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La France présente son plan d'adaptation au changement climatique

4102 lectures / 20 commentaires20 juillet 2011, 16 h 23

chaleur_Terre© OMM

Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, ministre de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, a présenté aujourd'hui, en présence de Jean JOUZEL, Vice-Président du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC), le plan français d'adaptation au changement climatique, premier plan de cette ampleur dans l'Union européenne.

Hausse des températures, sécheresses plus intenses et plus fréquentes, baisse des précipitations estivales ou encore fonte des glaciers sont attendues dans les prochaines décennies. Les experts du GIEC, réunis cette semaine à Brest, estiment en particulier qu'une hausse de +2°C est inéluctable d'ici la fin du siècle, quels que soient les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui pourront être déployés. Ces changements climatiques auront des conséquences très importantes sur la ressource en eau, la biodiversité, le niveau de la mer.... et affecteront de nombreux secteurs d'activités (agriculture, tourisme, infrastructures, urbanisme, santé...).

La lutte contre les changements climatiques repose sur deux leviers :

  • la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour contenir le réchauffement.
  • l'adaptation de la société à ce climat modifié : il s'agit de se préparer dès maintenant pour prévenir les risques humains, environnementaux, matériels, et financiers.

"L'homme et la nature ont sans doute la capacité de s'adapter spontanément aux bouleversements engendrés par le changement climatique. Mais à quel prix et en combien de temps ! Il est certain que si l'on ne se prépare pas, les coûts et les dommages seront alors bien supérieurs. Si le changement climatique ne fait aujourd'hui aucun doute, il subsiste cependant des incertitudes sur l'ampleur de ses impacts. C'est pourquoi ce plan combine à la fois des actions d'anticipation concrètes et des mesures de surveillance et d'amélioration des connaissances de l'environnement", explique Nathalie KOSICUSKO-MORIZET.

Fruit d'une concertation avec l'ensemble des représentants de la société civile, ce plan constitue un ensemble de plus de 80 actions détaillées, déclinées en près de 230 mesures pour la période 2011-2015. Aux 171 millions € directement dédiés aux nouvelles mesures s'ajoutent 391 M€ au titre des Investissements d'Avenir qui participeront de près ou de loin à l'adaptation, notamment dans les domaines de la biodiversité, de la santé, ou de l'agriculture. Par ailleurs, plusieurs mesures déjà financées dans le cadre du plan sécheresse et du plan submersion rapide (500 M€ sur 2011-2016) participent également de son financement.

La grande majorité des actions seront engagées en 2011 et 2012. Elles visent notamment à :

  • Economiser et optimiser l'utilisation de l'eau : 2 milliards de m3 par an est le déficit estimé à l'horizon 2050 pour satisfaire les besoins en considérant une stabilité de la demande. Le plan prévoit donc un ensemble de mesures pour économiser 20% d'eau prélevée en 2020, à travers l'action des Agences de l'eau, des programmes de détection et réduction des fuites dans le réseau et d'aide à la récupération des eaux de pluie ou des eaux usées.
  • Développer les savoirs sur les maladies émergentes et renforcer les dispositifs de surveillance : le réchauffement du climat devrait accélérer dans les prochaines années l'apparition ou l'amplification de certaines pathologies (dont les allergies) ou vecteurs de maladies. Des études seront lancées en 2011 pour renforcer la surveillance des pollens mais aussi des insectes vecteurs et des microorganismes qui pourraient profiter du réchauffement climatique. Un groupe de veille santé-climat sera également créé au sein du Haut conseil de la santé publique (HSCP) chargé d'évaluer les données, d'alerter et de faire des recommandations aux pouvoirs publics.
  • Adapter la politique d'aménagement du territoire : élévation du niveau de la mer, déformation des rails sous l'effet de la chaleur, dégradation des routes due à des cycles de gel/dégel plus fréquents sont autant de risques à prendre en compte dès maintenant. Pour s'assurer que les investissements publics (route, barrage...) prévus pour 50 ans ou plus restent toujours efficaces face aux nouveaux aléas climatiques, le plan prévoit de renforcer l'observation des côtes françaises, d'intégrer le risque de submersion dans les plans littoraux ou encore de revoir les normes techniques pour la construction des routes.
  • Diversifier les espèces et prévenir les incendies de forêts : l'assèchement du sol et la hausse des températures conduiront à terme à la disparition de certains végétaux, à la multiplication des feux de forêts et à leur extension vers de nouvelles zones jusqu'ici épargnées. Le plan prévoit donc d'adapter de nouvelles générations d'arbres à travers la diversification des ressources génétiques, d'identifier des espèces résistantes et d'aider financièrement les exploitants forestiers à engager cette mutation.

