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4031 lectures / 13 commentaires18 mai 2011, 10 h 52
Tétras lyre mâle, un joyau de la faune alpine menacé par la pratique des sports d'hiverLe hors-piste est en plein essor, exerçant un impact négatif sur la faune sauvage. Un nouveau type de modèle spatial permet de prédire les secteurs des Alpes où les conflits sports-faune sont particulièrement aigus. Appliqué au tétras lyre, le modèle démontre que, dans les Alpes suisses, deux tiers de l'habitat de cette espèce vulnérable sont affectés par le hors-piste. Mais le modèle propose aussi des solutions: il permet de localiser précisément les secteurs où la création de zones de tranquillité hivernale serait particulièrement efficace.
Les activités de sports d'hiver hors piste mettent en danger la faune sauvage, représentant un réel défi pour sa protection, notamment en raison de leur caractère imprédictible. Des biologistes de l'Université de Berne et de la Station ornithologique suisse, sous la houlette de Dr. Veronika Braunisch et du Prof. Raphaël Arlettaz, ont développé un nouveau type de modèle spatial prédictif qui permet de mesurer l'effet du hors piste et de localiser précisément dans le paysage les zones de conflits majeurs entre ces activités sportives et la faune sauvage. Les résultats de cette recherche innovante, publiée dans la revue américaine Ecological Applications, "constituent une avancée majeure en vue de la planification de zones de tranquillité hivernale pour la faune des écosystèmes alpins", selon le professeur Raphaël Arlettaz.
Les sports d'hiver qui se déroulent en dehors des pistes balisées connaissent un essor sans précédent : les amateurs de randonnée à ski ou à raquettes, voire de snowboard, pénètrent aujourd'hui dans les secteurs les plus retirés des Alpes, là où régnait jusqu'ici une tranquillité hivernale quasi absolue. Ce nouveau trend prend la faune alpine en défaut : les animaux sont condamnés à fuir face aux humains, ce qui entraîne des déperditions énergétiques qui peuvent mettre leur vie en danger. Comme ces activités de type "fun" et "free-ride" sont temporellement et spatialement difficiles à prédire par les animaux, ils ne parviennent pas à s'y habituer. Grâce au nouveau modèle mis au point par les chercheurs de l'Université de Berne, on est maintenant en mesure de prédire clairement les secteurs où de tels conflits se produisent ou risquent de se produire. Les scientifiques ont jeté leur dévolu sur le tétras lyre, une espèce vulnérable de la faune alpine ; cet oiseau habite les écosystèmes de transition entre la forêt subalpine, les landes et les pelouses, qui sont également les milieux les plus
prisés par les activités hors piste.
Afin d'éviter de déranger eux-mêmes ces oiseaux, les scientifiques ont photographié en hiver, depuis un petit avion, les habitats situés en limite supérieure de la forêt (vers 1800-2300 m) le long de la vallée du Rhône et des vallées affluentes. Le parcours photographié totalisait environ 600 km de transect. A partir de ce jeu de photos contenant des milliers de clichés aériens, ils ont digitalisé précisément toutes les traces visibles de skieurs, de snowboarders, de randonneurs à raquettes et de tétras lyres. Le modèle spatialement explicite construit sur cette base permet de prédire la présence, dans la paysage, de ces types de sports d'hiver, sans oublier celle des tétras, donc de calculer une probabilité de conccurrence entre cette espèce de la faune et les activités "free-ride". Le modèle permet aussi de quantifier l'effet du hors piste sur la présence du tétras.
