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La sécheresse sévit sur une grande partie de l'Europe

6406 lectures / 16 commentaires13 mai 2011, 16 h 05

secheresse© C. Magdelaine / notre-planete.info

Alors que la France vient de connaître son second mois d'avril le plus chaud depuis 1900, la sécheresse affecte une large partie de l'Europe.

Une longue période de sécheresse persiste sur de vastes régions d'Europe depuis janvier 2011. Ainsi, selon les données du Centre mondial de climatologie des précipitations (GPCC), les mois de février à avril 2011 ont notamment enregistré un déficit pluviométrique considérable. Les totaux trimestriels de précipitations sur ces trois mois ne représentent que 80 % à seulement 40 % de la moyenne à long terme calculée sur la période 1951-2000, et ceci sur de vastes zones. Dans certaines régions d'Europe centrale, les cumuls de précipitations ont même été inférieurs à 40% des normales. De plus, l'hiver 2010/11 a été très sec, en Europe occidentale du moins, entraînant une faible humidité des sols en mars et avril.

Le Royaume-Uni a connu des conditions extrêmement sèches en mars et avril, notamment dans les régions du sud-est, avec le mois de mars le plus sec depuis 1953. Dans les autres régions d'Europe occidentale et centrale, la sécheresse a duré de février à avril.
En Suisse, l'année 2011 est jusqu'à maintenant l'une des 10 années les plus sèches depuis 1864.
Avril 2011 a été le 10e mois d'avril le plus sec en Allemagne depuis 1881, dans la continuité de mois d'avril similaires enregistrés dans des années très proches : 2007, 2009 et 2010. Les niveaux des rivières sont très bas, notamment sur le Rhin où la navigation est affectée en Allemagne selon l'Agence fédérale d'hydrologie allemande.

Cette sécheresse prolongée et exceptionnelle pour la saison favorise également les incendies. Par exemple, des feux de dunes ont éclaté dans les régions côtières des Pays-Bas. Dans certaines parties du nord de l'Allemagne, le niveau de risque d'incendies forestiers a atteint son plus haut niveau.

sécheresse Europe 2011Pourcentage des précipitations par rapport à la normale pour la période de février à avril 2011
© OMM

Cette période de longue sécheresse s'explique par des hautes pressions persistantes sur l'ouest et le centre de l'Europe. Bien que l'Oscillation Nord-Atlantique(1) ait des valeurs positives depuis Février 2011 (après une période plus longue de valeurs négatives), ce qui implique un flux d'air relativement fort sur l'Atlantique Nord, ces hautes pressions bloquent le flux d'air, empêchant les systèmes dépressionnaires d'atteindre le continent.

Note

  1. L'Oscillation Nord-Atlantique (ou North Atlantic Oscillation en anglais), est un phénomène atmosphérique et océanique, qui concerne principalement l'Atlantique Nord. On parle d'oscillation parce qu'il y a un va-et-vient, dans la direction nord-sud, d'air au-dessus des régions arctiques et islandaises vers la ceinture subtropicale près des Açores et de la péninsule ibérique. Cette oscillation influence le climat (températures, précipitations) tout autour du bassin atlantique, et tout particulièrement sur l'Europe (IFREMER).

Source

Sécheresse sur l'Europe en 2011 - OMM

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés

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16 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar Pi. West Cork (ireland) -

Situation inquiétante ou non ? on ne sait pas encore
Mais en tout cas c'est ce que l'on ressent depuis Novembre 2010 dans notre secteur de West Cork (Irlande), une pluviométrie en berne

avatar serge orleans -

moi dans ma région (le centre) les paysans arrossent les arbres fruitiers l'hiver apres ils viennent pleurer qu'ils n'ont plus d'eau l'été c'est peut-etre
pareil ailleurs

avatar robin des bois -

la fin approche,et 2012 aussi

avatar Sami -

Pfff il faut arrêter avec 2012.. nous sommes en 2011 et on continue de gaspiller...
Par exemple j'ai entendu dire qu'il y aurait "peut être" restriction d'eau.. et bien j'entends dire aussi : "hooo bah s'il risque d'y avoir restriction d'eau il faut que j'en profite maintenant pour arroser un max !..."

