran. Toutefois, ce bénéfice n'est valable que si vous n'oubliez pas de récupérer votre impression à l'imprimante ! Un trop grand nombre d'impressions sont ainsi abandonnées.
D'une manière générale, la distribution à tout va de clés USB n'est pas une bonne idée du point de vue de l'environnement, car ces supports, souvent abandonnés par la suite, doivent être fabriqués avec des composants électroniques. Il est plus judicieux de partager des documents sur un site Internet dédié au paratage de fichiers, il en existe maintenant de nombreux.
Selon l'étude de l'ADEME, le changement de matériau constitutif de la coque de la clé USB n'est pas l'enjeu prioritaire, puisque les impacts liés à la production de la coque ne représentent qu'environ 2 % des impacts de production de la clé. Les résultats obtenus n'ont pas montré de variation importante d'un matériau à l'autre entre la production d'une clé USB de 128 Mo en PVC/Aluminium, d'une clé USB de 128 Mo en PVC et d'une clé USB de 128 Mo en bambou. Les impacts sur le potentiel de réchauffement climatique, l'épuisement potentiel des métaux et celui des ressources fossiles sont sensiblement identiques.
Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés
Bernard Piquenard -
Très intéressante cette étude, merci pour les infos.
Daniela, Coeur du Monde (Suisse) -
Info très interressante, mais ça veut dire que venir sur www.notre-planète.info n'est pas bien pour l'environement ?
Christophe Magdelaine -
Daniela, Coeur du Monde (Suisse) : par défaut aucune activité issue de nos sociétés productivistes et consumériste n'est bonne pour l'environnement. Soyons modérés dans tous nos comportements.
douds -
putain,
2,6 recherches sur Internet par jour,
en moyenne,
je suis un grand délinquant avec mes 260 recherches par jour.
Existe t il une clinique de soins intensifs?
Biomass -
@ Christophe Magdelaine & Daniela, Coeur du Monde (Suisse)
Je dirais même plus : exister (naître, grandir, vivre, mourir) place l'humain dans une position de pollueur.
Notre présence même est source de pollution... Vous mangez (même végétarien vous tuez des plantes), buvez (de l'eau du robinet ou pas, qu'il faut puiser de toute façon et nettoyer), respirez (et exhalez du CO2), marchez (et écrasez certainement des herbes et des insectes) et faites vos besoins (qui vont dans les égoûts, et donc la Nature).
Pire!
Vous vous soignez (donc médicaments et/ou plantes; et vos défenses immunitaires tuent des micro-organismes), habitez une maison (qu'il a fallut construire, meubler, etc), avez besoin de vous déplacer (à pieds vous devez manger plus, en vélo il vous faut du métal et des produits d'entretien mécanique, en véhicule je ne détaille pas) et allez à un travail (où vous générez d'autres pollutions).
Et songez que si l'on retrouve des silex des millions d'années plus tard, ou des ruines archéologiques, c'est que nos chers ancêtres, d'une façon ou d'une autre, ont pollué aussi!
L'"écologisme" a ses limites... à moins que...
José 64290 gan -
faut-il revenir au moyen-age?
Arcticman -
Ces études sont biaisées dès le départ, elles prennent en compte le coût environnmental de l'envoi de courriel (pour prendre un exemple) mais ne le comparent pas au coût environnemental de l'envoi par la poste de la lettre équivalente on n'a donc aucune idée de l'économie réalisée, écnomie réellement substantielle lorsqu'il d'agit de courriers destinés à des gens vivant sur d'autres continents.
adrien angouleme -
moi je fais beaucoup plus de recherches ! (25)
hdrass -
Pensée philosophique du jour
L'intelligence humaine a fait que nous avons évolué inconsciemment et très rapidement d'une situation de "membres d'un écosystème en quasi équilibre", il n'y a pas si longtemps (depuis la première moitié de 20è siècle dirais-je, mais les "graines" du changement, de la rupture, étaient plantées dans les cerveaux depuis bien plus longtemps), à celle de "destructeurs réels de cet écosystème" grâce ou à cause des progrès techniques, scientifiques, puis technologiques (dont l'informatique, la soi-disante intelligence artificielle).
Hélas, le fait de prendre peu à peu conscience que cette destruction de l'écosystème naturel compromet très sérieusement l'avenir de l'humanité ne nous exonère pas d'un retour à l'équilibre initial à moyen ou long terme, et un retour aux vraies valeurs de l'Univers Intemporel, et disons le, à la vraie logique du monde dont nous dénions la réalité.
Notre intelligence va-elle- continuer à progresser ?
Encore faut-il y introduire la notion complémentaire d'individuelle et de collective.
Les paris sont ouverts.
Moi je réponds : collectivement non, mais individuellement oui, et nous allons logiquement vers de "gros clash" à l'avenir.
Mais la question du délai reste pour moi ouverte, il se peut que cela évolue crescendo par étapes, et Internet participe bien à cette évolution, n'est-ce pas ?
Je suis cependant sûr que cela va devenir de plus en plus "sport" dans les décennies qui viennent et il vaudra dans ce cas mieux être en bonne santé que faible, et ce dès la naissance...
tout comme dans l'écosystème naturel, "la loi de la jungle" qu'une certaine humanité évoluée déteste tant.
Qui a dit que "l'homme est un animal pervers" ?
Jean Weber -
L'ADME se discrédite en publiant des chiffres dont on ne sait de quel manche ils les sortent !
Un exemple d'incongruité est le conseil d'imprimer les documents si le temps de lecture n'excède 2 à 3 minutes.