L'analyse a tout d'abord confirmé les résultats obtenus précédemment par le même groupe de recherche : les domaines skiables exercent un impact négatif sur les populations de tétras lyre. Mais elle a surtout permis, première mondiale, de quantifier également l'impact des activités hors piste. Les résultats sont sans appel : les tétras évitent les zones fréquentées par les sports d'hiver, quel que soit leur type. Les secteurs les plus fortement fréquentés par les activités de hors piste sont même en grande partie désertés : ainsi, 16% de l'habitat hivernal du tétras lyre est fortement affecté par le hors piste. S'il est vrai que l'impact des domaines skiables demeure supérieur à celui du hors piste, en termes de densité de tétras lyre, le hors piste et le "free-ride" affectent une surface proportionnellement beaucoup plus importante. Les domaines skiables condamnent 10% de la surface d'habitat hivernal potentiel, tandis que l'influence du hors piste se fait sentir sur 67% de cette même surface, à des degrés d'intensité qui varient selon la fréquentation humaine ! En fait, seuls 23% de l'habitat hivernal ne subit aucun impact.
"Grâce au modèle, l'intensité du conflit peut être représentée spatialement, ce qui représente un avantage certain en termes de planification de mesures de protection très ciblées", disent les chercheurs. Les scientifiques défendent l'idée de la création de petits refuges hivernaux (environ 40 ha de superficie chacun) optimalement placés dans le paysage, ce qui augmente leurs chances de succès. Cette vision va quelque peu à l'encontre de certaines mesures déjà prises qui ont tendance à créer de vastes zones de protection hivernale pour des espèces de la faune sauvage qui en ont moins besoin que le tétras, car beaucoup moins menacées. Or, des petits refuges spatialement bien situés sont non seulement un avantage pour la faune ciblée, mais elles en augmentent également l'acceptance auprès des usagers des sports d'hiver. Sur la base de leurs travaux, les chercheurs ont proposé aux autorités valaisannes la création de 31 refuges hivernaux pour le tétras lyre, l'espèce des Alpes de loin la plus menacée par le hors piste.
Veronika Braunisch, Patrick Patthey, Raphaël Arlettaz : Spatially explicit modelling of conflict zones between wildlife and outdoor snow-sports: prioritizing areas for winter refuges. Ecological Applications, Issue 21, Volume 3, pages 955-967.
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
Dufeu Vinsobres -
Que cela fasse plaisir ou non; On en revient toujours à la vraie cause: Le mode de vie et la prolifération de l'espèce humaine sont les seules causes de tout cela: Etre 7 milliards,c'est à dire avoir multiplié par 7 l'espèce humaine en "seulement 180 ans" est LA catastrophe de La Terre. Parler sans parler de la vraie cause ne sert à rien.
MDR -
Il ne faut pas tout mélanger.
En l'occurrence, le problème c'est bien le mode de vie mais pas la démographie.
Seule une infime minorité de personnes pratiquent les activités hors-piste et elles n'ont pas surgi de l'explosion démographique mondiale mais du fait que nous disposons de voitures, trains et avions pour les amener à peu de frais au cœur des massifs.
Dufeu Vinsobres -
Je ne mélange pas tout,les deux sont intimement liées: Divisez par 7 le nombre d'humains (comme il y a seulement 180 ans) sur La Terre, et vous verrez,c'est d'une telle évidence !!!
MDR -
Désolé mais je ne vois aucune relation simple entre le nombre d'humains et le nombre de pratiquants du ski hors-piste dans les Alpes du nord.
Si tel était le cas, les stations se réjouiraient chaque année de la hausse de fréquentation... qui est plutôt stagnante voire décroissante depuis des années!
Dufeu Vinsobres -
Et pourtant si !!;la nature est envahie par la prolifération exponentielle de l'espèce humaine qui pourrit tout sur son passage. Passages et envahissements de plus en plus fréquents à l'image des bouchons de plus en plus importants provoqués par.... "la décroissance" ?????