Vraiment du n'importe quoi !

Maintenant oui, je suis du Centre aussi, les plants fleurissent avant d'avoir une taille respectable, nous avons eu mars en février, mai en avril et juillet en mai... les puits sont à sec... c'était à prévoir, la pluviométrie cet hiver n'a pas été généreuse et des champs entier sont toujours arrosés à longueur de journée sous un soleil ardent...

...

avatar Alain A (Illkirch, 67) -

Des années sèches, il y en a eu d'autres. La situation actuelle n'est pas sans rappeler 1976, où le temps sec avait duré de janvier jusque début septembre (à voir ce que sera l'été 2011, poursuite ou rupture ?). En gâtine Deux Sévrienne où j'étais à l'époque, connue pour son sol argileux et humide (l'année un peu sèche était souvent préférée à l'année trop pluvieuse) la récolte de foin avait chez mon grand père atteint à peine plus du tiers d'une récolte normale dans certains prés.
Depuis, beaucoup de haies d'arbres arrachés dans les campagnes, un désastre écologique à mettre sur le compte non des agriculteurs mais plutôt un système productiviste à outrance. Aussi le développement de cultures gourmandes en eau, notamment le maïs (là encore les cours qui décident plus que les paysans). Le cycle de l'eau a été "accéléré" les sécheresses et inondations se produisant plus facilement au moindre écart pluviométrique en défaut ou en trop. Il n'est qu'à voir, au moindre orage, l'Ill boueuse à Strasbourg, témoin de la terre emportée, sans végétation suffisante (haies, zones enherbées) pour la retenir. Les goudronnages, l'extension des surfaces dures, qui empêchent l'eau de pénétrer dans les sols et la renvoient directement dans les rivières n'ont-ils pas aussi une influence néfaste à ce niveau ?
Rétablir un réseau de haies plus régulier permettrait probablement de ralentir le déssèchement en cas de baisse des précipitations. Voir le site http://www.promhaies.net/index.php qui montre l'avantage des haies aussi en matière de régulation des écarts thermiques et d'accroissement des productions.

avatar robert paris 13 emes -

dans 15 jours il floutera en abondance

avatar EGW La Haye -

Et premier bulletin de l'Autorité de Sûreté Nucléaire au sujet de la sécheresse et de l'alimentation pour le refroidissement des réacteurs :
http://www.durableo.fr/article-france-secheresse-et-centrales-nucleaires-mai-2011-74144175.html

Et cet été ?

avatar gaelle bretagne -

C'est vrai que 2012 c'est comme l'approche de l'an mille au moyen age, fin du monde, apocalypse ...

une ambiance anxiogène est tout a fait idéale pour qu'une majorité d'abrutis plonge la tête dedans en continuant de consommer consumer se défoncer, ne reflechissons surtout pas, vite vite demain on est peut être morts ..





rien de tel pour faire marcher une économie au bord du vide..

comme dit Sami on continu.

pour finir si tous les foyers étaient équipés de récupérateurs d'eau de pluie, au lieu de pomper comme des malades dans les nappes depuis des décennies, il y aurai peut être un mieux ;

Qu'est devenu le bon sens ?

LE BON SENS ???????

avatar Hdrass -

Les grandes sécheresses du siècle dernier :

- 1921 : année la plus sèche jamais observée à Paris. Il ne tombe que 267 millimètres entre janvier et décembre alors que la normale est de 640 millimètres. Entre le 22 mai et le 11 juillet, il ne pleut que 2 millimètres ! A noter que c'est une année chaude et particulièrement ensoleillée avec 2314 heures de soleil pour une moyenne de 1650 heures.

- 1929 : sécheresse de janvier à septembre avec seulement 194 mm pour une moyenne de 480 mm.