Le plan fera l'objet d'un suivi annuel dans le cadre d'un Comité d'évaluation associant les 5 collèges du Grenelle de l'Environnement, d'une évaluation à mi-parcours fin 2013 et d'une évaluation finale fin 2015, afin de préparer la suite.

Source

1er Plan national d'adaptation au changement climatique

Auteur

Ministère du Développement durable

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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20 commentaires

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avatar nanou Régusse -

On pourrait déjà commencer à préserver nos rivières et arrêter les produits chimiques de toute sorte. Moins consommer (eau et aliments)et arrêter la déforestation massive, se serait déjà un grand pas en avant. Revenir à de vrais valeurs.

avatar Loriaux ,Ottignies , Belgique -

Notre avenir dépend de notre consommation.
Notre consommation dépend de notre conscience.
Reste à prendre conscience de notre avenir

avatar LGV Kampot -

Voila tout le plan de la France ??? Présenté par une ministre de l'environnement ??? et elle n'a pas honte ???

avatar alpha -

l'auteur a oublié la liaison avec ce plan

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/0825_plan_d_action_national_ENRversion_finale.pdf

cela semble mal barré de plan en plan
plus que 9 années pour réaliser les objectifs avant de payer des amendes à Bruxelles
pour l'instant on a payé des chercheurs du CNRS qui ont démontrés qu'il faut être réaliste avec le CO2 de plus que cela se confine pas uniquement sur la Françe
reste à passser au 3 plan
fabriquer le matériel en françe
sinon il va avoir un 4 plan sur le chomage et le déficit de la balançe comerciale

avatar Dufeu Vinsobres -

N'était-elle pas avec Borloo quand il a signé POUR le gaz de schiste en Ardèche !!!
Pas de problème; Avec des gens comme çà,on est sauvés !!

avatar Biomass -

L'humour Français...

Décidément, qu'est-ce qu'ils sont drôles, ces drôles et drôlesses!

avatar Taki23 -

Pour l'eau, pourquoi ne commence-t-on pas par remettre en question les irrigations pour les grandes cultures, très gourmandes en eaux ?

Réponse : les lobbies des syndicats agricoles ne sont pas intéressés ...!

Quant à la diversité des espèces forestières, c'est nécessaire de se pencher sur la question, d'autant que les surfaces forestières françaises recommencent à baisser. Mais j'ai peur des choix : des forêts nonospécifiques d'eucalyptus, par exemple ?

Pourquoi, entre autres, n'oblige-t-on pas à replanter des haies dans les régions bocagères et dans les plaines sans fin ? Ca coupe de partout dans le bocage, sans renouvellement. Or, nous savons l'importance du rôle des haies dans la rétention et la redistribution de l'eau, dans la protection des cultures, la résistance aux vents, l'évapotranspiration. Leur entretien assure en plus le bois de chauffage.
C'est simple, cela s'est vécu pendant des siècles et avéré efficace.

Réponse : les lobbies des syndicats agricoles ne sont pas intéressés.

avatar Biomass -

@ Taki23
Pourquoi attendez-vous des corporations qu'elles se comportent convenablement?

Une corporations c'est ça, justement: lobbying, pression, corruption, avantages partisans...
Aux exploitants mécontents, aux petits de se regrouper, de gruger, de louvoyer entre les gros, de faire, d'agir au lieu de pleurnicher. Et d'attendre qu'un état soit-disant corrompu les défende...
Faire, agir...

Les haies sont coupées là: plantez en ici.
Ils irriguent sauvagement en bas: coincez l'eau en haut...
Ils emprisonnent l'eau en haut: faites des réserves en bas qui vous rendent indépendant!
Et surtout n'attendez aucune stabilité, car la victoire est dans le mouvement.

avatar Rebellion -

!... ça, c'était MA réplique!