Pendant ce temps on éteint peut être l'ordinateur ? Quel est l'impact d'un écran led dans un bureau par ailleurs chauffé à l'électricité ? L'imprimante ne consomme peut être rien ? Qu'en test-il du l'impact carbone de la production de la cartouche de toner ? Qu'en est-il du coût du transport du papier lorsqu'il a par exemple été produit en Asie ? Qu'en est-il de l'impact sur la biodiversité ?
aron - Cayenne -
merci en effet pour les infos.Faudrait encore pouvoir le mettre en pratique et là c'est une AUTRE histoire.
Comme le dit si bien "josé" faut-il revenir au moyen Age ? QUI LE FERAIT, CE RETOUR ? vous,moi qui d'autres. Je vous pose la question ?
Alors nous faisons quoi, demander à Dieu d'envoyer un autre NOé et repartir à zéro ??????
Jean Weber -
A mon avis le plus gros challenge que nous avons devant nous est la coordination des choix que nous faisons dans le présent. Inutile pour certains de retourner « au moyen age » si d'autres ne rêvent par exemple que de courses automobiles. La majorité des surfaces de notre planète sont actuellement occupées et gérées par l'homme. La préservation du patrimoine naturel et de ses services réside donc de moins en moins en une opposition Nature / Homme et de plus en plus en une réintégration de la nature et de sa connaissance dans notre milieu de vie. Il est improbable qu'un tel changement de perspective puisse naitre d'une impulsion politique s'il n'est soutenu par l'expression d'une évolution culturelle des citoyens. Les civilisations ne s'inscrivent désormais plus uniquement dans l'histoire des nations mais dans l'histoire de la Vie sur terre.
C'est dans ce contexte qu'internet et surtout le web 2.0 ont un potentiel extraordinaire car ils donnent une visibilité aux décisions et actions individuelles sans les restreindre aux intérêts légitimes d'une communauté réduite. En effet, une décision parfaitement fondée a une échelle donnée (ex: au niveau d'une commune, d'une région ou d'une nation) peut s'avérer catastrophique au niveau d'un écosystème qui ne connait pas ces frontières. Cela peut par exemple être le simple choix des essences que nous plantons dans notre jardin. Faire un choix qui prend en compte la biodiversité locale (zone de nidation oiseaux, insectes, fruits, mammifères) qui s'intègre dans un écosystème à plus grande échelle peut devenir très intéressant si une visibilité est donnée à ce choix. Cette visibilité est indispensable aux décideurs comme aux simples citoyens pour justifier de meilleurs choix.
Par exemple je pense que si une infime minorité des internautes faisait l'effort d'identifier et de cartographier les espèces végétales de son environnement (jardin, rue) cela permettrait de coordonner les problèmes d'invasion et d'érosion génétique de beaucoup d'espèces au niveau local puis mondial. Des plateformes pour cet usage existent déjà tela-botanica.org ou encore http://pericopsis.org/. On peut aussi imaginer une information directe sur le lieu de consommation (supermarché) de la localisation de l'origine de la matière première des produits achetés.
Géofroy de Lomé -
Je pense que tout ceci est un mal nécessaire.Si vous trouvez une meilleure solution proposez-en.Comment géré modérément le patrimoine commun resterait une des préoccupation humaine.
Jean Weber -
"Comment géré modérément le patrimoine commun resterait une des préoccupation humaine"
Evidemment, penser que l'on peut échapper à notre dépendance de la nature c'est entretenir une grave illusion. Même au moyen âge, un paysan qui aurait mangé tout ses grains et tué toutes ses poules aurait souffert la famine. C'est cette gestion des ressources qui peut, grâce à l'internet collaboratif, être grandement améliorée par une meilleure communication et transparence d'information entre décideurs et citoyens ou encore entre citadins et paysans. A quoi sert par exemple une liste rouge des espèces en danger si le jour où on a à prendre une décision (planter un arbre, tracer une route, acheter des matières premières, investir de l'argent...) on n'a pas d'outils pratiques pour évaluer et tracer l'impact écologique et sociétal là où il se produit concrètement.
Contribuer à de tels outils peut même être valorisant. Je trouve par exemple l'activité d'identifier et de cartographier des arbres beaucoup plus intéressante que de faire pousser des tomates virtuelles. Il serait étonnant que les auteurs de Wikipedia qui est un modèle de réussite du web 2.0 aient vécu leur contribution comme une corvée.
François de Verneuil -
Tout a un impact sur notre planète !! Mais quelque part, cela reste naturel, puisque c'est sur terre ...
MatZen -
Infos intéressante mais je crois pas que sa passe dans la priorité. Il y a des progrès à faire bien avant celui-ci...
guinée -
faut il abandonner tout ça parceque y'a des impacts ? NON on peut cas même moderer
Kristall2002 -
Je me demande jusqu'à quel point ces infos sont intéressantes. je n'ai aucune confiance en l'ADEME ils vous font miroiter des chose vous proposent mont et merveilles mais quand on les sollicite c'est un vrai parcours du combattant, je l'ai vécu professionnellement, leur soit disant recherches sont un tissu d'informations issus de toutes part qu'ils triturent pour faire de l'esbroufe et de la sur information (désinformation) concernant le gaspillage de l'énergie. On traine en France quelques chancre comme çà !!! Il y a là des économies à faire sur tous les plans autant en carbone que dans tout le reste. Des agences qui se multiplient pour donner bonne conscience à ceux qui ne veulent pas prendre les vraies décisions, il faut ménager la chèvre et le chou et surtout son électorat on retrouve le même schéma dans toutes les appartenances politiques et je suis certain, dans le monde entier. Pour moi c'est une étude qui ne sert à rien d'autre qu'à émerveiller les badauds qui n'ont pas eus la chance d'apprendre la différence entre l'utile et le futile.
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