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Bien des espèces pourraient ne pas survivre au réchauffement climatique

3 423 lectures / 9 commentaires20 juin 2011, 13 h 51

Tigriopus_californicusTigriopus californicus
© Morgan Kelly, UC Davis

D'après une étude de l'Université de Californie Davis (UC Davis), parue le 8 Juin dans Proceedings of the Royal Society B., certaines espèces d'animaux et de plantes pourraient ne pas être capables d'évoluer et de s'adapter suffisamment pour survivre au changement climatique. Ces résultats conduisent à s'interroger sur la capacité des modèles actuels à prédire justement les réponses biologiques au changement climatique.

L'équipe de recherche a étudié les capacités d'adaptation d'une espèce spécifique de copépode, un petit crustacé vivant exclusivement dans des mares résiduelles, des points d'eau formés dans la roche par les marées. Nommée Tigriopus californicus, cette espèce est présente sur près de 3000 km de latitude, vivant du sud de l'Alaska à la région de Basse Californie (Mexique), ce qui témoigne d'une capacité d'adaptation à des climats et des températures très différentes.

Huit populations de copépodes ont été collectées à plusieurs latitudes différentes. Elles ont été élevées dans des environnements artificiels et soumises à une augmentation progressive de température. Leur réponse en termes d'adaptation et de tolérance thermique a été observée et mesurée sur 10 générations.

"Il s'agit d'une question à laquelle beaucoup de scientifiques s'intéressent : est-ce que les organismes ont la capacité de s'adapter au changement climatique sur une période de quelques décennies ?" déclare Eric Sanford, co-auteur de l'article, professeur en évolution et écologie à l'Université à UC Davis et chercheur au Laboratoire Marin de Bodega de l'Université.

Les résultats d'analyse montrent que la tolérance thermique varie fortement entre les différentes populations, celle-ci étant significativement plus importante chez les populations provenant de basses latitudes, au sein des climats plus chauds. Cependant, l'augmentation de la tolérance thermique au fil des générations reste très limitée, ne dépassant pas 0,5°C maximum. Pour la plupart des populations, cette augmentation de tolérance stagne rapidement avant ce point. De plus, les groupes provenant des hautes latitudes ne parviennent pas à atteindre les niveaux de tolérance plus élevés de ceux des basses latitudes, aussi bien après acclimatation ou évolution sur 10 générations.

D'après Morgan Kelly, auteur principale du papier et étudiante à UC Davis, bien que les copépodes soient actuellement capables de supporter d'importantes variations de température - de l'ordre de 20°C par jour, ils pourraient se trouver à la limite de leur capacité d'évolution en termes de tolérance thermique.

Les résultats de l'étude montrent qu'une espèce dotée d'une forte distribution spatiale et donc d'une grande capacité d'adaptation aux différents climats peut aussi souffrir d'une faible capacité d'évolution. Ces résultats vont à l'encontre de nombreux modèles actuels, qui considèrent que plus une espèce est répandue géographiquement, plus elle aurait la capacité de développer de nouveaux phénotypes résistant à une augmentation de température et moins elle serait vulnérable au changement climatique.

Cependant, bien que les copépodes soient répartis sur une large zone géographique, les populations sont en réalité très isolées les unes des autres. Vivant dans des points d'eau se formant dans la roche grâce aux marées, ils restent confinés dans leur espace et n'entrent en interaction avec d'autres mares que lorsqu'ils sont transportés par une vague. Cela limite fortement les possibilités d'échange génétique entre populations, limitant ainsi leur capacité d'évolution dans le domaine de la tolérance thermique.

"L'hypothèse générale a toujours été que les espèces très répandues [géographiquement] disposaient d'une quantité importante de matériel génétique pour assurer leur évolution, mais cette étude montre que cela n'est peut-être pas le cas" déclare Rick Grosberg, co-auteur de l'étude et professeur en évolution et écologie à l'université à UC Davis. Pour cette raison, l'étude conclue que les modèles actuels sont susceptibles de sous-estimer les risques d'extinction d'espèces dus à l'augmentation de température atmosphérique et marine résultant du changement climatique. Elle recommande d'inclure plusieurs facteurs importants au sein de ces modèles, comme la transmission génétique au sein d'une espèce.

Grosberg affirme que de nombreuses espèces d'animaux, d'oiseaux et de plantes ont vu leur habitat fragmenté par l'activité humaine, et sont soumis à la pression du changement climatique. A l'instar des copépodes, nombre d'entre elles pourrait similairement avoir une capacité limitée à s'adapter au rythme rapide du changement climatique. "[...] De nombreux organismes ont déjà atteint leurs limites environnementales, et la sélection naturelle ne pourra pas nécessairement les sauver".

