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Encore trop de polluants dangereux dans l'eau du robinet et l'eau en bouteille !

4488 lectures / 9 commentaires19 mai 2011, 16 h 05

eau potable© C. Magdelaine / notre-planete.info

La polémique sur la qualité, et les risques potentiels pour la santé, de l'eau du robinet est en passe aujourd'hui de devenir un débat mondial, un enjeu commercial, environnemental, et une question majeure de santé publique.

Le WWF France est régulièrement interpellé sur cette question depuis plusieurs années. Il a pris la décision, à la demande de son Conseil scientifique, de faire effectuer des analyses d'eau du robinet et d'eau en bouteille. Sachant que le débat est biaisé puisque les réglementations qui définissent les critères de qualité sanitaire pour l'eau du robinet, les eaux de source et les eaux minérales sont différentes !

Cette campagne de prélèvements a été réalisée dans une cinquantaine de villes et communes rurales ainsi que sur une quinzaine d'eaux embouteillées, selon un protocole strict. Les analyses ont été effectuées par un laboratoire de référence agréé par le Ministère de la Santé.

Plusieurs types de polluants domestiques, industriels, agricoles, ont été recherchés dans cette analyse.

"Le choix des molécules a été effectué en lien avec la directive REACH, les substances prioritaires de la Directive-Cadre sur l'eau (DCE) et les molécules résiduelles des traitements de potabilisation", explique Hélène Roche, présidente du Conseil scientifique du WWF France. "Le nombre de molécules analysées est supérieur à celui habituellement retenu par les laboratoires officiels . Le nombre d'échantillons a été restreint en raison du coût élevé des analyses. Tous les échantillons ont été prélevés de manière aléatoire dans chacune des villes concernées, chez des particuliers, et dans des hôtels ou restaurants".

L'eau du robinet

En France, l'eau du robinet provient à 67 % de ressources souterraines et à 33 % de ressources superficielles (lacs, rivières...). Les eaux de surface où les risques de pollution sont souvent plus importants sont toujours traitées dans des usines de production d'eau potable. Le nombre de traitements appliqués dépend de la qualité de l'eau brute. A titre préventif, du chlore est systématiquement ajouté pour éviter toute contamination par des germes lors du transport dans les canalisations. Les traitements de l'eau visent à éliminer les éventuels micro-organismes pathogènes, les polluants et les excès de sels minéraux. Ils sont également destinés à maintenir la qualité microbiologique et physico-chimique de l'eau dans les réseaux de distribution jusqu'au robinet du consommateur.

Les eaux en bouteille

L'eau embouteillée provient à 100 % de gisements souterrains, où les teneurs en métaux et autres substances contrôlées sont inférieures aux normes de potabilité. Les eaux minérales, comme les eaux de source, sont désormais soumises aux mêmes limites de concentration que l'eau du robinet pour une dizaine de substances toxiques (fluor, arsenic, nitrates, métaux lourds...). Théoriquement, une eau contenant des nitrates peut donc être mise sur le marché tant que sa concentration est inférieure ou égale à la limite de qualité de 50 milligrammes par litre (mg/l).
L'eau de source ou minérale est mise en bouteille sans aucun traitement de désinfection biologique. Mais afin de respecter les limites réglementaires, d'autres traitements (air enrichi en ozone pour enlever le fer, le manganèse, le soufre et l'arsenic) sont autorisés.

La dégradation croissante de la qualité des eaux brutes

Les résultats obtenus révèlent la présence de très nombreux polluants dans l'eau de boisson. Ainsi 14 villes présentent au moins 6 micropolluants (Hydrocarbures aromatiques polycycliques, atrazine, aluminium, dibromochlorométhane...) dans leur eau du robinet, et des traces d'aluminium peuvent être retrouvées dans des eaux embouteillées. Ces résultats conduisent le WWF France à déplorer les insuffisances du dispositif d'analyse actuel.

Un des points qui ressort des analyses est l'inégalité de la qualité de l'eau du robinet entre villes et communes rurales, ces dernières, logiquement plus exposées aux pollutions d'origine agricoles, disposant de moyens moindres à la fois pour la surveillance et le traitement de leurs eaux.

Il est donc urgent, compte tenu de la recherche sur les « effets cocktails » liés à l'association de certaines molécules, des effets connus des perturbateurs endocriniens et de l'impact des faibles doses de polluants sur le long terme, de multiplier les analyses et de tenir compte de ces effets potentiels dans la révision des normes acceptables.

"Quelle que soit la qualité des traitements curatifs mis en place, le vrai problème est la dégradation sans fin de la qualité des eaux brutes, à laquelle il faudra bien répondre durablement", souligne Serge Orru, Directeur général du WWF France.

