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4326 lectures / 13 commentaires08 juillet 2011, 18 h 37
© Philippe Poirier et Cyril VidauL'infection par Nosema ceranae, un parasite responsable de la nosémose(1), entraîne une plus forte mortalité des abeilles lorsque celles-ci sont exposées à de faibles doses d'insecticides. C'est ce que viennent de mettre en évidence des chercheurs du Laboratoire Microorganismes : Génome et Environnement (LMGE, CNRS/Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand 2) et du Laboratoire de Toxicologie Environnementale (LTE, INRA Avignon). Ces résultats sont publiés dans la revue PLoS ONE.
En France, les abeilles domestiques de l'espèce Apis mellifera représentent l'outil de travail d'environ 70 000 apiculteurs professionnels et amateurs. Leur influence directe sur la qualité et la quantité des récoltes, ainsi que sur le maintien de la biodiversité florale, est aujourd'hui largement reconnue et souligne le rôle prépondérant des abeilles, domestiques et sauvages, dans le fonctionnement des écosystèmes.
Cependant, depuis plus de 15 ans, les colonies d'abeilles sont en proie à un mal étrange et peu compris des apiculteurs et des scientifiques, avec chaque année, des milliers de colonies qui disparaissent. Pour expliquer ce phénomène, observé principalement par les apiculteurs européens et américains, de nombreuses pistes sont avancées :
Bien que de nombreuses données soient disponibles sur l'influence des stress nutritionnel, parasitaire et chimique sur la santé des abeilles, aucun d'entre eux n'a pu être isolé comme unique responsable du déclin des populations d'abeilles. Aujourd'hui, les spécialistes du domaine s'accordent pour orienter les recherches sur les effets combinés de plusieurs de ces facteurs.
C'est dans ce contexte que des équipes de recherche du CNRS, de l'INRA et de l'Université Blaise Pascal ont associé leurs compétences respectives en parasitologie et en toxicologie pour évaluer l'influence des interactions pathogène-toxique sur la santé des abeilles. En laboratoire, les chercheurs ont exposé de façon chronique des abeilles naissantes saines et d'autres contaminées par Nosema ceranae à de faibles doses d'insecticides. Résultat : les abeilles infectées par Nosema ceranae puis exposées de façon chronique aux insecticides succombent, même à des doses se situant en dessous du seuil entrainant la mort, ce qui n'est pas le cas de leurs congénères non infectées. Cet effet combiné sur la mortalité des abeilles apparaît pour une exposition quotidienne à des doses pourtant très faibles (plus de 100 fois inférieures à la DL50(4) de chaque insecticide). La synergie observée ne dépend pas de la famille d'insecticides puisque les deux molécules étudiées, le fipronil et le thiaclopride(5), appartiennent à des familles différentes. Le mode d'action responsable de cette synergie n'a cependant pas été encore identifié.
Cette étude montre donc que l'interaction entre nosémose et insecticides constitue un risque significatif supplémentaire pour les populations d'abeilles et pourrait expliquer certains cas de surmortalité. Ce travail indique également que des doses d'insecticides considérées comme ne pouvant entrainer la mort expriment pourtant un potentiel toxique létal pour des organismes parasités et donc fragilisés. Par conséquent ces résultats montrent la nécessité d'améliorer la gestion et la protection du cheptel apicole face au danger que représentent les pollutions environnementales et les pathogènes (seuls ou en combinaison) sur la santé de l'abeille. L'équipe « Interactions Hôtes-Parasites » du Laboratoire Microorganismes : Génome et Environnement (LMGE, CNRS/Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand 2) travaille justement à rechercher de nouveaux moyens de lutte contre cet agent pathogène.