Sources

Référence

Limited potential for adaptation to climate change in a broadly distributed marine crustacean - Proceedings of the Royal Society B

Rédacteur

Gabriel Marty

Origine

BE Etats-Unis numéro 251 (17/06/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67050.htm

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

9 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar robin des bois - 20/06/2011, 15:46

l'homme animal est la plus grande stupidité de l'univers

avatar mc - 20/06/2011, 16:12

voilà, une autre preuve qui démontre que la théorie des espèces de Darwin est totalement fausse.
Vous pouvez enlever l'argument qui dit que les animaux évoluent par adaptation a l'environnement

Si l'environnement change pour x raisons
les animaux devraient si adapter en developpant des nouveaux caractères, c'est pas le cas et c'est pas les millions d'annees qui changent quelque chose
Un animal est vivant parce qu'il a les organes qui lui permettent de survivre dans un certain environnement que ce soit l'eau, l'air la terre
et c'est pas l'environnement qui lui a permis de développer ses organes, sinon comment faisait il avant de les avoir ?

Tout démontre que nous avons été créés
et c'est pas un mal, bien au contraire

avatar Persilya, Hauterives - 20/06/2011, 16:44

Ce que dit cet article est que les espèces ne peuvent évoluer sur des gros changements climatiques qui surviendraient en quelques décennies. Peut-être faut-il rappeler qu'avant le 19è siècle, les changements climatiques se faisaient sur des centaines voir des miliers d'années... aussi, aucune raison de remettre en cause la théorie de Darwin, sauf bien sûr lorsque qu'on a les oeillères de la religion sur les yeux. Il est facile de dire que l'homme a été crée tel qu'il est aujourd'hui par un dieu, cela évite de se remettre en question. C'est quand même très simpliste de laisser sa vie se faire balloter sans avoir une conscience éveillée...

A l'intention de M. Marty : il me semble qu'il y a un verbe en trop dans la phrase "Les résultats de l'étude montrent qu'une espèce dotée d'une forte distribution spatiale et donc d'une grande capacité d'adaptation aux différents climats peut aussi être souffrir d'une faible capacité d'évolution."

avatar Arcticman - 20/06/2011, 17:19

@ mc

Je ne vois pas en quoi cet article remet en cause la théorie de l'évolution.

_______________________________________Un animal est vivant parce qu'il a les organes qui lui permettent de survivre dans un certain environnement que ce soit l'eau, l'air la terre
et c'est pas l'environnement qui lui a permis de développer ses organes, sinon comment faisait il avant de les avoir ?

________________________________________

Que penses tu des bactéries ? une d'entre elles est célèbre en ce moment...Pas d'organes et pourtant c'est un être vivant.

avatar Pierre Payen Dunkerque - 20/06/2011, 18:27

Notre génie national, Claude Allègre, reprend espoir !