- 1938 : il ne tombe que 70 millimètres de janvier à juin pour une moyenne de 265 mm soit un déficit de l'ordre de 75% !

- 1949 : printemps et été très chaud et sec ; il ne pleut que 159 mm entre février et août contre 371 mm en moyenne.

- 1959 : sécheresse importante entre avril et octobre avec des records d'ensoleillement entre juillet et septembre.

- 1976 : longue période de sécheresse qui débute dès décembre 1975 et qui se poursuit jusqu'au mois d'août. On recueille 216 mm entre janvier et août à Paris pour une moyenne de 425 mm. Les températures particulièrement élevées enregistrées en juin et juillet qui s'ajoutent à la sécheresse entraînent de très faibles récoltes de céréales. Un impôt sécheresse est voté pour aider le monde agricole.

Et 2011 ?
"Eh bien, qui vivra verra"

avatar hervé -

Bravo Hdrass pour ces renseignements.

Et je vois que les opinions sont un peu plus tempérées. Les réchauffistes catastrophiques ne reprennent pas cette sécheresse à leur compte. Tant mieux.

avatar Arcticman -


@ Hdrass,


Merci, dans les faits c'est un peu plus compliqué, il faut regarder ce qui tombe pendant les périodes dites utiles (octobre à mars) c'est en effet là que les nappes se remplissent. Il faut aussi regarder ce qui tombe comme bonnes pluies. Une bonne pluie c'est une pluie régulière, d'intensité moyenne. Force est de constater que depuis quelques années ce type de pluie de fait de plus en plus rare, ce qui entraîne un déficit de remplissage des nappes cumulé. Ce déficit fragilise les nappes, les rend plus sensibles à la pollution et interdit leur utilisation pour l'arrosage. Un très bon exemple est la nappe de Champigny (environ 1700km2) qui fournit l'eau à plus d'un million de franciliens. Son taux de remplissage (133mm/an sur 682mm/an de précipitation est inférieur à celui du pompage. Ceci induit des restrictins d'eau et un pompage dans la seine pour alimenter les foyers or qui dit pompage dans la seine dit traiement de l'eau donc augmentation des coûts.

Quoiqu'en disent Hervé et ses coreligionnaires, la modification de la pluviosité en France est en partie due au réchauffement climatique même si les épisodes de sécheresses intenses ne peuvent pas lui être directement imputés. (Le GIEC, d'ailleurs, avance la possibilité d'un renforcement de ces épisodes).

ps Inutile de dire que penser que le système de biefs peut résoudre le problème relève du fantasme pur.

avatar Arcticman -



2003, 2005, 2011 ces évènements sont de plus en plus présents.

http://tinyurl.com/3jsxjyg

avatar Arcticman -



Etonnant, non ?

http://governor.state.tx.us/news/proclamation/16038/

avatar Michel -- France -

Bien jolie …. Vous comparez les années 1920 a 1970 vs 2011 en valeurs uniques de précipitations, FOUTAISE !!! Nous ne consommions pas autant d'eau qu'aujourd'hui !!!!
Piscines karchers Agricultures irriguées Industries NUC et textile…. Douches et bains quotidiens…à voir aussi le volume d'élevage et d'humain aussi en croissance …. Sans parlez des déficits des 4 années précédentes pour les nappes phréatiques.
Donc en claire il faut comparer aussi avec nos « besoins » disons plutôt nos consommations actuelles !!!

avatar MDR -

"Une bonne pluie c'est une pluie régulière, d'intensité moyenne."
la durée de l'épisode n'intervenant pas, c'est bien connu, non plus que les épisodes qui l'ont précédé ni la nature et l'état hydrique des sols.
Bref phrase sans aucun sens.
"Force est de constater que depuis quelques années ce type de pluie de fait de plus en plus rare"
Chez moi Météo France n'affirme rien de tel.

avatar JP -

L'appauvrissement des sols est telle, qu'il faut arroser souvent. Les nappes sont en diminution constante depuis longtemps, avec ou sans sécheresse. Stop à cette agriculture...qui n'a aucun avenir.

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