Exposure to Sublethal Doses of Fipronil and Thiacloprid Highly Increases Mortality of Honeybees Previously Infected by Nosema ceranae. C. Vidau, M. Diogon, J. Aufauvre, R. Fontbonne, B. Viguès, J-L. Brunet, C. Texier, D.G. Biron, N. Blot, H. El Alaoui, L.P. Belzunces, F. Delbac - PLoS One
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
Dufeu Vinsobres -
Il est exact qu'au niveau local on constate au fil des ans une raréfaction du nombre des abeilles;Elles sont de plus en plus rare a festoyer sur les lavandes. La célèbre prédiction est-elle en train d'annoncer une bonne nouvelle pour les espèces animales victimes de l'espèce humaine ??
Dufeu Vinsobres -
Je voulais dire: rare(s). faute.
Manuel Monguilod -
Moi pour ma part j'ai planter une vingtaine de lavande et elle sont couvertes de bourdons une trentaine par pied , mais pas beaucoup d'abeille pour l'instant je pense qu'il faut attendre juillet
denis5E -
Il est vrai ,elles se font rares;sur mes lavandes il n'y a que des bourdons,quelques papillons.
cette année la glycine n'a vu que quelques abeilles charpentières alors qu'il y a 3ans ce n'était qu'un ballet incessant de va et vient d'abeilles...
Dufeu Vinsobres -
Bonsoir "Manuel Monguilod" je suis surpris du nombre de bourdons que vous annoncez,pour ma part j'en ai eu très peu,tout comme les abeilles. Serait-ce une question de région? Moi je suis en haute Provence, plus exactement Nord Vaucluse. Par contre maintenant nous sommes maintenant en période de coupe et bien sûr nos adorables petites butineuses devront aller chercher leur pitance sur d'autres fleurs.
Bien cordialement.
Dufeu Vinsobres -
je voulais dire: "Par contre maintenant nous sommes en période.." et non pas deux fois "maintenant": faute encore !! Décidément,je les accumule.
Sami -
Idem, j'ai de la mauve qui attire habituellement nombreuses abeilles... même les guêpes sont peu nombreuses !! Je n'ai vue qu'une abeille, quelques bourdons et des conops... voilà tout
Il y a aussi un autre problème que j'aimerai soulever... le frelon asiatique, il fait peur au gens, toute les familles sont équipés de bombe pesticide et anti-guêpe qu'il bombarde sur tout ce qui leur semble être une guêpe ou un frelon... hors, les 3/4 de ces familles ne savent pas faire la différence entre une abeille et une guêpe, les 3/4 de ces familles ont aussi peur des réactions allergiques...
En parlant avec les enfants d'une école, tous les enfants sont persuadé que s'ils se font piquer par une abeille... il meure sur le champ !!! Résultat des courses toutes sorte de nid est détruit, toute abeille se vois bannir à coup de pied ou à coup de bombe !...
Ce qui ne leur laisse visiblement aucune chance !
C'est du n'importe quoi, il y a du boulot en matière d'éducation chez les adultes... c'est une première solution à envisager sinon on n'y arrivera pas... qui veut bien m'embaucher ??
Ha bah mince... y a pas de financement prévu pour ce genre d'intervention..? il va encore falloir que je fasse du bénévolat et que je bouffe des pâtes ?
Super !
Sami -
@ Dufeu Vinsobres, dans ma région (centre) les abeilles charpentières ont fait leur apparition puis les bourdons aussi mais certes en très faible effectif aussi par rapport aux années précédentes.
Tous comme d'autres espèces, la densité des populations se trouvent trés localisés, notamment là où se trouve les véritables variété de fleurs sauvages et non celles provenant de jachère fleuris... enfin, c'est une première constatation mais que j'observe tout de même depuis.. 3 ans...
Cordialement,
robin des bois -
l'humain cet animal inutile,qui tue,pollue,détruit sans aucun scrupule,la fin de l'homme approche
Dufeu Vinsobres -
"robin des bois" Entièrement d'accord avec vous. Et "Sami" Vous aussi avez parfaitement raison car je confirme que mes lavandes sont juste devant la terrasse autant dire à même pas deux mètres de la maison et les abeilles ne piquent personne si l'on ne fait pas de gestes brusques. Seul se fait (éventuellement) piquer le "crétin" qui les agresse,et donc elles ne font que se défendre.