Notre avenir dépend-il de notre volonté à agir? Non! Peu importe les belles paroles des uns, peu importe les déclarations d'intentions des autres. Notre avenir dépend de ce que nous transcrivons en une réalité, de ce que nous faisons en vrai!

Notre avenir dépend de nos actes !

avatar Taki23 -

à Biomass

Ah ! Mais c'est que je plante des haies dans le bocage !
Nous nous chargeons nous-mêmes de tailler en douceur celle qui borde la route et refusons ainsi que les engins communaux s'y attaquent.
Nous avons aussi creusé un trou d'eau pour arroser, le moins possible, les légumes de plein champ.

Nous sommes tout petits maraîchers au milieu des éleveurs et nous efforçons à l'autonomie au niveau des semences.

Enfin, je sème des pépins et des noyaux et greffe sur ces sauvageons des variétés traditionnelles locales adaptées et en voie de perdition.
Nous refusons d'utiliser du blé empoisonné pour contenir les campagnols qui nous font pourtant de grands tort...

Et bien sûr, aucun engrais de synthèse et un max de travail à la main. Le reste se fait avec de petits moyens.

On peut toujours mieux faire, mais je ne pense pas tout de même être dans l'inaction et surtout pas dans la facilité.

Je ne pleurniche pas, j'agis dans mon coin et bien souvent je me sens solidaire de ces paysans africains confrontés au système agricole en vogue.

Nous sommes en situation précaire. Et pourtant nous avons changé de région après une bataille de plusieurs années pour empêcher l'installation de terrains de jeu de QUADS et 4X4 sur toute une commune (1870 hectares) aux paysages magnifiques mais surtout à haute valeur patrimoniale naturelle : flore et faune devenues fragiles. Nous avons gagné, mais avons dû abandonner notre coin de rêve où l'ours Balou est venu se réfugier durant quelques semaines peu après qu'il ait été lâché. Il s'y plaisait, l'animal, tellement c'était bien. Mais pour nous, la vie y était devenue impossible. Nous ne regrettons pas notre choix.

Ca suffit ou je dois en rajouter ?

avatar Biomass -

@ Taki23
J'en suis fort aise.
Agir est la seule solution. Même à petite échelle.
Pourtant je le répète : comment attendre d'une corporation qu'elle se comporte selon la Morale? Ce n'est pas son but, tout simplement.
Objectivement si "les lobbies des syndicats agricoles ne sont pas intéressés", n'est-ce pas normal puisqu'ils sont constitué de gros exploitants sous subventions? Pour lesquels gaspiller et jeter, et demander des subsides est extrêmement rentable? Je ne les vois pas s'amender et cesser spontanément.

Ce qu'il faut ce sont des contre puissances. Quelles sont les possibilités de création de coordinations, de corporations pro-haies ^^?
Vous avez réussit à imposer un ours, ce qui signifie que vous pourriez réussir à imposer des haies, des assolements, etc, non?
N'agissez plus 'dans mon coin', trouvez des partenaires!

Et félicitations pour votre labeur.

avatar Taki23 -

@Biomass
Je suis de votre avis concernant les corporations.

Afin de ne pas tout de même m'accorder le mérite d'avoir retenu un ours, je précise qu'il est venu de lui-même chez nous parce que le biotope généreux lui plaisait, il lui rappelait les collines de sa Slovénie natale. Mais le groupe de suivi l'a attrapé au bout de quelques semaines et remis en haute montagne.

Savez-vous qu'effectivement, la conservation et la replantation des haies est un sujet qui m'interpelle. Jusque là, notre nouvelle installation m'a pris beaucoup de temps. J'ai pensé à un programme, via une association existante, qui s'appelerait "Bocager ferme".J'ai à ce titre pris contact avec un technicien de la DDEA (anciennement la DDAF - Direction Départementale de l'Agriculture et de la Forêt - récemment fusionnée avec la DDE) pour connaitre les essences qu'il serait bon de replanter, car le chêne pédonculé, très représenté dans le bocage, montre des signes de souffrance suite aux sécheresses successives.
Il y a tellement à faire qu'on doit agir selon notre sensibilité, je pense.