Agriculture industrielle, le sacrifice de l'eau : Eure et Loir, du poison dans l'eau.
© WWF France
Agriculture industrielle, le sacrifice de l'eau : Gers, un maïs arrosé d'argent public.
© WWF
Agriculture industrielle, le sacrifice de l'eau : Bretagne, le raz de marée des algues vertes.
© WWF

Vigilance sur les nouvelles molécules commercialisées

On continue en effet à commercialiser de nouvelles molécules, que l'on ne sait pas doser, et dont on ne connaît ni les produits de dégradation (métabolites), ni les effets à court et long terme.

Au vu des résultats de cette campagne, le WWF France demande un meilleur accès à l'information sur la qualité des eaux brutes, une redéfinition des critères de surveillance de l'eau du robinet et des eaux embouteillées, une réelle protection de la ressource en amont et une réforme ambitieuse de la politique agricole, gages de la bonne qualité de la ressource en eau.

Source

Eau de boisson - Analyses comparées de l'eau du robinet et de l'eau en bouteille - WWF

Auteur

Organisation mondiale de protection de la nature

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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9 commentaires

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avatar marcucci de bx -

oui c'est bien toutes ces études ,mais que nous conseille-t-on ,de prévilégier,en eau,et que boire?
C'est bien d'informer ,mais je souhaite que le site s'engage à conseiller et d'apporter quelques solutions ,aux personnes sensibiliées à l'environnement,et aux bien-etre de chacun en toute confiance.

avatar Christophe Magdelaine -

L'étude ne se prononce pas de manière catégorique, les deux eaux ayant leurs avantages et inconvénients, d'autant plus que les mesures effectuées ne sont pas forcément homogènes dans le temps et sûrement pas géographiquement.

avatar Sami -

Lorsque je me retrouve en supermarché et que je découvre la quantité de bouteilles d'eaux proposées aux consommateurs, les différentes "marques" dont les prix virent du simple au quadruple ça me fou la frousse..
J'ai alors des "clichés" dans ma tête sur des pays voisin qui réellement ne peuvent plus consommer d'eau.. du robinet.

Maintenant toutes ses enseignes et ces nouveaux format de bouteille n'ayant pas encore trouvé de consigne, ces plastiques dont le retraitement ne diminue jamais et rejetant des toxines.. c'est encore un autre tabou.

Pour ce qui est du robinet, je pense que ça dépend des régions, et j'ignore combien peut couter l'analyse de l'eau, mais par chez moi du moins, je ne supporte pas le goût prononcé du chlore, dans une autre région où j'ai vécu c'était l'excédent de fer, mais cette fois ci, non relatif au traitement en amont mais à la région elle même..

Dans les 2 cas aujourd'hui, nous allons "boire à la source" en polluant.

Pour ma part, je filtre l'eau du robinet (nitrate, chlore) et je rempli quelque bouteille et une carafe pour mettre au frais.

Pour ne pas avoir à rendre toutes nos eaux non potables et engendrer une absurde guerre de l'eau en bidon de récup... la meilleure des solutions et que nous puissions - grâce à cette étude et bien d'autres - regarder différemment notre évier et notre douche pour ne plus y verser d'eau souillée, contempler nos cours d'eau et notre sol pour ne plus y jeter nos poubelles.

A votre santé,


avatar ComteZer0 France -

Le deuxième reportage vidéo sur les algues vertes en Bretagne est édifiant.
Il ne s'agit plus de santé publique mais d'urgence humanitaire.

Il faut faire pression sur les députés pour qu'un moratoire immédiat sur tous types de pesticides et de produits phytosanitaires pour rationaliser notre système de production.

A terme, toute la filière doit passer en bio.

avatar stacy, Bordeaux -

ou va le monde si ce qui est censé être bon ne l'est plus !!!!

avatar JP -

Le problème est que nos élites vivent sur la destruction de la vie. Ils sont malades et conrompues. Et pensent qu'ils pourront éviter "le déluge" avec leurs millions... Bref, il faudra se battre ou mourrir, c'est simple !

avatar LDK Bretagne -

Quelle conclusion tirer de cet article:
orienter notre consommation vers du bio pour limiter la pollution agricole.

Pour info, si vous voulez analyser votre eau, c'est une analyse muliparamêtre en pesticides qu'il faut réaliser (180 molécules contrôlées), cout d'environ 300 €.

avatar Sami -

@LDK de Bretagne

Merci, c'est bien ce qui me semblait, environ 300e l'analyse, bon c'est bien de le faire si l'on a des doutes sur certains polluants, ou si notre voisin est une usine.. ;)

avatar HERMET à ST MAUR DES FOSSES (94100) -

L'eau c'est la vie, on en a besoin pour la boire, l'irrigation agricole, etc.... la souiller, c'est nous faire disparaitre ainsi que toutes les autres espèces, il est temps de réagir et que la bio soit étendue à l'échelle mondiale avant qu'il ne soit trop tard !
La terre est belle, on lui doit le respect car elle nous offre tout !

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