Bien cordialement à tous.
Arenaria18 -
Effectivement la disparition progressive des abeilles est un phénomène très inquiétant, du fait que ces pollinisatrices assurent incontestablement la survie de notre biodiversité.
Plusieurs phénomènes sont montrés du doigt concernant la mortalité massive des abeilles, moi je dirai que c'est une succession de plusieurs phénomènes ( changement climatique, pollution chimique, invasion biologique ....) mais le soucis dans tout ce tabloïde c'est de dresser efficacement les moyens de lutte contre cette érosion, à savoir des anti parasite ou fungique, une reconstitution d'aires favorables pour les ruches, planter plus d'espèces mellifère etc…
Eau de là, Est France -
Bonjour à tous les amis des abeilles !
Dans le parc naturel du Haut Jura, comme je cultive (pour elles) mult plantes mellifères ou qui ont leurs préférences,(bourrache, consoude entre autres) je peux confirmer la présence d'osmies en abondance (abeilles sauvages, ou "bourdons", cul blancs et autres), et de rares, voire rarissimes abeilles domestiques, alors qu'il existe des apiculteurs dans tout le massif.
Il est exact aussi que de nombreux non-initiés ont peur de tout ce qui bourdonne, syrphes incluses car rayées comme les guèpes, et qu'en cas de découverte d'un nid, ils vident une bombe d'insecticide foudroyant sur les guèpes, voire de l'esssence. Lesquels produits se répandent dans la nature sur les plantes, puis dans la terre etc., polluant bien plus loin que le risque.
L'an dernier,avons trouvé notre 1er nid de guèpe au potager, dans une zone en jachère. Grâce au Net, j'ai découvert l'utilité des guèpes dans la nature et le jardin, et nous avons décidé de délimiter l'espace alentour, sans détruire les insectes. (Je précise que j'y suis allergique, et que je cours un risque supérieur à la moyenne.)
Malgré un 2nd nid en 2010, et un nouveau en 2011, personne n'a jamais été piqué. En contrepartie, les guèpes participent à la destruction de certaines espèces comme les chenilles qui détruisent des plantes et arbustes.
Voilà notre expérience, qui peut en consoler certains, les rassurant sur la présence de butineurs en zones protégées comme en ville (Paris, capitale du miel citadin !), tandis que les lobbies de la chimie persistent à inonder la terre de leurs produits désatreux mais qui leur rapportent tant de $$$... Ainsi va le monde depuis si longtemps que le fait-même de partager la même planète m'étonne toujours prodigieusement.
Tentez donc de cultiver, vous aussi, de la bourrache et de la consoude (avec laquelle vous pourrez faire votre purin, du reste !), et vous démultiplierez la présence amie des abeilles sauvages, à défaut des domestiques fragilisées par des puissances assassines.
Enfin, le neem est un insecticide naturel dont l'Inde tire mille usages remarquables depuis toujours. On peut s'en servir à bon escient. Demander des infos bien documentées à Jardins du Monde, par ex. C'est passionnant.
Sur ce, bon été à tous, et merci de vos réactions qui font se sentir moins seul face à tout ça...
Dufeu Vinsobres -
A "Eau de là,Est France" merci pour votre commentaire complet et pertinent (effectivement on se sent moins seul). Je vais essayer de cultiver quelques plantes mellifères pour aider nos charmantes petites butineuses tant il est vrai que vers chez nous (Haute Provence)il y a les lavandes mais quand elles sont coupées (en principe en juillet),il ne leur reste plus grand chose pour festoyer.
Au sujet des apiculteurs je n'ai pas les chiffres (c'est donc peut-être une impression trompeuse)mais il me semble qu'ils sont moins nombreux chez nous que dans d'autres régions,y aurait-il un lien de cause à effet.
Quand aux lobbies de la chimie,vous avez raison,que dis-je,mille fois raison.L'espèce humaine est quand même bien "la seule et unique espèce nuisible de La Terre".
Bien cordialement à tous.
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