Peut-être nous incitera-t-il dans de nombreuses prestations TV à stopper toute démarche tendant à diminuer la création de CO2, à essayer au contraire d'amplifier au maximum l'effet de serre !
*** L'âge de glace bientôt de retour?
CLIMAT - Le Soleil pourrait connaître une baisse d'activité dans les prochaines années et refroidir le climat sur Terre...
Réchauffement du climat ou retour à une petite ère glaciaire? Difficile de faire des prévisions après la parution de trois recherches, dévoilées mardi aux Etats-Unis: selon des astronomes américains, le Soleil devrait connaître une longue période inhabituelle de très faible activité, qui pourrait affecter le climat terrestre. Les astronomes ont observé une diminution des taches solaires et un ralentissement de l'activité près des pôles, des signes que le Soleil s'achemine vers une période prolongée de calme plat.
Le Soleil pourrait entrer en hibernation
Alors que le cycle actuel du Soleil, le 24e débuté en 2008, commence à accélérer son activité vers un maximum qui se mesure en nombre de taches, des recherches sur l'activité intérieure de l'astre, de sa surface visible et de sa couronne laissent penser que le prochain cycle pourrait être très calme voire inexistant, selon des scientifiques du «National Solar Observatory» (NSO) et de l'«Air Force Research Laboratory». «Si nous ne nous sommes pas trompés, le cycle actuel pourrait être le dernier d'activité solaire maximum que nous verrons avant plusieurs décennies», souligne Frank Hill, directeur adjoint du NSO, en commentant les résultats de ces recherches. Il est le principal auteur de l'une d'elles.
Qualifiant ce phénomène de «très inhabituel et d'inattendu», l'astronome a estimé que cela «affecterait un grand nombre de choses, de l'exploration spatiale au climat terrestre». Ainsi, dans le passé, une faible activité magnétique solaire prolongée a coïncidé avec des glaciations sur notre planète. Pendant ces périodes, l'atmosphère terrestre se refroidit et se contracte et les tempêtes magnétiques près des pôles (aurores boréales), des phénomènes qui peuvent perturber les systèmes de communication terrestres, se raréfient. «Le fait que trois observations totalement différentes du Soleil pointent dans la même direction est une solide indication que le cycle des taches solaires pourrait s'acheminer vers une hibernation», ajoute Frank Hill.
Les résultats de ces études ont été dévoilés à la conférence annuelle de la division de physique solaire de l'American Astronomical Society, réunie cette semaine à l'Université du Nouveau-Mexique (sud-ouest). Le nombre de taches solaires s'accroît et retombe tous les onze ans environ (durée d'un cycle), ce qui correspond à la moitié de la période à la fin de laquelle les pôles magnétiques s'inversent.
La baisse d'activité solaire ne compensera pas le réchauffement global
La première question est celle de savoir si ce ralentissement de l'activité solaire présage d'un second «Minimum de Maunder», une période de 70 ans de 1645 à 1715 sans aucune tache solaire et durant laquelle l'Europe a connu un petit âge glaciaire. Matt Penn et William Livingston de l'Université Cornell (New York) ont constaté une tendance à long terme d'affaiblissement des taches solaires et prédit que les éruptions dans le champ magnétique du Soleil lors du prochain cycle seront si faibles que très peu de taches se formeront, voire aucune. Ces taches résultent d'éruption de flux magnétiques provenant de l'intérieur du Soleil et qui empêchent des gaz moins chauds en surface d'y retourner.
Pour qu'une tache se forme, le champ magnétique solaire doit avoir une force minimum de 1.500 gauss (unité de mesure électromagnétique). Or, selon ces chercheurs, la force moyenne du champ magnétique solaire a diminué de 50 gauss par an depuis treize ans et va tomber au-dessous de ce minimum. Mais selon Georg Feulner du Potsdam Institute en Allemagne, une forte réduction de l'activité solaire ne compensera pas le réchauffement lié aux émissions de CO2 résultant des activités humaines. Il a calculé dans une récente étude qu'une période similaire au «Minimum de Maunder» ferait baisser les températures de 0,3 degré Celsius, or la hausse attendue d'ici la fin du siècle par le groupe intergouvernemental d'experts de l'ONU sur le climat (Giec) est de 3,7 à 4,5 degrés.
© 2011 AFP


avatar Stéphane à Bruxelles - 20/06/2011, 23:28

"On est bien peu de choses, et mon amie la rose... "

avatar allo - 25/06/2011, 16:53

si l'espèce humaine pourrait ne pas y survivre...

avatar Glagny91 - 25/06/2011, 22:55

@ mc : "c'est pas l'environnement qui lui a permis de développer ses organes, sinon comment faisait il avant de les avoir ?"

En voilà une remarque bizarre. Avant d'avoir les organes, il n'existait pas !

L'adaptation et donc l'évolution des espèces ne sont pas instantanées, mais très progressives. L'homme qui va déménager pour habiter au Pérou à 4000m d'altitude après avoir toujours vécu au niveau de la mer, va avoir son coeur qui se modifiera pour plus pomper plus de sang transportant l'oxygène, palliant ainsi sa rareté. Le coeur va grossir, se fortifier, s'accélérer, la respiration va s'accélérer naturellement, la sudation va se modifier...
En hiver, notre corps s'adapte à la température : quand il fait 5°, nous n'avons pas la sensation de froid intense ; si l'été on arrive dans une ambiance aussi froide, nous allons grelotter. Ma nièce est arrivée à Orly de Guadeloupe à 18 mois, un matin de juin où il faisait assez froid pour la saison, mais pas exceptionnellement : il faisait 15°. Elle était complètement bleue de froid, alors que les petits métropolitains n'ont pas cette réaction. Puis en quelques jours, son corps s'est adapté à son nouvel environnement climatique.

La création ex nihilo des espèces est impensable, surtout déjà nanties de tous les organes vitaux tels qu'ils sont présents aujourd'hui. On parle bien de l'évolution des mâchoires de l'homme passant progressivement de 32 à 28 dents. On parle aussi de l'évolution du seuil de la douleur auditive passant petit à petit de 120 à 130 dB.

La religion évite de se poser des questions existentielles et est un refuge bien commode dans beaucoup de circonstances. L'athée ne compte que sur lui et n'a pas besoin ni même l'idée d'invoquer des forces surnaturelles, ce qui le rend encore plus fort.

avatar Jacques Fabry, avioclimatologue Provence - 26/06/2011, 09:47

Ce pour quoi les yeux des insectes ne sont pas adaptables c'est la lumière des lampadaires. Le problème c'est que ce genre de lumière est de plus en plus partout, même en plein jour. C'est cela qui provoque la disparition des abeilles et de nombreux autres insectes. http://www.eauseccours.com/article-pliage-de-l-abeille-se-plier-en-quatre-pour-aider-les-abeilles-60644339.html

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