stacy, Bordeaux -
en effet la démographie n'est pas la cause majeur, c'est tout simplement la folie des êtres humains, il veulent toujours plus grâce au progrès technologiques sans se soucier des autres êtres vivants qui eux sont atteints par cela (faune, flore). A croire que la faune et la flore sont la pour faire jolie
Lionel -
à Stacy: le freeride c'est justement ne pas vouloir plus, c'est allez au sommet par ses propres moyens, sans utiliser de remonters mécaniques (tire fesse ou hélico), une paires de ski de rando et c'est partie. De plus les gens qui pratiquent des sports de montagne régulièrement sont bien plus informés sur les écosystèmes qu'ils visitent que d'autres, sur leur impact et la façon de les diminuer. Si des stations de ski essayent de faire du développement durable, c'est sous la pression (encore faible) d'association de riders (Mountain Riders, Mountain Wilderness ou Protect Our Winters)et pas des touristes. Lorsque vous laisser entendre que nous n'avons pas de respect pour la faune et la flore vous vous tromper.
Le problème vient d'un manque d'informations sur les zones ou il y a des éspèces sauvages données par les autorités.
Si le problème de rando l'hiver et qu'on dérange des animaux qui se sentent obliger de fuire et donc perdent de l'énergie pourquoi ne pas installer des mangeoires dans certaines zones? Il me semble que ça se fait pour les chasseurs.
Je ne suis pas contre la création de zones protégés, mais si le but est de m'empécher d'aller en montagne sa ne va pas marcher. La terre appartient au toute les créatures vivantes, y compris l'homme.
Et quelle plaisir d'arriver au sommet aprés 3 heures de galère et d'y trouver un chamoie qui vous regarde passer.
Enfin bref, l'impact du freeride est négligeable à coté de celui des stations de ski (déforestation, consommation d'énérgie, logements vides 6 mois par ans, transports des particuliers, entretient des pistes...) et carrèment à oublier à coté de pratiques de plus en plus courantent comme les déposes en hélico ou les ballades en motoneige.
La seule trace que je laisse c'est celle de ma planche dans une profonde poudreuse.
MDR -
C'est bien de se donner bonne conscience mais non, l'impact du freeride n'est pas négligeable.L'étude montre exactement le contraire.
ET que cela leur plaise ou non les pratiquants qui se font plaisir en investissant des lieux à l'écart de la masse de leurs concitoyens perturbent la tranquillité de la faune.
Quant au fait d'aller au sommet par ses propres moyens on en reparlera quand les randonneurs feront le Mont-Blanc depuis Chamonix...
Arcticman -
@ Lionel
Les Suisses peuvent commencer par balayer devant leur porte en interdisant les déposes en hélico. Il suffit de se balader du coté de Gstaad de St; Moritz ou de Davos pour s'en rendre compte.
Cekeb -
@ Lionel.
Installer des mangeoires pour les animaux sauvages ça revient à dire que vous ne changerez quoi qu'il arrive pas vos pratiques. C'est typique ça, trouver des solutions qui ne nuisent pas à notre confort et imposer aux autres -les animaux ici - de s'adapter à nos pratiques.
De plus par free-ride, l'auteur doit certainement englober l'ensemble des pratiques (des personnes expérimentées aux touristes de passages).
Pascal Munich, Bavière, Allemagne -
Ici en Bavière, la protection de la nature est gérée par la Bergwacht (les sauveteurs bénévoles en montagne). Des zones d'exclusion ont été imposées afin de conserver l'habitat de la faune et flore. Si un humain passe dans cette zone, il y a une amende et un procès-verbal. Et oui, cela marche très bien merci. L'information est faite par le club alpin (DAV) dans ses revues et sur des panneaux à proximité de la zone. Le plus beau : de nombreux volontaires puisque la Bergwacht et le DAV demandent à des volontaires de faire le travail de prévention de signalisation. Droits et devoirs, pour une fois en équilibre.
Christophe Magdelaine -
Merci Pascal pour votre témoignage en Allemagne. Je ne suis pas certain que ce type d'initiative louable fonctionne bien en France. Nous ne sommes plutôt reconnus pour notre indiscipline et notre irrespect...
maccam loire -
Il faudrait faire des réglementation et trouver un compromis entre le freeride et le respect de la montagne.
Délimiter des zone ultra interdite et d'autre accessible.
http://telemark-sport.weebly.com/
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