Pour l'heure, je me suis juste inscrite dans le groupe du Pays qui se propose d'élaborer l'Agenda 21. Je ne sais ce qu'il peut ressortir de cette initiative, à voir... Il est bon de connaitre les projets des instances locales et si possible de les infléchir. Mais je sais aussi qu'il ne faut pas forcément en attendre grand chose. Je me rends compte pour avoir suivi d'autres réunions du Pays (ici tourné vers l'éco-habitat et l'accueil des nouveaux venus, entre autres)que ce sont beaucoup les élus qui participent. Leur laisse-t-on tout pouvoir en boudant ces instances ? ou bien tout est-il joué d'avance ? Toujours est-il qu'il y est beaucoup question de développement et que ça brasse des enveloppes européennes.



avatar alpha -

et pendant ce temps
de plan en plan, on s'est rarrement aussi fichu de notre tête

tout va bien tant qu'il n'y aura pas un enfant à 4 pattes avec un oeudéme pulmonaire fatal
bravo et passez des vaçances tranquilles

avatar alpha -

compléments de plan à la gomme
http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/ou-en-est-le-plan-algues-vertes_1016518.html

avatar Christine le Blanc -

on parle de cannibalisme de façon horrifiée mais sommes nous si différents de la terre pour lui faire subir...

avatar bry -

c'est la même koskiuzsko morizet qui a ordonné le flingage des loups en Ardèche? comment cette ministricule peut etre elle crédible aux yeyx d'écologistes qui se respectent?

avatar Dufeu Vinsobres -

C'est normal elle fait partie de la même bande que Borloo qui à signé le flingage de l'Ardèche avec les gaz de schistes.
Accessoirement il faut se souvenir que Borloo était l'avocat de B.Tapie lorsque celui ci à liquidé Terraillon à annemasse,les employés s'en souviennent. Bref,rien que des bienfaiteurs tous ces gens là !!

avatar Marjolaine, Chaville -

Nous sommes dans un monde régenté par l'argent, la productivité à outrance, le gaspillage effreiné tous azimuts... et on nous propose de dépenser encore l'argent de nos impôts à la mise en oeuvre de programmes climat coûteux alors qu'il suffirait de dire stop à l'urbanisation galopante totalement inutile (ZAC...) et aux systèmes qui s'auto-alimentent (promotion immobilière, bailleurs...) qui grignotent encore aujourd'hui les terres agricoles sans préoccupation des potentialités existantes (entrées de ville far-west, collectifs épaves énergétiques, terres déjà artificialisées...) Stop au transport de transit (produire et consommer sur place)... Stop à l'incinération des déchets ménagers pour méthaniser davantage, utiliser la partie organique en compost pour l'agricultur et recycler au maximum. Stop au gaspillage d'eau potable (même dans les douches des piscines), Stop aux intrants et aux pesticides, Stop ... la terre vomit tous ses cancers générés par les humains.

avatar Biomass -

@ Taki23

Je suis content que vous ne soyez pas vexé par mes tirades. Il faut juste, parfois, et motiver les troupes, et montrer aux hésitants qu'il existe un autre chemin.
Mais que ce chemin ce sont des actions.

Les collectivités locales sont primordiales.
D'abord elles sont assez proches pour qu'on puisse les toucher. Ensuite elles forment une base. Or changer la base c'est toucher au sommet.
Ensuite elles sont composées d'élus qui se soucient de ce que pensent les locaux : ils en dépendent pour les élections.
Et avec l'Europe, ce sont surtout les collectivités qui sont dépositaires et des finances et (donc) des décisions.

Donc courage, faites vous des contacts et un réseau, et essayez de sensibiliser les élus que vous pouvez toucher aux 'bonnes pratiques', car ils les ignorent.
Ils ne sont pas foncièrement méchants, mais ils sont parfois ignorant... et mal entourés.
Convaincre que les pratiques 'bonnes' sont souvent peu chères, et que le lobby du coin n'est pas forcément sincère.
Donc tablez sur des cycles de 5 ans, décalés d'un an et demi sur les élections.
Et là on peut agir.

avatar Delabarre le Neubourg France -

Bonjour,

Quand nos politiques vont-ils voter une loi obligeant tous les propriétaires de construction neuve à faire une réserve d'eau de pluie pour alimenter les WC et le lave linge?

(Nos amis Belge le font depuis de nombreuses années.)

Il est impensable de nos jours de mettre de l'eau potable dans les WC.

En vous remerciant,
Cordialement
Noël Delabarre

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